[Carnet de voyage] La Martinique

Les Antilles françaises, ce sont principalement, en ordre alphabétique, deux grandes îles, la Guadeloupe et la Martinique. Contrairement à la Guadeloupe, je n’avais jamais visité la Martinique. Aucune image ne subsistait donc dans mon esprit, mis à part celles que l’on peut voir dans les magazines ou sur les catalogues de tourisme.

Venant en publication après celui consacré à la Guadeloupe, ce carnet de voyage sera plus succinct, pour des raisons évidentes : tout ce qui a été dit dans le précédent, en ce qui concerne l’accès, est quasi identique. Et même l’histoire n’est pas très différente.

Martinique et Guadeloupe, malgré leur proximité géographique, ou peut-être en raison même de cette proximité, sont comme deux sœurs non pas ennemies, mais rivales.

Les Petites Antilles (Image origine : Google Maps)
Les Petites Antilles (Image origine : Google Maps)

 

Considérations géopolitiques sur la Martinique

La Martinique, département français, mais aussi région, est administrée par une collectivité territoriale unique. Elle est située à environ 200 km au sud de la Guadeloupe, séparée d’elle par la Dominique. Une liaison aérienne permet de passer d’une île à l’autre en 45mn environ.

Martinique - Carte "administrative"
Martinique – Carte « administrative »

 

Géographie de la Martinique

Si, en Guadeloupe, il existe une nette différence entre Grande Terre, à l’Est, et Basse-Terre, à l’Ouest, en Martinique, cette différence est plutôt Nord/Sud : le Nord est montagneux, avec une végétation tropicale, alors que le Sud est nettement plus « sec ». Au Nord, le point culminant de l’île est le volcan de la Montagne Pelée (1397 m). Au Sud, la montagne du Vauclin culmine à 504 m. Quelques îlots entourent la Martinique, mais rien de commun avec la Guadeloupe dont les dépendances de Marie-Galante, les Saintes et la Désirade sont de bien plus grandes dimensions.

La carte présentée sur ce site permet de matérialiser cette différence.

Histoire de la Martinique

Ce n’est qu’un très bref rappel : comme pour ses voisines, l’esclavage et la déportation massive d’esclaves africains au 17ème siècle ont fortement marqué son histoire. Mais la présence d’humains est attestée plusieurs siècles av. J.-C.. Ces humains, sans doute Taïnos (ou Arawaks) furent chassés par les Caraïbes venus du nord du Venezuela. Puis vint la conquête européenne, notamment par Christophe Colomb en qui y débarqua en 1502.

Appelée « Madinina » par les Amérindiens, on la surnomme « l’Île aux fleurs ».

Rappelons que l’esclavage y fut officiellement aboli en 1848.

Le voyage

Comment s’y rendre

Venant de la France métropolitaine, c’est bien entendu le voyage en avion qui a été privilégié. L’île est desservie par plusieurs compagnies aériennes, dont « Air Caraïbes », spécialisée sur cette destination. La durée du vol depuis Paris est de 8h30 environ.

Sur place

Comme pour la Guadeloupe, de notre point de vue, il est préférable d’organiser soi-même ses loisirs et confier voyage et hébergement à une agence de voyages.

Cela implique, sur place, de se tourner vers la location d’un véhicule, démarche facile tant les loueurs sont nombreux, du moins si l’on choisit bien sa période de séjour. Toutefois, la réservation précoce est fortement recommandée pour des séjours en haute saison.

  • les transports

Sur place, il existe bien sûr des réseaux de bus, le plus connu étant probablement Mozaik.

  • La restauration

Comme dans toutes les destinations touristiques, les établissements pour boire et manger sont extrêmement nombreux, dans une gamme de qualité (et de prix) très large. Comme en Guadeloupe, on peut passer du simple stand sur une plage à un établissement de classe, avec tous les intermédiaires possibles. Autant d’occasions de déguster les mêmes spécialités créoles : acras, lambis (en voie de disparition), poissons divers, colombos de cabri et les préparations à base des produits locaux, bananes en particulier. Notons, à ce propos, la surexploitation qui en est faite. Les exploitants, obligés de lutter contre les parasites du fruit, ont dans ce but massivement employé un pesticide, le chlordécone dont les effets sur leur santé et sur l’environnement s’avère désastreux.

Que voir et photographier

À vrai dire, ce n’est pas très différent de ce que l’on peut faire aussi en Guadeloupe. Ce qui ne signifie pas que c’est exactement la même chose, bien sûr.

La durée du séjour conditionnera bien souvent les possibilités. En une semaine, il est impossible d’explorer toutes les richesses et beautés de la Martinique. On trouve beaucoup de sites intéressants, certains même historiques. Il en est ainsi, par exemple, de « La Pagerie », aux Trois Îlets, où est née en 1763 Joséphine de Beauharnais (née Marie-Joseph-Rose Tascher de la Pagerie), première épouse de l’Empereur Napoléon 1er.

La Pagerie
La Pagerie

Cette maison n’est pas exactement la maison natale d’origine, celle-ci ayant été en partie détruite par un cyclone en 1766.

Des visites organisées (et réglementées) permettent de découvrir, à l’intérieur, une foule d’objets ayant appartenu à l’Impératrice.

Les paysages marins ou maritimes

Nous entendons par « paysages marins » ceux qui privilégient la mer ou qui sont réalisés en mer, et par paysages maritimes, ceux que l’on réalise principalement en bord de mer, sur les côtes ou à proximité.

Pour les seconds (paysages maritimes), sauf si l’on est en croisière, les possibilités sont encore plus nombreuses, avec, notamment des plages de sable fin, particulièrement au sud de l’île : Anses d’Arlet, Le Diamant, Ste Luce, Les Salines. Au Nord de l’île (Le Précheur), on trouve des plages de sable noir : la proximité de la montagne Pelée n’y est sans doute pas étrangère. À l’Est, sur la presqu’île de la Caravelle, des plages de sable gris complètent la palette de couleur des plages de l’île.

Les Anses d'Arlet (photo ©Fyve)
Les Anses d’Arlet

Plage des Salines (photo ©Fyve)
Plage des Salines

On notera que bien des localités de Guadeloupe et de Martinique portent des noms similaires ou très approchants (Sainte-Anne dans les 2 îles, St François en Guadeloupe, Le François en Martinique…).

Parmi les paysages à visiter, citons :

– la presqu’île de la Caravelle (à l’est)

– la Savane des pétrifications où sont organisées des randonnées, et la plage des Salines (au sud)

– et beaucoup d’autres lieux que l’on découvre en parcourant l’île : au nord, l’Ajoupa-Bouillon, qui nous a paru d’un calme et d’une sérénité absolus !

Ste Anne, vue depuis le Morne Gommier
Sainte-Anne, vue depuis le Morne Gommier
Le Diamant
Le Diamant
Le Rocher du Diamant
Le Rocher du Diamant
Humour à l'Office de Tourisme du Diamant
Humour à l’Office de Tourisme du Diamant

 

Les paysages de montagne

On les trouve essentiellement sur la partie nord de l’île, autour de la Montagne Pelée.

Quant au volcan lui-même, les randonnées sont possibles, mais présentent une certaine difficulté.

La Montagne Pelée sous les nuages (vue depuis St Pierre)
La Montagne Pelée sous les nuages (vue depuis Saint-Pierre)

 

Les paysages urbains

Bien des localités présentent des monuments ou des sites intéressants à photographier, Fort-de-France en particulier, bien entendu. Là, on recommande la visite du fort St Louis qui permet aussi des points de vue intéressants sur la baie et… la rencontre avec de nombreux iguanes.

Fort de France après la pluie
Fort-de-France après la pluie
En français ou en créole, c'est clair !
En français ou en créole, c’est clair !
Fort de France depuis le Fort St Louis
Fort-de-France depuis le Fort St Louis

 

Parc de la Savane - K-3II + Tamron 28-75mm à 28mm - f/5 - 1/200s - ISO 100
Parc de la Savane – K-3II + Tamron SP AF 28-75mm à 28 mm – f/5 – 1/200 s – ISO 100
Statue de Joséphine - K-3II +Tamron SP AF 28-75mm à 75mm - f/7.1 - 1/30s - ISO 100
Statue de Joséphine – K-3II + Tamron SP AF 28-75mm à 75 mm – f/7.1 – 1/30 s – ISO 100

Pour la petite histoire, s’agissant de la statue : elle a été décapitée par un commando anonyme, en septembre 1991. Il a été reproché à Joséphine de ne s’être pas opposée au rétablissement de l’esclavage en 1802. Certains disent même qu’elle aurait poussé à ce rétablissement : toutefois, cette assertion n’a jamais été formellement prouvée.

Comme le montre l’image, la statue a depuis été laissée en l’état.

D’autres localités présentent aussi des points intéressants et colorés, tels les marchés.

Ici, une boutique au marché de la ville du Marin

Boutique au marche du Marin
Boutique au marche du Marin

 

la faune et la flore

On ne peut que répéter ce qui a déjà été dit pour la Guadeloupe : dans ces deux domaines, les possibilités photographiques sont particulièrement nombreuses.

La faune

De nombreuses espèces vivent en Martinique. Quelques sauriens :

 

Un anolis
Un anolis (Voir ici)
Un iguane sur le Fort St Louis
Un iguane sur le Fort St Louis
Un autre iguane
Un autre iguane
Un lézard (espèce indéterminée)
Un lézard (espèce indéterminée)

De nombreux oiseaux, soit en bord de mer :

En bord de mer
En bord de mer
Pluvier semi-palmé
Pluvier semi-palmé

soit à l’intérieur de l’île : voir Galerie à la fin de l’article.

La flore

Abondante !

La végétation exotique, parfois dense, révèle toujours des éléments inattendus dignes d’être enregistrés, que ce soient des fleurs, des lianes, des arbres aux formes étranges et parfois généreuses.

 

Quand on ne les rencontre pas dans la nature sauvage, il suffit de se rendre dans l’un des parcs floraux où l’on ne saura plus où diriger son regard, tant est grande la richesse végétale des lieux, par ailleurs parfaitement exploitée et entretenue.

Il est un parc dont la visite doit constituer un « incontournable » : le jardin de Balata, environ 12 km au nord de Fort-de-France. Accessible en voiture, bien sûr, mais également par bus au départ de Fort-de-France. C’est un lieu admirable où le temps ne compte plus et où le capteur de l’APN n’a pas le temps de prendre du repos. Il faut prévoir des cartes mémoire et… des batteries de secours !

Au jardin de Balata
Au jardin de Balata
Au jardin de Balata
Au jardin de Balata
On y trouve aussi des colibris et on leur donne à boire !
On y trouve aussi des colibris et on leur donne à boire !

 

les personnes

Aux Antilles on croise assez régulièrement ce que vulgairement on appelle « des gueules ». De très beaux portraits sont sans doute à réaliser, de préférence avec l’accord – parfois difficile à obtenir – des personnes. Comme ce n’est pas ma pratique, je n’en ai pas fait.

Les lieux incontournables à visiter (distilleries, sucreries)

Les exploitations de bananiers et de canne à sucre, bien sûr, et le corollaire de la canne : les distilleries et sucreries. Elles sont moins nombreuses aujourd’hui. Raison supplémentaire pour soutenir celles qui subsistent en les visitant. Et pour celles qui sont abandonnées, des photos dans le genre urbex sont toujours possibles… si l’on peut approcher ces lieux parfois dangereux.

À noter que les rhums de Martinique sont plus réputés que ceux de Guadeloupe (en Guadeloupe, il se dit que les meilleurs rhums proviennent de Marie-Galante. Mais c’est sans doute une question de goût personnel !). Ici, de nombreuses maisons réputées produisent toujours des rhums traditionnels que l’on retrouve souvent, dans les supermarchés de métropole à un prix deux fois supérieur. Des dégustations sont parfois organisées, mais… avec modération, bien entendu. Car 50° d’alcool sous un soleil qui lui aussi peut terriblement chauffer, ça risque de faire beaucoup !

Anciennes machines (Habitation Clément)
Anciennes machines (Habitation Clément)

 

Quel matériel

Il est évident que ma visite des deux îles s’étant effectuée au cours d’un même voyage, le matériel emporté a été le même qu’en Guadeloupe. On n’y reviendra pas, si ce n’est pour regretter de n’avoir pas fait l’effort d’essayer de « porter plus lourd », mais meilleur avec boîtier FF et objectifs dédiés. C’est sans doute ce que je ferais si je devais y retourner prochainement.

Donc, pour rappel, j’avais avec moi 3 zooms parmi les plus légers que je possède : un Sigma 17-35mm, un Tamron 28-75mm et un Pentax 55-300mm. Et, pour les accueillir, mon vieux Pentax K-3II. Aujourd’hui, je choisirais plus volontiers une configuration réunissant K-1 II, zooms D FA 24-70 f/2.8 et 70-210 f/4. Et, si je ne devais prendre que des focales fixes parmi celles que je possède, ce serait un Takumar A 28mm f/2.8 (MaP manuelle, mais ce n’est pas difficile), un 50 mm f/1.4 et un F 135 mm f/2.8. Bien d’autres choix sont possibles (si on a le matériel qui correspond) selon ce que l’on envisage de photographier.

D’autres choses à prévoir

Des filtres polarisants sont souvent indispensables : la lumière des îles est parfois très forte.

Le reste de l’équipement est habituel pour qui voyage de temps à autre : un sac photo pratique et aussi léger que possible, un nécessaire de nettoyage, des batteries de secours et leur chargeur et, bien entendu, des cartes mémoire en quantité suffisante pour la durée du voyage. On rappellera à cet égard que, plutôt que de prendre N cartes de grande capacité C, il peut être plus judicieux de prendre N* 2 cartes de capacité C/2. En cas de problème on minimise ainsi la perte de données.

Un avis personnel

Un voyage aux Antilles, pour banal qu’il puisse apparaître aux yeux de certains, me paraît toujours être une découverte permanente. Découvrir des lieux jusque là vus seulement par images interposées, ou redécouvrir des lieux déjà visités, c’est toujours une forme de bonheur ou de bien-être. Et, dans mon cas, cela m’a permis de retrouver un copain connu il y a 50 ans et perdu de vue depuis plus de 25 ans. Et je dois avouer que ça, « ça fait quelque chose » !

Galerie

Quiscale Merle mâle ! K-3II + DA 55-300mm à 210mm - f/11 - 1/500s - ISO 1600)
Quiscale Merle mâle – K-3II + DA 55-300mm à 210 mm – f/11 – 1/500 s – ISO 1600)
Quiscale merle femelle - K3-II + DA 55-300 à 97,5mm - f/6.3 - 1/500s - ISO 3200
Quiscale merle femelle – K3-II + DA 55-300 à 97,5 mm – f/6.3 – 1/500 s – ISO 3200
Sucrier - K-3 II + 55-300 à 300mm - f/7.1 - 1/1000s - ISO 640
Sucrier à ventre jaune – K-3 II + 55-300 à 300 mm – f/7.1 – 1/1000 s – ISO 640

(voir ICI)

Au menu : poisson à la broche - K-3 II + DA 55-300 à 210mm - f/10 - 1/160s - ISO 800
Au menu : poisson à la broche – K-3 II + DA 55-300 à 210 mm – f/10 – 1/160 s – ISO 800
Menu encore incertain ! K-3 II + Tamron SP AF 28-75mm F2.8 à 55mm - f/11 - 1/80s - ISO 100
Menu encore incertain à Sainte-Marie ! K-3 II + Tamron SP AF 28-75mm F2.8 à 55 mm – f/11 – 1/80 s – ISO 100
Anses d'Arlet - K-3 II + Tamron SP AF 28-75mm F2.8 à 55mm - f/9 - 1/80s - ISO 200
Anses d’Arlet – K-3 II + Tamron SP AF 28-75mm F2.8 à 55 mm – f/9 – 1/80 s – ISO 200
Flamboyant - K-3 II + DA 55-300 à 70mm - f/10 - 1/125s - ISO 100
Flamboyant – K-3 II + DA 55-300 à 70 mm – f/10 – 1/125 s – ISO 100
Bougainvillier - K-3 II + DA 55-300 à 135mm - f/5 - 1/400s - ISO 100
Bougainvillier – K-3 II + DA 55-300 à 135 mm – f/5 – 1/400 s – ISO 100
Quiétude - K-3 II + DA 55-300 à 55mm - f/10 - 1/125s - ISO 100
Quiétude – K-3 II + DA 55-300 à 55 mm – f/10 – 1/125 s – ISO 100
Machines façon Urbex à l'habitation Clément - K-3 II + Tamron SP AF 28-75mm F2.8 à 28mm - f/6.3 - 1/5s - ISO 1600
Machines façon Urbex à l’habitation Clément – K-3 II + Tamron SP AF 28-75mm F2.8 à 28 mm – f/6.3 – 1/5 s – ISO 1600

 

L’image de titre montre au fond le Diamant et son rocher et, au premier plan, la ville de Ste Luce, vus depuis le Morne Gommier

 

Crédits : Pour toutes les photos (sauf cartes), © Micaz et © Fyve