Le débat sur le calibre des boitiers est un vieux débat qui a de beaux jours devant lui, tant il recouvre de projections mentales et de fantasmes cachés.

Un gros appareil est « un appareil de professionnel », « un appareil d’homme », « un appareil sérieux », « un appareil qui fait de bonnes photos ».

Un petit appareil est « un appareil de femme », pas impressionnant, pas sérieux, surtout s’il est en couleurs…

 

Petit, gros

Pour la commodité, nous appellerons «gros» boitiers la famille des K10,K20,K-7,K-5, K-3 et autres K100 et «petits» boitiers la famille des K-m -x -r …

Ces derniers temps, Pentax (Ricoh-Imaging) a rendu les choses moins simples. En effet les dernières sorties ont tendance à gommer les différences traditionnelles entre petits et gros boitiers.

Il y a 5 ans, beaucoup de choses ont été dites sur les mérites comparés des K-5 et K-x. Des polémiques ont même opposé, sur des forums, les propriétaires des différents boitiers. Au delà des différences évidentes -les fameuses 2 molettes, en première ligne- entre les deux familles de boitiers, au delà des potentiels se rapprochant avec l’arrivée du K-x, qu’est-ce qui faisait la différence irréductible entre les deux familles ?

Pour que ce qui va suivre soit bien clair et n’entretienne pas de vaine polémique, il n’est pas question ici de diminuer ni les qualités évidentes des petits boitiers, ni la place unique que par leur rapport potentialités/prix ces boitiers occupaient sur le marché. Il est encore moins question de diminuer la solidité des raisons du choix de nombreux pentaxistes. Ayant eu moi-même à cette époque un boitier de chaque série, je ne plaide  pour aucune «paroisse».

Ce qui à mes yeux faisait la vraie différence entre les 2 familles tient à l’aspect pro de la famille dont le K-5 était l’aboutissement, c’est à dire au principe 1 fonction = 1 bouton

Ainsi le choix

  • du mode d’AF – régi par 1 bouton en façade main gauche
  • du collimateur AF – par 1 bouton en façade arrière, main droite
  • du mode de prise de vue – par 1 tambour capot supérieur, main gauche
  • de la mesure AEL par – 1 bouton capot supérieur, main gauche
  • du diaphragme par la molette avant, index main droite
  • de la vitesse par la molette arrière,  pouce main droite. 

Ces fonctionnalités, d’une importance centrale, sont opérationnelles de manière instantanée, sans pratiquement quitter la visée.

L’évolution depuis le K-5 a accentué encore ce caractère. L’énorme avancée du traitement des fichiers en «ozizos», celle de l’AF, ne doivent pas cacher de nombreuses «petites» modifications qui ont professionnalisé le «gros» boitier Pentax. Petites modifications typiques de l’esprit Pentax qui vont dans le sens d’une ergonomie au sens le plus large du terme et qui ont fait du K-5 un boitier de type pro sans en faire un tank lourd.

Sur les «petits» boitiers, depuis le K-x, presque toute ces fonctionnalités sont réglables, sans passage par le menu et ses arborescences, grâce à l’écran arrière, par une simple manoeuvre du bouton info et du pad. C’est extrêmement commode (oh combien plus que sur le K-m!) et rapide, mais pas autant que le un bouton pour une fonction des «gros» boitiers. Et cela nécessite de quitter la visée.

Toutes les autres raisons que l’on voit fleurir sur les forums: taille, poids, prise en mains, résultats… sont parfaitement respectables, mais subjectives.

Lorsque le parallèle possible était entre le K-7 et le K-x, la comparaison était faussée par la qualité en ozizos du «petit» dernier. Avec les K-5, les K-x et K-r cette comparaison n’avait plus lieu d’être.

Il ne restait plus que le prix, différence objective s’il en est, la différence de type d’utilisation qui découle du principe 1 fonction = 1 bouton, et des différences d’AF entre le K-5 et le K-r, éventuellement importantes pour les photographes sportifs et animaliers.

 

Brouillage

Avec l’évolution accélérée imprimée, au moins en partie par le rachat par Ricoh, ces frontières ont tendance à se brouiller.

Avec l’extension du traitement WR à la plupart des boitiers, avec la généralisation de la visée 100% à tous les boitiers, la généralisation des 2 molettes, Pentax a introduit sur quasiment tous les boitiers ce qui était auparavant réservé aux boitiers professionnels.

Actuellement le niveau technique de tous les boitiers proposés par Pentax s’est élevé.

Il reste bien sûr des différences qui justifient la hiérarchie tarifaire, matériau de la structure, équipements périphériques, slot(s), obturateur et synchro X, écran arrière et… poids.

Pourtant les boitiers proposés visent des clientèles nettement différenciées, mais plus de la même façon simpliste qu’autrefois. Les adaptations WiFi, selfies, du K-S2 s’adressent à des photographes qui ne rentrent pas dans les catégories amateurs / pros. L’arrivée du FF risque de ne pas simplifier les choses.

 

Dans la pratique

Pour faire leur choix, il ne reste à l’énorme majorité des acheteurs qu’à répondre à une double question : De quel type de boitier ai-je besoin, ou ai-je envie ?

Dans les faits cette interrogation en cache 2, bien distinctes.

« De quel type de boitier ai-je besoin? »  est une question objective. Elle concerne aussi bien les professionnels que les amateurs. Elle part de la pratique photographique, comme tout ce qui concerne le matériel.

La réponse est plus facile pour un professionnel, qui est obligé de bien définir les outils nécessaires à son activité professionnelle.

Pour un amateur, c’est plus délicat, parce que la pratique photographique dépend plus d’éléments d’ordre subjectifs.

Dans les 2 cas, il est possible, souhaitable (?) de définir le type de photos que l’on fait et le type de boitier qui permet mieux d’y parvenir. 

En essayant d’être le plus «honnête» possible avec soi-même, pour éviter les déconvenues, les déceptions et … les frais.

Deux exemples éclairants:

Tel photographe professionnel, pratiquant le reportage, expliquait qu’il avait acheté un 645, car il avait constaté que, lors de visites aux clients, il avait plus facilement les contrats grâce au look de moyen format qu’ avec un K-5. Lesquels contrats n’étaient pas forcément faits au 645. Le 645 était professionnellement nécessaire!

Tel autre photographe professionnel, pratiquement la nature morte publicitaire en studio, travaille avec des K-20 qui lui permettent d’obtenir la qualité nécessaire avec l’atout quotidien indispensable du Remote Control (liaison directe du boitier avec un ordinateur sous Photoshop). Pour la photo personnelle, car il la pratique (ce qui est assez rare chez les professionnels), il a un K-3 dont il est extrêmement content, mais qu’il ne pourrait pas utiliser pour son travail car il n’a pas le Remote Control.

 

Ce dernier exemple conduit directement à la seconde question:

« De quel type de boitier ai-je envie ? » La réponse à cette question subjective est toute aussi respectable que la précédente.  Elle vient de la part de rêve qui se cache, heureusement, en chacun d’entre nous.

L’ envie de tel ou tel matériel est un élément incontournable. Le côté plaisir de la pratique photographique est un moment fondamental de l’acte photographique.  La photographie ne se construit pas seulement sur des faits objectifs. 

On peut avoir envie, pour des tas de raisons (qui ne regardent finalement que nous-mêmes) d’ un boitier 24×36, que sa pratique photographique ne « justifierait » pas, parce qu’on a envie de son viseur, du velouté des ses images, ou parce qu’on le trouve beau, tout simplement.

Ce qui n’empêche pas de se poser toutes les questions techniques possibles sur les « avantages » et les « inconvénients » respectifs du FF, de l’APS-C, ou du K-3, du K-3 II et du KS-2…

Pouvoir se poser des tas de questions avant d’apporter une réponse finale n’est-il pas un jeu agréable dont nous avons tous besoin?

C’est une question, à laquelle je me garderai bien d’apporter une réponse définitive…

 

Pour conclure, une variante d’actualité:

APS-C vs FF

Quels sont (seront dans un avenir proche) les avantages et inconvénients respectifs des 2 formats, éléments d’aide au choix.

Les + APS-C

  • le coefficient multiplicateur qui transforme tous les objectifs de focale >100mm en télés lumineux à la visée, moins volumineux, moins lourds à moindre frais.
  • la compacité
  • le poids réduit
  • les fichiers moins lourds et les conséquences induites sur la chaîne informatique
  • le prix

Les – APS-C

  • le viseur « étriqué »
  • Le coefficient multiplicateur avec les focales courtes
  • le bokeh plus difficile à obtenir

Les + FF

  • le viseur lumineux
  • le bokeh plus facile à obtenir et plus doux
  • le velouté, le modelé du rendu
  • les transitions chromatiques plus fines
  • des images de meilleure qualité et la possibilité de plus grands tirages

Les – FF

  • le poids des objectifs
  • les fichiers plus lourds  et les conséquences induites sur la chaîne informatique
  • les cartes SD plus coûteuses
  • le prix

Les avantages Pentax:

  1. une compatibilité étendue entre les deux formats
  2. la possibilité d’avoir 2 boitiers de 2 formats
  3. la possibilité d’avoir un seul parc d’objectifs
  4. l’ergonomie proche d’un boitier à l’autre

Et tout ce que l’on va découvrir à la sortie du boîtier 24×36…

 

BOITIERK-30 K-5 II K-50KS-2K-3K-3 II
Capteur16Mp16Mp16Mp20Mp24Mp24Mp
Oburateur1/6000s1/8000s1/6000s1/6000s1/8000s1/8000s
Sensibilité AEL0IL/22IL0IL/22IL0IL/22IL0IL/22IL-3IL/ 18IL-3IL/20IL
AE 77 segments77 segments77 segments77 segmentsRGB 86000 pixelsRGB 86000 pixels
AF11 collimateurs 11 collimateurs 11 collimateurs 11 collimateurs 27 collimateurs27 collimateurs
Molettes222222
ViseurPentaprisme 100%Pentaprisme 100%Pentaprisme 100%Pentaprisme 100%Pentaprisme 100%Pentaprisme 100%
ISO100-5120080-51200100-25600100-51200100-51200100-51200
SRouiouiouiouiouioui 5 axes
Slot(s)111122
WRouiouiouiouioui
Wifinonnonnonouioptionoption