Existe-t-il un photographe, aussi bien amateur que professionnel, qui ne s’est jamais demandé comment améliorer ses images ? Ce serait bien étonnant et, pour tout dire, peut-être un peu prétentieux de la part de celui qui, ainsi, voudrait croire ou faire croire qu’il a atteint la perfection.

Comme en toute matière, un certain talent de base permet déjà de présenter des images que l’on a plaisir à regarder. Mais si l’on y ajoute quelques ingrédients, on peut parvenir à gagner l’estime des « spectateurs » et, pour certains, le rang d’artiste reconnu. Pour atteindre au génie, nous n’avons pas la recette !

 

 

 

Les raisons de s’améliorer

Lorsque l’on est mécontent de ses photos, ou, pire qu’on entend les critiques de ceux qui les regardent, il convient de bien les analyser pour déterminer ce qu’il faudrait améliorer. Bien sûr, nous direz-vous, c’est variable selon les images. C’est vrai, mais souvent on peut trouver des erreurs récurrentes, des manquements dans la composition ou le cadrage, dans la gestion des couleurs ou de la lumière. Bref, toutes ces choses qu’il faut exécuter correctement pour réussir sa photo. Ce n’est qu’après avoir mené ce « travail » que l’on pourra rechercher et appliquer les correctifs nécessaires.

Pour cela, il faut s’interroger sur sa pratique avant la prise de vue. Il faut aussi parfaire sa manière de photographier, qui varie selon les sujets, mais garde des constantes. Il faudra enfin savoir trier ses images et traiter avec soin – et avec respect – les meilleures d’entre elles.

 

 

 

Avant la prise de vue

Beaucoup de photographes ont appris la pratique de leur passion « sur le tas ». Le pragmatisme a parfois du bon. Pas toujours cependant.

Il nous revient, à ce propos, une citation dont l’origine est assez obscure : « En théorie, il n’y a pas de différence entre la théorie et la pratique. Mais en pratique, il y en a une ». Cette formule peut s’appliquer à la photographie.

 

 

La théorie par les livres

En effet, la photographie nécessite une connaissance minimale (et même un peu plus) des lois de la physique et de l’optique. Du moins si l’on veut savoir dompter la lumière ou, au moins, tenter de le faire. Car la lumière ne se laisse pas dompter facilement !

Bien sûr, vous pouvez, pour cela, reprendre des études scientifiques dans le domaine qui nous préoccupe. Cela risque d’être assez long. Bien sûr, on ne vous demandera pas à l’issue de ces études de passer avec succès des épreuves pour obtenir un diplôme. C’est très bien, mais pas essentiel à la réussite de bonnes images.

Plus simplement, vous pouvez lire (ou relire) avec profit quelques ouvrages publiés sur le sujet. Nous pensons ici tout particulièrement à deux ouvrages de référence publiés dans la série « Les Cours Photo » par l’éditeur Eyrolles. Ces deux ouvrages, qui ont le même auteur (Jost J. Marchesi) ont pour titre :

  • Les fondamentaux de l’optique
  • Les fondamentaux de la prise de vue
"Les fondamentaux de l'optique" de Jost J. Marchesi (Eyrolles)

« Les fondamentaux de l’optique » de Jost J. Marchesi (Eyrolles)

 

« Les fondamentaux de la prise de vue » de Jost J. Marchesi (Eyrolles)

 

Chacun de ces ouvrages ne comporte qu’une centaine de pages. Mais il faut être conscient que cela ne se lit pas le soir pour s’endormir ni quand la fatigue physique et/ou intellectuelle s’abat sur vous. Il est préférable d’être parfaitement « clair » et attentif au texte parfois un peu technique.

Si vous assimilez le contenu de ces deux ouvrages, alors vos bases théoriques seront de nature à vous permettre ce qui est le plus agréable en photographie : la prise de vue réelle avec de bons atouts pour la réussir. Améliorer vos images ne dépendra plus alors que de vous.

D’autres ouvrages sont aussi dignes d’intérêt. Nous pensons en particulier à ceux de Michael Freeman.

 

 

La pratique formatrice directe

Si la lecture vous ennuie, rien ne vous interdit, sinon éventuellement vos possibilités financières, de suivre des stages ou des formations. Il en existe de très nombreux : chaque mois, les magazines photo y consacrent plusieurs pages. Bien entendu, il vous faudra faire des choix selon le contenu, le lieu, les méthodes utilisées, le prix aussi, bien entendu. Naviguez aussi un peu sur Internet et vous verrez que vous n’aurez en effet que l’embarras du choix. Avant d’opter pour tel ou tel stage ou formation, essayez de savoir ce qu’ont pu en tirer les stagiaires des sessions précédentes si vous en avez la possibilité. Car vous vous doutez bien que tous les stages ne se valent pas.

 

 

Les clubs photo

Il en existe un peu partout. Parfois il faut vraiment se motiver, surtout quand la pratique photo n’est qu’un loisir intermittent et que la profession ne laisse que peu de temps libre. Mais on y trouve de bonnes recettes pour améliorer ses images, surtout si les réunions ne se limitent pas à se parler du matériel utilisé. Les querelles de marques sont à fuir. En revanche, la critique constructive des photos sur des thèmes précis, et l’expérience d’autres photographes peuvent vous apporter beaucoup.

 

 

Les expositions

Qu’elles soient consacrées à la peinture ou à la photographie, les expositions constituent un axe important de progression. L’exemple des autres est formateur si l’on sait analyser leurs travaux, comprendre leur démarche. Ne vous contentez pas de regarder les œuvres d’un œil distrait : n’hésitez pas à rester plusieurs minutes devant une image pour la « disséquer » du regard. Vous y trouverez probablement de quoi améliorer vos propres images.

 

 

D’autres sources

Outre la théorie dans le domaine photographique pur, il ne faut pas occulter le fait que la photo répond souvent aux mêmes règles de composition que la peinture. Là encore, la littérature sur le sujet ne manque pas. À vous d’aller voir pour trouver des sources de connaissances et… d’inspiration. Sans négliger, là encore, ce que la littérature spécialisée dans la photo peut vous apporter. À ce propos, le livre « Composez, réglez, déclenchez », d’Anne-Laure Jacquart, lui aussi publié par Eyrolles, constitue un bon point de départ. Et jetez aussi un œil sur les 2 articles que PentaxKlub a consacrés à ce sujet (partie 1 et partie 2).

Une remarque à ce propos : bien souvent, on pense connaître parfaitement tout ce que ces ouvrages, articles, formations, etc., peuvent nous enseigner. Mais, dans la réalité, on oublie trop souvent ces « fondamentaux », par négligence souvent, par paresse parfois, et la qualité des photos s’en ressent. Alors, remettons-nous en cause et n’hésitons pas à « réviser » nos leçons de base !

 

 

 

À la prise de vue

Lorsque l’on possède la théorie (posséder au sens où on sait comment l’utiliser), la mise en pratique est largement facilitée. Pour autant, elle ne doit pas se faire de façon irréfléchie, du moins dans la plupart des cas.

Si l’on veut réellement améliorer ses photos, on doit se garder, le plus souvent, de déclencher sans réfléchir. On élude ici l’instantané-réflexe qui reste relativement rare, mais qui peut, c’est vrai, vous valoir un bon « scoop ».

 

 

Une prise de vue, ça se prépare

Bien sûr, il n’existe pas de préparation unique, quel que soit le type de photo que l’on veut réaliser. On ne se préparera pas de la même manière selon que l’on fera une photo de paysage ou une photo de macro.

Nous déconseillons de partir pour une balade photo « ciblée » sans avoir au préalable préparé le terrain, c’est-à-dire réfléchi à tout ce qui est de nature à faciliter le succès de l’entreprise. Si vous partez photographier des insectes dans la nature et que vous laissez chez vous votre objectif macro, c’est un peu dommage, non ? Certes cet exemple est extrême. C’est simplement pour vous rappeler qu’il faut avoir bien réfléchi à ce que l’on projette de faire avant de le faire. En sachant, par ailleurs, que lors d’une sortie photo, on ne pourra pas faire tout type de photo. On ne peut pas, dans le cadre de cet article, énumérer tout ce qu’il est indispensable de savoir et de faire dans tous les cas de figure. C’est à vous qu’il appartient d’y réfléchir, à vous et vous seul(e)(s), et pas au dernier moment. Quand vous décidez de faire une sortie, vous devez déjà savoir ce que vous allez faire et ce qui est nécessaire. Pas seulement en termes de matériel, d’ailleurs. C’est aussi en termes d’organisation qu’il est important de se préparer.

 

 

Le matériel

Vous devez être sûr en permanence du bon fonctionnement de vos boîtiers, objectifs et accessoires. Sinon, vous risquez fort de faire de mauvaises photos, voire pas de photo du tout !

Vous devez choisir dans votre matériel celui qui est adapté à votre pratique du jour et rien de plus. À l’exception, peut-être, d’un objectif « généraliste » aussi peu encombrant que possible et qui saura se faire oublier dans votre sac-photo. Pour le cas d’imprévu. Mais ce n’est en rien obligatoire !

 

 

L’organisation

De la même manière qu’on ne part pas à 12h photographier le lever de soleil de la journée, on ne fait pas non plus n’importe quoi n’importe quand. Pour les levers de soleil, il est important d’avoir au préalable repéré le lieu le plus favorable en fonction de ce que l’on désire faire (le décor a son importance !). Il est aussi important d’avoir consulté et suivi plusieurs jours à l’avance les prévisions météo : indispensable pour vous comme pour le matériel, ainsi, vous pouvez vous organiser en conséquence.

Bref, chaque situation nécessitera une organisation particulière, mais c’est « le prix » à payer pour mettre toutes les chances de votre côté et obtenir une photo bien meilleure qu’elle serait si elle était prise « à l’arrache ». C’est vrai dans la plupart des cas, même si l’on n’écarte pas a priori le « coup de chance », aussi rare qu’improbable. N’oubliez pas non plus qu’un coup de chance ne peut pas améliorer la qualité moyenne de vos photos.

Le déclenchement

Certains photographes, tel Lucky Luke, « tirent plus vite que leur ombre ». Est-ce bien nécessaire ? La question mérite d’être posée. Si vous avez tout soigné en amont, il serait malvenu de ne pas soigner aussi la prise de vue elle-même !

Êtes-vous bien sûr(e) que l’angle choisi est le bon ? Qu’il n’en existe pas de meilleur (même s’il faut pour cela se contraindre un peu) ? Êtes-vous sûr(e) d’avoir attendu le bon moment avant de presser sur le déclencheur ? Êtes-vous convaincu qu’une rafale de 20 photos vous assure de tenir LA bonne photo ?

Encore une fois, nous ne pourrions pas vous donner une solution unique à toutes les prises de vue. Mais il existe toutefois des précautions qui valent dans tous les cas de figure : une pression trop brusque sur le déclencheur pourra entraîner un flou de bougé nuisible à la qualité du résultat. Il en va de même si vous n’êtes pas bien stable au moment de déclencher. Idem si vous n’avez pas adopté les bons réglages : ouverture et vitesse d’obturation adaptées au sujet et à la situation. C’est cette somme de ce que d’aucuns considèrent comme des « détails » qui fera la différence entre une bonne photo et une photo imparfaite.

Nous vous l’accordons : ce n’est pas toujours facile et on peut se tromper. Alors il est bon de se remettre en question aussitôt : le numérique est alors une bénédiction puisque, pour pas cher, il permet de refaire la prise de vue. Pas toujours, mais parfois !

 

 

 

Après la prise de vue

Après la prise de vue, c’est le moment de post-traiter vos images. Si vous voulez vraiment les améliorer, vous shootez en format RAW, vous ne vous contentez pas du format JPEG qu’offrent tous les boîtiers, mais avec des fortunes diverses.

Le post-traitement est aujourd’hui un élément clé de la qualité générale des images. Encore une fois, si vous avez tout négligé avant, inutile d’espérer faire des miracles. Vous pourrez peut-être parvenir à un résultat regardable, mais sans commune mesure avec ce que vous pouvez obtenir en prenant du soin sur l’ensemble du processus.

 

 

Quel logiciel de post-traitement ?

Il en existe de très nombreux, plus ou moins complets, donc plus ou moins complexes, plus ou moins performants, plus ou moins conviviaux.

Dans cet article, nous nous limiterons à un conseil : choisissez celui qui VOUS convient, en fonction de vos goûts, de votre adaptabilité, de votre capacité à progresser dans le traitement des images et rassurez-vous : il serait bien étonnant que, parmi les meilleurs, vous arriviez aux limites d’un seul d’entre eux !

 

 

Un logiciel payant ou gratuit ?

La question n’a pas vraiment de sens : le bon logiciel est celui que vous maîtrisez et qui permet de faire ce que vous souhaitez faire.

Les gratuits ne sont pas toujours mis à jour par leurs auteurs. Cela peut devenir handicapant au bout de plusieurs années (non-reconnaissance de boîtiers, d’objectifs, problèmes de performances,…). Mais certains d’entre eux n’ont pas grand-chose à envier à certains payants…

Les payants, eux, ont l’avantage d’être régulièrement mis à jour, mais bien sûr il faut bien souvent remettre la main à la poche, et parfois très profondément !

À vous de voir ce que vous préférez !

 

 

Comment l’utiliser ?

Votre choix fait, ne changez pas, du moins avant plusieurs mois ou plusieurs années : un logiciel, quel qu’il soit, demande à être maîtrisé le plus possible pour en tirer le maximum. Et pour le maîtriser, il faut l’utiliser, le plus souvent possible, et longtemps.

Certains ne font pas tout le travail de post-traitement : le cas échéant, complétez-les avec quelques utilitaires gratuits dont regorge la logithèque sur Internet. Mieux vous le connaîtrez, mieux vous en tirerez la quintessence, au profit de vos images.

 

 

Quelles améliorations par le post-traitement ?

Toutes les fonctionnalités des logiciels peuvent vous aider à améliorer vos images. Mais aucune de fera de miracle, nous ne le dirons jamais assez.

Toutefois, en jouant avec adresse et doigté sur les curseurs de lumière, contraste, netteté, en recadrant judicieusement, en éliminant ce que vous auriez oublié d’éliminer à la prise de vue (ce qui est quand même préférable), vos photos devraient singulièrement s’améliorer.

Certains pensent que le post-traitement ne devrait pas exister, qu’il permet juste de pallier les carences du photographe ou de travestir la réalité. On peut en effet raisonner ainsi. Mais on peut aussi mesurer, après traitement, ce qu’il aurait fallu faire avant, à la prise de vue. Cela permet donc aussi de remettre en cause sa façon de photographier et, partant, de l’améliorer.

Image brute du RAW (juste redimensionnée)

Image brute du RAW (juste redimensionnée)

 

Image traitée. Les imperfections de la prise de vue subsistent !

Image traitée. Les imperfections de la prise de vue subsistent !

 

Soumettre ses images à la critique

Nous avons évoqué plus haut les clubs photo, où les membres peuvent soumettre leurs images à la critique. C’est effectivement un bon moyen de découvrir ses erreurs, quand la critique est bienveillante tout en étant objective. Malheureusement, il arrive aussi que ces séances de critiques soient l’occasion de disserter sur les mérites de telle ou telle marque, plus encore que sur la qualité des images produites. Fuyez les personnes qui se comportent ainsi. Les sectaires ne vous apporteront rien en termes d’amélioration d’images, bien au contraire ! Les dogmatiques non plus. Ainsi il nous revient une anecdote où un « spécialiste » autoproclamé de la macro prétendait qu’il était impossible (en proxy photo) de photographier un insecte avec un objectif de courte focale (par exemple un 35mm macro). Selon ce « spécialiste », l’insecte avait toutes les chances (plus une) de s’enfuir avant le déclenchement. Internet regorge pourtant d’images réalisées dans ces conditions. Nous n’irons pas jusqu’à dire qu’il était complètement dans l’erreur. Nous dirons plus simplement que « ça dépend des circonstances » !

Et ce qui est vrai dans certains clubs photo l’est aussi sur quelques forums où, en plus, l’anonymat aide certains à se laisser emporter dans l’outrance. Prudence, donc !

Lorsque quelqu’un vous donne son avis, acceptez-le, mais avec un esprit critique. Remettez cet avis dans son contexte et comparez avec le contexte de votre prise de vue avant d’en accepter l’entière vérité !

 

 

Améliorer ses images est possible !

Et c’est heureux ! Mais, vous l’avez constaté, l’amélioration passe par différentes étapes, plus ou moins indispensables selon les photographes, mais toujours utiles. C’est une somme de petits détails qui peuvent paraître insignifiants ; cependant, au bout du compte, ils peuvent vous permettre de produire de meilleures images que vous aurez plaisir à montrer et qui vous apporteront des compliments sans doute mérités. Alors, pas d’hésitation : foncez !