Chapitre 3, de ma terre à la Terre

De ma terre à la Terre

Sebastião Salgado est, selon moi, l’un des grands photographes au monde. Sans doute parce que ses images en noir et blanc me parlent, me racontent des choses incroyables sur les hommes, sur la Terre. Elles ont une force incroyable, percutante, qui ne laissent jamais le lecteur indifférent. Lequel aime ou pas.

Projet Genesis
Genesis, édition Taschen
Genesis, édition Taschen

C’est en 2004/2005 que Salgado se lance dans un nouveau challenge, aller photographier des endroits de la nature encore préservés de l’industrialisation. Pour combien de temps encore ? On ne peut qu’être pessimiste à l’aune de la folie des hommes.

Et ce ne sont pas les discours des présidents Trump ou Bolsonaro qui rassureront, ce dernier voulant éradiquer l’Amazonie au profit de terres agricoles et autres barrages. Avec un possible génocide ethnique à la clé.

8 ans et une trentaine de voyages, c’est ce qu’il aura fallu à Salgado pour pouvoir proposer Genesis, une série d’expositions conçue comme une ode à la Terre. Je me souviens d’être allé voir l’escale parisienne, c’était à la fin de l’année 2013.

Une « claque » de presque 250 photographies venant des confins du Sud, d’Afrique ou d’ailleurs. De tous les paysages, portraits d’animaux, portraits d’hommes proposés, on y lisait le même humanisme. La patte de Salgado.

Un recueil de photos en a été tiré. Ayez un jour la curiosité d’y jeter un œil.

 

De ma terre à la Terre

Cet immense photographe s’est confié à Isabelle Francq qui en a fait un livre rare de témoignage. Si ses images ont longtemps parlé pour lui, les mots apportent une saveur supplémentaire, témoignant d’engagements forts. Ses photos ont fait le tour du monde, mais on connaissait très peu l’homme lui-même, son histoire et les racines politiques dans lesquelles sont nées ses convictions de photographe. La chose est réparée.

projet Genesis
projet Genesis

 

Dans ce livre « De ma terre à la Terre », Sebastião Salgado défend ses engagements en faveur d’une planète qu’il aime passionnément, mais que l’homme détériore un peu plus chaque jour. Il se raconte, du Brésil à Paris (il reste attaché à notre pays) et c’est passionnant. On découvre un homme altruiste et engagé. On rit quand il raconte comment il s’est fait adopter par les tortues des Galapagos. En remontant le cours de ses reportages, on traverse tous les pays qu’il a vus. Un livre qui montre certes son amour de la photographie, mais surtout son amour du monde. Un monde qu’il ne cesse de sillonner, pour voir, comprendre et surtout témoigner. Beaucoup de photographes devraient le lire !

 

« Ma photographie, ce n’est pas un militantisme, ce n’est pas une profession. C’est ma vie. Le désir de photographier me pousse à repartir, à aller voir ailleurs. À chercher d’autres images… » (Sebastião Salgado)

 

crédit photo : Sebastião Salgado