Dans le premier volet consacré aux modes de déclenchement autres que vue par vue, nous avons évoqué le cas de la prise de vue en rafale. Le deuxième volet a été consacré au retardateur, à la télécommande et au déclenchement par logiciel.

Ce troisième et dernier volet évoquera :

  • 1. la surimpression
  • 2. le bracketting
  • 3. la prise de vue miroir levé
  • 4. l’intervallomètre.

Rappelons aussi que nous avons pris pour exemples principaux les boîtiers K-1 Mark II et K-3 II. Les possibilités peuvent certes varier, mais globalement on les retrouve sur tous les boîtiers de la marque, notamment les derniers sortis, KP et K-70.

 

La surimpression

Sur l’écran du K-1 II, ce mode ne vient qu’après le bracketting et la photo miroir levé. Mais le choix de commencer par lui s’explique par le fait que ce sujet a déjà fait l’objet de 2 articles sur PentaxKlub, en juin 2015 et en septembre 2016. Ils gardent bien entendu toute leur valeur et nos lecteurs pourront s’y reporter avec profit.

Dans les manuels des APN récents de Pentax, la surimpression est décrite :

  • pour le K-1 Mark II en pages 73 et 74
  • pour le K-3 II en pages 59 et 60
  • s’agissant du KP en pages 74 et 75
  • enfin pour le K-70 en page 77

Le menu surimpression du K-1 Mark II

Surimpression sur le K-1 II

Surimpression sur le K-1 II

 

L’électronique faisant « des miracles », les possibilités de surimpression en photo numérique sont bien plus évoluées qu’en photo argentique.

Surimpression en « vue par vue »

La première option de ce menu permet, par défaut, une composition dite « moyenne » et un nombre de prises fixé à 2. (Voir manuel du K-1 II – pages 73 et 74). Ce nombre de prises peut aller de 2 à… 2000 !

Toutefois, ces valeurs peuvent être changées par appui sur la touche « INFO ».

On voit alors que le « mode composition » permet 3 choix, outre le nombre de prises :

  • le mode composition « moyenne » : le logiciel interne va créer une image avec l’exposition moyenne.
  • le mode composition « additionnel » : le logiciel interne va créer une image avec l’exposition cumulée.
  • et le mode composition « lumineux » : le logiciel interne va créer une image en remplaçant uniquement les parties qui sont plus lumineuses par rapport à la première image.

Pour ce faire, le photographe devra appuyer sur le déclencheur autant de fois qu’il aura choisi de prises. C’est un mode « vue par vue » adapté à la surimpression. Mais il existe d’autres possibilités.

Surimpression et rafale

Cette option permet les mêmes réglages de mode et de nombre de prises de vue que ci-dessus. Il s’y ajoute toutefois la possibilité de shooter en rafale, avec les mêmes valeurs de vitesse que le mode rafale lui-même (voir partie 1), à savoir : vitesse haute (H), moyenne (M), lente (L).

Surimpression en rafale sur K-1 II

Surimpression en rafale sur K-1 II

Surimpression et retardateur

Mêmes réglages, là encore, avec en plus la possibilité d’utilisation du retardateur : 12 secondes ou 2 secondes de délai.

Surimpression et télécommande

Toujours les mêmes réglages de base avec en plus la possibilité d’utiliser une télécommande

Quelques observations

Ces options sont larges et peuvent sans doute répondre à des besoins spécifiques. Pentax ne nous a jamais habitués à des options inutiles. Il faut cependant avouer que faire de la surimpression en rafale, avec le retardateur ou la télécommande, interrogera sans doute beaucoup de photographes, surtout les 2 dernières : comment, en effet, changer de cadrage ou de composition sans avoir l’œil au viseur ? Si quelqu’un a essayé…

Le menu surimpression du K-3 II

Surimpression sur le K-3 II

Surimpression sur le K-3 II

 

Ce sont, comme on peut le voir sur image ci-dessus, les mêmes options que sur le K-1 Mark II. Le manuel du K-3 II stipule cependant, pour le mode « lumineux » que le système va créer une image associant uniquement des parties lumineuses. C’est une question de formulation, mais le principe reste le même.

Le déclenchement par bracketting

La définition ayant été donnée dans un article précédent, nous n’y reviendrons pas ici.

Ce mode de déclenchement est expliqué dans le manuel des APN :

  • pour le K-1 mark II, en page 72
  • pour le K-3 II, en pages 58/59
  • en pages 71 à 73 pour le KP, qui présente des options originales et intéressantes à cet égard
  • et enfin, pour le K-70, en pages 75 et 76

Dans ce mode, l’appareil prend (par défaut) 3 images avec 3 paliers d’exposition différents. On change ces paliers par action sur la molette arrière, par 1/3 ou ½ valeur, selon le choix opéré dans le menu C.1 de l’appareil.

A noter que par une action sur la molette avant, on pourra passer à 5 paliers (donc 5 images) ou 2 paliers (2 images). Dans ce dernier cas, la valeur « de référence » sera de 0 (si aucune correction d’exposition au départ, sinon ce sera la valeur de cette correction – voir ci-après) et la deuxième valeur sera de +1 ou -1 palier, selon l’action sur la molette avant.

Comment procéder ?

Plusieurs cas de figure peuvent se présenter, selon la position de départ du sélecteur de correction d’exposition (bouton près de la molette des modes « smart » avec les signes « + » et « – ».

Bouton de correction d'exposition (K-1 II)

Bouton de correction d’exposition (K-1 II)

 

  • s’il est placé sur « 0 EV » (en français on devrait parler d’IL et non d’EV) et que l’option de correction (ou les paliers ISO et ouverture) est fixée par 1/3 de valeurs, la valeur « centrale » du bracketting sera de 0 (exposition sans correction) et les 2 autres valeurs seront de -0.3 EV et +0.3 EV. Toute action sur la molette arrière incrémentera ou décrémentera simultanément ces 2 valeurs jusqu’aux limites admises (-5 EV à +5 EV pour 2 ou 3 images, de -4 EV à + 4EV pour 5 images).
  • S’il est placé sur toute autre valeur, les actions indiquées ci-dessus seront modifiables de la même manière et selon les paliers retenus, à partir de la valeur de départ.

Ainsi décrit, le processus de fonctionnement peut sembler compliqué. En réalité, il est très simple d’emploi et on comprend très vite ce qu’il faut faire en manipulant, sans même prendre de photo, ces options et les molettes qui les commandent.

On recommandera au lecteur intéressé par ce mode de déclenchement de se reporter au manuel de son APN et aux options à définir dans le menu (pour le K-1 Mark II, le menu C.1.1 et le menu C.2. (11 et 12). Il est possible, par exemple, de changer l’ordre des images.

Bracketting 3 images

Bracketting 3 images

Bracketting 5 images

Option Bracketting 5 images

Bracketting 2 images

Option Bracketting 2 images

 

D’autres possibilités

Le bracketting, qui est par lui-même une sorte de rafale, peut aussi opérer avec le mode retardateur (2 ou 12 secondes) ainsi qu’avec utilisation d’une télécommande. Ce n’est sans doute pas le plus fréquent, mais cette possibilité existant, il serait dommage de la passer sous silence.

Le déclenchement miroir levé (M.UP)

Ce mode est décrit :

  • en page 73 sur le manuel du K-1 Mark II ,
  • en page 59 sur le manuel du K-3 II ,
  • à la page 74 sur le manuel du KP ,
  • à la page 76 sur le manuel du K-70 .
Menu Miroir levé sur le K-3 II

Menu Miroir levé sur le K-3 II

Pourquoi déclencher miroir levé ?

On sait que sur les appareils reflex on vise au moyen d’un viseur OVF (Optical View Finder) (par opposition aux hybrides disposant d’un viseur EVF (Electronic View Finder). Ce viseur OVF est, notamment, constitué d’un miroir renvoyant l’image qui traverse l’objectif vers l’œil du photographe. Or, ce miroir s’efface, au moment du déclenchement, autrement dit « se relève », pour laisser la lumière atteindre le capteur. Ce mouvement du miroir produit des vibrations qui, dans certains cas, ont une influence non négligeable sur la netteté de l’image.

Relever le miroir préalablement au déclenchement supprime donc cet inconvénient… et en apporte un autre : le photographe ne voit plus rien dans le viseur.

Conséquences du relevage du miroir

On ne voit plus ce que l’on photographie. Il est donc très important d’avoir procédé à tous les réglages possibles (ouverture, vitesse, composition, cadrage, etc.) AVANT de commander le relevage du miroir.

Nota : En mode liveview, le miroir est nécessairement relevé : la fonction de relevage est alors inactivée.

Particularités de fonctionnement

Lorsque l’on a activé la fonction « M.UP » (miroir levé), il ne se produit rien tant que l’on ne touche pas au déclencheur. Un appui sur le déclencheur permettra de relever réellement le miroir. On observe alors un léger temps de latence après le relevage du miroir et avant la possibilité de déclencher par un second appui sur le déclencheur. Ce laps de temps (tout de même très bref) permet aux vibrations de cesser. Le photographe peut alors déclencher soit manuellement soit au moyen d’une télécommande.

Sur tous les boîtiers dotés de cette fonction « M.UP », le miroir redescend alors dans sa position normale. À défaut de déclenchement après relevage, il redescend automatiquement après 1mn.

A noter que le manuel du KP et celui du K-70 (contrairement à ceux du K-1 II et du K-3 II) précisent que la stabilisation (SR, Shake Reduction) est désactivée à l’utilisation de la fonction « M.UP ».

Précautions

A la lecture de ces lignes, même le débutant aura compris que photographier miroir levé à main… levée elle aussi, relève quasiment de l’exploit. De plus, cela ne sert strictement à rien si le photographe bouge au moment du déclenchement. L’utilisation d’un trépied stable est donc vivement recommandée, ou, à défaut, un support stable. Et c’est là qu’on apprécie de pouvoir déclencher avec une télécommande.

Il est aussi conseillé de désactiver la stabilisation : agissant par micro-déplacements du capteur, son activation pourrait apporter du flou aux images alors que l’utilisation d’un trépied est au contraire un moyen de limiter voire supprimer les risques de flou de bougé. Mais bien sûr, si c’est le sujet qui bouge, cela ne changera rien : le flou de mouvement remplacera le flou de bougé. Et le résultat ne sera pas meilleur !

Le déclenchement par intervallomètre

Le fonctionnement de l’intervallomètre est décrit dans le manuel de chacun des boîtiers :

  • en pages 74 à 76 pour le K-1 Mark II
  • en pages 60 et 61 pour le K-3 II
  • pour le KP en pages 75 à 77
  • pour le K-70 en pages 78 et 79

Qu’est-ce qu’un intervallomètre

C’est tout simplement un dispositif qui permet de prendre automatiquement des photos à intervalles réguliers. Bien entendu, c’est le photographe lui-même qui fixe l’essentiel des paramètres d’une telle prise de vue.

Pourquoi, Quand et Comment utiliser l’intervallomètre ?

« Pourquoi » : c’est assez simple à comprendre : si l’on souhaite prendre des images à intervalles réguliers, avec un cadrage identique à chaque fois, ce ne sera pas toujours facile de le faire à main levée et avec la régularité souhaitable. Une fonction dédiée rendra donc de fiers services !

« Quand » : chaque fois que l’on veut suivre une évolution. C’est le cas en astrophotographie, bien sûr, mais pas seulement. En macro c’est parfois utile aussi  : cela permet de prendre plusieurs images sans avoir à presser chaque fois le déclencheur : on se consacre alors au cadrage, à la composition, voire à la mise au point (si on a fixé un intervalle suffisant entre 2 images). C’est une question d’habitude et aussi un peu d’habileté. Cela demande sans doute un peu de pratique. Mais si l’on n’essaie pas, on ne sait pas ! Alors il faut essayer.

« Comment » : dans certains cas (astrophoto par exemple), le « comment » pourra exiger l’utilisation d’un support stable (trépied le plus souvent). Mais on pourra aussi envisager l’intervallomètre à main levée, si toutefois le paramétrage s’y prête : il serait peu réaliste de programmer 2000 photos avec un intervalle d’une minute entre 2 images : cela ferait tenir l’appareil pendant 2000 minutes, c’est-à-dire plus de 33 heures d’affilée. Et, pour ce nombre de prises (2000) avec un intervalle entre deux images de deux secondes (c’est le minimum, c’est-à-dire 30 images par minute), cela représenterait déjà, si je n’ai pas fait d’erreur, plus de 66 minutes, soit 1h06 : difficile de tenir sans bouger. En tous cas pour la plupart des photographes.

Les options disponibles sur le K-1 II

Intervallomètre K-1 II

Intervallomètre K-1 II

 

Elles sont au nombre de 4 :

  • Intervallomètre (simple) : prend des images à l’intervalle régulier choisi
  • « Compo prise de vue intervalle » : fusionne les images prises en une seule image
  • « Enregist. vidéo par intervalle ». Le manuel précise : « Prend des images fixes à intervalles réguliers et les enregistre dans un fichier vidéo unique (Motion JPEG, extension de fichier :. AVI)
  • « Traînée stellaire » (particulièrement utile en astrophotographie). Précisions du manuel : « Prend des images fixes à intervalles réguliers et les fusionne dans un fichier vidéo unique (Motion JPEG, extension de fichier :. AVI) en utilisant Compo prise de vue intervalle. »
Intervallomètre - Option Trainée Stellaire

Intervallomètre – Option Trainée Stellaire

Intervallomètre sur le K-3 II

Intervallomètre sur le K-3 II

Options Intervallomètre sur le K-3 II

Options Intervallomètre sur le K-3 II

Paramétrage

Sur le K-1 Mark II, on y accède en pressant la touche « INFO »

Pour chacune des options indiquées ci-dessus, le photographe peut fixer trois paramètres :

  • l’intervalle entre deux images : de 2 s (par défaut) à 24h
  • le nombre de prises de vue : de 2 à 2000 (8 à 2000 pour les options vidéo et traînée stellaire)
  • moment du démarrage de l’intervallomètre : immédiat, par retardateur (2 choix possibles), par télécommande (2 choix possibles) ou à une heure à définir.

Pour démarrer l’intervallomètre, il suffit alors de presser sur le déclencheur. Pour annuler, il faut placer l’interrupteur général sur la position « OFF ».

D’autres possibilités de paramétrage sont offertes au photographe, avec aussi quelques limitations (certaines options sont incompatibles entre elles). Il est donc indispensable de se reporter au manuel.

 

Au terme de cette série d’articles sur les modes de déclenchement, chacun aura pris conscience (et je ne serai pas le dernier) des immenses possibilités offertes par nos appareils numériques. Bien sûr, beaucoup ne les utilisent pas, soit par manque de nécessité, soit par manque de pratique et de maîtrise. Mais il est bon de savoir que ces modes existent et qu’ils restent à la disposition de qui en a besoin, même ponctuellement, ou de qui veut explorer de nouvelles voies.