Carnet de voyage : la Guadeloupe

Alors qu’initialement, il devait se nommer « Carnet de voyage Antilles », ce carnet de voyage est consacré essentiellement à la Guadeloupe. Cela mérite quelques explications.

C’est à la fin de l’été 2019 que ma compagne et moi avons effectué un voyage Martinique-Guadeloupe (ordre chronologique), une semaine dans chacune des îles. Les deux regorgent de merveilles en tous genres et apportent au métropolitain un dépaysement à nul autre pareil. Il était difficile de tout condenser en un seul article. C’est pourquoi il en paraîtra un autre prochainement, consacré à la Martinique.

C’est donc de « l’Île Papillon », la Guadeloupe, qu’il va être question ici. C’était mon 2ème voyage vers cette destination, le premier datant de 1998.

Ce carnet de voyage n’est pas un inventaire exhaustif de tout ce qu’il est possible de faire et de photographier en Guadeloupe. L’île est dotée de tant de sites remarquables qu’il serait vain de tous ici les énumérer. Sauf à écrire une encyclopédie. Que nos amis lecteurs, qu’ils soient de Guadeloupe ou de n’importe où ailleurs, veuillent bien nous le pardonner.

Nota important : les cartes utilisées pour situer les lieux touristiques cités sont issues :

  • soit de Google Maps
  • soit de Wikimedia-Commons (auteur : Éric Gaba – Wikimedia Commons user: Sting).

Considérations géopolitiques sur la Guadeloupe

La Guadeloupe, département français, mais aussi région, est située dans l’archipel des « Petites Antilles », plus exactement les Antilles françaises que les Anglais nomment « French West Indies » (Les Indes occidentales françaises). Car il ne faut pas oublier qu’il existe aussi d’autres îles dans les Petites Antilles, soit indépendantes, soit rattachées à d’autres pays.

La distance Guadeloupe/Martinique est d’environ 250 km. Une liaison aérienne permet de passer d’une île à l’autre en 45mn environ.

Entre les 2 îles se trouve La Dominique (Dominica), République indépendante qui fait partie du Commonwealth britannique. À noter une présence française au 17ème siècle que l’on devine dans le nom de la capitale, Roseau.

Les Petites Antilles (Image origine : Google Maps)
Les Petites Antilles (Image origine : Google Maps)

 

Géographie de la Guadeloupe

Pentaxklub n’est pas « Le Routard » ni un autre guide touristique. Cependant, il est nécessaire de situer l’île visitée pour nos lecteurs qui ne la connaîtraient pas.

La Guadeloupe est en fait un archipel à près de 7000 km de Paris. Outre la grande île (en réalité 2 îles, Grande-Terre et Basse-Terre, séparées par un « canal », la Rivière Salée), font partie de cet archipel :

  • Marie-Galante au sud-est
  • La Désirade à l’est
  • Les Saintes au sud (2 îles principales, Terre-de-Haut et Terre-de-Bas et quelques îlots)
  • Les îles de la Petite Terre, rattachées à la Désirade (là encore, Terre de Haut et Terre de Bas, inhabitées)

Ce sont là les plus vastes. Mais il existe aussi une multitude d’îlots inhabités aux noms très évocateurs et/ou exotiques, par exemple l’îlet des Petits Pompons. Ainsi que beaucoup d’autres dont la plupart sont des rochers seulement habités par des oiseaux marins.

L'archipel de Guadeloupe (Image origine : Google Maps)
L’archipel de Guadeloupe (Image origine : Google Maps)

 

Histoire de la Guadeloupe

Ou plutôt quelques brefs rappels. L’histoire même de cette île, intimement liée à celle de ses voisines, est fortement marquée par l’esclavage et la déportation massive d’esclaves africains au 17ème siècle.

Petit-Canal : ici étaient débarqués les esclaves venus d'Afrique
Petit-Canal : ici étaient débarqués les esclaves venus d’Afrique

 

Mais la présence d’humains est attestée plusieurs siècles av. J.-C.. Ces humains, sans doute Taïnos (ou Arawaks) furent chassés par les Caraïbes venus du nord du Venezuela.

Puis vint la conquête européenne, notamment par Christophe Colomb en 1493. D’abord l’île de la Désirade (ainsi nommée tant les marins avaient hâte de « toucher terre »), puis Marie-Galante, du nom du navire amiral de la flotte de Colomb et enfin l’île principale que les Caraïbes nommaient « Karukera » c’est à dire « l’île aux belles eaux ». Colomb la rebaptisa « Guadalupe », du nom d’un monastère espagnol. Avouons que beaucoup d’informations à cet égard sont aujourd’hui encore controversées. Mais ce n’est pas ici que nous « réglerons le problème ».

Le voyage

Évidemment, aller en Guadeloupe dépend du lieu dont on part. L’archipel est accessible aussi bien en bateau qu’en avion.

Comment s’y rendre

Pour notre part, venant de la France métropolitaine, c’est bien entendu le voyage en avion qui a été privilégié. L’île est desservie par plusieurs compagnies aériennes, dont « Air Caraïbes », spécialisée sur cette destination. La durée du vol depuis Paris est de 8h30 environ.

Sur place

On peut, bien sûr, s’y rendre en voyage totalement organisé : vol, séjour et restauration, loisirs divers. Mais, de notre point de vue, il est préférable d’organiser soi-même ses loisirs et confier voyage et hébergement à une agence de voyages.

Cela implique, sur place, de se tourner vers la location d’un véhicule, démarche facile tant les loueurs sont nombreux, du moins si l’on choisit bien sa période de séjour. Toutefois, la réservation précoce est fortement recommandée pour des séjours en haute saison.

Les transports

Sur place, il existe bien sûr des réseaux de bus, le plus connu étant probablement Karu’lis. Pour les liaisons inter-îles, il existe parfois des liaisons aériennes (pour la Martinique, par exemple), sinon ce sont des liaisons par bateau (Les Saintes, Marie-Galante, 1h de traversée environ).

Restauration

Comme dans toutes les destinations touristiques, les établissements pour boire et manger sont extrêmement nombreux, dans une gamme de qualité (et de prix) très large. On peut passer du simple stand sur une plage à un établissement de classe, avec tous les intermédiaires possibles.

Que voir et photographier

C’est bien entendu l’objet principal de ce carnet de voyage.

La durée du séjour conditionnera bien souvent les possibilités. En une semaine, il est impossible d’explorer toutes les richesses et beautés de cette magnifique île. Je le dis avec d’autant plus d’insistance que mon premier séjour (2 semaines) n’avait déjà pas permis d’épuiser ces possibilités.

Les paysages marins ou maritimes

Nous entendons par « paysages marins » ceux qui privilégient la mer ou qui sont réalisés en mer, et par paysages maritimes, ceux que l’on réalise principalement en bord de mer, sur les côtes ou à proximité.

Pour les premiers (paysages marins), les promenades en bateau donnent de très nombreuses occasions de photographier les variations de la couleur de l’eau en fonction des conditions météorologiques, parfois rapidement changeantes. Avec un peu de chance, on peut aussi saisir l’occasion de tirer le portrait, mais à distance « respectable » (à défaut de distance « de respect ») de divers animaux marins.

Pour les seconds (paysages maritimes), sauf si l’on est en croisière, les possibilités sont encore plus nombreuses.

Les côtes de Guadeloupe sont très différentes selon que l’on se trouve sur Grande-Terre ou sur Basse-Terre (voir carte).

Basse-Terre porte mal son nom : elle est bien plus montagneuse que Grande-Terre (c’est dans sa partie que se trouve le volcan de la Soufrière), mais ses côtes sont beaucoup moins rocheuses.

 

La Soufrière
La Soufrière

 

À noter que l’île britannique de Montserrat, à environ 50 km au Nord Ouest de la Basse Terre (voir carte de l’archipel de Guadeloupe ci-dessus), possède dans sa partie méridionale un volcan toujours actif également nommé la Soufrière, seul vestige (par son nom) d’une ancienne présence française.

Sur Grande-Terre, les côtes sont très rocheuses sauf au sud (Gosier — Ste Anne — St François), mais offrent souvent des paysages extraordinaires comme à la Pointe des Châteaux à l’Est ou encore à la Pointe de la Grande Vigie, au Nord (voir l’image de titre). C’est bien sûr l’occasion de nombreuses photos, d’autant que souvent la lumière est de la partie.

La Pointe des Chateaux
La Pointe des Châteaux

Les paysages de montagne

On les trouve essentiellement sur la Basse-Terre : route de la traversée, vallonnée, mais pas vraiment montagneuse, et, surtout, dans le massif de la Soufrière. C’est dans ce massif que se trouvent les chutes du Carbet (3 chutes) accessibles à pied avec plus ou moins de difficultés. Bien sûr, il ne faut pas s’attendre à voir les Chutes du Niagara ou d’Iguazu, mais elles n’en restent pas moins intéressantes. La couleur de l’eau dans les bassins à leur base, l’irisation des gouttelettes sont à retenir tout particulièrement.

Quant au volcan lui-même, les excursions sont parfois interdites, évidemment quand le volcan présente des signes d’activité intense. Mais lorsque c’est possible, il ne faut pas se priver de ce plaisir, en prenant, bien entendu les précautions d’usage. Malgré son altitude relativement modeste (1467 m), la randonnée est quand même un peu « sportive » et il est prudent de se munir des équipements adéquats et de prévoir de l’eau en abondance. Attention aussi aux vapeurs brûlantes soufrées qui se dégagent des différentes fissures et des cratères.

Plus au nord, sur la Route de la Traversée, un joli site à photographier… s’il n’est pas trop fréquenté : la cascade aux écrevisses. Mieux vaut s’y rendre tôt le matin pour éviter la foule et profiter d’une agréable lumière.

La cascade aux Ecrevisses
La cascade aux Écrevisses

 

Les paysages urbains

On peut trouver à faire de belles photos dans la plupart des agglomérations de Guadeloupe. « Agglomérations » est un mot relativement ambitieux pour décrire les villes et villages : l’habitat guadeloupéen est plutôt dispersé.

La capitale économique, Pointe-à-Pitre, présente des rues commerçantes très animées et quelques bâtiments intéressants, tel le musée St John Perse (photo) dont la ressemblance avec la maison coloniale Zevallos, au Moule, est frappante.

Musée St John Perse
Musée St John Perse
Maison coloniale de Zevallos
Maison coloniale de Zevallos

Mais il y existe aussi le « Mémorial ACTe »ou « Centre caribéen d’expressions et de mémoire de la Traite et de l’Esclavage », hélas fermé lors de notre passage. Son architecture particulière mérite largement quelques « clics ».

Memorial ACTe
Mémorial ACTe

 

Une autre curiosité à l’intérieur des terres : le cimetière de Morne-à-L’Eau, tout en damiers noirs et blancs. Il en existe d’autres, plus petits, notamment à Anse-Bertrand au nord-ouest de Grande Terre.

Cimetière de Morne à L'Eau
Cimetière de Morne à L’Eau
Cimetière de Morne à L'Eau
Cimetière de Morne à L’Eau

 

La faune et la flore

Dans ces deux domaines, les possibilités photographiques sont particulièrement nombreuses. La végétation exotique, parfois dense, révèle toujours des éléments inattendus dignes d’être enregistrés, que ce soient des fleurs, des lianes, des arbres aux formes étranges et parfois généreuses.

Fromager (noter les piquants sur son tronc)
Fromager (noter les piquants)
Un banyan
Un banian
Un arbre tourmenté (Pointe de la Grande Vigie)
Un arbre tourmenté (Pointe de la Grande Vigie)

 

Quand on ne les rencontre pas dans la nature sauvage, il suffit de se rendre dans l’un des parcs floraux où l’on ne saura plus où diriger son regard, tant est grande la richesse végétale des lieux, par ailleurs parfaitement exploitée et entretenue.

Deux parcs à visiter :

– Le jardin botanique de Deshaies, qui doit beaucoup à Coluche (c’est son ancienne propriété) et à un paysagiste de renom, Michel Gaillard, qui a su le mettre en valeur. C’est un lieu admirable où le temps ne compte plus et où le capteur de l’APN n’a pas le temps de prendre du repos. Il faut prévoir des cartes mémoire et… des batteries de secours !

Parc à Deshaies
Jardin botanique de Deshaies

 

– Le Jardin de Valombreuse, à Petit Bourg, est l’œuvre d’une passionnée, Madame Magguy Chaulet, dont l’exploitation avait été détruite par le cyclone Hugo en 1989. Elle en a fait le premier parc floral de Guadeloupe. J’avais visité ce parc dans le passé, mais par manque de temps, il n’a pas été possible d’y retourner. Le lecteur trouvera sur ce site des images de ce magnifique jardin.

Fleur de bananier
Fleur de bananier

 

Rose de Porcelaine
Rose de Porcelaine

 

Tillandsia Raquette
Tillandsia Raquette

 

Le Parc zoologique des Mamelles, renommé Zoo de Guadeloupe, abrite de nombreuses espèces animales de la Caraïbe (et aussi de Guyane) sur un espace de plusieurs hectares.

Les personnes

Dire que je ne suis pas spécialement attiré par le portrait, qu’il soit « sur le vif » ou en studio, n’est pas trahir un secret. Sans doute est-ce dommage, car aux Antilles on croise assez régulièrement ce que vulgairement on appelle « des gueules ». De très beaux portraits sont sans doute à réaliser, de préférence avec l’accord — parfois difficile à obtenir — des personnes.

Les lieux incontournables à visiter

Aux Antilles et en Guadeloupe en particulier, il existe des sites dont l’intérêt photographique (et économique !) n’est pas à négliger. Par exemple, les exploitations de bananiers et de canne à sucre, bien sûr, et le corollaire de la canne : les distilleries et sucreries. Elles sont moins nombreuses aujourd’hui. Raison supplémentaire pour soutenir celles qui subsistent en les visitant. Et pour celles qui sont abandonnées, des photos dans le genre urbex sont toujours possibles… si l’on peut approcher ces lieux parfois dangereux. A noter qu’aux Antilles, le mot « sucrerie » désigne plus souvent une exploitation de canne à sucre que l’usine qui fabrique le sucre lui-même.

Et puis, s’il est UN lieu incontournable, c’est bien sûr l’archipel des Saintes, accessible après une heure de bateau depuis Trois-Rivières, au sud de Basse-Terre.

Partie de la Baie des Saintes
Partie de la Baie des Saintes
La maison étrange du médecin à Terre-de-Haut
La maison étrange du médecin à Terre-de-Haut

 

La baie des Saintes est connue pour être une des plus belles du monde, et cette réputation n’est pas usurpée. Non seulement le paysage est une vraie splendeur, mais on y rencontre aussi des iguanes en totale liberté.

Iguane des Saintes
Iguane des Saintes

 

D’autres lieux mériteraient sans doute le détour, mais impossible de tout citer dans le cadre de ce carnet de voyage. La Guadeloupe est une île merveilleuse, ses habitants se montrent particulièrement accueillants avec les touristes pour peu que ceux-ci se comportent aussi correctement qu’il est souhaitable.

Quel matériel

Boîtier

Tout appareil photo peut convenir, c’est vrai. Mais un APN à objectifs interchangeables facilitera les prises de vue. Les situations rencontrées sont variées, les objectifs doivent l’être eux aussi si l’on souhaite pouvoir s’adapter à toutes ces situations. À défaut, il faudra faire quelques impasses ou faire avec ce que l’on a (ce qui est aussi une bonne école). Et, parfois, si on a délaissé les longues focales, on devra s’en remettre à un « crop » peu souhaitable, mais propre à capturer des souvenirs, à défaut de tirer des images de qualité.

Objectifs

Pour ce qui me concerne, je suis parti avec 3 zooms parmi les plus légers que je possède : un Sigma 17-35mm, un Tamron 28-75mm et un Pentax 55-300mm. Et, pour les accueillir, mon vieux Pentax K-3II, nettement plus léger que le K-1II, mais aussi… nettement moins bon !

Cette configuration avec boîtier APS-C permet de faire face à peu près à tout, au prix, bien sûr, de concessions plus ou moins importantes que la qualité des images produites.

Si le poids n’est pas un problème, alors ne pas hésiter si on possède des boîtiers 24-36 et objectifs haut de gamme. Une configuration réunissant K-1, zooms 24-70 f/2.8 et 70-200 f/2.8 — ou le récent D FA 70-210 f/4 — s’avérera beaucoup plus performante. Lors de notre voyage, ce dernier zoom n’était pas encore sur le marché.

La transposition vers d’autres marques, pour les non-pentaxistes, ne devrait pas présenter de difficulté.

D’autres choses à prévoir

Et ne pas oublier d’embarquer aussi un ou des filtres polarisants : la lumière des îles est parfois très forte.

Le reste de l’équipement est habituel pour qui voyage de temps à autre : un sac photo pratique et aussi léger que possible, un nécessaire de nettoyage, des batteries de secours et leur chargeur et, bien entendu, des cartes mémoire en quantité suffisante. On rappellera à cet égard qu’il peut être plus judicieux de prendre — ce n’est qu’un exemple — 4 cartes de 32 Go que 2 de 64 Go. Les pertes éventuelles sont ainsi minimisées.

Un avis personnel

Ce deuxième voyage aux Antilles et en Guadeloupe en particulier laissera une empreinte indélébile. Au-delà de la beauté des lieux, du temps très agréable malgré la période qui n’était pas la plus favorable (fin août/ début septembre), on apprécie au plus haut point les rencontres avec des personnes intarissables sur leur île et qui ont envie que le visiteur en garde le meilleur souvenir. Et, pour un photographe, à moins d’être un adepte de la haute montagne et des névés et glaciers en tous genres, il est difficile de trouver meilleur « spot » dans son domaine de prédilection.

 

Nota : l’image de titre est un panorama (4 images) de la Pointe de la Grande Vigie (extrême nord de Grande Terre)

Quiétude sur la Mer des Caraïbes
Quiétude sur la Mer des Caraïbes
La Porte d'Enfer (Côte Atlantique)
La Porte d’Enfer (Côte Atlantique)
Pélican peu farouche
Pélican peu farouche
Un loriquet peu farouche lui aussi
Un loriquet peu farouche lui aussi
Un visiteur du la plage (Pointe des Châteaux)
Un visiteur de la plage (Pointe des Châteaux)
Bihoreau à l'affût
Bihoreau à l’affût
Sargasses à la Porte d'Enfer
Sargasses à la Porte d’Enfer
La Désirade depuis la Pointe des Châteaux
La Désirade vue depuis la Pointe des Châteaux

 

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