Pour qui veut se lancer dans la photo, choisir un APN (appareil photo numérique, pour les non initiés) peut relever de la gageure. Que faut-il choisir ? Un compact, un smartphone, un bridge (de moins en moins de choix dans ce domaine), un hybride, un APS-C, un « full-frame », un moyen-format ? Les possibilités sont évidemment très nombreuses, d’autant qu’on pourrait encore subdiviser ces catégories et même en trouver d’autres !

Nous allons aujourd’hui nous intéresser au format APS-C et tenter des trouver 5 bonnes raisons d’acheter un APN utilisant ce format de capteur.

 

Qu’est ce que l’APS-C ?

Sous cette appellation, on trouve plusieurs types de capteurs. Intéressons nous de plus près à leurs caractéristiques !

Vous vous souvenez sans doute que, du temps de l’argentique, on chargeait nos appareils avec des pellicules (des « négatifs » ou des « inversibles » c’est-à-dire des diapositives) de format dit « 35mm » présentées en bobines de 12, 24 ou 36 poses le plus souvent.

Sur ces pellicules, chaque image se formait sur une portion du film en forme de rectangle de 36mm de longueur sur 24mm de hauteur : d’où le nom de 24×36. Le ratio entre ces deux dimensions était donc de 3/2. On appelle les appareils utilisant ce genre de film des « full-frames », en français des « plein format » qui, soit dit en passant, est plus petit que le « moyen format » des appareils 6×7, 6×9, 4,5/6 notamment. Mais là n’est pas le but de notre propos.

Pour bien visualiser ces dimensions, rien ne vaut une bonne image telle celle qui est représentée ci-après :

Taille-Capteur

Dimensions relatives des capteurs

Vous constatez que le format APS (« Advanced Photo System ») a deux représentants principaux :

  • l’APS-H qui est utilisé que par la marque Canon sur certains appareils seulement (notamment Canon EOS-1D et EOS-1D Mark xx) et par Kodak et Leica sur quelques modèles aussi. Les capteurs de ce type mesurent environ 28,7 × 19,1 mm ; ils sont plus petits d’un tiers environ que les capteurs 24 x 36 et leur coefficient de conversion est de 1,3 (exactement, 1.25).
  • et l’APS-C de dimensions variables autour de 23,6 × 15,7 mm, présentant, comme le format 24×36 un ratio de 3/2. Pour ces derniers, le coefficient de conversion est variable :
    • chez Canon, il est de 1,62 (le capteur est légèrement plus petit : 22,2 x 14,8mm)
    • chez Nikon, pour tous les réflex numériques sauf les « full-frames » et chez Sony (pour certains modèles sauf les full-frames) il est de 1,5. Pour d’autres modèles Sony, il est de 1,53.
    • chez Pentax, il est variable selon les modèles : ainsi, il est de 1,54 pour les Pentax K20D, Pentax K-7, Pentax K-5 et modèles suivants alors qu’il était de 1,53 pour les modèles antérieurs.

Ces chiffres ne sont là que pour noter qu’il n’y a pas de norme absolue et que tout dépend des fabricants de capteurs.

Mais, direz-vous, pourquoi indiquer tout ceci ? Eh bien c’est tout simplement parce que, selon la dimension du capteur, on n’aura pas le même angle de champ photographié : il sera plus large en 24×36 qu’en APS-C. Et, par corollaire, c’est là qu’on va pouvoir déterminer les avantages de ces capteurs.

 

Les raisons d’acheter un APN à capteur APS-C

 

Le prix

Même s’il n’a pas une grande importance techniquement parlant, le prix est évidemment un des premiers critères de choix du consommateur. C’est humain !

Or, un petit capteur est plus facile à fabriquer qu’un grand capteur, ce qui induit un coût de fabrication inférieur, toutes choses égales par ailleurs, bien sûr ! Nous ne ferons pas intervenir ici plus que de raison le nombre de mégapixels (photosites) que contiennent ces capteurs, ni leur taille : ces 2 éléments sont cependant importants pour la qualité générale des images que le capteur sera susceptible d’enregistrer. Il suffit d’observer le marché des APN : ceux qui sont dotés d’un capteur dit « plein format », donc 24×36, sont bien plus chers que ceux qui abritent un APS-C. Car il faut aussi savoir que les « full-frame » sont plus difficiles à fabriquer, plus lourds, plus complexes et qu’ils renferment pour certains d’autres pièces plus difficiles aussi à fabriquer (les prismes, par exemple). Tout ceci a une importance et des conséquences évidentes en termes de prix. Et ce qui est vrai pour les boîtiers est aussi vrai pour les objectifs.

 

Le poids de l’APN et de ses objectifs

Nous venons d’aborder cette question dans le paragraphe précédent : les APN à capteur APS-C sont plus légers que leurs homologues FF (full frame). Il en est de même des objectifs, moins gros, moins lourds, moins complexes, moins « professionnels » aussi que leurs « équivalents » FF.

Des exemples ? Chez Pentax, le zoom (conçu pour l’APS-C) DA* 50-135mm f/2.8 correspond, grosso-modo, avec le coefficient de conversion évoqué plus haut, à un zoom D-FA 70-200mm f/2.8 conçu principalement pour le format 24×36. Or si le premier pèse 685g (et coûte environ 1000€ neuf), le second, qui va bientôt être sur le marché, pèse 1,8 kg environ, pour un prix de 2000€. Et pourtant, l’angle de champ photographié est similaire.

Quand on observe les 2 objectifs placés l’un à côté de l’autre, la différence est flagrante, ne serait-ce que visuellement !

Cet exemple, significatif, pourrait être multiplié sur la gamme complète.

 

La profondeur de champ (PdC)

Dans ce domaine, une ouverture de 2.8 sur un APS-C n’induit pas la même profondeur de champ qu’en format 24×36 : elle correspond, en fait, à une ouverture de 4.2. De la même manière, une ouverture de 3.2 correspondrait à 4.8.

On mesure bien sur ce point l’avantage du format APS-C dans certains domaines comme la macro : une profondeur de champ apparente plus importante favorise une mise au point précise.

Pour autant, ce que l’on gagne en PdC, on le perd quelque peu en qualité de bokeh : celui-ci sera moins fondu, moins soyeux. C’est une des raisons pour lesquelles les spécialistes de la macro recommandent, en APS-C, d’utiliser des ouvertures aussi grandes que possibles. Passer, avec un objectif macro, de f/8 à f/4, ne fait pas perdre beaucoup de PdC, mais permet d’obtenir un bien meilleur bokeh, tout en autorisant une vitesse plus élevée (temps d’obturation plus court !).

 

Le cadrage, l’angle de champ et la mise au point

Range

Comparatif des focales

 

Vous le savez, l’angle du champ photographié varie avec la longueur focale. Ainsi, un objectif de 50mm de focale cadre « plus large » qu’un objectif de 300mm.

Ceci est, en quelque sorte, amplifié par le format APS-C, en raison du coefficient de conversion indiqué au début de ce dossier.

En effet, à longueur de focale égale, un objectif, par exemple de 200mm, cadrera un champ plus étroit sur un boîtier à capteur APS-C que sur un boîtier à capteur « FF ». Ce qui signifie qu’il se comportera « comme » un objectif d’une plus longue focale sur un FF. Ainsi, chez Pentax (où le coefficient de conversion varie, selon les boîtiers APS-C, de 1,52 à 1,54), le téléobjectif de 200mm cadrera un champ comparable à celui que cadrerait un télé de 310mm environ monté sur un boîtier FF (200 x 1.53).

C’est particulièrement intéressant en photo animalière à bonne distance, où un DA* 300mm, par exemple, permettrait de cadrer sur APS-C à l’équivalent d’un 450mm en FF, le tout, bien entendu, en conservant la même ouverture maximale (f/4, au cas particulier). Si, en plus, vous ajoutez la possibilité d’utiliser un bon convertisseur (par exemple le convertisseur x1.4 de Pentax, alors cela ouvre des horizons nouveaux, au prix, c’est vrai, de la perte d’un diaphragme : votre 300mm f/4 « devient » en quelque sorte un 420mm f/5.6 et cadre par conséquent sur un APS-C comme un … 640mm (environ) sur FF !

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Cadrage FF (source https://www.pentax.com/en/pentaxff/)

 

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Cadrage APS-C (source https://www.pentax.com/en/pentaxff/)

C’est probablement là l’un des avantages les plus intéressants du format APS-C.

On peut aussi noter que la mise au point autofocus est favorisée par le format APS-C : les collimateurs occupent, au centre de l’image, une zone comparativement plus grande que sur un capteur 24×36. Ainsi, pour un nombre identique de collimateurs, la zone couverte est bien plus importante.

L’image en tête de ce dossier indique le cadrage d’un full-frame et, à l’intérieur, le cadrage obtenu avec un APS-C. Si l’on met les 2 images aux mêmes dimensions, on s’aperçoit que le cadrage APS-C agit « à la manière » d’un téléobjectif par rapport à l’image du FF.

 

La qualité des images et le poids des fichiers

Nous sommes bien d’accord que la plupart des photographes professionnels utilisent prioritairement des boîtiers en format 24×36 et, dans le cas de photo de studio, des boîtiers moyen-format.

Pour autant, il en est qui ne négligent pas le format APS-C et nous en connaissons qui utilisent encore quotidiennement et avec satisfaction des boîtiers Pentax K-20 !

Il faut donc bien en déduire que la qualité des images n’est pas mise en cause par le format. Ou, en tout cas, pas toujours : tout dépend de ce que l’on doit photographier.

Ce qui fait des photos de qualité, c’est avant tout le savoir-faire du photographe, combiné à des objectifs de qualité et à un bon traitement des images, favorisé par des processeurs d’images de qualité dans les boîtiers. A cet égard, on peut sans crainte affirmer que Pentax n’a surtout pas à rougir dans ce domaine par rapport à ses concurrents. En l’absence pourtant de boîtier FF (à la date de ce dossier), de nombreux tests de comparaison ont placé les résultats obtenus avec des boîtiers Pentax DEVANT beaucoup d’autres du monde APS-C, concurrençant, même, les résultats de boîtiers FF prestigieux !

Et tout ceci est possible avec des fichiers beaucoup moins « lourds » qu’en format 24×36. Un fichier RAW de K-3 « pèse » environ 30 à 32 Méga-octets (environ 20 Mo pour un K-5IIs), pendant qu’un tel fichier en format 24×36 atteint facilement et souvent dépasse les 50 Mo. On mesure ainsi sans effort les avantages en termes de traitement des images, de stockage et de sauvegarde. On nous dit que le prix du Mo est très bas de nos jours… C’est assez vrai, comparativement à ce qu’il était il y a une dizaine d’années. Il n’en reste pas moins que multiplier les photos et les Mo conduit inéluctablement à des temps de traitement allongés dans tous les maillons de la chaîne et à la multiplication des supports de stockage/sauvegarde nécessaires.

 

 

Tout ceci permet de croire fortement à la pérennité du format APS-C : tout le monde n’a pas le besoin impérieux d’utiliser des APN à capteur 24×36, plus chers à fabriquer, plus lourds, plus délicats à manipuler. Dans un marché photo en fort déclin (beaucoup se satisfont des performances des smartphones !), le format APS-C reste un symbole de qualité : ce n’est pas par hasard si certains constructeurs ne s’aventurent pas dans le FF et parviennent à développer des capteurs APS-C très performants (Fuji, par exemple).