Dans le premier volet consacré aux modes de déclenchement autres que vue par vue, nous avons évoqué le cas de la prise de vue en rafale. Ce deuxième volet est consacré aux prises de vue :

  • par utilisation du retardateur
  • au moyen d’une télécommande
  • par logiciel pour les boîtiers équipés du WiFi.

Rappelons que nous avons pris pour exemples les APN K-1 II et K-3 II. Les possibilités peuvent certes varier, mais globalement on les retrouve sur tous les boîtiers de la marque.

Mode de déclenchement « Retardateur »

Le retardateur n’est pas une nouveauté

Le retardateur équipe la plupart des boîtiers photos depuis des décennies : même au temps de l’argentique, on trouvait, le plus souvent sur le côté droit de la face avant, un petit levier qui, actionné, produisait un petit bruit ressemblant à celui des minuteurs utilisés dans les cuisines (non professionnelles !).

On posait l’appareil soit sur un trépied, soit sur un autre support, on faisait les réglages nécessaires (vitesse, sensibilité, ouverture). Ensuite, on réglait la mise au point, parfois de façon très approximative. On actionnait alors le petit levier en question et on courait se positionner en face de l’objectif en attendant le déclenchement. C’était souvent la manière de procéder quand on faisait des photos de groupe et qu’on voulait s’intégrer à l’image de ce groupe. C’était aussi, d’une certaine manière, le moyen de faire ce que l’on n’appelait pas encore des « selfies », mais plutôt des autoportraits.

Fonctionnement du retardateur « ancien »

Selon les appareils et les marques, le temps « d’attente » avant le déclenchement avait 1 ou 2 valeurs, généralement 2s ou 5s et 10s. La plus longue durée était principalement utilisée pour les autoportraits, les plus courtes pour toute circonstance nécessitant d’éviter des flous de bougé.

Le bruit de la « minuterie » était facilement perceptible et manquait quelque peu de discrétion : mécanique oblige ! Mais on n’y prêtait guère attention : c’était ainsi et c’était admis !

Le retardateur sur un boîtier argentique renommé (Pentax ME Super)

Le retardateur sur un boîtier argentique renommé (Pentax ME Super)

Fonctionnement du retardateur « moderne »

Sur les appareils modernes, le bruit de « crécelle » a disparu, remplacé parfois par des « bips » dont la sonorité peut être réduite par le menu de l’APN, voire totalement supprimée. S’y ajoute le clignotement d’une diode – le plus souvent rouge – en façade et parfois au dos de l’appareil. Le clignotement, lent au début de la séquence s’accélère ensuite nettement dans les toutes dernières secondes, annonçant l’imminence du déclenchement.

Et cela existe toujours

Le retardateur n’a donc pas été abandonné, mais désormais il n’existe plus de commande mécanique comme ci-dessus. L’option « retardateur » s’obtient généralement en actionnant le « trèfle » au dos de l’appareil. Question d’ergonomie et de rapidité de mise en œuvre. Pentax n’échappe pas à cette règle. Le retardateur n’est qu’une option parmi les différents modes de déclenchement proposés, que ce soit sur le K-1 (et K-1 II) ou sur les boîtiers APS-C.

Le menu "Retardateur" sur le K-1 II

Le menu « Retardateur » sur le K-1 II

Les possibilités du retardateur en photo numérique…

Avec une mise en œuvre différente, on retrouve les mêmes possibilités techniques qu’en photo argentique. Ainsi, que ce soit sur le K-3 II ou sur le K-1 II, le mode retardateur « simple » propose deux valeurs de délai de prise de vue : 2s ou 12s. On fixe la valeur de son choix, on presse le déclencheur et l’appareil fait le reste. Cela ne pose aucune difficulté.

Cependant, grâce à l’électronique, les possibilités peuvent être plus évoluées.

Des possibilités évoluées

Sur le K-1 II, mais pas seulement (voir plus loin), une troisième possibilité existe : on peut combiner retardateur et rafale. Pour ce faire, il faut choisir l’option correspondante dans le menu « retardateur ». S’ouvre alors un sous-menu dans lequel l’opérateur :

  • choisit le mode retardateur souhaité (2s ou 12s)
  • choisit le mode rafale (H, M ou L : voir notre article précédent sur le mode rafale)
  • indique le nombre de vues qu’il souhaite pour la rafale choisie : par défaut, c’est 3 mais cette valeur peut varier, selon le désir du photographe, de 2 à 10 (moins de 2, c’est 1, donc du « vue par vue »)

Il lui suffira alors de presser le déclencheur à mi-course (mise au point) puis à fond : l’automatisme de l’appareil se chargera de la suite !

Menu Retardateur+Rafale sur le K-1 II

Menu Retardateur+Rafale sur le K-1 II

Nota : sur le K-3 II, la combinaison retardateur/rafale n’existe pas. En revanche, elle existe sur le KP et sur le K-70, boîtiers plus récents que le K-3 II.

Les cas d’utilisation du retardateur

On l’a vu précédemment, on utilise le retardateur quand on veut être soi-même sur la photo, pour se laisser le temps de rejoindre sa place, soit dans le groupe, soit à l’endroit choisi pour la mise au point.

Mais on peut aussi utiliser le retardateur dans d’autres cas. Par exemple, pour éviter des flous de bougé. L’appareil étant posé sur trépied ou sur une surface stable, pas de risque de bouger au moment du déclenchement. Du moins en théorie ! Car en effet, si ce n’est pas l’opérateur qui bouge, il ne faut pas oublier que le déclenchement peut produire des vibrations préjudiciables à une bonne netteté de la photo. En cause, sur un reflex, le mouvement du miroir qui va « remonter » pour laisser passer la lumière. Ce mouvement n’est pas toujours d’une extrême douceur !

Dans la plupart des cas, c’est imperceptible, surtout si le temps de pose est suffisamment court. Mais parfois (temps de pose long, photos en macro où le point de netteté est très près du capteur…), ce mouvement du miroir est suffisant pour voir du flou sur l’image. Il existe cependant une solution pour éviter cet inconvénient : c’est de photographier « miroir levé » : nous y reviendrons ultérieurement dans un autre volet de cette série d’articles.

Nota : Les hybrides, étant dépourvus de miroir, ne rencontrent pas ce problème.

Quelques précautions

Sur la plupart des boîtiers Pentax des dernières générations (numérique), le fait de passer en mode retardateur ou télécommande (ou encore prise de vue miroir levé) désactive par défaut la stabilisation automatique afin de ne pas ajouter du flou là où il n’y en aurait pas. Cependant, sur le K-1 II, il est possible de ne pas désactiver la stabilisation en mettant en œuvre l’option C.3.21 du menu et en choisissant « Désactiver Extinction autoSR ». Pour le KP et le K-70, c’est l’option C.3.19 du menu qui permet d’obtenir le même résultat. Il n’existe pas de telle possibilité sur le K-3 II.

Cadrage et composition

Cela apparaît comme une évidence, mais l’appareil, s’il peut déclencher seul au moyen du retardateur paramétré comme on le souhaite, est absolument incapable de composer seul une image et la cadrer correctement. C’est donc un préalable que l’utilisateur doit absolument prendre en considération.

Mise au point

En utilisation automatique du retardateur, la mise au point s’effectue lorsque l’on presse le déclencheur à mi-course avant de le presser à fond pour la prise de vue. Ce qui signifie que le « focus » peut changer pendant les 2 ou 10 secondes de délai. Plus sûrement encore si l’on combine retardateur et rafale. Il faut y veiller et, dans beaucoup de cas, le passage en mise au point manuelle, avec une ouverture permettant une bonne profondeur de champ, adaptée au sujet, s’avère être une bonne solution.

Exposition

Ce qui est vrai pour la mise au point l’est souvent aussi pour l’exposition. On peut bien sûr faire confiance aux automatismes, mais c’est parfois source de déception. Alors, même si certains écarts d’exposition peuvent être corrigés en post-traitement, une exposition choisie manuellement peut être préférable. À condition, bien évidemment, de maîtriser les paramètres adéquats et de savoir les adapter à la situation rencontrée.

Afin de ne pas risquer de fausser l’exposition par l’entrée de lumière parasite, il est aussi recommandé d’obturer l’oculaire au moyen du cache oculaire fourni par le fabricant et présent dans l’emballage d’origine du produit. Retirer au préalable l’œilleton en caoutchouc.

Mode de déclenchement « Télécommande »

Afin de ne pas nous répéter, le lecteur notera que TOUTES les précautions indiquées ci-avant pour l’utilisation du retardateur sont aussi à prendre en considération pour l’usage de la télécommande. Toutes choses égales par ailleurs, bien entendu !

Modèles de télécommande

De notre point de vue, tout photographe devrait avoir cet accessoire dans son sac. Tout en connaissant ses limites : la portée utile est une de ces limites, avec aussi les possibilités de réglage.

Différents modèles de télécommande de marque Pentax existent, certaines filaires, d’autres sans fil. Il en existe aussi chez des fabricants indépendants (chinois pour la plupart). Certaines télécommandes d’autres marques (i.e. Canon) sont aussi utilisables avec des boîtiers Pentax.

Nous ne détaillerons pas tous ces modèles ici. Et notre propos n’est pas de préconiser tel ou tel modèle : chacun peut faire son choix en fonction de ses propres critères.

Quelques modèles :

La Télécommande CS-205 est utilisable (position "lock")
La télécommande O-RC1

Pour ma part, j’utilise avec bonheur (si l’on peut vraiment parler de « bonheur » à cet égard), et ce, depuis plusieurs années, la télécommande sans fil Pentax O-RC1. Elle agit par émission d’un rayon infrarouge qui est capté par le récepteur de l’appareil. Elle est suffisante pour mon usage, mais il faut remarquer que d’autres possèdent des fonctions plus étendues. À noter qu’elle est étanche… jusqu’à ce que l’on change sa batterie (oui, c’est possible : il faut ouvrir la télécommande, dessouder la batterie en place et souder à sa place une batterie neuve identique). Au remontage, les joints d’étanchéité ne remplissent généralement plus leur rôle. Il est précisé aussi qu’elle peut être immergée pendant une courte durée : à 30 € pièce environ, peut-être est-il préférable ne pas essayer … surtout si on a changé la pile !

Un préalable nécessaire (à l’expérience assez méconnu) : pour pouvoir effectuer une mise au point au moyen du bouton central de la télécommande O-RC1, il faut penser à activer l’option de menu correspondante dans le boîtier (C.2.10 pour le K-1 II, C.3.19 pour le K-3 II, C.2.9 pour le K-70. Aucune possibilité d’utilisation de télécommande IR pour le KP).

Télécommande O-RC1

Télécommande O-RC1

Les cas d’utilisation de la télécommande

Ce sont à peu près les mêmes que pour le retardateur, à ceci près qu’on n’est pas soumis à un décompte draconien du temps avant le déclenchement.

Pour éviter les flous de bougé

Précisons, ici encore, que la stabilisation automatique est désactivée par défaut lorsque l’on utilise le mode télécommande (voir ci-dessus).

Pour éviter d’être vu

C’est notamment le cas en photo animalière : on positionne l’appareil (de préférence sur trépied ou sur support stable), on cadre et, si possible, on compose son image, on se cache à proximité… et on tente de déclencher à distance au bon moment, tout en espérant que le cadrage préalablement choisi est le bon et qu’il est respecté ! Pas toujours facile, on le comprendra : l’œil n’est plus rivé au viseur !

Pour la photo de rue

Mains dans les poches, l’une tenant la télécommande, appareil sur sa sangle de cou, préalablement bien réglé, évidemment. Allure nonchalante, décontraction en toute innocence ! La discrétion est totale… le cadrage aléatoire, mais il peut réserver de bonnes surprises.

Les limitations à l’usage de la télécommande

Pour les télécommandes filaires, la limitation se situe… dans la longueur du fil ! Le fil est rarement assez long pour tous les cas de figure possibles. Souvent, cette longueur est inférieure à 1m :

  • Le CS-205 (utilisable sur tous les reflex Pentax et sur le moyen format 645 (Z et D), ne mesure que 50cm
  • le (très cher : 50 € environ) CS-310 utilisable sur le K-70 ne mesure que 1m. Il serait aussi utilisable sur le KP, mais, n’ayant pas testé, cette information est donnée avec toutes les réserves utiles.

Finalement, la télécommande sans fil O-RC1, utilisable jusqu’à 5m environ, est peut-être préférable !

Bien sûr, nous n’avons testé aucune des télécommandes « compatibles » des fabricants indépendants. Nous ne savons donc pas si elles fonctionnent correctement et avec quelles fonctionnalités. Leurs spécifications techniques sont parfois très alléchantes, avec notamment des distances d’utilisation possibles annoncées bien supérieures à celle de la O-RC1. Resterait à vérifier tout cela dans les faits. Si nos lecteurs ont essayé qu’ils nous fassent part de leur expérience dans ce domaine.

Mode de déclenchement « WiFi » et par logiciel

Ce mode n’est pas utilisable avec tous les boîtiers Pentax. Seuls y ont accès directement ceux qui sont nativement pourvus d’un mode WiFi : K-1 et K-1 II, K-S2, K-70, KP.

Pour les autres, il semble possible d’utiliser un accessoire que Pentax/Ricoh ne commercialise plus : les cartes Flucard. Elles apportent le WiFi aux boîtiers qui en sont dépourvus. Toutefois, nous n’avons pas testé cette possibilité.

Une précision cependant : pour le K-3 II (dépourvu nativement du WiFi), son manuel précise (page 96) : « Vous pouvez utiliser un smartphone pour faire fonctionner l’appareil lorsqu’une Flucard compatible avec cet appareil est utilisée. Reportez-vous au manuel de la Flucard pour savoir comment utiliser la carte ».

Là encore, si nos lecteurs ont essayé, leur expérience nous serait précieuse.

Les logiciels

Il existe 3 logiciels capables de piloter, de différentes manières, les boîtiers Pentax ci-dessus. Cependant, aucun d’entre eux n’est utilisable avec tous les boîtiers :

  • Image Sync, sans doute le plus connu, dont il existe une version pour smartphone IOS et une version pour smartphone Androïd. Logiciel gratuit. Il permet les prises de vue avec les boîtiers énumérés ci-dessus et aussi avec les boîtiers Ricoh GR II et GR III et le Ricoh WG-M2 (Caméra vidéo).
  • WifiCommander, uniquement pour Windows, pilote les boîtiers Pentax susvisés en mode WiFi, comme son nom l’indique. Logiciel gratuit… à condition de pouvoir l’installer. En effet, il nécessite l’installation préalable de Microsoft .Net Framework 4.6.1 (version OS 64 bits ou 32 bits). Or cette installation a échoué plusieurs fois sur notre PC, interdisant de ce fait la finalisation de l’installation de WifiCommander. Aucune explication n’a été trouvée. L’application de l’outil Microsoft de réparation du Framework a elle-même échoué !
  • Image Transmitter 2 (version pour MAC OS et version pour Windows) permet, lui, le pilotage des K-1 et 645Z à distance, mais par câble USB et non par WiFi. C’est un logiciel payant (179 €).
[14/06/2019]Mise à jour concernant WifiCommander :

Le logiciel a pu être installé après téléchargement d’une version plus récente du framework (4.7.5). Mais c’est alors la reconnaissance du Pentax K-1 II qui échoue : impossible de le connecter en wifi à l’application, donc impossibilité d’utiliser WifiCommander.

Modalités

Bien sûr, pour pouvoir piloter en WiFi les boîtiers concernés, il faut au préalable :

  • Avoir activé le WiFi sur le boîtier concerné
  • pour Image Sync et WifiCommander, connecter le logiciel au boîtier avec l’ID du réseau boîtier et le mot de passe (fournis par le constructeur : pour le Pentax K-1 II voir ces informations dans le menu « Outils » (symbolisé par une clé) – page 2 « Wifi », « infos communications »).

Ensuite, l’utilisation ne pose aucun problème pratique même si chaque logiciel a ses caractéristiques, ses fonctionnalités et son interface.

 

Dans un article à venir, nous évoquerons les autres modes de déclenchement autres que vue par vue : à suivre, donc.