Rude tâche, a priori, que de choisir un appareil photo si l’on considère l’offre présente sur le marché en 2016 ! Rude, oui, mais avec un peu de méthode et, surtout, de bon sens, il est tout à fait possible de résoudre ce que d’aucuns considèrent comme « la quadrature du cercle ».

Avant de choisir, il est indispensable de se poser un certain nombre de questions. La réflexion pourra prendre un certain temps. Aussi, la première recommandation est de ne pas se presser. Décider trop vite et sans réflexion est la meilleure façon de regretter, à brève échéance, son achat.

Une autre façon de regretter est de faire aveuglément confiance aux conseils prodigués par des personnes censées être « des professionnels » ou des « amateurs éclairés ». Nous disons bien « aveuglément », parce qu’il ne s’agit pas, bien sûr, de ne pas prendre en compte leur avis.

Mais il est extrêmement recommandé d’examiner de très près les avis exprimés. Pour ce faire, il ne faut pas hésiter à les confronter à des contre-exemples.

 

 

Les questions à se poser

Elles sont nombreuses, variées, mais pas obligatoirement applicables à tout le monde. Du moins pour certaines ! Il est évident que cela dépend de votre degré de connaissance de la technique photographique et… de vos talents « artistiques ». Nous en avons retenu six qui nous ont paru les plus importantes, mais on pourrait en trouver des dizaines !

 

 

Question 1 : Quelles photos voulez-vous faire ?

Elle est évidente dans sa formulation, moins dans la réponse à lui apporter, mais c’est LA question primordiale.

« Tous styles de photos » sera probablement la réponse la plus fréquente, et c’est compréhensible. Personne, ou presque, ne souhaite, dès le départ, se limiter à un type de photos et un seul. Tout le monde veut pouvoir, avec son appareil, photographier ses proches, un objet, un paysage, un insecte, un animal – sauvage ou pas – bref, le monde qui nous entoure. Quoi de plus normal ?

Oui, mais voilà : cette réponse ne permet pas de définir un seul type d’appareil photo. Plusieurs d’entre eux permettent de faire ces photos, certains mieux que d’autres, sans doute. Et encore faudrait-il affiner chaque type de photos pour parvenir à un embryon de réponse admissible.

Malgré tout, cette question est obligatoire parce qu’elle vous obligera quasiment à hiérarchiser les types de photos souhaités. Vous allez-en privilégier certains au détriment d’autres, et, ainsi vous aurez une première approximation dans votre démarche de choix.

 

 

Question 2 : Êtes-vous intéressé par les aspects techniques de la photographie ?

Vous imaginez probablement ce que cache cette question : devez-vous choisir un appareil entièrement automatique (la technique ne vous intéresse pas), ou bien un appareil pouvant laisser à l’utilisateur une certaine latitude (dans ce cas, vous êtes prêt à investir un peu de temps dans l’apprentissage de la technique) ?

L’importance de la question n’est pas négligeable : si vous vous positionnez dans la deuxième situation, et que vous êtes débutant en photo, il faudra réellement faire l’effort de l’apprentissage. Sinon, vous irez au-devant de déconvenues qui risquent de vous détourner, et pour longtemps, de l’envie de faire des photos.

 

 

Question 3 : Connaissez-vous les différences entre les capteurs ?

Peu de candidats photographes, autres que les connaisseurs, s’intéressent à cet aspect du choix. Pourtant, choisir un APN muni de tel ou tel capteur peut radicalement changer les choses. PentaxKlub a déjà publié plusieurs articles évoquant ce sujet. Nous vous invitons à vous y reporter si vos connaissances en la matière le nécessitent.

En résumé : la dimension du capteur va largement conditionner ce que vous pourrez faire de vos photos.

S’il s’agit d’images à simplement communiquer sur les réseaux sociaux ou par SMS à ses amis, il n’est pas nécessaire de disposer d’un capteur de grande dimension. Et ceci, d’autant moins que plus le capteur est grand et comporte un grand nombre de photosites, plus le fichier image sera gros, donc d’autant plus long à traiter et à transmettre.

En revanche, si vous devez « cropper » dans les photos (n’en prendre qu’une partie qui sera agrandie), si vous souhaitez les imprimer en grand format, alors un grand capteur sera un atout, car la photo supportera plus facilement l’agrandissement et elle aura une bien meilleure définition.

 

 

Question 4 : souhaitez-vous que votre appareil vous suive partout ?

Si votre réponse est « OUI », alors il faudra prendre en compte des aspects comme les dimensions et le poids, la volonté de pouvoir (ou non) de changer d’objectif. Mais attention à faire un choix judicieux car on n’achète pas (en principe) un APN comme une baguette de pain. On s’engage normalement sur une durée d’utilisation de plusieurs mois voire plusieurs années. Mieux vaut alors ne pas avoir à changer d’avis, sous peine de dépenses supplémentaires.

Si votre réponse est « NON », le choix peut être bien plus large, pour autant que vous ayez les moyens financiers de l’assumer.

 

 

Question 5 : quelle somme voulez-vous (ou pouvez-vous) consacrer à votre achat ?

Le prix est bien entendu très souvent un élément déterminant du choix. Comme en toute chose, en termes de possibilités, le « bas de gamme » est moins onéreux que le « haut de gamme », même si les choses sont à tempérer.

Dès lors, choisir un bas de gamme vous conduira sans doute rapidement à en percevoir les limites. Pour autant, des possibilités limitées peuvent sous suffire et ce choix vous appartient !

Choisir un haut de gamme n’est pas forcément non plus judicieux dans certains cas. Par exemple, si vous ne disposez pas de temps suffisant pour vous adonner à la pratique photo. Acheter un appareil très haut de gamme et ne « shooter » que quelques dizaines de photos par an nous semble peu rationnel.

Autre exemple : vous souhaitez que votre APN vous offre des possibilités vastes et de haut niveau, mais vous ne souhaitez pas faire d’effort d’apprentissage. Selon nous, c’est l’attitude typique à bannir. En effet, ce n’est qu’en apprenant le fonctionnement et les subtilités de votre APN que vous en tirerez le meilleur. C’est vrai de toute manière pour tous les appareils : il faut les connaître parfaitement pour en tirer « la quintessence ». Mais c’est encore plus vrai pour les appareils de haut niveau de performances… et de prix. On n’achète pas (par exemple) une Ferrari juste pour faire quelques petits trajets sur des routes de campagne. Ou alors, cela dénote un « ego » aussi surdimensionné que les possibilités du véhicule au regard du besoin.

 

 

Question 6 : Vous êtes nostalgique de l’argentique et vous ne voulez qu’un appareil « à pellicules ».

Clairement, vous faites partie alors d’une infime minorité. Mais c’est évidemment respectable. Dans cette situation, choisir un appareil sur le marché du neuf ne sera pas très difficile tellement l’offre est restreinte. Ne croyez pas pour autant faire des économies à l’achat ! Du moins pas dans tous les cas.

Un Nikon F6, par exemple, est nettement plus cher (2400€ environ) qu’un Pentax K-1. C’est un boîtier reflex déjà ancien, plutôt destiné aux professionnels. Nikon produit aussi, pour le monde amateur, un FM10. Vous aurez probablement le plus grand mal à les trouver en boutique. Il existe aussi, chez Leica, la célèbre série « M » (MP, M-A, M7). Leurs possibilités semblent « d’un autre temps » (obturateur au 1/1000s seulement avec synchroflash au 1/50s), leur robustesse est légendaire, comme leur prix (plus de 4000€).

Bien sûr, ces « tarifs » ne comprennent pas le prix du ou des objectifs.

Si vous aimez vraiment l’argentique, le marché de l’occasion vous tend les bras. Les sites de vente entre particuliers regorgent d’appareils de ce type, souvent très bon marché, et, si vous en dénichez en très bon état (ce qui n’est pas rare), alors pourquoi pas ? D’autant qu’on trouve aussi des objectifs de l’époque argentique à très bas prix. Il n’est pas rare de voir des ensembles boîtier+objectif zoom de base à moins de 50€. Un conseil, soyez intransigeant sur l’état de ces appareils : certains éléments (joints, mousse,…) ont notamment une fâcheuse tendance à mal vieillir.

 

 

À l’heure de choisir

Pour ce qui est de la question 6, les suggestions de choix vous sont données ci-avant. Mais que répondre aux autres questions ?

 

 

Pour une pratique occasionnelle et non spécialisée

Un APN compact ?

Il y a quelques années, les photographes occasionnels étaient sans aucun doute les acheteurs d’appareils dits « compacts ». Et il ne fait pas de doute que ces appareils étaient très compacts, pas seulement par leurs dimensions. Ils étaient munis d’un tout petit capteur qui ne permettait pas les agrandissements (ou les impressions) au-delà du format A4… et parfois moins ! Leurs fonctionnalités étaient limitées, surtout en entrée de gamme. L’évolution des besoins et le progrès ont conduit les fabricants à construire des appareils plus perfectionnés. C’est ainsi que souvent leurs objectifs fixes ont été remplacés par des zooms à l’amplitude parfois déraisonnable : les images produites étaient d’une qualité, disons… très moyenne !

Il ne reste plus aujourd’hui de cette époque que quelques rares appareils, dont les performances, cependant, n’ont plus rien à voir avec celles de leurs prédécesseurs.

 

Et pourquoi pas un smartphone ?
Smartphone de marque Samsung

Smartphone de marque Samsung

 

Le « défaut » des compacts performants de 2016, c’est moins leur encombrement que leur prix. Bien souvent, celui-ci se situe au niveau de reflex d’entrée de gamme et même de gamme moyenne ! Et c’est la raison pour laquelle on leur préfère souvent les smartphones.

Quoi de mieux, en effet, que de trouver sous une même coque, extra-plate, légère, peu encombrante, un téléphone, un appareil photo, un scanner, une caméra, une télécommande, un assistant personnel, un micro-ordinateur, un lecteur de musique, entre autres fonctionnalités ? Un smartphone, c’est tout cela à la fois, pour un prix souvent dérisoire au regard de ses possibilités. Et il vous suivra partout. De plus, il n’est plus rare, désormais, de voir sur ces appareils, des capteurs de plus de 12 mégapixels. N’oubliez cependant pas que certains types de photo vous seront interdits : l’animalier dans la nature, la macro en fort grossissement, par exemple.

De plus, inutile de penser à imprimer vos images en grand format : dans la plupart des cas, vous devrez vous limiter au format A5. Les images que l’on voit parfois sur des façades d’immeubles, agrandies en 2x3m voire plus et prises avec un smartphone ne doivent pas vous tromper. Elles sont le résultat d’une prise de vue irréprochable, mais aussi, et surtout, d’un énorme travail en post-traitement et en impression, hors de portée de l’amateur moyen.

Pour ce qui est du portrait, évitez les trop faibles distances de mise au point : les déformations du nez, des oreilles risquent fort de fâcher vos modèles ! Sachez aussi qu’en l’absence de zoom optique (vous ne disposez que d’un zoom numérique), la qualité d’une image trop « zoomée » pourrait bien décevoir les plus exigeants.

 

Pour une pratique photo assidue

Cette pratique suppose quelques prérequis et, surtout, le temps que l’on peut lui consacrer. On n’est plus dans l’usage occasionnel de l’appareil photo, mais dans un usage régulier. Si vous ne souhaitez pas jongler avec plusieurs objectifs, mais que vous voulez pouvoir « toucher » à tout, choisir ne sera pas facile !

 

Le bridge
Pentax XG1 (Source : Ricoh Imaging)

Pentax XG1 (Source: Ricoh Imaging)

Il y a encore peu, disons 2 ou 3 ans, le conseil aurait été d’investir dans un bridge, mais un bridge de qualité. Doté d’un très bon objectif à l’amplitude limitée. Ce genre d’appareil autorise toutes sortes de vues, même en animalier de nature, si les conditions de luminosité sont bonnes. Pour cela, il ne faut tout de même pas se tourner, à notre avis, vers ceux qui offrent les plus longues focales (jusqu’à 1200mm !!!) dont la qualité est alors fortement dégradée. Sans compter qu’à ces focales, il devient extrêmement difficile de prendre des photos sans flou de bougé. On ne peut pas s’improviser photographe animalier : cela nécessite beaucoup d’entraînement, donc du savoir-faire et mieux vaut, en pareil cas, utiliser le matériel approprié.

 

Un compact
Ricoh GR II (Source : Ricoh Imaging)

Ricoh GR II (Source: Ricoh Imaging)

 

Si vous excluez la photo en longues focales, alors un choix conséquent peut s’offrir à vous. Vous pouvez très bien choisir un compact à objectif fixe dans le genre du Ricoh GR II, qui délivre des images de très grande qualité. Toutefois, vous devrez, bien souvent, « zoomer avec les pieds » pour obtenir le bon cadrage. Mais c’est le choix de la qualité, sans l’encombrement. Avec lui, évitez les portraits trop serrés : vos modèles vous en seront reconnaissants !

 

 

Un hybride
Pentax QS1 (Source : Ricoh Imaging)

Pentax QS1 (Source: Ricoh Imaging)

 

Les APN hybrides ont le vent en poupe. Leurs avantages ? Un format peu encombrant (du moins sans objectif ou avec un objectif fixe), la possibilité de changer d’objectif, la porte ouverte à tous types de photo.

La gamme Ricoh/Pentax est pour le moment très en retard sur ce créneau. Mais d’autres marques s’y sont lancées depuis plusieurs années (Fuji, Panasonic, Sony, par exemple) et force est de reconnaître qu’elles proposent des modèles prometteurs et, surtout, performants. Nous laisserons à chacun le soin de choisir parmi ceux qui paraissent être les meilleurs.

Sagement, nous attendrons que Ricoh se lance à son tour sur ce marché qui représente probablement un avenir de l’APN. Et de plus, ne passons pas sous silence le prix de certains des modèles qui peut atteindre, et même dépasser, le prix d’un bon reflex APS-C. Certains sont même au niveau de prix du K-1, reflex plein format de Pentax !

Pour une pratique photo passionnée

Un reflex et rien d’autre !

Le photographe passionné est aussi, le plus souvent, un photographe exigeant. Pas obligatoirement professionnel, mais exigeant dans tous les domaines : performances, facilité d’utilisation, prix, évolutivité, gamme d’objectifs, avec, parfois, des exigences contradictoires. La vaste (pour le moment) gamme des reflex lui est prioritairement destinée. Pourquoi ? Tout simplement parce que c’est celle qui, si l’on ne vise pas trop bas (au point de vue gamme, bien sûr !) lui permettra de peaufiner ses réglages pour obtenir à chaque déclenchement, ou presque, la photo qu’il souhaite.

 

 

Pourquoi ?

Le photographe passionné pourra ainsi intervenir efficacement sur l’essentiel : l’ouverture, la focale, la vitesse d’obturation, la sensibilité. Oui, mais pas seulement : il veut aussi pouvoir influer sur le rendu des images, sur l’éclairage, la lumière en général. Tout ceci peut parfois être obtenu avec d’autres types d’APN, mais pas toujours. Alors que c’est évidemment possible avec un reflex de bonne gamme.

Bien sûr, on ne conseillera pas les appareils d’entrée de gamme qui, trop souvent, s’en remettent à des automatismes et à des programmes « résultats ». Certes ceux-ci sont utiles aux débutants ! Mais on sait bien que le passionné ne restera pas très longtemps un débutant. Et, en s’aguerrissant, en se perfectionnant, il explorera les modes manuels qui font tout le sel de la photographie. C’est alors qu’il tirera les meilleures satisfactions de sa pratique photo.

On oublie alors toutes les autres catégories d’APN… sauf une : les hybrides. Malgré l’inconfort (relatif et qui va s’amenuisant) de leur visée en l’absence de miroir, les hybrides sont probablement une solution d’avenir.

Quel type de reflex ?
Pentax K-70 (Source : Ricoh Imaging)

Pentax K-70 (Source: Ricoh Imaging)

 

Le "plein format" de Pentax : le K-1

Le « plein format » de Pentax : le K-1

 

Pour l’heure, les reflex « classiques » constituent le meilleur choix du photographe passionné par la liberté qu’ils offrent : choix des capteurs, choix des objectifs, variété des accessoires, notamment.

Nous ne referons pas ici l’étude déjà faite mille fois sur l’opportunité de choisir un capteur APS-C ou un capteur plein format. Nous nous renvoyons, sur ce point, aux articles déjà publiés par PentaxKlub ou par d’autres sites et magazines. Vous y trouverez tout ce qu’il faut savoir pour prendre votre décision, les avantages et les inconvénients de l’un et l’autre de ces formats.

 

 

Et le moyen format ?
Pentax 645Z (Source : Ricoh Imaging)

Pentax 645Z (Source: Ricoh Imaging)

Le reflex est, clairement, le type d’APN qui correspond le mieux au photographe passionné. Cependant, s’il est assez fortuné, que le poids et l’encombrement ne le rebutent pas, le passionné peut aussi choisir un APN à capteur « moyen format » comme, chez Pentax, l’actuel 645Z (qui aura sans doute un ou plusieurs successeurs). Évidemment, ce sera moins facile au cours d’une randonnée ou d’un safari – et c’est un euphémisme –, mais ce n’est en aucun cas impossible. Les goûts et les possibilités de chacun varient beaucoup d’un individu à un autre !

 

Que choisir finalement ?

Le choix d’un appareil photo, nous l’avons expliqué, dépend grandement de la pratique de chacun. Il n’existe pas d’appareil universel, d’appareil idéal. Et c’est, bien entendu, une bonne chose ! Il ne serait pas agréable d’être obligé de se fondre dans un moule unique où se dissoudraient les possibilités et les désirs de chacun.

L’évolution, depuis plusieurs années, montre une baisse très importante du marché photo, mais surtout du marché des appareils spécialisés dans la photo. C’est la même baisse, d’ailleurs, dans le domaine des caméscopes. Les uns et les autres sont remplacés, pour une majorité d’utilisateurs, par des appareils polyvalents, les smartphones qui permettent tout à la fois de photographier et de filmer. Nul ne peut dire jusqu’où ira cette évolution. Mais il ne fait pas de doute que, pour subsister, les fabricants d’appareils photo devront innover : la course aux mégapixels ne peut pas être une solution unique. On le voit bien dans le monde des reflex : les modèles professionnels dépassent rarement les 20 mégapixels quand les modèles « amateurs » les plus évolués atteignent 50 mégapixels. Reste le moyen format, qui, s’il était miniaturisé et/ou hybridé, pourrait bien mettre tout le monde d’accord.