Acheter un ou des objectifs pour constituer ou compléter son équipement, est une situation fréquemment rencontrée par les photographes. Et il n’existe que 2 choix : le neuf ou l’occasion, avec toutes les conséquences que l’on devine en termes de garantie notamment. Mais tout le monde n’a pas les moyens de se tourner vers le neuf pour effectuer ses achats. En pareil cas, se tourner vers l’occasion peut constituer une excellente solution, ce marché étant particulièrement actif.
Certes, des risques demeurent, mais l’achat d’occasion est un bon moyen de se constituer un parc d’objectifs à moindre coût. De plus, on peut avoir accès à d’excellents « cailloux » qui ne sont plus en vente officiellement.

La cote de l’occasion

Il n’y a pas de cote officielle, mais on peut se fier de manière raisonnable à celle du magazine photo Chasseur d’Images.

Du reste, elle est reconnue dans de nombreuses boutiques pratiquant la reprise de matériel ancien contre l’achat de matériel neuf, pour peu que cet ancien matériel ait encore une certaine valeur d’utilisation. Bien noter qu’en pareil cas, une décote est appliquée, correspondant au montant de la TVA (20 %).

Les forums

De nombreux forums (ou fora) permettent à leurs membres de déposer des annonces de vente (et d’achat) de toutes sortes de matériel photographique : boîtiers, objectifs, accessoires, flashes, notamment.

Bien sûr, quand ils sont dédiés à un fabricant, seuls sont admis, le plus souvent, les matériels de la marque ou compatibles avec cette marque.

On ne peut que regretter, parfois, pour certains d’entre eux, les conditions à remplir pour avoir le « droit » de déposer une annonce : temps de présence sur le forum, assiduité et participation sont des critères qui peuvent être compréhensibles, évidemment, mais qui peuvent aussi conduire le vendeur potentiel à passer par d’autres sites de vente et, ainsi, priver les membres du forum d’une éventuelle bonne affaire. Car l’avantage de ces structures est qu’elles assurent une certaine transparence des transactions, en même temps que l’historique des ventes peut permettre de déterminer des prix justes, ou du moins en adéquation avec la valeur réelle des matériels concernés. Et, par ailleurs, un membre sérieux ne prendra pas le risque « d’arnaquer » ses potentiels « clients », sous peine de sanctions pouvant aller jusqu’au bannissement du forum, sans préjudice des poursuites judiciaires éventuelles.

Cette moralisation des transactions est rassurante pour les potentiels acheteurs, en même temps que la caution morale apportée par le forum constitue une garantie non négligeable de leur bon déroulement.

Les boutiques photo

Comme il est dit ci-dessus (la cote de l’occasion), de nombreuses boutiques pratiquent la reprise de matériel pour achat de neuf. Ce peut être un bon moyen pour effectuer quelques affaires. En effet, une boutique n’aurait aucun intérêt, bien au contraire, à reprendre du matériel en mauvais état pour le revendre : il serait invendable en réalité et altèrerait sans aucun doute l’image de la boutique en question, voire de toute l’enseigne quand ces boutiques font partie d’une chaîne.

On peut ainsi noter que les boutiques dépendant du groupe « Images-Photo » pratiquent cette reprise et cette revente, notamment (mais pas seulement) au travers d’un site internet avec l’avantage d’offrir une garantie en fonction des objets vendus (3 mois à 1 an environ). Cerise sur le gâteau : beaucoup de magasins de cette chaîne acceptent de prendre en charge la garantie d’un objet d’occasion vendu par les autres magasins de l’enseigne. Ainsi, si vous êtes parisien et que vous avez acheté un objet d’occasion à Lyon, la boutique parisienne de la chaîne acceptera de prendre cet objet en garantie si le besoin apparaissait. L’auteur de ces lignes en a eu lui-même la confirmation de la bouche même d’un responsable Images-Photo lors d’une manifestation photographique récente en banlieue parisienne.

Autre avantage : les boutiques photo connaissent généralement bien le matériel qu’elles proposent à la vente, y compris le matériel d’occasion. Elles méritent donc de bénéficier de la confiance des consommateurs.

Pour ce qui concerne les rayons photo de grandes enseignes nationales, on peut parfois y faire quelques très belles affaires. Ainsi, il y a quelques mois, une grande enseigne qui a souhaité ne plus référencer Pentax , a bradé à 50 %, voire plus, le stock qu’elle possédait d’objectifs de cette marque. On a ainsi pu y voir les zooms 16-50mm f:2.8 à 330€ (au lieu de plus de 800 €),  55-300mm f:4/5.8 à 159€ et  50-135mm f:2.8 à moins de 500€, avec une garantie de 2 ans (ou davantage, sur option et moyennant un supplément de quelques dizaines d’euros). Il s’agissait, dans ce cas précis, soit d’objets neufs, soit d’objets d’exposition (ayant donc, dans ce cas, été un peu utilisés en démonstration).

Souvent aussi, il s’agit  d’objets de fin de série, plutôt que d’objets d’occasion vraie. En pareille situation, il faut se montrer prudent et avoir quelques connaissances du matériel : il est utile de savoir en déceler les défauts, car les vendeurs, dans ces enseignes, sont surtout… des vendeurs et plus rarement des techniciens (bien qu’il en existe aussi !).

 

Les sites spécialisés

PriceMinister

PriceMinister agit comme intermédiaire entre vendeurs et acheteurs.

Comme il l’indique lui-même, « PriceMinister est le premier site français à réunir particuliers et professionnels qui vendent et achètent des produits neufs, d’occasion ou de collection à prix fixe.
Toute la philosophie de PriceMinister en un slogan : l’Achat-Vente Garanti ! PriceMinister garantit à l’acheteur de recevoir le produit commandé et au vendeur d’être payé ! »

Vos coordonnées personnelles (adresse courriel, numéro de téléphone) ne sont pas exposées à la vue de tous. Le nombre d’annonces est illimité.

PriceMinister paie le vendeur quand l’objet a été payé par l’acheteur et lui a été livré : l’intermédiaire reverse alors au vendeur le montant de la vente, minoré de la commission qu’il prélève et auquel est ajouté un remboursement forfaitaire des frais de port.

La résolution des litiges éventuels est opérée par son service client.

Pour en savoir davantage, connectez vous sur le site de PriceMinister.

Leboncoin / Mondebarras.fr, etc …

S’il est un site qui brasse des milliers d’annonces, c’est bien LebonCoin.

On peut, là aussi, réaliser de bonnes affaires, notamment lorsque l’on a affaire à des vendeurs qui cherchent juste à renouveler leur parc en revendant une partie de ce qu’ils possèdent, ou qui cherchent à se débarrasser d’objets dont ils n’ont plus l’usage ou l’utilité.

Il existe aussi, sur ce site, des vendeurs qui se sont spécialisés dans la revente de matériel d’occasion. Les « habitués » les repèrent facilement et certains d’entre eux méritent grandement la confiance des acheteurs.

Il ne faut toutefois pas se leurrer : les responsables de ces sites ne peuvent pas, matériellement, contrôler toutes les annonces qui y sont postées, ce que n’ignorent pas certaines personnes mal intentionnées qui essaient ainsi d’écouler, qui des « nanars », qui du matériel volé. Il faut savoir aussi « lire entre les lignes » les annonces en question, pour pouvoir déceler les arnaques éventuelles : une orthographe approximative, assortie à une formulation ambigüe, une description erronée, doivent conduire à une certaine méfiance. Il en est de même si la demande est faite d’un règlement par virement à l’étranger : c’est souvent (mais pas toujours) le signe d’une arnaque possible.

Sur ce genre de site, la plus grande prudence est donc recommandée, non par la faute du site, mais par celle des annonceurs dont certains ne possèdent même pas le matériel qu’ils proposent à la vente ! Ne vous précipitez donc pas, prenez le temps d’étudier la question, le cas échéant en « prenant une option » pour un temps déterminé (mais court, pour ne pas léser un vendeur de bonne foi).

Demander, en cas de doute, si la facture d’achat est fournie, demander les numéros de série des matériels (pour les comparer éventuellement à des signalements de vol sur les forums), ne vexera pas un vendeur de bonne foi. Et souvent fera fuir les vendeurs de mauvaise foi.

Cette même prudence doit vous guider pour les annonces publiées dans les journaux spécialisés.

Si vous décidez d’acheter, privilégiez, autant que possible, la remise en mains propres qui vous permettra de vérifier l’état du matériel. Dans ce cas, il vous sera demandé, la plupart du temps, un règlement en espèces.

eBay

Même si la possibilité est parfois laissée à l’acheteur éventuel d’acheter « au comptant », le plus souvent les ventes se font aux enchères : dans ce cas, le jour et l’heure d’expiration de l’enchère sont précisés, de même que la mise à prix et la manière de sur-enchérir.

Un avantage est que les vendeurs spécialisés sont soumis à l’appréciation de leurs acheteurs, sous la forme d’un pourcentage de satisfaits. La plupart d’entre eux, il faut bien l’avouer, dépassent les 95% de satisfaits, ce qui a une certaine valeur quand ce pourcentage porte sur un nombre important de ventes, beaucoup moins s’il ne porte que sur quelques unes.

Un autre avantage : le paiement par des moyens « spécialisés » tel Paypal : le vendeur comme l’acheteur sont garantis et du paiement et de la livraison.

Les sites d’enchères tel Ebay sont bien souvent le seul moyen d’acquérir des objets rares (pas forcément de très grande valeur, mais rares parce que fabriqués en petit nombre d’exemplaires). La recherche est facilitée par le fait qu’on peut ainsi se procurer l’objet même s’il n’est présent qu’à l’autre bout du monde. Il faudra juste se montrer patient pour les délais de livraison et… tenir compte des droits de douanes dans certains cas (tout comme pour les matériels neufs, achetés dans des pays hors zone euro ou hors de la Communauté Européenne). Cela peut renchérir significativement votre achat !

Les brocantes et vide-greniers

Il peut sembler peu sérieux de s’intéresser à cette sorte de « commerce », tant il est vrai que le pire n’est jamais très loin ! Mais parfois, on côtoie le meilleur. N’espérez pas trouver en brocantes les objectifs haut de gamme qui vous font « baver d’envie », ce serait très déraisonnable. Mais il n’est pas rare d’y voir des objectifs anciens, donc prévus initialement pour l’argentique – et avec (ou sans !) les traitements multi-couches correspondants -, vendus par des personnes qui se débarrassent de ce matériel après être passées au numérique. Et, bien souvent, les prix pratiqués sont très séduisants.

Le grand avantage de Pentax est que la monture K, même si elle a bien sûr évolué dans le temps, accepte ces objectifs, pourvu qu’ils possèdent aussi la baïonnette « K » ou une monture à vis M42 (il faudra alors disposer d’une bague d’adaptation, de préférence de la marque car ainsi elle conserve la mise au point sur l’infini). Pour une petite poignée d’euros, on peut ainsi trouver, parmi bien d’autres, des 58mm Hélios de l’époque soviétique – avec souvent, en guise de bouchon arrière, un boîtier Zenit – des Takumar « K », voire des Pentax de bonne facture. Ainsi, l’auteur de ces lignes a un jour déniché, pour 5 petits euros, un Pentax F 50mm f:1.7 avec un boîtier Z20, le tout parfaitement opérationnel et en état proche du neuf. Jour de chance, sans aucun doute : il fallait être au bon endroit, au bon moment.

Force est cependant de reconnaître que les « nanars » sont bien plus fréquents, mal présentés, mal entretenus, mal transportés, cabossés, bref à usage unique de presse-papier et encore !

Acheter du matériel photo d’occasion est bien souvent le seul moyen, pour beaucoup, de s’équiper à des prix compatibles avec le budget dont on dispose. De nombreuses possibilités s’offrent à ces personnes, le point commun étant la prudence à observer devant certaines annonces. Mais les possibilités de faire de bonnes affaires sont nombreuses et on ne peut que vous encourager à procéder ainsi : non seulement, vous faites plaisir au vendeur (mais veillez quand même à ce que ce plaisir ne soit pas TROP grand !!), mais en plus, vous participez à une deuxième vie, voire une troisième, …une énième, de matériels qui ainsi ne finissent pas comme presse-papier sur une étagère poussiéreuse, ce qui serait un comble !