Dans un précédent article consacré à la préparation d’un voyage du point de vue photographique, nous avons évoqué les préparatifs généraux, administratifs ou personnels.

Le but de ce deuxième volet est d’évoquer le choix du matériel et la prise de vue.

 

Le matériel

 

Les accessoires

Une fois n’est pas coutume, nous allons commencer par citer quelques accessoires, ceux auxquels on ne pense quasiment jamais, mais qui vous rendront des services inestimables. Certains sont tellement indispensables en photo qu’on ne devrait pas les appeler « des accessoires ».

 

Un kit de nettoyage ou d’entretien

Où que l’on se situe, il est de plus en plus difficile de trouver, à proximité, des professionnels de la photo compétents qui pourront, par exemple, nettoyer un capteur sale. De nos jours, beaucoup de choses se passent sur Internet et lorsque votre revendeur photo de quartier est à plusieurs milliers de kilomètres – ou même seulement quelques centaines – il faut bien pouvoir se dépanner tout seul des petits problèmes de ce genre mais qui peuvent beaucoup énerver ! Alors n’oubliez pas de mettre dans votre sac photo la « petite trousse d’entretien qui va bien », et ajoutez, au passage quelques « cotons-tiges » qui pourront par exemple « pomper » l’eau qui se glisse parfois dans les recoins du matériel.

Vous pouvez, à cet égard, relire les articles que nous avons consacrés à l’entretien de votre matériel , que ce soit pour les boitiers ou pour les objectifs et accessoires.

Cela ne vous interdit pas, pour autant, de repérer sur votre lieu de destination, l’adresse d’un magasin de photo.

 

Une couverture de survie

Qui pense à emporter en vacances lointaines une « couverture de survie » ? Personne, sans doute ! Et pourtant elle peut vous rendre d’immenses services pour un prix dérisoire de quelques euros (un exemple, parmi d’autres, ici ). En cas d’accident, bien sûr, chose que personne ne vous souhaite, mais aussi dans le cas où vous auriez besoin d’un réflecteur pour telle ou telle prise de vue. Vous n’ignorez pas que ces « couvertures » ont une face argentée et une face dorée : selon que vous voudrez simplement refléter la lumière ou « réchauffer » la scène photographiée, vous choisirez la surface réfléchissante. Oui, je sais, il faudra trouver des supports pour la fixer et l’orienter : il faut bien vous laisser un peu d’initiative, tout de même ! De plus, cet accessoire ne pèse quasiment rien dans un sac et se range très facilement.

 

Des sources d’alimentation du boîtier

Vous savez bien qu’il ne faut pas partir dans un pays éloigné avec une seule batterie et en oubliant le chargeur chez soi !  Mais si vous avez conscience de cet état de choses, quelles mesures allez vous mettre en œuvre pour ne pas être pris au dépourvu ?

Ce que nous vous conseillons :

1 – Partez avec 2 voire 3 batteries chargées et le chargeur : dans certains pays, on ne peut pas recharger les batteries n’importe quand ; le service de l’électricité n’est pas toujours aussi constant que chez nous et parfois la durée de fourniture est limitée.

A cet égard, munissez-vous d’un adaptateur universel pour prise électrique ou, pour le moins, adapté au pays dans lequel vous vous rendez. Et soyez méthodique et prévoyant, surtout si vous savez que, lors de ce voyage, vous risquez de rester plusieurs jours éloigné d’une prise de courant. C’est d’autant plus vrai si vous utilisez des objectifs à motorisation SDM qui sont plus gourmands en énergie.

2 – N’oubliez pas, non plus, que notre marque préférée a bien prévu les choses : si vous avez acheté la poignée (le « grip ») prévue pour votre boîtier Reflex, vous savez qu’elle est généralement fournie avec un petit tiroir supplémentaire pour y insérer des piles ou accus de type LR6 (ou AA). Certes, vous ferez avec elles moins de photos qu’avec une charge de batterie, mais en cas de batteries vides, vous pourrez continuer de shooter ! Et vous savez bien que ce type d’accus (AA) peut être acheté dans tous les pays du monde ! C’est donc le moment de prendre pour ce voyage le grip et ses deux tiroirs.

 

Des cartes mémoire

Préférez emporter plusieurs cartes de capacité moyenne plutôt qu’une seule carte de forte capacité, même si votre APN l’accepte. Si elle venait à tomber en panne (illisible, par exemple) ou si elle se remplissait trop vite sans que vous y preniez garde, il n’est pas certain qu’à l’endroit où vous serez vous pourrez trouver facilement une carte neuve. De plus, si vous la perdez, vous perdez toutes vos photos. A méditer !

Et, dans ce domaine, préférez les cartes de bonne renommée et que vous connaissez : un voyage n’est pas le moment idéal pour tester une nouvelle marque « exotique » dont les performances peuvent être…aléatoires ! Fiez-vous, pour cela, aux différents articles que nous publions sur ce sujet, articles mis à jour régulièrement : nous y testons sans concession celles que nous achetons et utilisons nous-mêmes.

 

Du matériel de protection

Notre matériel Pentax a beau être le plus souvent « tropicalisé », il n’est quand même pas recommandé de l’exposer à des trombes d’eau ! La confiance, oui, mais évitons tout de même l’inconscience ! De plus, beaucoup d’accessoires et peut-être aussi certains de vos objectifs ne bénéficient pas de cette protection « tout temps ». De nombreux sacs, dans différentes marques de bon niveau (par exemple Kata, marque rachetée par Manfrotto) sont vendus avec des housses de protection.

Nous ne pouvons que vous conseiller de les ranger dans un coin de votre sac (elles prennent très peu de place et s’avèrent extrêmement légères) pour les sortir et les utiliser en cas de forte pluie ; l’intérieur de votre sac et son contenu deviendront alors plus difficilement accessibles, mais de toute manière, auriez-vous vraiment l’envie de faire des photos sous des bourrasques de vent et de pluie ?

 

Votre sac photo

Parlons-en justement ! Comme bien des photographes, vous en possédez peut-être plusieurs. Certains constituent même leur contenu en fonction de leurs différentes envies de photo et choisissent celui qui correspond à leur envie du jour.

Pour des vacances ou un voyage lointain, il faut surtout veiller à prendre un sac fonctionnel, pouvant contenir tout le matériel que vous aurez choisi d’emporter, mais surtout un sac dont vous êtes certain qu’il est en bon état et qu’il ne va pas céder en cours de trek par exemple ! Imaginez, si cela arrivait, la situation que vous auriez à gérer !

Et profitez-en pour y glisser une trousse de premiers secours digne de ce nom : elle aussi peut vous rendre de grands services si vous êtes un tant soit peu éloigné d’un centre urbain doté de personnel médical.

Si la place et le poids ne vous sont pas comptés, ou si vous disposez de « porteurs » vous pouvez très bien envisager d’emporter :

  • un trépied
  • une tablette ou un ordinateur portable

 

C’est certes un peu du « luxe » mais un trépied, s’il est suffisamment léger et peut se fixer à votre sac, peut rendre bien des services en de nombreuses circonstances. Nous ne les détaillerons pas ici.

De même, une tablette ou un petit ordinateur portable, s’ils disposent d’un lecteur de cartes mémoire intégré ou séparé, peuvent devenir fort agréables, le soir venu, que ce soit pour faire des sauvegardes de vos cartes ou pour faire un premier tri parmi vos images.

En revanche, et pour être complets, nous ne recommandons pas d’emporter votre flash : son utilisation peut s’avérer source de problèmes en raison de son manque de discrétion et de son relatif encombrement. Préférez vous en tenir aux possibilités de votre boîtier en basses lumières et ses capacités de montée dans les Iso. Mais, bien sûr, il ne s’agit là que de conseils et si vos habitudes vous font l’utiliser fréquemment, alors assumez-en le poids et ses autres inconvénients pour les mettre au service de tous les avantages que vous saurez en tirer.

 

Le boîtier

C’est important, un boîtier ! Mais est-ce le principal ? Tout dépend de ce que vous voulez faire.

L’auteur de ces lignes n’envisagerait pas de partir plusieurs jours avec un simple compact, ni même un bridge (passé de mode désormais). Un hybride, à la rigueur, à condition de posséder les objectifs adaptés : dans ce cas, cela peut être très bénéfique sur le plan de l’encombrement et du poids. Mais n’oubliez pas leurs inconvénients : absence fréquente de viseur, réglages souvent bien plus sommaires que ceux d’un reflex.

Il est bien plus logique de partir avec un reflex et les objectifs adaptés aux styles de photo que l’on pratique le plus. Ainsi, si vous ne faites jamais d’animalier et que ne comptez pas en faire pendant votre voyage, inutile de vous encombrer de votre merveilleux 300mm et a fortiori du zoom DFA 150-450mm ! Vos cervicales et votre colonne vertébrale vous en sauront gré ! Mais si vous ne faites jamais ce genre de photo, il existe de fortes chances que vous ne possédiez pas ces deux objectifs.

En revanche, si vous affectionnez particulièrement la photo de paysage et les portraits, il n’est pas question d’oublier ni votre grand angle préféré ni votre petit téléobjectif à portrait. Bien sûr, un simple zoom polyvalent et de grande amplitude pourra les remplacer : mais ce n’est que de la théorie car, vous le savez bien, malgré ses quelques avantages, vous perdrez beaucoup en qualité d’image. Or, un voyage est justement l’occasion souvent rare voire unique de rapporter de belles images que vous aurez plaisir à conserver et, le cas échéant, montrer. Alors, il est bon d’accepter de se faire un petit peu violence et de prendre des objectifs de qualité.

C’est dans ces occasions que l’on se rend compte de la difficulté à se constituer un parc d’objectifs homogène et de bonne qualité. Bien souvent, ce parc se constitue sur plusieurs années et le voyage peut aussi être l’occasion, si les finances le permettent, d’acheter l’objectif qui sera adapté à la situation. Mais nous ne sommes pas à votre place et nous ne remplacerons pas votre banquier !

Pour être concret, ceux qui font de la photo de rue et du paysage pourront emporter :

  • un objectif fixe grand angle (jusqu’à 20mm environ en APS-C, 35mm en FF)
  • ou un zoom couvrant ces focales (genre, en APS-C : 16-50mm, 18-35mm, 16-85mm, etc. – en FF : 24-70mm, 28-105)

DFA24-70_1

 

Ceux qui font du portrait peuvent opter pour un bon 50mm, un 70mm ou 77mm en APS-C (ou un zoom genre 50-135mm qui étendra les possibilités mais pour un poids nettement supérieur). En FF, les focales utiles manquent actuellement dans la gamme Pentax (sauf à utiliser d’anciens objectifs F ou FA de 85mm par exemple).

Pour tout le reste (sauf l’animalier lointain), un 50-135mm en APC-C et un 70-200mm en FF s’avèrent plutôt adaptés.

50-135mm_web

 

Chaque fois, ou quasiment, les focales fixes donneront de meilleurs résultats à focale égale, mais au prix d’un poids global parfois bien supérieur et d’une souplesse d’emploi moindre. A chacun là aussi de choisir en fonction de son parc, de ses envies… et de ses moyens !

 

Revenons au boîtier. La plupart des boîtiers reflex actuels offrent des performances suffisantes pour la majorité des prises de vue. Nous avons évoqué les choix possibles et les raisons de ces choix dans des dossiers consacrés aux APS-C  et aux FF. A vous de vous faire votre opinion en fonction de vos propres critères, qu’ils soient techniques ou financiers. Mais gardez tout de même à l’esprit que, bien souvent, ce n’est pas le boîtier (ni le matériel en général) qui fait la bonne photo, mais le photographe. Les grands photographes du passé ont laissé des images inoubliables avec des appareils bien moins performants, en théorie, que les appareils actuels.

Maîtriser son matériel et savoir l’utiliser en toutes circonstances est plus important que posséder un appareil de haut de gamme que l’on n’utilise qu’en « mode vert » : les pentaxistes auront compris de quoi nous parlons quand nous évoquons ce « mode vert », tout automatique.

Un cas particulier : si vous êtes adepte de la plongée sous-marine, un appareil tropicalisé ne suffira pas ! Il vous faudra soit un caisson étanche (et souvent un flash adapté) pour utiliser votre reflex, soit un appareil compact réputé étanche à au moins 10m de profondeur : au-delà, il faut du matériel plus spécialisé encore !

 

La prise de vue

Il ne sera pas question, ici, de donner un cours complet. Ce n’est pas notre rôle, d’une part, et, d’autre part, c’est très dépendant du lieu où vous vous rendrez, de vos goûts et de votre style.

Nous nous limiterons donc à rappeler quelques principes simples mais qu’il est important de ne pas oublier lorsque l’on voyage.

  • le droit à l’image : il n’est pas le même dans tous les pays. En France, il est assez restrictif, non seulement quand on photographie les personnes, mais aussi parfois en ce qui concerne les monuments.Beaucoup de gens ignorent, par exemple, qu’on ne peut théoriquement photographier librement un monument que 70 ans après la mort de l’architecte qui l’a conçu, sauf si l’œuvre est tombée dans le domaine public ! C’est ainsi que, si la Tour Eiffel est librement photographiable en journée, en revanche il est interdit de la photographier avec son éclairage de nuit qui est de conception récente. A l’étranger, ce droit est souvent moins restrictif, et parfois inexistant, mais nous ne vous conseillerons jamais assez une règle qui doit vous guider en permanence : c’est celle du respect absolu des personnes que vous souhaitez photographier. Dans certains pays, il est interdit de photographier dans la rue les femmes et les enfants (pour des raisons religieuses essentiellement) : nous vous invitons fermement à respecter cette interdiction. Dans d’autres pays (d’Afrique, notamment) prendre une photo d’une personne est assimilé au « vol de son âme » et peut vous valoir bien des ennuis. Nous l’avons déjà dit : un sourire de la personne n’est pas obligatoirement une autorisation de photographier. Dès lors, la seule bonne attitude, dans tous les cas de figure, est de demander clairement l’autorisation et de dire tout aussi clairement ce que l’on compte faire de l’image obtenue. Et, en cas de refus, ne jamais insister ! En France, attention aussi : si l’animal sauvage – qui n’appartient à personne – peut être librement photographié, vous risquez de vous heurter à des difficultés avec certains propriétaires d’animaux domestiques. C’est rare, bien sûr, mais ça existe ! Pour tous les problèmes de droit à l’image – qui est une notion complexe et en perpétuelle évolution – nous vous conseillons de consulter les ouvrages spécialisés et en premier lieu l’excellent livre de Joëlle Verbrugge « Droit à l’image » aux Editions Knowware.
Livre de J. Verbrugge

Droit à l’image, par J. Verbrugge

 

  • Surveiller son matériel : rien ne disparaît plus vite qu’un matériel qu’on arbore fièrement et que l’on laisse ensuite sans surveillance. N’imaginez pas qu’au fins fonds du monde les gens ne savent pas ce qu’ils peuvent tirer d’un objet inaccessible chez eux ! Et, si vous marchez dans une foule, portez votre sac devant vous et non derrière : ce n’est pas confortable, certes, mais c’est beaucoup plus sécurisant. Enfin, pour plus de sûreté, restez discret sur la nature de votre matériel : un peu de gaffer posé sur la marque et/ou le modèle de votre APN le rendra sans doute moins désirable pour les éventuels voleurs.
  • Pour autant, soyez prêt à déclencher en toute circonstance ! N’attendez pas que le sujet soit devant vous pour sortir l’APN de son sac : dans bien des cas, le sujet aura disparu quand vous serez prêt à « shooter » ! Une sangle de poignet, appelée aussi « strap grip à main », de bonne qualité, vous permettra d’être toujours en position de déclencher rapidement.

Sangle de poignet (Image Ricoh Imaging)

 

  • Sachez aussi vous rendre « invisible », vous fondre dans la masse : vous n’en aurez que plus de latitude pour prendre les images que vous voulez (tout en respectant, bien sûr, les principes évoqués ci-avant). En pareil cas, un objectif presque « pancake » de 70mm sera nettement moins handicapant qu’un 70-200mm à la même focale. Et si un jour vous n’arrivez pas, pour quelque raison que ce soit, à faire LA photo que vous souhaitez, n’hésitez pas, si c’est possible, à retourner plus tard sur les mêmes lieux. Les conditions auront changé, bien sûr, mais rien ne dit que ce sera moins intéressant.

 

Au terme de ce dossier, nous espérons, malgré toutes les contraintes que représente un voyage dans un pays lointain et inconnu, vous avoir apporté quelques éléments de motivation pour partir, en tous cas pour partir dans les meilleures conditions. Nous y reviendrons prochainement avec un sujet sur la façon de voyager en avion avec son matériel photo.