Carnet de voyage : La Moldavie

La Moldavie est un petit pays de 33 850 km2 pour 3,2 M d’habitants, c’est-à-dire l’équivalent en superficie et population des Charente-Maritime, Gironde, Landes et Pyrénées-Atlantiques réunies. Sa situation particulière en Europe, à la limite des influences des empires austro-hongrois, ottoman et russe, a rendu complexe l’histoire de ce pays. Ainsi celui-ci a vu se succéder des épisodes de déplacements de populations musulmanes par la Russie après 1812, de répression anti-russe par la Roumanie fascisante d’Antonescu, puis de répression anti-roumaine par l’URSS après le rattachement de la Bessarabie en 1940. Et bien sûr l’extermination des Juifs par les nazis (et les troupes roumaines) entre 1941 et 1944 !

Carte de la Moldavie actuelle et position en Europe
Carte de la Moldavie actuelle et position en Europe

 

La Moldavie concrètement

C’est un pays très majoritairement agricole, avec une importance notable de la viticulture. Celle-ci se distingue par des entreprises viticoles dans pratiquement chaque grosse bourgade. Mais surtout par 5 grosses entreprises à taille nationale, dont la spécificité est de posséder des caves souterraines gigantesques. Mais on y cultive aussi du maïs, de la pomme de terre, des légumes, à peu près tous les légumes qui peuvent pousser en zone géographique européenne, des fruits, des fleurs et du tabac.

Les quelques activités industrielles se trouvent majoritairement en Transnistrie sécessionniste.

Comment s’y rendre ?

Par avion évidemment. Un vol direct prend environ 3 h 20.

Mais il y a assez peu de vols directs dans le sens Paris-Chisinau, beaucoup plus dans le sens Chisinau-Paris (KIV-PAR). La plupart des vols aller se font avec escale dans la capitale du pays de la compagnie aérienne : Vienne pour Austrian Air, Bucarest pour Tarom, Istanbul pour Turkish Airlines, etc. Ce qui rajoute au moins 3 heures au temps de vol aller et augmente le tarif. Les vols à faible coût démarrent à 102 €, mais il y en a peu à ce prix. Compter plutôt 275-300 € pour un aller simple.

Le matériel photo

Pour voyager léger, je n’avais emporté que mon K-1 II, avec 3 accus, un FA 4/20-35 mm et un Tamron 2,8/28-75 mm.

Sur place

Il y a bien sûr des organismes qui proposent des kits avion-hôtel-tour. Nous avons préféré, un ami photographe et moi, l’artisanat. C’est-à-dire la location de voiture par internet et l’hôtel trouvé sur place. La location de voiture ne pose pas de problème. Elle se trouve à l’aéroport et répond aux normes internationales. Les tarifs commencent à 20 € par jour pour une Dacia Logan assez poussive. Les hôtels de la capitale se répartissent de 50 € par nuit pour un 2 étoiles à 200 € et plus pour un 4-5 étoiles.

Le nom du pays

Le pays s’appelle Moldavie, Moldavia en russe, Moldova en moldave. Ces différentes appellations peuvent être cause de conflits. Ainsi les nationalistes pro-roumains préfèrent (évidemment) le terme de Moldova. Certains d’entre eux préférant même « Roumanie moldave ». Sur son territoire cohabitent des populations moldaves, très majoritaires, russes et gagaouzes, très minoritaires (3,5 %). Les Russes sont plus nombreux à l’est du pays, et du fleuve Dniestr. Cette partie du pays est appelée Transnistrie (anciennement Podolie), que les Russes, sécessionnistes depuis 1990, appellent Pridniestrovie (= sur le Dniestr, en russe). C’est la partie qui est à l’est du fleuve Niestr (en moldave). À quelques détails près cependant, comme Bender, qui appartient à la Transnistrie, bien qu’à l’ouest du Dniestr.

La langue officielle

La langue officielle est le Moldave, très proche du roumain. Mais le Moldave n’est obligatoire, de par la Constitution, que dans les actes officiels de la République et au Parlement. Ce qui fait que le russe reste très présent comme langue véhiculaire. Ce qui a malgré tout déclenché le séparatisme pro-russe en 1990, une guerre de deux ans qui a fait 250 morts et la reconnaissance de la Transnistrie par personne, même pas par la Russie…

La langue dans la rue

Les langues généralement pratiquées sont le moldave et le russe, accessoirement l’anglais et le français. Le réflexe des habitants est de vous répondre dans la langue que vous avez utilisée pour vous adresser à eux, dans la mesure de leur possibilité bien entendu. Cette règle est plus limitée dans les campagnes ! J’ai beaucoup servi d’interprète avec le russe pendant ce voyage…

La religion

La religion dominante est le christianisme orthodoxe. Pour plus de détails, il est possible de voir là.

La monnaie

La monnaie nationale est le Leu (prononcer Léou), au pluriel cela donne Lei (prononcer Léï), donc dire Leï dans tous les cas. Le Leu vaut 0,05 €, le cours pouvant légèrement varier, mais 10 Lei = 0,5 € est commode. Ce cours rend un français momentanément riche ! Ainsi un repas plat+dessert et boisson revient à 15 €.

Par contre un test PCR express (3 heures) nécessaire pour le retour fut facturé 100 € !!

La cuisine

On trouve à se nourrir de façon traditionnelle ou internationale, et ce de manière excellente à honorable, le plus souvent copieusement. Nous avons même trouvé à Tiraspol un « hamburger sans pain » (en fait un steak haché avec garniture, très savoureux et bien cuit). La cuisine internationale est très présente que ce soit dans des restaurants de chaîne comme Andy’s ou des restaurants indépendants. Les prix sont très bon marché, comme indiqué plus haut.

Les déplacements

Les règles de circulation sont universelles. Avec toutefois quelques spécificités. Ici elles sont héritées de l’ancienne URSS : les feux tricolores sont perchés très haut au-dessus de la chaussée, avec un feu par file de circulation. Il leur arrive d’être décalés selon les files tournant à droite, à gauche ou allant tout droit. Il faut s’y habituer rapidement pour ne pas se faire klaxonner et surtout, surtout se placer dès que possible dans la bonne file ! Acrobatique dans une ville inconnue.

Autre spécificité, la durée des feux s’affiche en secondes le plus souvent en même temps que les feux. Ce qui est très commode. La priorité aux piétons aux passages matérialisés est très rigoureusement respectée partout ! La tolérance du taux d’alcool au volant est de zéro en Moldavie. La police moldave n’a, semble-t-il, aucun humour sur ce point-là.

Que voir ?

Chisinau

La capitale. C’est une ville de 500 000 habitants, composite, intéressante architecturalement. Elle forme un grand patchwork de parties « soviétiques », avec de grandes avenues à quatre voies souvent rectilignes, bordées de larges trottoirs et d’immeubles datant des années 70. Ces immeubles n’ont pas trop mal vieilli, grâce au climat. On y rencontre aussi des immeubles beaucoup plus récents, fruits d’une certaine recherche, et qui peuvent être originaux.

Immeubles "soviétiques" à l'extrémité nord de l'avenue de Moscou
Immeubles « soviétiques » à l’extrémité nord de l’avenue de Moscou

 

Des immeubles "soviétiques" dont les balcons ont été clos pour ajouter de la place.
Des immeubles dont les balcons ont été clos pour ajouter de la place.

 

Ces quartiers « soviétiques » cohabitent avec d’autres, à l’architecture beaucoup plus classique, remontant au XIXe siècle. Dans la partie centrale de Chisinau on trouve un certain nombre de bâtiments officiels classiques ou très modernes. D’autres quartiers sont tout simplement constitués de petites maisons individuelles à un étage, éventuellement agrémentées d’un jardin, ou encore d’ensembles de luxe récents isolés du monde par des grilles fermées et gardées par des vigiles, summum de la modernité architecturale et sociale. Enfin la ville compte beaucoup de jardins, parcs et plans d’eau…

Bâtiment officiel.
Bâtiment officiel.

 

Le théâtre national Mihai Eminescu
Le théâtre national Mihai Eminescu

 

L'Hôtel de ville
L’Hôtel de Ville

 

Remarquer en bas de cet immeuble ultramoderne, un immeuble ancien (qui sera réhabilité ou pas)
Remarquer en bas de cet immeuble ultramoderne, un immeuble ancien (qui sera réhabilité ou pas)

 

Une vieille maison au milieu d'immeubles récents.
Une vieille maison au milieu d’immeubles récents.

 

Le centre-ville

Dans le plus central d’entre eux, le Parcul catedralei din Chisinau, une allée est occupée par des peintres « montmartrois » qui proposent des toiles allant de la croûte la plus convenue à des productions plus heureuses et originales. En guise de cerise sur la gâteau, ajoutez quelques églises et monastères à bulbes dorés ou bleus fraîchement restaurés. Vous n’aurez plus qu’à y rajouter une foule plutôt jeune et animée, vivante et assez sympathique et vous aurez Chisinau et son charme.

L'allée "montmartroise du parc central
L’allée « montmartroise » du parc central

 

Promeneurs dans le parc central
Promeneurs dans le parc

 

Dernière remarque étonnée : Chisinau compte un nombre extrêmement élevé de pharmacies où les préparations sont faites pour chaque patient selon les prescriptions de son médecin, un système qui avait cours dans l’URSS des années 60…

Chisinau compte également bon nombre de musées, probablement intéressants, mais n’étant pas certains que les commentaires pour les visiteurs soient proposés en français, nous les avons écartés de notre programme de visite. Sans l’ombre d’un scrupule. La ville compte également deux grands marchés que nous avons visités, bien entendu.

Sur le marché de la rue Cojocarilor
Sur le marché de la rue Cojocarilor

 

Légumes et fleurs au marché central
Légumes et fleurs au marché central

 

Le marché cenral
Le marché central

Hors ville

Les paysages sont doucement vallonnés, seulement fracturés par les rivières, pas très nombreuses. Par contre les lacs et étangs, naturels ou artificiels se nichent facilement dans les creux. Les terres arables qui ne sont pas occupées par la vigne sont densément cultivées, beaucoup sont plantées en maïs. Au moment où nous y étions, seconde semaine d’octobre, nombre de parcelles étaient déjà labourées.

Les routes sont le plus souvent bordées de noyers, plantés en zone commune. Les noix sont donc accessibles à tout le monde. On rencontre d’ailleurs le long des routes des locaux qui proposent des fruits, des légumes, des noix ainsi que des boissons diverses, allant de décoctions de fruits non alcoolisées à de la slivovica (prononcer slivovitsa – eau de vie de prune commune à tous les pays des Balkans)

Orhei Vechi (Orhei le vieux)

Est le nom d’un petit ensemble religieux situé à 70 km au nord-est de Chisinau. Il est perché sur une arête rocheuse façonnée par les méandres de la rivière Raut, compte un monastère troglodyte peu esthétique et peu visité et une belle église Sainte-Marie récemment restaurée. Cette dernière fait l’objet d’une évidente fréquentation non touristique. Depuis cette église on peut descendre par un escalier bien raide jusqu’au village de Butuceni.

 

Sur la crête centrale l'église d'Orhei Vechi
Sur la crête centrale l’église d’Orhei Vechi

 

L'église Sainte Marie, assez typique du style des églises orthodoxes moldaves
L’église Sainte-Marie, assez typique du style des églises orthodoxes moldaves

 

L'intérieur de l'église avec iconostase. Christ est ressuscité en moldave.
L’intérieur de l’église avec iconostase. « Christ est ressuscité » en moldave.

Butuceni

S’étire longuement près de la rivière. C’est un village très vivant qui compte une attraction touristique : la villa Etnica, sorte de très grande auberge et pension « typique », un peu trop typique même, mais accueillante, des maisons paysannes pimpantes ou un peu délaissées, toutes très intéressantes, un très beau puits et surtout une énorme maison paysanne transformée en auberge et pension, avec un goût très sûr, sans clinquant pour touristes. L’ensemble forme une sorte de dédale de petites maisons restaurées avec beaucoup de délicatesse et de naturel. Lieu magique s’il en est.

Un des plus beaux puits que nous ayons vu en Moldavie
Un des plus beaux puits que nous ayons vu en Moldavie

 

L'intérieur de la ferme-restaurant
L’intérieur de la ferme-restaurant

 

A l'intérieur
À l’intérieur

 

La salle de restaurant
La salle de restaurant

 

Un oratoire dans le village
Un oratoire dans le village

 

Une vendeuse devant chez elle. Les bouteilles blanches aux angles sont de la slivovica, excellente d'ailleurs.
Une vendeuse devant chez elle. Les bouteilles blanches aux angles sont de la slivovica, excellente d’ailleurs.

Branesti – Ivancea

Sur la route de retour nous avons traversé Branesti, village bâti sur un coteau orienté au sud, agrémenté d’une église rouge et blanche, d’un cimetière aux tombes bleues éparpillées dans les hautes herbes, et d’un bâtiment à l’allure tellement rébarbative que nous ne l’avons pas photographié. Ce n’est que plus tard que nous avons compris que c’était un pénitencier. L’aurions-nous identifié comme tel, peut-être aurions-nous tenté de le photographier ? Puis un peu plus loin nous avons longé Ivancea, son lac et son puits. Ensuite de quoi, nous avons pris un autre itinéraire de retour pour passer par le monastère de Curchi (prononcer Kourki).

 

L'église de Branesti, fraichement restaurée.
L’église de Branesti, fraichement restaurée.

 

Le cimetière près de l'église
Le cimetière près de l’église

Curchi

Sur le chemin du retour vers Chisinau nous avons fait un grand détour pour visiter le monastère de Curchi. C’est un impressionnant ensemble de bâtiments qui fut construit à partir de 1774. Désaffecté en 1958, il a été redonné à l’église orthodoxe en 1990, mais effectivement récupéré par celle-ci en 2003, après que les derniers malades furent évacués des locaux transformés en hôpital psychiatrique. L’ensemble, totalement restauré, est maintenant flambant neuf. Nous y sommes arrivés juste au moment d’un baptême.

 

Monastère de Curchi - église Saint Nicolas
Monastère de Curchi – église Saint-Nicolas

 

Baptême dans l'église de Curchi
Baptême dans l’église

Hincesti

C’est une ville de 12 500 habitants, chef-lieu de l’arrondissement (département) homonyme, à 35 km au sud-ouest de Chisinau. On y trouve une entreprise viticole, en surface, un important musée de la céramique, installé dans un palais du XVIIIe siècle, de nombreux commerces, un lycée, une grande église en cours de reconstruction, et un grandiose monument aux héros de type soviétique mâtiné de piste de saut à ski ! Hincesti est un intéressant mélange d’immeubles urbains modernes et de maisons de type campagnard avec parcelles cultivées soigneusement entourées de grilles anciennes ou récentes. Les modèles récents, métalliques, sont visiblement produits en série. Ils montrent assez bien le soin qu’apportent de nombreux habitants à la protection de leur bien.

cathédrale de Hincesti, en phase finale de restauration
Cathédrale de Hincesti, en phase finale de restauration. 100 % pur béton. Choquant pour un Français. Une fois la peinture refaite cela passe mieux.

 

Il se tient quotidiennement à Hincesti un important marché où des vigiles interdisent les photos. On se demande bien pourquoi d’ailleurs. On y trouve de tout, des fruits et légumes, œufs et viande,  jusqu’aux articles industriels comme des pneus de vélos, de carrioles, de l’outillage varié et des pompes hydrauliques pour puits… En quittant Hincesti nous avons vu d’importantes serres et des petites entreprises de vulcanisation. Cela m’a rappelé l’époque lointaine des pneus de voitures à chambre à air dont on vulcanisait les rustines et que l’on rechapait. On trouve de telles enseignes à la périphérie de toutes les grosses agglomérations moldaves.

Cricova

C’est la plus grande des caves viticoles souterraines de Moldavie, à environ 30 km au nord de la capitale. Elle produit du vin, selon la méthode champenoise, du vin « igristoje » (qui joue, pétille), des vins de différents cépages, que nous connaissons en France, cabernet, merlot, sauvignon, etc., mais aussi des cépages spécifiques à la Moldavie, comme le cordu. Qui peuvent être déclinés en rouges, blancs et rosés. Les souterrains de Cricova, qui s’étagent sur neuf niveaux recèlent, outre les vins en début de fermentation dans des fûts de chêne gigantesques, trois millions de bouteilles de un à trois ans d’âge, voire plus.

Bref, il se dégage de ce centre ville une impression de décor bizarre. Pas désagréable, mais bizarre. Peut-être cela vient-il de ce que, assis devant une boutique pour prendre un café, je me suis trouvé en face de cette porte :
Un des étages de caves souterraines.

Parmi ces caves se trouvent les alvéoles des hôtes de marque, souvent des dirigeants politiques ou des artistes, que le gouvernement moldave a voulu honorer de présents en bouteilles. Le président Poutine, parmi d’autres, a une alvéole de 1 000 bouteilles à son nom. Lorsqu’il en commande quelques-unes, elles lui sont envoyées par la valise diplomatique et immédiatement remplacées par d’autres, à vie. La cave Cricova possède mille hectares de vignobles. Mille personnes travaillent chez Cricova, dont trois cents femmes à la manipulation des bouteilles de vin « joueur ».

 

La Transnistrie

Il est assez inconcevable d’aller en Moldavie sans jeter au moins un coup d’œil à Tiraspol : la capitale de la Transnistrie sécessionniste, à 70 km de Chisinau. Avec le bonus du passage de la frontière qui rappelle le passé soviétique, inoubliable : du côté moldave, deux policiers semblent s’ennuyer ferme. Du côté transnistrien, une demi-douzaine de militaires, entourent la voiture, avec document à remplir, documents à présenter. L’agence de location de la voiture nous avait heureusement demandé si nous pensions nous rendre en Transnistrie et réclamé un supplément pour le document d’entrée. Sortie du véhicule, indication du but du voyage, durée du séjour, et « en échange » indication de la fermeture de la frontière à 21 h. Vérification du passeport et enfin délivrance du petit sésame pour entrer en Transnistrie. En tout une demi-heure.

Tiraspol

C’est une ville de 160 000 habitants, assez pimpante, visiblement très soigneusement entretenue dans sa partie centrale, décorée de drapeaux transnistriens bicolores vert et rouge, et russes tricolores KGB : Krasnyi-Goluboi-Bielyi / rouge-bleu-blanc, trait d’humour russe datant du retour à l’ancien drapeau russe. Leur accrochage ne donne pas l’impression d’être momentané. Il y a beaucoup plus de Lada qu’à Chisinau. Les bâtiments officiels sont à peu près tous groupés non loin de la place où trône un Lénine de porphyre rose prêt à s’envoler et un char T 34-85 repeint d’une étrange couleur bronze.

L’impression générale

La population est plutôt jeune, on voit pas mal de couples ou de jeunes femmes avec des poussettes. Et des jeunes plutôt avenants qui discutent et plaisantent dans le cadre étrangement artificiel d’une Union soviétique qui n’existe plus ! Tout cela parsemé d’immeubles récents, allant du fonctionnel au luxueux tape-à-l’œil.

Le -34-85 mémorial sur fond de Lénine et du bâtiment du Palais du Gouvernement de Pridniestrovie
Le T 34-85 mémorial sur fond de Lénine et du bâtiment du Palais du Gouvernement de Pridniestrovie

 

La flamme du soldat inconnu (réplique de celle de Moscou) et sa petite chapelle avec ses caméras.
La flamme du soldat inconnu (réplique de celle de Moscou) et sa petite chapelle avec ses caméras.

 

Cathédrale de la Nativité, vue de la rue Karl Marx (!)
Cathédrale de la Nativité, vue de la rue Karl Marx

 

Le siège de la banque d'Etat du Pridniestrovie
Le siège de la banque d’État du Pridniestrovie

 

Un immeuble de grand luxe au cœur de la ville
Un immeuble de grand luxe au cœur de la ville

 

Le fleuve Dniestr
Le fleuve Dniestr

 

Bref, il se dégage de ce centre-ville une impression de décor bizarre. Pas désagréable, mais bizarre. Peut-être cela vient-il de ce que, assis devant une boutique pour prendre un café, je me suis trouvé en face de cette porte :

La représentation officielle de "Républiques d'Abkhazie et d'Ossétie du sud en République de Pridniestrovie moldave".
La représentation officielle de « Républiques d’Abkhazie et d’Ossétie du sud en République de Pridniestrovie moldave ».

 

C’est la représentation officielle des « Républiques d’Abkhazie et d’Ossétie du sud en République de Pridniestrovie moldave ». Ce sont les seuls pays à reconnaître la Transnistrie avec le Nicaragua (!)

Ces deux territoires ont été conquis militairement par l’armée russe durant le conflit entre la Géorgie et la Russie entre 1992 et 2003.

Bender

De retour de l’autre coté du Dniestr, à Bender, une forteresse pré-Vauban reconstituée à grand renfort de béton, est en cours d’achèvement. Avec ses abords en carreaux de ciment, et l’homme désabusé qui les débarrasse de la moindre trace d’une saleté inexistante en tournant en rond derrière sa machine façon Dyson en plastique, le spectacle nous saisit d’une légère stupeur.

 

L'intérieur de la forteresse de Bender, avec de jeunes policiers en visite de formation.
L’intérieur de la forteresse de Bender, avec de jeunes policiers en visite de formation.

 

Vue par une meurtrière
Vue par une meurtrière

 

Spectacle quelque peu irréel sur lequel nous quittons la Transnistrie pour rallier Chisinau. Avec en dernier cadeau à la frontière, une inspection rapide de nos passeports par un garde-frontière, dont je n’ai vu que les mains à travers une « fenêtre » de 25 x 15 cm !

 

Crédit photographique Valia© cliquer sur les photos pour les agrandir.

  • Clofoto
    1 janvier 2022 at 18 h 12 min

    A la lecture de ce carnet, des réflexions me hantent :
    – La Moldavie, après revue des photos, semble triste. Les couleurs ternes n’aident pas à surmonter.
    – La nostalgie de la Russie années septantes est présente tout au long des mots.
    – Qui a l’obsession des puits ? Les moldaves ou l’auteur ?
    – Enfin des vignettes de grand format et non en timbre poste. C’est mieux. Vous avez compris. Mes yeux remercient.

    • Valia
      3 janvier 2022 at 19 h 23 min

      Bonjour
      – le voyage a été fait en octobre. Les couleurs correspondent à ce qu’elles étaient réellement, ni plus ni moins.
      – Mes commentaires sur la Transnistrie me semblent être tout sauf nostalgiques, au contraire. Peut-être est-ce la remarque sur les immeubles de type soviétique qui ont bien vieilli grâce au climat qui vous a inspiré cette remarque ? Les mêmes immeubles à Moscou ont beaucoup plus mal vieilli, au point que certains ont été détruits!
      – les puits ne sont pas mon obsession. J’ai simplement été très étonné qu’il y en ait au moins un par village et qu’il soient l’objet d’une grande attention. En fait cela révèle seulement que dans ces villages il n’y a pas l’eau courante!
      – Pour le format des photos, je vous en prie, il n’y a pas de quoi.