Malgré son titre, cet article est destiné aux possesseurs d’APS-C. Pentax, ce n’est pas que le K-1. C’est aussi de très nombreux boîtiers APS-C qui sont apparus depuis 2005. K-70, KP et K-3II sont les derniers représentants en date de cette famille. Si parfois on encourage à acheter le K-1 qui est un formidable reflex, il n’est pas question d’oublier les autres modèles. Alors, quand la question « faut-il penser Full Frame lors de l’achat d’un objectif ? » est posée, il y a, à chaque fois, de quoi être perplexe.

Car cette question n’a pas de sens, à moins d’envisager d’acheter à court terme un boîtier Full Frame, il n’y a pas de raison d’acheter un objectif dédié à ce type de capteur. Une fois ce principe édicté, en réfléchissant un peu, on peut se rendre compte qu’il est en partie faux. Tout simplement parce que le photographe doit acheter les objectifs dont il a besoin.

 

 

Quelques rappels bienvenus

Nous l’avons dit maintes et maintes fois, la focale d’un objectif est exprimée pour un capteur (ou un film argentique) de type 24×36 (Full Frame). Même pour les APN 4/3, les smartphones, les APS-C ou les MF. Et comme les capteurs sont différents, il est nécessaire d’effectuer une conversion pour obtenir le « vrai » champ visuel d’un objectif. Il en va d’ailleurs de même pour la profondeur de champ.

correspondance pour les focales

correspondance pour les focales

 

Ainsi, en APS-C, un 24-70/2.8 se comportera comme un :

  • 36-106mm en termes de champ visuel ;
  • f/3.5 en termes d’effet de profondeur de champ (perte d’un demi-diaph) ;
  • un f/2.8 en termes de luminosité.

 

Autre chose à connaître et retenir, c’est que souvent, les objectifs dédiés FF sont un peu plus chers que ceux destinés aux APS-C. Une des raisons est la surface de verre nécessaire. Le capteur FF étant plus grand, le cercle optique l’est aussi. Une autre raison est qu’un reflex FF a un parfum élitiste plus prononcé que son homologue APS-C. Donc, plus cher.

 

 

Le cas du 24-70/2.8

Un possesseur d’APS-C doit-il acheter un zoom de type 24-70/2.8 ? C’est assez dingue de voir des photographes « professionnels » (et peu importe la marque utilisée) préconiser à tour de bras les 24-70/2.8 et autres 24-105/4 et 24-120/4. Pour un possesseur d’APS-C, il s’agit d’un non-sens, sauf si on l’achète pour faire du portrait. Certes, il s’agit d’excellentes optiques la plupart du temps. Mais quand on les utilise sur un APS-C, le champ visuel se rétrécit du fait du capteur plus petit. Sur Pentax, Sony et Nikon, la focale basse, 24mm, devient ainsi un 36mm tandis que chez Canon, c’est un 38mm.

Or le 24-70/2.8 est censé être le zoom de qualité et polyvalent par excellence, sachant proposer à la fois une focale grand-angle (voir ultra grand-angle) et un petit téléobjectif. Sur un FF, la mission est remplie, mais pas sur APS-C. Le côté GA ou UGA a complètement disparu. Le photographe ayant opté pour cet objectif en APS-C va donc perdre l’avantage qu’offre ce zoom polyvalent. Tous les types de photos nécessitant un angle de vue important (photo de paysage ou photo d’architecture par exemple) seront inaccessibles. La frustration va donc rapidement gagner le photographe. Dans le monde FF, les zooms de type 36-105 ne sont pas légion, et ce n’est pas un hasard.

L’argument « je passerai un jour au FF » n’est donc pas justifiée présentement. Déjà parce que l’acheteur ne sait pas quand il se convertira au FF (dans une semaine ? Dans un mois ? Dans un an ?). Pourquoi donc partir en prise de vue avec un tel handicap ? Ensuite parce que l’argument économique n’est pas un bon argument. Effectivement, vous revendrez votre objectif APS-C moins cher que vous l’aurez acheté. Mais la perte financière sera très largement compensée par le bonheur d’utiliser un objectif pleinement adapté à votre boîtier.

Alors, par quel objectif doit-on remplacer le 24-70/2.8 ? Tout simplement par son équivalent APS-C. Comme par le plus grand des hasards, avec ce type de reflex, sont apparus des zooms dont le range commence vers 16mm et finit vers 55mm. Les zooms de kit sont des 18-55 tandis les versions plus élitistes sont souvent des 16-50/2.8 ou des 17-50/2.8. Or 16 x 1,5 = 24 et 50 x 1,5 =75, soit un range très proche de celui proposé par le 24-70/2.8. Et si vous souhaitez un 24-105/4, alors optez pour le 17-70/4.

 

 

Le cas des grands-angles

Encore une fois, le coefficient multiplicateur n’est pas à l’avantage des APS-C. Mais, léger avantage pour ces reflex, Pentax ne propose guère de zoom GA ou UGA pour FF. À part le DFA 15-30/2.8, le désert est aride. Et le 15-30/2.8 va proposer un champ visuel allant de 22,5 à 45mm. Si le côté GA est toujours présent, les UGA sont passés à la trappe ! Or si on achète ce type d’objectifs, c’est pour profiter du range.

En APS-C, son remplaçant est le DA 12-24/4 qui va proposer un champ visuel assez proche (18 à 36mm).

 

 

Les autres zooms et les focales fixes

En dehors des cas spécifiques évoqués ci-dessus, ce qui va compter, c’est que l’objectif soit adapté à votre ou vos pratiques. Et c’est le seul impératif qui doit vous guider. C’est ainsi que si vous pratiquez la chasse animalière, le télézoom DFA 150-450 est un objectif à posséder. Dans ce cas peu importe qu’il soit siglé FF et non-APS-C.

Si vous pratiquez le portrait, en argentique et donc avec un FF, vous allez plutôt utiliser un 50mm et un 85mm. Et de temps en temps, un 135mm, pour certains types de photos. Avec un APS-C, ce seront donc les 35 et 55mm qu’il faudra privilégier. Car 35 x 1,5 = 52,5 et 55 x 1,5 = 82,5.

Portrait avec un K-3II et le FA 50/1.4

Portrait avec un K-3II et le FA 50/1.4

 

 

Pour conclure

La question « penser au Full Frame » ne se pose QUE si cet achat est prévu très prochainement. C’est à dire dans moins de 6 mois. Au-delà, cela ne reste qu’une hypothèse, tellement de choses pouvant se passer. En dehors de celle-ci, il est impératif de mettre cette question de côté et de revenir à la question fondamentale, « quel objectif dois-je acheter pour cette pratique photo que j’affectionne« . C’est uniquement cette question qui doit vous guider.

Notre but est de vous aider à réfléchir afin d’adopter la meilleure décision. N’achetez jamais un objectif sous le simple prétexte qu’une personne vous l’a recommandé. Documentez-vous, relisez nos tests où l’on vous présente les possibilités de certains d’entre eux, et surtout si vous pouvez les essayer, ce sera un vrai plus.