La balance des blancs (BdB) en pratique

Dans un précédent article, nous vous avons présenté la balance des blancs (BdB) d’une façon générale et assez théorique. Nous vous avons donné quelques exemples de rendus d’images selon le réglage retenu.

Aujourd’hui, il nous paraît utile d’aborder la pratique de la BdB en fonction de conditions précises et/ou particulières de votre pratique photographique.

La balance des blancs vue par Pentax

Un petit rappel d’ores et déjà. Si votre appareil photo numérique le permet, il est préférable que vos images soient enregistrées au format RAW. Chez Pentax on a le choix entre PEF et DNG. PEF est le format propriétaire de Pentax.  DNG est le format « universel » institué par la société Adobe, reconnu par tous les logiciels de retouche d’images. En effet, si vous enregistrez vos images directement et uniquement en format Jpeg (JPG), la retouche de la balance des blancs s’avèrera moins souple. Et, pour tout dire, souvent moins efficace, tout en dégradant l’image de départ.

Autre précision, nous nous appuyons essentiellement sur les paramètres rencontrés sur les boîtiers reflex Pentax, en particulier le K-5 et le K-3 (et leurs variantes).

Nous vous l’avons déjà dit et nous ne nous renierons pas : dans bien des cas, un réglage de la BdB en « AWB », c’est-à-dire automatique, convient dans une grande majorité de cas rencontrés. Pour peu que l’on ne soit pas très exigeant sur le rendu des couleurs, on pourrait même s’en contenter. Mais ce serait faire fi des améliorations sensibles que pourrait apporter un réglage plus précis et plus approprié à la situation.

Les températures de couleur (TC)

Un schéma des différentes températures de couleur (TC) rencontrées  :

(Cliquer sur l’image pour l’agrandir)
Température de couleur

 

La BdB automatique multizones (AWB Multi).

BdB_multi_auto

 

Cette option n’est pas toujours implémentée dans les APN. Chez Pentax. On la rencontre essentiellement, à ce jour, depuis la sortie du K-3.

Son utilisation est particulièrement utile – et recommandée – chaque fois qu’on est en présence, dans la scène photographiée, de lumières d’origines différentes. Et par conséquent de TC différentes :

  • une scène en intérieur avec, par exemple, éclairage d’une bougie + lampes à incandescence + flash.
  • Une scène en extérieur où la lumière proviendrait du soleil, mais avec des ombres (sous un arbre par exemple). Et (compliquons les choses !) où vous avez besoin d’un éclair de flash pour « déboucher » ces ombres et éclairer un visage.

Ce ne sont évidemment pas des conditions permanentes de prise de vue, mais on les rencontre fréquemment. Et cette option est d’autant plus intéressante que c’est la seule – avec la BdB auto normale – qu’on ne peut pas personnaliser à la prise de vue. Toutes les autres options, qui sont prédéfinies par le constructeur, peuvent être outrepassées par les choix de personnalisation. Soit en manuel (3 possibilités), soit en changeant seulement la TC (3 possibilités également).

Faire ce réglage pour chaque photo peut s’avérer rébarbatif. Particulièrement si les conditions de prise de vue changent facilement d’une image à une autre. C’est du reste pour cette raison que tous les fabricants ont fait le choix d’offrir plusieurs options de BdB, correspondant à des situations « standard ».

Ce n’était d’ailleurs pas autre chose lorsque, sur certains appareils, on voyait des pictogrammes. Les pictos « soleil », « ombre », « nuage », « montagne », « mer »  correspondaient à des TC spécifiques à ces environnements.

Les autres options de la BdB

Quelques exemples pratiques. Par hypothèse, nous écartons le fait que, si l’on photographie en RAW, une BdB erronée pourra être corrigée en post-traitement. Concentrons-nous sur les réglages à la prise de vue. Vous n’en verrez l’effet que sur les images JPEG « fabriquées » par votre boîtier. Au passage, n’oublions pas une chose essentielle : notre œil SAIT distinguer les couleurs quel que soit l’éclairage ambiant, mais l’APN, lui, ne sait pas. Il faut lui dire quelle est la nature de l’éclairage sous lequel on opère.

1ere situation : photographie en intérieur avec éclairage de lampe à incandescence

La caractéristique essentielle de cet éclairage est qu’il est composé en grande partie de rayons lumineux de couleur rouge orangé. Si l’APN est réglé en « lumière du jour » et que l’on n’intervient pas, il donne une dominante rouge orangé à l’image obtenue, particulièrement à ce qui est censé être blanc.

Il faut donc, pour « corriger le tir » dès la prise de vue, choisir une balance des blancs « Tungstène », qui aura pour rôle de « refroidir » les couleurs et ainsi les rapprocher de la réalité.

LJAH
BdB en « lumière du jour » sous éclairage lampe basse consommation 2700K

 

LM
BdB Tungstène sous éclairage lampe basse consommation 2700K
2ème situation : photographie d’un spectacle en salle avec éclairages multiples : spots, flammes de briquets (eh oui, ça arrive !), flashes (y compris le vôtre !)

Dans cette situation, choisir « Flash » peut être une solution, surtout si l’éclair du flash est dirigé vers le sujet principal. Mais, si vous n’y prenez garde, vous risquez fort de « cramer » le sujet, surtout s’il est placé à faible distance du flash. Il peut donc être avantageux de choisir « BdB auto multi-zones » en utilisant la lumière du flash en éclairage indirect.

3ème situation : photographie en intérieur au flash mais avec éclairage normal (lumière du jour, pas de lumière « artificielle »)

C’est la situation typique dans laquelle s’impose le réglage « flash » de la BdB. Cela n’interdit pas, bien au contraire, de veiller aux autres paramètres d’exposition.

4ème situation : photographie en extérieur soit à l’ombre, soit par temps nuageux

Il est probable que vous choisirez le réglage, correspondant à la situation, proposé par votre boîtier. Cependant, n’oubliez pas que les conditions d’éclairage en pareil cas peuvent changer très rapidement. Si votre séance de photo doit durer un peu de temps, pensez à surveiller l’évolution de cet éclairage. Les nuages ne cachent pas toujours le soleil, le vent peut très bien modifier les ombres sous un arbre. Soyez donc vigilants, surtout si vous êtes un « maniaque » de la précision. Et ajustez la BdB en conséquence..

Si aucun des réglages prédéfinis ne vous donne satisfaction, alors vous n’avez pas d’autre choix que régler la BdB manuellement selon vos envies. Pour ce faire, prenez une photo avec par exemple un réglage « lumière du jour », et examinez-la avec soin. Passez alors sur le réglage qui vous paraît correspondre le mieux à la situation rencontrée, en fonction de vos goûts, ce qui reste le meilleur moyen d’exprimer votre personnalité photographique.

Ne négligez pas non plus le fait que le réglage de la BdB peut être aussi un moyen d’exprimer votre créativité : photographier en BdB « Tungstène » en extérieur peut apporter de belles surprises ! De même avec les différentes sous-options de « lumière fluorescente ». Cela passe par des essais pour vous rendre compte du rendu final.

Mais, quelle que soit l’option choisie, ne perdez pas de vue que la BdB ne pourra pas être modifiée de manière très efficace en post-traitement si vous enregistrez vos images exclusivement au format Jpeg : au risque de nous répéter, rappelons que l’un des intérêts d’utiliser le format RAW est de se « faciliter la vie » en post-traitement si, par inadvertance, on a commis une erreur de réglage.