La problématique des courroies, sangles et autres attaches, ou « comment porter son appareil photo ? »

Voilà un problème auquel chaque photographe a essayé de trouver une solution, sans jamais y parvenir définitivement. Car il n’y a pas de solution définitive, unique pour tout le monde, même pas de solution unique pour un photographe durant sa vie de photographe. Il y a des solutions, de plus en plus variées, et ce sont elles que nous allons explorer, pour le plus grand bonheur de chacun.

Quels sont les problèmes à résoudre ? Il se réduisent à un problème central : celui des vertèbres cervicales endommagées par les courroies de cou raides ou par le portage asymétrique prolongé.

 

Les solutions

Elles sont multiples et aucune n’est la solution miracle.

 

Les courroies de cou

Elles ont évolué, utilisant désormais couramment le néoprène des combinaisons de plongée élastique et «mou» qui amortit les tractions de l’appareil accroché au cou. La découpe de la courroie, avec des arrondis anatomiques, une largeur augmentée au milieu de la courroie, là ou la traction s’exerce exactement sur les vertèbres cervicales, augmente les apports de la matière. L’impression de poids est diminuée et la fatigue cervicale arrive nettement plus tard). Le néoprène a toutefois un défaut. En été, il tient vite chaud et provoque la sudation. De nombreuses marques proposent désormais de telles courroies. Soyez prudents on trouve de tout parmi les courroies ou sangles de cou, le meilleur comme le pire.

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Les sangles sling

Elles se portent en bandoulière, l’appareil est maintenu à hauteur de la hanche par une fixation vissée sur le filetage de pied sous la semelle. L’appareil est donc porté la tête en bas et peut coulisser pour être porté à hauteur de l’œil. Très bien adapté au portage d’un boitier moyen monté d’un objectif moyen également, il peut convenir également au portage d’un gros télé, la courroie étant fixée sur le collier de l’objectif. Ce système fait de plus en plus d’adeptes, il convient bien à la pratique de la street (voir une variante photo 2). Vient de sortir un variante avec un coussin d’air au niveau de l’épaule. On peut en porter 2, croisées, ce qui nécessite une gestuelle plus fine et plus attentive de la manipulation du boitier monté sur la bandoulière placée en dessous.

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Sling Joby- pub montrant les 3 positions

 

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Sling OpTech – La partie épaule est commune avec les courroies de cou. Ici modèle Pro

Le portage sur les bretelles d’un sac à dos

Il consiste à équiper le boitier de courtes courroies encliquetables sur des mousquetons fixées aux anneaux avant des bretelles du sac (D rings). Ce sac peut être photographique ou pas. Au passage il convient de montrer d’un doigt réprobateur les marques qui se permettent de ne pas équiper leurs sacs photo de ces anneaux, alors que Eastpack en dote tous ses sacs. Ce système permet de répartir le poids sur les épaules et non sur les cervicales. Attention toutefois au poids total. Si le sac est déjà lourd, l’appareil va encore «charger la barque» et c’est aux épaules que l’on aura mal. Ce système est particulièrement adapté à la déambulation et à la randonnée. Défaut : il n’est pas bien adapté au cadrage vertical à cause des courroies assez courtes qui lient l’appareil aux bretelles. Si elles sont assez longues pour le cadrage horizontal, l’une d’entre elles peut être trop courte en cas de cadrage vertical. Ce réglage demande quelques essais avant de passer à l’action. Il n’est pas bien adapté non plus au changement d’objectif à la volée, car il exige de décrocher l’appareil et de poser le sac ou de le faire pivoter. Mais il permet aussi le portage sur une seule courroie, si vous faites confiance à sa fixation.

Accrochage sur bretelles de sac ou courroie de cou, grâce à l'universalité des clips

Accrochage sur bretelles de sac ou courroie de cou, grâce à l’universalité des clips

 

Le harnais

C’est probablement le portage le plus anatomique et donc le moins dangereux pour le squelette. Il est parfaitement adapté à la randonnée et au trekking. Il a 2 défauts, il est contraignant vis à vis des vêtements, assez long à mettre en place et à enlever. Comme tout harnais, il nécessite de se harnacher. Enfin, il est peu glamour. Charmeurs, s’abstenir au dessous de 2500-3000m d’altitude.

Harnais avec 2 ports façon sling. Belle photo publicitaire, mais peu réaliste

Harnais avec 2 ports façon sling. Belle photo publicitaire, mais peu réaliste

 

Le gilet

Multipoche (entre 15 et 30 !), il permet de porter son matériel sur soi. Le(s) boitier(s) se porte(nt) autour du cou ou à l’épaule, où des anneaux de tissus l’empêchent de glisser. 3 ou 4 objectifs se logent dans diverses poches avant, une poche à rabat transparent loge la carte de presse, il donne une silhouette de baroudeur. Très tendance dans les années 80-90, ce mode de portage à quasiment disparu. Quelques modèles, assez peu sophistiqués se voient encore dans certaines boutiques et foires photo. Encore catalogué sur internet.
Défaut : quand il est chargé, comme indiqué ci-dessus, il est lourd et tire rapidement sur le cou s’il n’est pas parfaitement coupé, ce qui est assez rare.

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Gilet Lowepro – Non testé, mais à l’air bien taillé. 79 €

La poignée

Ce système, qui est devenu courant depuis quelques temps, assure un anneau sur le côté droit du boitier et permet d’assurer la prise par la poignée sans risque de lâcher le boitier. La crispation de la main droite disparait, en tous cas apparaît beaucoup plus tard. Et le portage de longue durée, même avec un volumineux télé ou gros zoom se fait sans l’ombre de début de tendinite du coude. Cette solution permet une disponibilité totale de l’appareil. Mais il signifie un seul objectif, sauf à avoir un sac avec le reste du matériel.

Pentax vient de sortir une très belle et surtout très commode poignée, compatible avec un boitier avec ou sans grip. Son montage est très simple et la modification du réglage sans grip/avec grip prend quelques minutes. Cette poignée possède deux points de fixation de courroie. Elle permet donc l’installation simultanée de fixations d’accrochage sur courroie ou sur sac, façon LX avec poignée.

Poignée Pentax montée sur un boitier sans grip

Poignée Pentax montée sur un boitier sans grip

 

La ceinture

Citée ici pour mémoire car elle nous semble présenter au moins 2 défauts graves : le premier est d’exiger une mise en place très attentive faute de quoi le risque d’un accrochage mal fait et d’une chute de l’appareil semble important. Le risque de décrochage par un choc est également présent ; le second est la probabilité sérieuse de frottement de l’appareil contre une partie du pantalon, là où se trouvent généralement pas mal de coutures, et, sur les jeans, des clous (!). Limité à un boitier petit, équipé d’un objectif pas trop gros. A mes yeux une mauvaise bonne idée qui fleure bon la planche à dessin, sauf à vouloir ressembler à Lucky Luke. Dernier défaut : le prix

 

Conclusion

Il n’y a pas de bon et de mauvais moyen de portage. Le meilleur est celui qui vous satisfait, qui convient à votre pratique photographique. Vous pouvez très bien avoir des pratiques photographiques variées et des moyens de portage différents selon ces pratiques, tout comme vous adaptez vos objectifs à ces pratiques.

Aucune de ces solutions n’est vraiment adaptée aux gros objectifs, à cause de leur poids et du porte à faux qu’ils induisent. Le portage par le boitier d’un objectif de plus d’un kilo est dangereux pour le boitier, au niveau de la baïonnette ou des anneaux de fixation de la courroie. Le portage de tels ensembles objectif/télé doit se faire par l’objectif, ou par le pied posé sur l’épaule, si l’ensemble est fixé sur un pied (par l’objectif bien entendu).

Détails importants auxquels il convient de prêter une attention vigilante :

  • le côté pratique de la conception: gestes d’utilisation au portage et à la PdV, placement sur le corps, présence de corps durs sur les vêtements à cet emplacement (risques de rayures), accessibilité des pièces de fixation.
  • la solidité et la fiabilité des accessoires de fixation (D rings-anneaux, snap hooks- mousquetons, clips) Je conseille de préférer les pièces de la marque US Duraflex, pour leur qualité, leur compatibilité, leur durabilité.
  • la solidité des matériaux textiles, leur rigidité et leur rugosité pouvant fortement dégrader les vêtements (comme le cordura). ils ne doivent pas être trop mous non plus.
  • la qualité des coutures
  • la compatibilité avec d’autres systèmes
  • Attention, les prix peuvent être très variables, dans une proportion de 1 à 8. Gardez en tête les conseils précédents, essayer de voir réellement les produits avant de les acheter, surtout sur le net.

 

Les marques

Marquecourroiesslingharnaisfixation sur bretelles sacceinturepoignéefourchette de prix
B-GripOUIOUIOUI27 - 89 €
Black RapidOUIOUI43 -129 €
JobyOUI40 - 60€
Op TechOUIOUIOUIOUI12 - 37 €
PeakOUIOUI18 - 59 €
SpiderOUI108 - 219 €
Sun SniperOUIOUI14 - 129 €
Tamrac OUI22 €
TrekkingOUIOUI19 - 59 €

Marques et prix relevés sur DP, l’offre la plus large du marché dans un seule enseigne.

On trouve tous ces produits chez tous les fournisseurs physiques ou du net. Les marques y abondent, connues ou moins connues. Nous ne les avons pas toutes citées ici.

Il convient de signaler particulièrement la marque OP TECH, qui produit des articles de quasiment tous les types, propose des produits pratiquement sans pièces métalliques, toujours agressives avec le matériel photo. Elle est la seule dont les produits présentent une intercompatibilité très étendue. Ainsi, j’ai pu combiner des courroies prévues pour du 6×6 datant d’il y a 20 ans avec d’autres très récentes, les clips se sont avérés compatibles et très surs. Tous ses produits sont d’une qualité optimale, garantis made in USA.