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Ces aberrations optiques qui ne facilitent pas la vie

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Elles ont décidé de vous gâcher vos images. Elles, ce sont les aberrations optiques.

Il s’avère qu’il est impossible de restituer avec une fidélité absolue les couleurs ou la lumière, telles que vos yeux les voient, lors de prises de clichés. Plusieurs causes expliquent ce phénomène. Il y a déjà la perception de chacun, qui n’est pas toujours la même que celle du voisin. C’est personnel et on ne peut rien y changer. Il y a aussi l’angle de vue et la composition. Sans compter le développement et les logiciels utilisés.

Et puis il y a ces fameuses aberrations optiques, ces défauts qui impactent les images. Ces « machins », qui font que vos clichés ne ressemblent pas à la réalité, sont donc nombreux. Aujourd’hui on s’attardera uniquement sur la dernière catégorie avec une revue des principaux artefacts.

Le vignettage

Il s’agit d’une dégradation de la luminosité à la périphérie du cliché. Les pourtours de l’image deviennent plus sombres (rarement plus clairs), sous la forme d’un cercle. Cela se produit quand la lumière est répartie de manière inégale sur l’objectif, ce dernier en laissant passer plus au centre qu’en bordure.

prise de vue batiment avec vignettage
D FA 24-70 : un vignettage bien visible à f/2.8

 

Si c’est assez classique pour les longues focales, toutes les optiques peuvent avoir ces problèmes, surtout à grande ouverture. Comme le DFA 24-70 par exemple. Les logiciels de développement corrigent facilement ce défaut, en compensant la perte de lumière dans la zone. Il n’empêche que le vignettage peut offrir un intérêt à des clichés en mettant l’accent sur ce qu’il y a au centre.

Le flare

Le flare est le résultat d’une diffusion parasite de la lumière dans l’objectif. La cause est le plus souvent une source intense et/ou trop directe. Un halo, plus ou moins important et souvent disgracieux, se forme, apportant des nuisances à l’image.

AC et flare à 16mm f/5.6 - Extrait 100%
DA✭ 16-50 : Mêmes les ✭ ne sont pas à l’abri d’un phénomène flare

 

Ce phénomène est d’autant plus présent que votre optique est lumineuse. Les capteurs numériques sont également plus sensibles au flare que les films argentiques.

Les aberrations chromatiques

Lors de la création de l’image, les objectifs ne sont pas capables de se focaliser, à la même distance, sur les différents coloris. Des halos se forment devant ou derrière les sujets et des lignes de couleurs (bleu/vert essentiellement) viennent contourner les objets (arbres, feuilles, personnage, etc.). Dans certains cas, ils apparaissent aussi sur les bords de l’image. Évidemment, sur le petit écran de votre APN, ce ne sera pas visible. Un grand moniteur est nécessaire !

Ces bords polychromes dégradent les photos. Si vos clichés restent utilisables, le rendu est souvent dérangeant.

Le moiré

Le moiré est un phénomène bizarre, lié à certains motifs qui créent une interférence dans la manière dont on interprète une image. Souvent, il s’agit d’au moins deux réseaux de couleurs parallèles qui entraînent un flou et une déformation de l’objet. Sa suppression est complexe, voire impossible. On parlera d’ailleurs d’atténuation au travers de deux outils. Côté capteur, les ingénieurs ont longtemps ajouté un filtre supplémentaire, tandis qu’en post-traitement, il convient d’appliquer un léger flou gaussien.

Il faudra attendre l’augmentation de la densité en pixels du capteur en APS-C et le règne du Plein Format (pixels moins proches pour voir ce phénomène devenir marginal. Au point de permettre aux industriels d’écarter le dispositif physique (à noter que ce filtre peut être recréé électroniquement au travers du boitier).

Quelques remèdes en vrac
  • Oubliez les objectifs bas de gamme. Ils sont les plus polluants, car fabriqués avec des matériaux peu performants. D’un autre côté, même ceux haut de gamme en produisent, surtout les modèles anciens. Ce n’est pas simple. Il convient donc d’adopter des optiques dotées de lentilles à faible dispersion chromatique, capables de réduire au maximum les déviations des faisceaux lumineux. Mais c’est souvent plus cher !
  • Évitez les ouvertures (focale fixe et zoom) et les focales extrêmes (zoom uniquement). Approcher les limites des objectifs, surtout pour les zooms, c’est avoir potentiellement des problèmes. C’est dans ces zones que les aberrations optiques ne peuvent pas être totalement maîtrisées.
  • Oubliez les UGA. Plus le champ de vision offert est important, plus les rayons lumineux peuvent arriver de manière oblique ce qui engendre des inepties visuelles.
  • Éviter de photographier avec le soleil face à soi, et plus généralement les images à fort contraste.

 

 


Présentées ainsi, les aberrations optiques semblent être un cauchemar absolu pour tous les chasseurs d’images. Pourtant, il arrive qu’elles permettent de sublimer un cliché. Excepté le moiré, le flare parfois et le vignettage plus souvent, peuvent donner des photos captivantes. À vous de jouer.