La couleur verte est traditionnellement attribuée aux objectifs Pentax : nombre d’entre eux, depuis le numérique, possèdent un liseré vert, qui a « viré au rouge », notamment avec les optiques « HD » (Haute Définition). Mais notre propos n’est pas de parler du vert des objectifs : c’est plutôt du fameux « bouton vert ». Où est-il placé ? À quoi sert-il ?

 

Le mode vert

Précisons d’emblée qu’il n’est pas question dans cet article d’évoquer plus que de raison ce « mode vert ». C’est celui qui s’obtient en positionnant la molette des modes (à gauche du prisme sur un K-1, mais à droite sur un K-30). Sur certains boîtiers (K-3,…), il est symbolisé par un rectangle vert. Sur le K-1, le K-1Mark II, mais aussi d’autres boîtiers (K-30 par exemple), il est matérialisé par l’inscription verte « Auto ».

Ce mode transforme tout photographe un tant soit peu créatif en « presse-bouton ». Explication toute simple : ce « mode vert » automatise la plupart des fonctions de l’appareil. Il ne laisse plus au photographe que la possibilité d’agir sur… le déclencheur, ou presque ! Oh bien sûr, en cas d’utilisation d’un zoom, on pourra changer de focale, voire passer en mise au point manuelle. Mais c’est quasiment tout : l’appareil fait tout le reste tout seul, décide tout seul. Non seulement c’est frustrant, mais c’est aussi souvent l’assurance de photos sinon ratées, du moins banales, ou sur/sous-exposées, selon la lumière ambiante, ou sans originalité.

Bref, ce mode vert est, de notre point de vue, celui qu’il convient absolument d’éviter, surtout si l’on veut progresser en photo. C’est pourquoi on peut s’interroger : si sa présence sur des appareils d’entrée de gamme ou pour débutants peut s’expliquer, pourquoi le retrouve-t-on sur des boîtiers « Expert » voire « Semi-pro » ? C’est assez mystérieux, mais c’est un autre sujet !

Donc, ce mode étant évoqué pour… l’évacuer, qu’est-ce alors que le bouton vert ?

 

Le bouton vert

La fonction principale

La principale fonction du bouton vert, de notre point de vue, concerne l’exposition. Et c’est notamment vrai lorsque l’on opère avec un objectif dénué de contacts électriques. On sait que les boîtiers Pentax, même les plus modernes, même le K-1 Mark II, haut de gamme actuel, permettent d’utiliser toutes sortes d’objectifs, même anciens : objectifs à monture M42 (avec bague d’adaptation), à monture K (séries K et M) et bien sûr les plus récentes (KA à KAF4).

Pour les objectifs sans automatismes, sans contacts électriques, il est particulièrement délicat de déterminer la bonne exposition pour la photo que l’on souhaite faire. Mais ces objectifs possèdent une bague de diaphragme. Il faut, pour les utiliser, autoriser l’emploi de la bague de diaphragme : cela se situe dans le menu C, généralement en page 4. Cela fait, en mode manuel, on règle l’ouverture sur ladite bague de diaphragme et on ajuste la sensibilité selon ce que l’on souhaite obtenir. Un appui sur le bouton vert permet alors au boîtier de déterminer, en fonction de la sensibilité choisie, l’exposition qui sera correcte, en ajustant la vitesse d’obturation. Ceci n’est possible que parce que nos boîtiers modernes ont une cellule incorporée qui permet de calculer cette exposition.

Dans le passé, en argentique, les boîtiers qui ne possédaient aucune cellule nécessitaient, pour le calcul de l’exposition, l’utilisation de cellules « à main » séparées. Le progrès est passé par là, et on peut considérer que le bouton vert fait partie des évolutions intéressantes et surtout utiles, même si le nombre de ses fonctionnalités se trouve plus limité que quelques années auparavant.

Où est-il ?

Sur les boîtiers numériques de Pentax les plus récents, il est situé à l’arrière droit du boîtier, immédiatement en dessous de la molette arrière.

Le bouton vert sur un boîtier K-7

 

Mais, sur des boîtiers plus anciens (par exemple le K-r), il était positionné sur le dessus, très près du déclencheur. Nous verrons que ce positionnement n’était pas dû au hasard.

Le bouton vert sur un boîtier K-r

 

… et sur un boîtier K10D

 

C’est un bouton que l’on peut donc presser… comme la plupart des boutons ! Son diamètre n’est pas très important (7 mm environ), un point vert d’environ 2 mm de diamètre étant gravé en son centre. Rien que de très banal, donc. Et, de prime abord, on se demande à quoi il peut bien servir.

 

À quoi sert-il ?

C’est finalement la seule question intéressante. Et elle l’est d’autant plus (intéressante) que le manuel des boîtiers n’est pas toujours très explicite sur le sujet, et que beaucoup de photographes, même débutants, ne le lisent jamais. Pourtant, on ne le répétera jamais assez : le manuel est LA référence vers laquelle on doit prioritairement se diriger.

Le K-r, produit de 2010 à 2012, est probablement l’un des boîtiers qui évoque le plus le bouton vert. Lorsque l’on cherche « bouton vert » dans le manuel au format PDF, on obtient 61 entrées ! Inutile de dire que nous ne les détaillerons pas ici ! D’autant moins, d’ailleurs, qu’elles ne sont pas toutes intéressantes en termes de « fonctions ». Mais voici un aperçu (partiel) de la liste des résultats :

 

Dans le manuel du K-r

 

… contre seulement 2 entrées dans le manuel du K-1

 

Sur le K-x, produit de 2009 à 2011, la même recherche donne 80 entrées !

Curieusement, le K-m, produit de 2008 à 2010, et qui semble faire partie de la même « famille », ne possédait pas de bouton vert.

 

Test de profondeur de champ

Sur le K-r, le bouton vert pouvait être programmé pour assurer une fonction décidée par l’utilisateur. La plupart du temps, surtout pour les photographes soucieux de maîtriser la profondeur de champ sur leurs images, la fonction choisie était celle de « Prévisualisation ». En l’absence de bouton dédié, il recevait donc le rôle de testeur de profondeur de champ. Pour ceux qui possèdent encore un K-r, la procédure est décrite en pages 149 et 150 du manuel.

Depuis, Pentax a « revu sa copie » et désormais le testeur de profondeur de champ, quand il existe, est le plus souvent situé dans la couronne du déclencheur (bouton ON/OFF). Il faut pousser ce bouton vers la droite, au-delà de la position « ON » en face de l’icône sérigraphiée représentant un diaphragme (il fait « ressort »). Cela a pour effet de fermer le diaphragme à la valeur affichée. Car c’est ainsi que l’on voit, dans le viseur, et au prix d’un assombrissement certain ce qui sera enregistré sur le capteur. Sur ce point, le lecteur pourra se reporter à un de nos articles précédents.

 

Autres fonctions

Toutefois il était aussi possible, sur certains boîtiers, dont le K-r, de lui attribuer d’autres fonctions ainsi que le précise le manuel :

Fonctions attribuables au bouton vert

 

Plus largement, sur la plupart des boîtiers Pentax, le bouton vert sert à rétablir des réglages initiaux.

Par exemple, lorsque l’on opère en mode « Hyper Programme » que l’on choisit sur la molette des modes (Option « P »).

On sait que ce mode, chez Pentax, n’est pas un « simple » mode programme automatique. Bien au contraire !

Dans ce mode « P » l’appareil propose un couple vitesse d’obturation et ouverture de diaphragme. L’utilisateur peut d’un seul geste, passer en mode « priorité vitesse » (Tv) ou au mode « priorité ouverture » (Av). Comment ? Tout simplement au actionnant soit la molette avant (pour être en mode Tv), soit la molette arrière (pour être en mode Av). À notre connaissance, c’est une exclusivité Pentax. C’est extrêmement pratique et cela laisse le photographe totalement maître de ses choix d’exposition.

Mais alors, que vient faire le bouton vert dans cette procédure ? C’est tout simple : un simple appui permet de revenir instantanément aux réglages d’origine de ce mode. Simple, pratique, rapide !

Et, du reste, cette fonction de retour, par appui sur le bouton vert, à un réglage précédent, est omniprésente sur la plupart des boîtiers Pentax. Pour autant, bien sûr que ce bouton vert n’ait pas reçu d’autre affectation de fonction que celle de… bouton vert, précisément !

Elle est seulement plus ou moins documentée selon les boîtiers. Force est de constater que sur un K-1, par exemple, la documentation à cet égard est réduite à sa plus simple expression. Mais cela ne signifie pas, pour autant, que le bouton vert a perdu toute fonctionnalité ! D’ailleurs, si c’était le cas, pourquoi le maintenir ? Ce serait simplement illogique !

 

Le positionnement du bouton vert

Comme dit plus haut, ce positionnement n’est pas le fruit du hasard. Quand ce bouton pouvait être programmé, on le trouvait sur le dessus du boîtier, tout près du déclencheur. Ce qui était un avantage certain si on lui affectait la fonction de prévisualisation (test de profondeur de champ). En effet, cette fonction est surtout utile en macro et dans ce domaine, il n’est pas très judicieux de bouger autre mesure. L’œil collé au viseur, il serait difficile de trouver le bouton vert s’il n’était pas situé tout près du déclencheur que l’index s’apprête à presser. Aussi, cette proximité immédiate facilite grandement la manœuvre de test de la profondeur de champ.

Sur les boîtiers plus récents, ce positionnement du bouton vert est nettement moins important puisque le testeur de profondeur de champ est, comme dit ci-dessus, sur la couronne du déclencheur, donc très près aussi de ce dernier.

Une exception notable à cet état de choses : le KP. C’est d’ailleurs indiqué dans l’article déjà cité. Ce boîtier nécessite, pour cet usage, la programmation d’une touche. Le manuel du KP (page 110) préconise une des touches Fx1, Fx2 ou Fx3.

Le bouton vert ne peut pas être programmé pour la prévisualisation et garde donc son rôle de retour au réglage précédent (voir ci-après).

 

Le bouton vert et le K-1

Sur ce boîtier, le bouton vert ne remplit que 3 rôles :

  • permettre de restaurer la valeur en cours de réglage
  • annuler une programmation de molette (voir image ci-dessous)
  • basculer sur « ISO AUTO » pendant le réglage de la sensibilité.

Pour le 1er de ces deux rôles, le retour au mode « P », évoqué ci-avant, peut être assimilé à la restauration d’une valeur en cours de réglage.

Programmation de molette sur le K-1 Mark II

 

 

Des particularités

Sur les boîtiers K-5, le bouton vert a reçu quelques fonctions originales ! Par exemple, en mode « lecture » de photos, et en zoom avant, un appui sur le bouton vert permet de réduire l’agrandissement. Ce rôle semble avoir été abandonné sur les boîtiers postérieurs. Il n’existe déjà plus sur le K-3II.

 

Les boîtiers Pentax numériques et le bouton vert

Ceux qui n’en possédaient pas : la série *IstD, les K-m, K100D, K110D

Ceux qui possédaient ou possèdent un bouton vert : tous les autres