Ce dossier inaugure une série de carnets de voyages, voyages bien entendu effectués par ceux qui les relatent. Il ne s’agit pas du tout de concurrencer les guides touristiques, ni de fournir des adresses d’hébergement ou de restauration, même si, à l’occasion, de telles informations présentent un intérêt pour le voyageur-photographe.

Le but recherché est surtout d’indiquer les lieux dont la visite par le touriste présente, à des titres divers, et pas seulement pour le paysage, un intérêt photographique.

 

Carnet de Voyage : Majorque

Pour commencer, un peu de géographie pour qui en aurait besoin : c’est très utile au moment où l’on prépare un voyage, que ce soit pour les formalités administratives à prévoir ou pour l’équipement photo à emporter.

Majorque (en espagnol Mallorca) est la plus grande des îles de l’archipel des Baléares, située dans la Mer Méditerranée à environ 200km à l’est de la ville de Valence. Constitué en communauté autonome, cet archipel espagnol comprend aussi (notamment) les îles de Minorque et d’Ibiza et, plus petites, Formentera, Cabrera, Dragonera, Conejera et Espalmador.

Majorque, qui représente environ 75% du territoire total, est aussi logiquement l’île la plus peuplée et celle où est située la capitale de l’archipel : Palma. N’imaginez pas que, sous prétexte que c’est une île, vous pourrez la parcourir en quelques heures. Non, cette île nécessite des moyens de locomotion suffisamment rapides pour qui veut la parcourir dans son ensemble :

– Du nord au sud (du Cap de Formentor à Ses Salines), il faudra, en voiture,  environ 1h40 pour parcourir la distance de 98 km.

– De l’ouest à l’est (de Sant Elm à Cala Ratjada), il faudra dans les mêmes conditions au moins 1h45 pour parcourir les 120km. A titre de comparaison, ce trajet nécessite 4h30 en transports en commun.

Ce qui signifie, vous l’avez bien compris, qu’il vous sera nécessaire de disposer d’une automobile. Par conséquent, il ne faudra pas oublier votre permis de conduire : le permis français suffit, nous ne connaissons pas de cas où le permis international aurait été exigé.

Comme vous le pressentez, une semaine ne suffira pas à tout voir, à tout photographier, tant les points d’intérêt sont nombreux et variés sur ce vaste territoire. Aussi les endroits que nous vous signalerons ne sont que parmi les très nombreuses possibilités offertes par Majorque, libre à vous d’en trouver d’autres !

L’avantage, dans cet archipel, c’est que généralement le climat y est très agréable et, même s’il pleut aussi (et heureusement !) de temps à autres (en moyenne 51 jours par an), vous n’aurez que peu souvent l’occasion d’utiliser la housse de protection de votre sac photo.

Les paysages sont extrêmement variés :

  • les côtes ouest et nord sont plutôt montagneuses (Sierra de Tramuntana, classée au Patrimoine de l’Unesco depuis 2011) avec un point culminant à 1 445m, le Puig Major. Le bord de mer est parsemé de criques, comme d’ailleurs sur pratiquement toutes les côtes de l’ile.
  • autour de la capitale, Palma, dominent les plages de sable, très fréquentées en toutes saisons, et particulièrement en saison estivale (S’Arenal)
  • Les côtes est et sud sont constituées de falaises laissant aussi la place à de magnifiques criques de sable et à de nombreux petits ports de plaisance. Ces régions escarpées recèlent aussi de nombreuses grottes.
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Carte de Majorque

 

A savoir avant de partir

Aux Baléares, la langue officielle est le catalan. L’espagnol (le castillan) est parlé et compris partout, l’anglais et surtout l’allemand, sont très répandus ; le français, beaucoup moins, ce qui peut poser problème dans certains commerces. Avoir des notions de castillan ou d’allemand est alors un « plus » non négligeable.

Les Baléares étant espagnoles, la monnaie est bien entendu l’Euro.

 

Comment y aller ?

A moins que ce ne soit l’occasion d’une longue escale au cours d’une croisière, les Baléares sont surtout accessibles en avion : de nombreuses grandes compagnies et des compagnies de charters desservent Majorque, dont l’aéroport est connu sous le nom de Son Sant Joan ; il est situé à l’est de Palma, à quelques kilomètres du centre ville. On s’y rend en voiture par l’autoroute Ma-19 qui relie Palma à Llucmajor.

Nous vous l’avons dit : à Majorque, une voiture paraît nécessaire, même s’il existe un bon réseau de transports en commun (autocars). Ce dernier n’est pas particulièrement rapide : à titre indicatif, pour aller de Palma (B3 sur la carte) à Colònia de Sant Jordi (C4), il faut compter environ 1h30 pour environ 55 km. Les arrêts sont nombreux. Le même trajet en voiture prendra environ 40 à 45 mn (probablement plus en haute saison).

Pour la location de voiture, ne vous précipitez pas sur les compagnies liées aux hôtels. Vous ferez des économies substantielles en cherchant par vos propres moyens, auprès de sociétés privées, nombreuses sur toute l’île. Il est possible de louer, pour 6 jours, une voiture de classe B pour 100 € de moins que la même proposée par la société sous contrat avec l’hôtel, et avec des conditions comparables : assurance avec franchise (rachat possible pour quelques euros), kilométrage illimité. Bien sûr, vous pouvez aussi privilégier la location à l’aéroport, en prévision du retour. Se renseigner suffisamment tôt permet d’éviter de mauvaises surprises.

 

Sachez qu’il vaut mieux sortir des endroits trop touristiques aussi bien pour l’hébergement que pour la restauration ; cela vous évitera des déconvenues : ainsi, dans les stations de bord de mer, n’hésitez pas à vous perdre dans les ruelles des quartiers moins touristiques, vous y trouverez des établissements de bon niveau à des prix bien inférieurs à ceux des quartiers touristiques. Pour la photographie, c’est un peu pareil : si vous ne voulez pas faire les photos de « monsieur tout le monde », n’hésitez pas à parcourir l’intérieur de l’île.

 

Quel matériel emporter ?

Tous les appareils photo peuvent être utilisés, bien entendu, et comme toujours « qui peut le plus peut le moins » ! Entendons par là que si vous n’avez pas trop de contraintes et que si vous possédez un appareil reflex, un assortiment d’objectifs susceptibles de couvrir tous les sujets sera très conseillé, du grand angle (15/16mm voire moins) au téléobjectif (300mm). Bien entendu, c’est aussi fonction de vos goûts et de vos domaines photographiques privilégiés.

Il pourrait être tentant, pour ne pas se surcharger – expérience vécue -, de partir avec son APN (un K-3) accompagné de deux zooms : un Tamron 28-75mm f:2.8 et un Pentax 55-300mm. Force est de reconnaître que cette combinaison est une erreur en ce qui concerne le premier zoom, non pas pour sa qualité (excellente), mais surtout pour son angle de champ pas assez « grand angle » dans bien des circonstances. Il eût mieux valu, pour un poids certes supérieur, adopter par exemple le 16-50mm Pentax ou un de ses concurrents Sigma ou Tamron. Quant au zoom télé, si son amplitude n’a pas posé de problème, dans l’expérience relatée, les résultats photographiques auraient très probablement été bien meilleurs avec un 300mm beaucoup plus lourd  et surtout moins « souple » d’utilisation.

L’idéal serait probablement de se munir de 3 zooms : un 12-24mm, un 28-75mm et un 70-200mm, à condition de n’avoir pas de problème de poids et surtout de volume pour le bagage de cabine (il est très déconseillé de laisser ce genre de matériel dans des bagages allant en soute !). Parfois, il faut faire des compromis.

Pour revenir à Majorque, attention !  comme sur pratiquement toutes les îles méditerranéennes, la chaleur peut être élevée et la luminosité très forte. Sachez vous protéger – vous et votre matériel – de l’une et de l’autre et n’oubliez pas votre (vos) filtre(s) polarisants !

 

Que photographier ?

Plutôt que de vous indiquer ce qui peut être visité dans chaque ville ou village ou station de bord de mer, nous préférons procéder par domaine photographique, étant précisé que nous ne retiendrons que les principaux.

 

La photo de paysage

C’est probablement le domaine le plus prisé par le touriste. Et il vaut bien avouer que Majorque présente une grande variété de paysages :

  • des montagnes (pas de haute montagne et, sauf conditions très exceptionnelles, vous ne verrez pas de neige. C’est toutefois arrivé en mars 2013, essentiellement dans le nord de l’île),
  • des côtes très découpées, avec des criques de toute beauté, des falaises, de petits ports de plaisance et/ou de pêche, quelques plages de sable fin (surtout autour de Palma),
  • des villages typiques, entourés parfois de vergers et de cultures

 

Près de la ville d’Artà (D2 sur la carte), les vestiges du village talayotique de Ses Païsses valent vraiment le détour, à condition toutefois de bien se renseigner au préalable sur l’itinéraire, très mal fléché.

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Village talayotique de Ses Païsses à Artà

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Artà – Vue générale

Sur la côte Est, les petites stations de Porto Colom, Porto Petro ou encore Porto Cristo sauront vous charmer par leur calme – surtout hors saison – , leurs maisons de pêcheurs et la beauté de leur environnement.

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Maisons de pêcheurs

 

La photo d’architecture

Qui dit architecture dit souvent « paysage urbain », même si l’on rencontre aussi, perdus dans la campagne, différents édifices, religieux ou non, dignes d’intérêt. Bien sûr, c’est Palma qui offre sans aucun doute le plus grand nombre d’édifices présentant un intérêt architectural avec notamment :

  • sa célèbre cathédrale (nommée « La Sèu » par les majorquins,). Le bâtiment en lui-même est extrêmement imposant, le plus grand de l’ile, bien entendu, mais aussi le 2ème d’Espagne après la cathédrale de Séville. Elle est située tout près du centre de la ville, à quelques dizaines de mètres du rivage et du port.
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Vitrail dans la Cathédrale

  • Le palais de l’Almudaina, ancien château musulman, près de la cathédrale est resté une des résidences du roi d’Espagne.
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Palais de l’Almudaina

  • Les anciens bains arabes
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Les bains arabes

  • Tout près de la ville, à 3km, le château de Bellver, construit par le roi Jacques II (Jaime II) au 14ème siècle. Il abrite de nos jours un musée archéologique.
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Partie du Château de Bellver

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Château de Bellver : cour intérieure (aménagée en scène de théâtre)

  • Bien entendu, la ville regorge de bâtiments à l’architecture typiquement espagnole et majorquine, parfois largement inspirée de l’architecture arabe.
  • La plaza Major, immense, est entourée de bâtiments datant du 14ème siècle abritant des restaurants et des cafés. S’y tiennent des marchés et parfois des expositions.
  • Au hasard des rues de la ville ancienne, de belles cours, des patios,
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Une cour intérieure dans la vieille ville

A elle seule, la ville de Palma mérite une journée entière de visite, voire 2 si l’on veut aussi y faire quelques achats de produits typiquement majorquins : soubresade (sobrasada), ensaïmadas, etc …

Hors de Palma, d’autres sites méritent aussi de faire crépiter votre APN, par exemple, sur les côtes, les nombreuses maisons de pêcheurs, à l’intérieur des terres les ermitages et édifices religieux.

 

La photo de rue

Elle trouvera un terrain particulièrement favorable à Palma, ville très animée jusque tard dans la nuit : ici, on vit à l’heure espagnole et il ne saurait être question – sauf pour certains touristes – d’aller dîner au restaurant avant 22h. De nombreuses rues recèlent des trésors inattendus – enseignes, panneaux des menus de certains restaurants, … – en même temps que les terrasses des nombreux cafés et restaurant permettent de fixer des attitudes parfois cocasses.

 

La photo animalière

On ne s’y attend pas forcément, mais il existe, sur la route du Cap Blanc (Cabo Blanco), non loin de Sa Rapita, un élevage d’autruches qui peut être visité (on peut aussi y acheter des objets fabriqués sur place avec du cuir d’autruche). Bien sûr, la visite est « encadrée » par les propriétaires, originaires, comme leurs animaux, d’Afrique du Sud, en raison des risques que ces animaux peuvent parfois faire courir, notamment avec les enfants.

Cela peut être l’occasion de photos animalières, parfois humoristiques lorsque certains visiteurs leur offrent un peu de nourriture dans leurs mains.

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Portrait d’autruche

 

Certains endroits marécageux ou humides regorgent d’oiseaux aquatiques

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Photo au 55-300 Pentax

Et bien sûr, les traditionnels volatiles de bord de mer (mouettes, goélands, …) réjouiront les amateurs.

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Goéland bagué (Pentax 55-300mm)

La macro

Ce domaine est accessible un peu partout, évidemment, surtout avec la végétation méditerranéenne et les tout petits sujets traditionnels que sont libellules et autres papillons : cela dépendra surtout de la saison.

Avouons cependant que ce n’est pas le domaine photographique que l’on pratique le plus lorsque l’on prend des vacances dans un tel environnement.

L’archipel des Baléares, à faible distance de notre pays (moins de 2h de vol), offre de nombreuses possibilités photographiques qu’un petit dossier ne permet pas d’exposer de façon exhaustive. Même les ouvrages spécialisés n’y suffisent pas. Mais nous vous invitons fortement, si vous ne les connaissez pas, à visiter ces iles attachantes où le dépaysement est garanti.

 

Ces endroits où l’on peut éviter de s’attarder

C’est toujours délicat de signaler de tels endroits : la subjectivité joue un grand rôle, et tel endroit prisé par quelqu’un pourra tout à fait déplaire à quelqu’un d’autre. Et vice versa.

Sur Majorque, deux endroits nous ont paru manquer de charme – sans pour autant être déplaisants ! – et n’ont fait l’objet que d’un nombre très restreint de photos :

– au sud, la côte autour de Sa Ràpita (C4 sur la carte) : rocheuse, plutôt mal entretenue par endroits, avec très peu de commerces, peu de plages accueillantes et pour tout dire assez désertée par les touristes : il vaut mieux continuer son chemin en direction du Cap Blanc (Cabo Blanco, B4 sur la carte).

– au nord-Est de Palma, la ville d’Incà (C2 sur la carte), pourtant l’une des plus peuplées de l’île, après Palma et Manacor (ville célèbre pour ses perles et ville d’origine du célèbre tennisman Rafael Nadal) : outre que la circulation automobile y est assez difficile avec ses ruelles étroites, elle présente peu d’intérêt culturellement parlant. Notons toutefois un marché (les jeudis) parmi les plus importants de Majorque, qui pourrait donner lieu à des images intéressantes, et une tradition ancienne de fabrication de chaussures.

 

Galerie d’images

trésor de la Cathédrale

Dans le trésor de la Cathédrale

Falaise de Majorque

Falaise de Majorque

architecture

Architecture espagnole des Baléares

Village

Incà

Salines

Saline d’Es Trenc

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Goéland d’Audouin en vol (Pentax 55-300mm)

Crédit photo : Mica