[Carnet de voyage] Andalousie : Cadix

Cadix, ville d’Andalousie tout comme Séville, est la capitale de la province du même nom. On rappellera que Séville est, elle, la capitale de la région d’Andalousie. Pour être un peu plus clair, les provinces espagnoles correspondent peu ou prou à nos départements, les régions d’Espagne ressemblent fortement à nos régions. Et les comarques espagnoles sont un peu des « intermédiaires » entre nos cantons et nos arrondissements.

Ce que représente la province de Cadix en Andalousie :

La province de Cadix est au sud de la région d'Andalousie, elle-même en jaune, au sud de l'Espagne.
La province de Cadix est au sud de la région d’Andalousie, elle-même en jaune, au sud de l’Espagne.

 

Pour s’y rendre

Le plus rapide, quand on vient de France, est de prendre un avion pour Séville (voir notre carnet de voyage précédent), puis de prendre le train vers Cadix. Il en coûtera environ 15 € par personne pour un trajet d’environ 1h30 (125 km).

En fait, l’aéroport le plus proche de Cadix est celui de Jerez de la Frontera (à 40 km). Toutefois, il n’est pas directement desservi depuis la France. En revanche, il est accessible depuis certaines villes de Grande-Bretagne et d’Allemagne (notamment) par des compagnies « low-cost » et, depuis certaines villes d’Espagne, par la compagnie nationale Iberia.

Si besoin, les locations de voitures sont faciles pour se déplacer ensuite dans la région.

Le matériel photo

Pour le séjour d’une semaine en février 2020, 3 objectifs aussi « légers » que possible ont été utilisés.

  • Le zoom Sigma 17-35 mm f2.8-4 EX Aspherical
  • Le smc FA Pentax 50 mm f/1.4
  • Le smc PentaxF 135 mm f/2.8 [IF]

(Voir à cet égard le carnet de voyage « Séville »)

Si l’on ne compte pas sortir de la ville, il est tout à fait possible de ne partir qu’avec un zoom, par exemple le D FA 24-70 mm f/2.8 ou le D FA 28-105 mm f/3.5/5.6. Pour ce dernier, en intérieur, il sera utile de prévoir un flash (attention : pas autorisé partout !). Dans ce cas, un boîtier K-1 ou K-1 II est préférable à un boîtier APS-C pour des questions d’angle de champ. Si l’on ne dispose que d’un boîtier APS-C, alors un zoom DA 16-85 mm est une solution très envisageable. Toujours avec un flash pour certaines photos en intérieur, en raison de la moindre ouverture.

Que voir, que visiter à Cadix

Cadix a été fondée en 1100 av. J.-C.. Elle a porté plusieurs noms au cours des siècles, dont notamment celui de Gades, que l’on retrouve aujourd’hui dans le gentilé des habitants : les Gaditan(e)s. En espagnol, on orthographie Cádiz.

Pour la petite histoire, une commune du Tarn, en région Occitanie, porte le même nom de Cadix, mais ses habitants sont nommés les cadixois.

Nous y avons passé, ma compagne et moi, une pleine semaine à la fin du mois de février 2020. Avec la chance insigne d’y être hébergés par une personne de la famille. C’est une vraie chance, car cette époque est celle du Carnaval de Cadix. La ville, qui compte habituellement environ 120 000 habitants, voit, durant le carnaval, cette population augmenter de façon considérable. Avec, évidemment, les conséquences inévitables en termes d’hébergement hôtelier.

La vieille ville de Cadix est située à l’extrémité nord de la presqu’île :

Cadix
Cadix

 

Tout – ou presque – dans cette ville, mérite d’être visité/photographié. Les ruelles de la vieille ville recèlent de vrais bijoux : il est impossible de tous les énumérer et les publier ici tellement ils sont nombreux.

Ces ruelles sont souvent très étroites. Elles ont parfois été équipées de protections, dans le passé, destinées à éviter que les calèches ne détériorent les angles des bâtiments en tournant.

Protection d'angle de rue. Ici, un ancien canon
Protection d’angle de rue. Ici, un ancien canon

 

Le carnaval de Cadix

De nombreux carnavals ont lieu de par le monde en février. À Cadix, il se déroule principalement – chaleur oblige ? – en fin d’après midi et en soirée et les festivités se poursuivent tard dans la nuit. Et cela dure une dizaine de jours ! Toute la ville est décorée de banderoles colorées, tout le monde – spectateurs compris – est tenu de se déguiser, même sommairement, surtout le premier samedi et pendant les défilés (« cabalgatas ») : il s’agit de montrer que l’on est en fête !

Tradition oblige, à l’Hôtel de Ville, sont exposées au début du Carnaval, 2 « figurines » traditionnelles.

  • celle du « dieu Momo »
  • celle de la Sorcière Piti
Piti et Momo à l'Hôtel de Ville
Piti et Momo à l’Hôtel de Ville
A gauche, la sorcière Piti et le drapeau de l'Andalousie, à droite le dieu Momo et le drapeau de Cadix. Au centre le drapeau de l'Espagne
À gauche, la sorcière Piti et le drapeau de l’Andalousie, à droite le dieu Momo et le drapeau de Cadix. Au centre le drapeau de l’Espagne

 

Le dieu Momo

« MOMO incarne la critique humoristique, la dérision intelligente. Il est généralement représenté comme un arlequin habillé, caché derrière un masque et accompagnant chacune de ses manifestations d’une tige se terminant en forme de tête de poupée, symbole de la folie. »

(Traduction de ce que l’on peut lire en espagnol sur ce site).

Traditionnellement, il est brûlé « en place publique » (sur la Plaza San Antonio) le soir du Mardi Gras.

Selon wikipedia.es : « Momo (en grec ancien Μωμος Mômos, « moquerie », « culpabilité » ; en latin momus) était, dans la mythologie grecque, le summum du sarcasme, de la moquerie et de l’ironie. Il était le dieu des écrivains et des poètes, un esprit d’incrimination malveillante et de critique injuste. »

 

La sorcière Piti

Son origine est plus mystérieuse. Selon ce site, elle serait apparue pour la première fois en 1961 dans la ville de Trebujena, située à une cinquantaine de km au nord de Cadix. Sa réputation ne se limite pas à Cadix, mais s’étend à toute l’Andalousie.

Comme le dieu Momo, elle aussi est brûlée publiquement, mais seulement le dernier jour du Carnaval (dimanche 1er mars en 2020). La cérémonie a lieu sur le « Paseo Fernando Quiñones » le long de la plage de la Caleta, bien connue des flamenquistes.

La Peña flamenca Juanito Villar à la Caleta
La Peña flamenca Juanito Villar à la Caleta

 

Que photographier à Cadix

Dans la rue

Pendant le carnaval, le choix est très large :

  •  des groupes musicaux, très colorés ;
  •  les défilés de chars : attention de bien se positionner pour ne pas être gêné par la foule des spectateurs. Prévoir le cas échéant des objectifs à grande ouverture ou un flash puissant, ces défilés ayant lieu de nuit (autour de 22h).
Groupe musical
Groupe musical
Autre groupe musical
Autre groupe musical
Toutes les idées sont permises !
Toutes les idées sont permises !
Groupe féminin
Groupe féminin

 

  • et, bien sûr, une multitude de photos de rue.

On notera que, pendant le carnaval, la bière coule à flots. Les poubelles ne suffisent plus et bien des contenants sont laissés à même le sol, le plus souvent contre les murs des bâtiments, mais aussi n’importe où ailleurs ; attention au verre cassé ! Pour autant, les inconvénients souvent liés à la consommation d’alcool ne semblent pas ici se rencontrer : aucune bagarre, aucune tension, on ne voit que rarement la police. La convivialité est maximale. Et le lendemain, à la première heure, tout a disparu et les rues ont toutes retrouvé leur propreté initiale : les services du nettoiement ne chôment pas et sont d’une remarquable efficacité.

Les bâtiments de la ville

Outre le carnaval, qui ne dure pas toute l’année, les sujets photographiques ne manquent pas. La cathédrale est bien sûr un des monuments incontournables.

Une partie de la cathédrale
Une partie de la cathédrale
La cathédrale vue de face
La cathédrale vue de face

 

D’autres monuments sont aussi intéressants : l’hôtel de ville, l’ancien théâtre romain, le théâtre Manuel de Falla où se déroule pendant le mois du carnaval le COAC (Concurso oficial de agrupaciones carnavalescas del carnaval de Cadiz : Concours officiel des groupes carnavalesques du Carnaval de Cadix). Ce concours comporte des éliminatoires puis quarts de finale, demi-finales et finale. En 2020, la finale « adultes » a eu lieu le 21 février. À noter que sont également organisés des concours pour les jeunes et aussi pour les enfants. En Espagne, la fête, c’est pour tout le monde !

Vestiges d'un théâtre romain
Vestiges d’un théâtre romain
Le Théâtre Manuel de Falla
Le Théâtre Manuel de Falla
Les paysages urbains et marins

La promenade du bord de mer permet, selon l’heure et les endroits, des vues superbes sur la côte. On pourra aussi y photographier les oiseaux marins et, moins attendus, des chats vivants en totale liberté et qui ne se laissent pas approcher facilement : attention aux griffures si l’on passe outre à ce conseil.

Les oiseaux de mer sont très nombreux...
Les oiseaux de mer sont très nombreux…
.. les chats "sauvages" aussi !
.. les chats « sauvages » aussi !

 

Le marché central

On peut penser qu’un marché alimentaire n’est pas, photographiquement parlant, très intéressant à photographier. À Cadix, on peut facilement revoir cette position. On remarque, de prime abord, une organisation rigoureuse des étals : ici, pas d’étal « sauvage » monté à la va-vite : les commerçants disposent d’emplacements « en dur » bien équipés. Ces emplacements sont groupés par nature de produits : fruits et légumes d’un côté, poissonnerie d’un autre, viandes et charcuteries ailleurs, le tout sous une « halle » couverte à plusieurs entrées/sorties, bien entendu.

Au marché central (poissonnerie)
Au marché central (poissonnerie)

 

Et les commerçants mettent un point d’honneur à présenter harmonieusement leurs produits ce qui les rend nettement plus attractifs… même pour les photographes !

Les prix sont le plus souvent très clairement indiqués, les noms des produits pouvant (surtout en poissonnerie) être des appellations « locales ».

Les "carabineros" de la poissonnerie n'ont pas grand chose à voir avec les gendarmes italiens !
Les « carabineros » de la poissonnerie n’ont pas grand-chose à voir avec les gendarmes italiens !

 

Il en va autrement des autres types de marchandises réparties en étals éphémères à l’extérieur : ce n’est pas du tout le même ordre qui y règne !

Un lieu particulier

Un lieu assez peu connu, mais que l’on trouve pourtant dans les guides : un site archéologique, découvert en 1995, ancienne fabrique romaine de salaisons (Fabrica de Salazones Romana), situé Calle Sacramento, 16D, dans la vieille ville (évidemment !) pas très loin du marché central. Ce n’est pas très grand, mais cela permet de voir les excavations dans lesquelles les romains conservaient leurs salaisons. À noter que l’entrée est gratuite, mais que, contrairement à ce que disent les guides (ouverture du lundi au vendredi, de 11h à 13h), ce lieu est de fait assez rarement ouvert. Il faut donc saisir l’occasion quand elle se présente.

Vestiges de la fabrique romaine de salaisons
Vestiges de la fabrique romaine de salaisons. On remarque, au centre, l’orifice d’évacuation des dépôts liquides.

 

Pour nos lecteurs qui comprennent la langue de Cervantès, une rapide (moins d’une minute) présentation orale de ce site.

Les parcs et jardins

À Cadix, plusieurs parcs et jardins permettent de se reposer à l’ombre de palmiers et autres essences et offrent une belle diversité de végétaux. On y trouve notamment, sur certains, des ficus géants âgés de plusieurs siècles, et dont le tronc a un diamètre impressionnant.

Un ficus qui ne tient pas en pot
Un ficus qui ne tient pas en pot
Vu de plus près...
Vu de plus près…

 

De beaux couchers de soleil

Cadix est sur la côte atlantique, donc orientée vers l’ouest.

Dès lors, les couchers de soleil sont à « shooter », avec des nuances de couleurs jaune/orange/rouge à ne pas manquer. Un gros avantage par rapport à d’autres lieux : le beau temps fréquent et le ciel le plus souvent dégagé – en tout cas suffisamment – permettent de refaire le lendemain des prises pas bien réussies la veille.

Coucher de soleil au Castillo de San Sebastian
Coucher de soleil au Castillo de San Sebastian
Coucher de soleil sur la mer
Coucher de soleil sur la mer

 

Bien d’autres endroits de la ville méritent des déclenchements : il est impossible de tous les citer. Pour les découvrir, rien de mieux que de parcourir les rues, à pied, bien sûr, et sans se presser. Et d’ouvrir les yeux.

Séville, Cadix, deux des villes andalouses que j’ai découvertes avec bonheur. Pourquoi pas, un peu plus tard, explorer d’autres richesses de l’Andalousie : Grenade, Malaga, Jaen, Almeria,… Le choix est vaste : en Andalousie chaque ville mérite le détour.

Galerie

Pendant le carnaval, on rit beaucoup !
Pendant le carnaval, on rit beaucoup !
Tout le monde se déguise, même les toutous...
Tout le monde se déguise, même les toutous…
Partie du monument de la Constitution
Partie du monument de la Constitution
Sur le Paseo Fernando Quiñones
Sur le Paseo Fernando Quiñones
Boîte à lettres de la Poste Centrale
Boîte à lettres de la Poste Centrale
"Les oiseaux" ?
« Les oiseaux » ?
Vers le Castillo de San Sebastian
Vers le Castillo de San Sebastian
Cadix : le bord de mer
Cadix : le bord de mer

Nota : Pour toutes les photos, sauf indication contraire : © Micaz