Hormis pour ce qui concerne les boîtiers de haut de gamme (la plupart à capteur FF), une grande majorité de boîtiers reflex APS-C est dotée d’un flash intégré. Si les constructeurs agissent ainsi, c’est probablement que ce flash intégré présente une certaine utilité. Pourtant, ce type de flash est très souvent décrié. Pourquoi ? Nous allons tenter de faire un « état des lieux ».

 

 

Caractéristiques des flashes

Que ce soit pour le flash intégré ou pour un flash additionnel, les principes restent les mêmes.

 

 

Le nombre guide (NG)

Ce qui caractérise avant tout un flash, c’est son nombre guide. Pour autant, n’oublions pas que ce nombre guide n’est qu’un élément parmi d’autres pour apprécier la qualité d’un flash.

Sans refaire l’historique des puissances électriques et des calculs que l’on peut en tirer, rappelons que le nombre guide, fournit par le constructeur du flash, sert à 2 choses essentiellement :

  • La première (mais c’est tout relatif), c’est qu’il exprime la puissance du flash. Ainsi un flash de nombre guide 12 a une puissance supérieure à un flash de nombre guide 8.
  • La deuxième utilité du nombre guide est de permettre de déterminer quelle ouverture doit être choisie sur l’objectif pour une exposition correcte du sujet à la distance à laquelle il se trouve.

Le chiffre donné par les constructeurs correspond à une utilisation à pleine puissance du flash pour couvrir un champ correspondant à une certaine focale et pour une sensibilité donnée.

On sait que la distance maximale théorique du sujet (correspondant à la portée utile du flash) s’obtient au moyen de la formule suivante :

D (distance) = NG (nombre guide du flash) / F (ouverture utilisée sur l’objectif)

Par exemple, pour un flash de nombre guide 36 utilisé avec un objectif de focale 105mm (champ couvert généralement par les flashes) ouvert à f/9, la distance maximale du sujet doit être de 36/9 = 4m. Si, à l’inverse, on utilise une ouverture de f/4 avec ce même flash utilisé à pleine puissance, la distance du sujet doit alors être au maximum de 36/4 = 9m. Ceci n’est vrai, bien entendu, que pour la sensibilité « nominale » du flash.

 

 

Les limites du nombre guide

C’est là que l’utilisateur doit être vigilant ! Pourquoi ? C’est très simple. En effet, si le plus souvent, la puissance du flash (le nombre guide) est fournie pour une sensibilité de 100 ISO, il peut arriver que certains fabricants l’indiquent pour une sensibilité différente : 200 ISO, voire 400 ISO. Cela permet de « gonfler » artificiellement le nombre guide. Prudence donc, lors de l’achat de flashes séparés. En revanche, pour ce qui concerne le flash intégré, comme on n’a aucune possibilité de la changer, il faudra « faire avec » ! Même si, bien entendu, il y a toujours possibilité d’utiliser un autre flash !

Par ailleurs, le nombre guide fourni par le fabricant correspond à une utilisation moyenne, en intérieur, avez des murs ou autres surfaces réfléchissant la lumière et donc la répartissant en fonction de l’orientation du flash. Un premier rappel : le flash intégré n’est pas orientable. Inutile dès lors d’espérer faire réfléchir la lumière par le plafond ou un mur latéral : la lumière éclairera directement le sujet.

Pas de panique, toutefois : la notice de votre APN vous renseignera utilement sur les caractéristiques du flash intégré.

 

 

Caractéristiques des flashes intégrés

Nous l’avons dit : le nombre guide étant fourni par le fabricant, il pourra varier entre les marques et même au sein d’une même marque.

Quelques exemples chez Pentax (tous les NG sont indiqués pour une sensibilité de 100 ISO et correspondent à un champ équivalent à 28mm en format 35mm) :

  • pour le Pentax KP, le nombre guide est de 6
  • pour le Pentax K-70 et le K-S2 le nombre guide est de 12
  • sur le Pentax K-S1, le nombre guide est de 10
  • pour le Pentax K-3, le nombre guide est de 13

 

Rappelons que le K-1 et K-3II ne possèdent pas de flash intégré.

 

 

Utiliser le flash intégré

Les reproches que l’on fait au flash intégré

Si le flash intégré offre une puissance assez faible dans des conditions « normales », il faut bien reconnaître que son encombrement est lui-même très faible aussi. Le corollaire, c’est que le réflecteur est de petites dimensions et concentre la lumière. La conséquence ? L’éclairage d’appoint ainsi fourni n’est pas de très bonne qualité. Il provoque des ombres portées très marquées et désagréables. Utilisé en photo de portrait, cela donne un effet de « fromage blanc » (zones cramées, c’est-à-dire très surexposées), principalement si le sujet est très proche.

Bref, le flash intégré présente beaucoup d’inconvénients.

 

Pourtant, lorsqu’il est absent, certains ont tendance à se plaindre de cette absence. Serait-ce qu’il aurait une utilité ? Eh bien, disons-le tout de suite, oui, le flash intégré est parfois utile. À condition toutefois de l’utiliser en connaissant ses limites et possibilités sans chercher à les outrepasser.

 

 

Un diffuseur

Dans certaines circonstances (c’est au cas par cas, et on ne peut pas les citer tous), la montée en ISO sur le boîtier générera beaucoup de bruit sur l’image finale. Il peut être préférable de rester dans des zones de sensibilité raisonnables et d’utiliser la lumière du flash. Rien ne vous interdit de le faire avec intelligence : le flash intégré n’est pas orientable, donc son faisceau lumineux se concentre sur le sujet visé. Dans ces conditions, que vous devez savoir apprécier, mettre un diffuseur (papier calque à défaut de matériel spécialisé) devant le réflecteur peut adoucir la lumière émise et mieux la répartir sur le champ photographié. Un inconvénient toutefois de ce « truc » : cela réduit singulièrement la puissance du flash. Il faut en tenir compte pour la prise de vue.

 

 

L’effet « yeux rouges »

Cet effet se produit principalement lorsque la source de lumière « violente » est trop proche de l’axe optique et que le regard du sujet suit cet axe. Typiquement, le flash intégré émet son éclair dans cet axe optique et il n’est pas possible d’y échapper. Alors, 2 solutions s’offrent à vous :

  • activer, si elle existe sur votre APN, la fonctionnalité « anti yeux rouges », en n’oubliant pas qu’elle ne fera pas tout, surtout s’il y a plusieurs personnes dans la scène photographiée. En effet, il existe peu de chances qu’elles aient toutes le regard exactement dirigé de la même manière. Dès lors, il faudra penser à la deuxième solution :
  • post-traiter ! Beaucoup de logiciels de post-traitement offrent cette fonctionnalité. À défaut, il existe aussi des logiciels spécialisés (certains sont même gratuits).

 

 

Moduler la puissance de l’éclair

Si votre APN le permet, cela peut tout à fait constituer une bonne solution. À la condition, toutefois, d’utiliser cette fonctionnalité avec discernement. Cela veut dire que vous savez apprécier l’éclairage d’appoint dont vous avez besoin pour la prise de vue envisagée. C’est la solution « technique » là où le diffuseur constituait une solution manuelle.

 

 

Quand utiliser le flash intégré ?

Dans la photo à contrejour

Par exemple, dans un portrait en extérieur, lorsque la source lumineuse principale (le soleil) se situe derrière le sujet. Cela va poser des problèmes d’exposition. En effet, dans de telles situations, si le fond est correctement exposé, le sujet, lui, sera sous-exposé. A contrario, si le sujet est correctement exposé, le fond sera surexposé. La zone où « on fait la lumière » devrait être choisie avec soin afin de bien équilibrer l’exposition. Seule une utilisation raisonnée du flash pourra atténuer ces grosses différences de luminosité pour atteindre l’équilibre souhaité, à savoir une exposition correcte du sujet ET du fond. À défaut de mieux, le flash intégré pourra rendre ce service.

 

 

Pour déboucher des ombres

Il arrive parfois que le sujet photographié soit éclairé par une lumière latérale. En fonction de son relief, il va en résulter des ombres marquées. Bien sûr, l’utilisation de réflecteurs permettra de renvoyer une partie de la lumière vers ces parties sombres. À défaut, l’utilisation du flash intégré (à faible puissance de préférence) aboutira à un résultat comparable.

Lumière mesurée sur le fond.
- le fond est correctement exposé
- la voiture est sous-exposée
Lumière mesurée sur la voiture.
- la voiture est correctement exposée
- le fond est surexposé

 

Pour remédier aux problèmes d’exposition, un faible éclair de flash peut, dans une certaine mesure, rétablir la situation :

Faible éclair de flash. La scène est exposée de façon homogène, mais le flash a introduit une dominante plus « froide ».

 

 

Pour améliorer les couleurs

Dans des circonstances de prise de vue en lumière peu favorable, les couleurs sont souvent ternes, fades, manquant d’éclat. Bien sûr, il est possible de les ajuster en post-traitement, en tout cas dans une certaine mesure. Mais il est aussi possible d’agir dès la prise de vue, par un éclair de flash discret qui va rendre les couleurs plus chatoyantes. Rien de mieux, en pareille situation, que le flash intégré : sa faible puissance (que l’on peut parfois encore réduire dans le menu de l’APN) peut alors constituer un atout, en évitant de « cramer » les couleurs les plus claires.

 

 

Pour figer un mouvement

La brièveté de l’éclair du flash permet de figer le mouvement du sujet photographié. Mais il faut pour cela que le flash soit la source de lumière unique. Sinon, le « risque » est de voir des images fantômes montrant le déplacement du sujet. En pareil cas, il peut être utile – et créatif – de jouer sur la synchronisation du flash :

  • dans le cas d’une synchronisation « 1er rideau » de l’obturateur, on verra apparaître une traînée lumineuse DEVANT l’objet en mouvement,
  • dans le cas d’une synchronisation « 2ème rideau » de l’obturateur, on verra apparaître une traînée lumineuse DERRIÈRE l’objet en mouvement, ce qui est visuellement plus conforme à la réalité et au sens du mouvement.

L’effet sera d’autant plus visible que l’environnement et le fond seront sombres

La faible puissance de l’éclair d’un flash intégré limite toutefois les possibilités dans ce domaine.

 

 

Pour commander d’autres flashes

C’est probablement une des plus intéressantes utilisations du flash intégré. À certaines conditions, cependant :

  • la première, est qu’il soit possible de l’utiliser en tant que « flash maître »
  • la deuxième, que le ou les autres flashes soient utilisables comme « flashes esclaves ».

 

Seuls le mode d’emploi de votre APN à flash intégré et celui du ou des flashes esclaves pourront vous renseigner.

 

 

Vous comprenez tout de suite l’avantage : l’éclairage que vous allez apporter en supplément va vous permettre de « modeler » la photo. Les flashes esclaves pourront être placés et orientés à votre convenance, en fonction de l’éclairage que vous souhaitez pour votre sujet. Leur éclair sera déclenché par celui du flash intégré.

Bien entendu, vous obtiendriez exactement la même chose avec un flash adéquat monté sur la griffe porte-flash. Cela vous obligerait cependant à disposer d’un tel flash en supplément, pas obligatoirement de grande puissance.

Pour accéder à ce genre de fonctionnalité, déjà possesseur d’un flash Pentax AF540 FGZ (NG = 54), j’ai aussi acheté un « petit » flash AF 201 FG (NG = 20), qui supplée, en mieux, l’absence de flash intégré sur le K-1. En effet, sa puissance (modulable) plus importante que celle d’un flash intégré, et aussi la taille plus grande de son réflecteur, font que la lumière de l’éclair est de bien meilleure qualité.

K-3 avec son flash intégré déployé

K-3 avec son flash intégré déployé

Pentax K-3 avec flash Pentax AF 201 FG

Pentax K-3 avec flash Pentax AF 201 FG

 

La faible puissance est bien sûr un inconvénient de taille, mais qui ne suffit pas à condamner le flash intégré dont sont dotés les APN. Il faut juste l’utiliser comme source lumineuse d’appoint et ne pas lui demander ce qu’on est en droit d’attendre de « gros » flashes. À cette condition, c’est un équipement qui peut satisfaire les amateurs de photo dans bien des situations.