Pour rappel, PentaxKlub n’a aucun rapport avec Pentax ou Ricoh. L’article qui suit est uniquement une analyse de l’auteur et, en aucune manière, une tribune des intentions de la marque. Nous ne connaissons en rien la feuille de route de Ricoh dans le domaine.

 

En cette fin d’année 2017, le moment est propice pour tirer quelques enseignements de l’année écoulée. Et de tenter de déterminer ce qui pourrait arriver dans la galaxie Pentax en 2018. La constatation principale de l’année 2017 pour PentaxKlub.com est que nos prédictions se sont révélées fausses. Exit notre madame Soleil. L’autre constatation, pour Pentax cette fois-ci, est que l’année a été très vide. Nous pourrions même dire qu’elle a été catastrophique en termes de sorties et de marketing.

Alors, que peut-on attendre de 2018 ? Nous vous proposons quelques réflexions sur l’avenir de la photo et comment cela peut s’appliquer à Pentax.

 

 

De l’avenir général de la photo en 2018

En 2018, on assistera à une confirmation de certaines grandes tendances initiées ces deux dernières années.

 

Côté Reflex

On constate une fuite en avant vers le haut de gamme. Le segment « entrée de gamme » n’existe quasiment plus et s’il continue à faire du volume chez Canon, la firme ne gagne plus grand-chose avec lui (voire même rien du tout). Si on ajoute les demandes de plus en plus importantes de marges arrières par les grands groupes de distribution, ce segment va disparaître sous peu. Sauf retournement de situation auquel les grandes marques ne croient plus guère. Si l’entrée de gamme est quasiment enterrée, en analysant froidement le marché, on peut se rendre compte que le segment moyen de gamme est moribond désormais. Il sera le prochain à disparaître.

Nikon D500, symbole de la fuite en avant, un APS-C à 2000€

Nikon D500, symbole de la fuite en avant, un APS-C à 2000 €

 

La photo traditionnelle, héritière des 24×36 argentiques, a clairement du plomb dans l’aile. Cela ne veut pas dire qu’il va y avoir disparition pure et simple des boîtiers reflex à court terme. Mais cette famille est clairement menacée et il ne devrait subsister que quelques modèles haut de gamme, donc chers.

 

Les smartphones

Ils ont phagocyté des pans entiers de la photo numérique. Les récents investissements de Apple et Alphabet (la maison mère de Google) montrent bien que ces acteurs vont continuer à innover dans ce domaine. Apple prend par exemple le pari de ne pas trop augmenter la densité des capteurs en utilisant d’autres techniques pour gagner en piqué et en rendu de l’image (rachat de Regaind ou de Invisage en 2017).

Huawei P10, l'un des meilleurs smartphones photo de 2017

Huawei P10, l’un des meilleurs smartphones photo de 2017

 

 

Les hybrides

On ne les attendait pas, mais ils ont gagné la bataille. Panasonic, Fuji et, dans une moindre mesure, Sony sont les grands vainqueurs. Les EVF ont connu des progrès fulgurants en l’espace de 2 ans et ne sont plus aussi incapacitants qu’au début. Même ceux qui sont contre reconnaissent un vrai progrès en la matière. Si Sony est capable de proposer des capteurs APS-C ou FF de plus en plus innovants (comme celui du A9, un fantastique capteur dopé à la DRAM), c’est Panasonic qui semble tirer le mieux son épingle du jeu avec les capteurs micro 4/3. À ce titre, le dernier G9 s’annonce juste bluffant avec un EVF qui commence à être à la hauteur.

 

 

Et de Pentax en particulier

Malheureusement, Pentax s’est raté sur l’hybride. La série Q hybride a connu un échec. Il s’agissait pourtant d’un bon produit, bien conçu. Difficile de connaître réellement les raisons de l’insuccès. Mais on peut sans doute penser qu’il y avait une combinaison alliant le tout petit capteur utilisé, le format trop compact, pas assez reflex, ou encore l’absence d’un viseur. Ceci malgré la disponibilité d’une gamme d’objectifs.

Il est vrai que les Q sont sortis au moment où le marché des boîtiers de taille compacte s’est effondré, remplacé par celui des smartphones. Et comme la monture Q n’était pas prévue pour être utilisée sur des capteurs plus grands, l’évolution était impossible. Si la fin n’a jamais été officiellement reconnue, dans les faits, la gamme Q n’est plus en vente.

 

Autour du K

Comme il a été dit ci-dessus, la fuite en avant vers le haut de gamme reflex va se poursuivre. Cela est corroboré par le fait que les prochaines optiques à sortir sont toutes des * (star), dont la production semble avoir été rapatriée au Japon. Donc du haut de gamme. Quelque part, c’est aussi logique. Les capteurs étant de plus en plus performants, les optiques doivent se montrer à la hauteur.

Et concevoir de bonnes / très bonnes optiques implique des coûts de développement et de fabrication élevés. Néanmoins, il y a un espace possible entre les optiques « haut de gamme » (focale fixe à f/1.4 ou zoom à f/2.8) et les optiques d’entrées de gamme quand elles existe. Des zooms en f/4, plus légers et moins chers, seraient un bon signal.

Restons dans les optiques avec la sortie d’ores et déjà programmée des DFA* 50/1.4 et DA* 11-18/2.8. Les bruits entendus au salon ne permettent pas d’en savoir plus. On peut tout de même penser que la disponibilité sera effective entre février et juillet 2018.

Côté boîtiers APS-C, le K-50 n’a pas été remplacé et ne le sera pas. Le K-70, successeur du K-S2, a repris la nomenclature. Ce qui semble signifier qu’il n’y aura plus de boîtier en dessous. En suivant cette logique de la fuite en avant, on peut parier que le K-70 n’aura pas de successeur. Il serait alors le dernier Pentax de moyenne gamme. Ce qui voudra dire que le KP deviendra le « ticket d’entrée ». Le haut de gamme est incarné aujourd’hui par le vieillissant K-3II, un modèle de juin 2015, lui même faible évolution du K-3 de novembre 2013.

K-1 & KP, vue légèrement de dessus

K-1 & KP, vues légèrement de dessus

 

En 2018, le boîtier FF K-1 aura tout juste 2 ans, et il ne se montre pas dépassé. Bien au contraire ! Ce boîtier de 36mpx est bien né, même s’il n’est pas parfait. Il a quelques défauts (capacité buffer, AF encore un peu en retrait et collimateurs concentrés dans la zone APS-C) largement compensés par un prix qui défie la concurrence. Et surtout de très nombreuses qualités qui font que le K-1 est l’un des meilleurs, voire le meilleur, FF avec un rapport qualité-prix imbattable. Il est très difficile de faire mieux. Ce type de boîtier étant conçu pour durer au moins 3 ans, les chances de voir un successeur en 2018 existent, mais sont plutôt minces. Tout dépendra de ce que Pentax pourra proposer comme améliorations tout en gardant un prix agressif,

2019 étant une date symbolique pour Pentax, Asahi Optical ayant été créée en 1919, ce serait une belle année pour sortir du matériel. Comme un FF haut de gamme, capable de chasser sur les terres des Nikon D5s ou Canon 1D X.

Le futur des reflex chez Pentax pourrait donc s’articuler autour de 2 APS-C haut de gamme (un vers 1300 € et l’autre vers 1700 €) et 2 FF (un vers 2000-2200 € et un second, dans un futur, vers 3000 €)

 

 

Autour du 645 et du GR

Après l’année blanche 2017, il n’y a aucune annonce pour 2018. Bien que l’on parle d’un 645 en version 100mpx depuis que Sony a dévoilé son capteur MF à 100mpx, rien n’a été confirmé par Pentax et rien ne filtre. On ne peut donc qu’attendre, le jubilé de 2019 aidant, il faudra peut-être patienter jusque là.

Reste le GR. Que manque-t-il à ce petit appareil pour être encore meilleur ? Mis à part un écran orientable et un capteur plus récent, pas grand-chose. Mais si Ricoh se décidait, il pourrait aussi être une rampe de lancement pour un nouveau produit.

 

 

Et les hybrides ?

Le marché des hybrides est le seul à connaître une croissance. S’en passer est donc un risque énorme. Mais s’y lancer poserait quelques cas de conscience à Pentax / Ricoh Imaging. Démarrer une nouvelle gamme optique, demande du temps et de l’investissement. Les optiques qui arrivent aujourd’hui ont commencé leur développement il y a 3 ans au moins. Sony, qui a fait le choix d’une nouvelle baïonnette pour ses Alpha hybrides, aura mis des mois à disposer d’une gamme enrichie.

Le marché étant déjà bien occupé et les acteurs implantés, il convient de se montrer très rapide. Le choix est donc restreint :

  • Réutiliser la monture Q. L’avantage est qu’il existe une gamme optique maison. Le désavantage est que cette monture n’est pas adaptée à des capteurs plus grands. Ricoh serait alors obligé de rester confiné au même type d’APN, avec l’échec que l’on connaît. Cette voie n’est clairement pas celle à choisir.
  • Adopter la monture E/EF de Sony et proposer des boîtiers APS-C/FF avec ces montures. L’avantage est que le parc optique existe. Mais il n’est pas sûr que Sony accepter d’ouvrir sa monture à un concurrent. Sans compter que Sony est capable de sabrer un pan entier de son empire si le désir lui venait, sans aucun état d’âme. En dehors du coût financier, cela signifierait aussi pour Pentax, la fin de la monture K à court terme. Difficile en effet d’avoir Reflex et Hybride sur le même segment de capteur APS-C/FF sur du moyen et long terme.
  • Adopter le format micro 4/3. Ce qui a de multiples avantages pour relativement peu d’inconvénients, le savoir-faire de Pentax permettant de concevoir des boîtiers différents et intéressants. Avec un coût d’entrée très raisonnable et un parc d’optique conséquent, un boîtier micro 4/3 siglé « Pentax by Ricoh » aurait du sens et pourrait se faire une place au soleil. Son développement ne demanderait pas un effort financier très grand. Ricoh pourrait même partir de la base GR pour développer ce produit. Les effets pourraient être très positifs, comme remettre en avant un duo de marques Ricoh / Pentax et donc populariser les 2 noms auprès d’un public plus jeune. Par contre, il faut agir vite. Très vite, avec une sortie dès 2018.

Évidemment, une évolution de la firme vers le monde hybride pourrait déplaire aux anciens. Mais aujourd’hui, les pentaxistes sont vieillissants. Si l’image de marque ne change pas dans le monde de la photo (ce que tente Ricoh au travers du Theta), des jours difficiles se préparent. Il faut que Pentax puisse attirer la tranche des 30 ans et plus seulement celle des 60 ans. Assurer l’avenir est une nécessité absolue.

 

 

Alors, des sorties ?

À part les 2 annonces officielles, il n’y a rien à se mettre sous la dent. Et le monde des rumeurs ne bruisse pas beaucoup. Sachant que, même si c’était le cas, il faudrait les prendre avec des pincettes.

Malgré tout, nous ne résistons pas à l’idée de partager avec vous quelques réflexions supplémentaires. Celles-ci sont basées sur le fait que le K-3 date de fin 2013 et que 2019 sera l’année du centenaire d’Asahi-Pentax. Il est permit de penser que la période 2018 sera riche, nettement plus que la période qui s’achève.

 

Annoncées
  • Pentax, Optiques 2018 : DFA * 50/1.4 et DA * 11-18/2.8 (CP+, Mars 2018)
Pentax D FA * 50/1.4, sortie en 2018

Pentax D FA * 50/1.4

 

Possibilités
  • Optiques 2018-2019 : DFA * 85/1.4, des DFA * type 100-300/4 et d’autres (Photokina, septembre 2018)
  • Boîtiers 2018 : K-3 III (Photokina, septembre 2018), GR (APS-C 24mpx et écran orientable) et/ou boîtier GR hybride micro 4/3
  • Boîtiers 2019 pour le centenaire d’Asahi-Pentax : K-1 II et 645Z II. Ce dernier pouvant avoir un capteur de 100mpx. (Photokina, mai 2019)

 

 

Ces propos peuvent paraître sombres. Mais si on regarde la réalité en face, la photographie telle que nous la connaissons depuis les années 60 a pris du plomb dans l’aile. Qui aurait cru à la descente aux enfers de Kodak ou la disparition de Minolta avant 1990 ? Nous sommes désormais dans l’ère de la fabrication d’images à consommation immédiate. Cela ne veut pas dire que la photo va disparaître. Elle va juste devenir plus qualitative.

PentaxKlub vous souhaite de bonnes fêtes de fin d’année. 2017 étant (presque) mort, vive 2018 et bonne année photographique !

 

 

Avec cet article, PentaxKlub clôture l’année 2017. L’équipe prenant quelques jours de congés, nous vous donnons rendez-vous le 12 janvier prochain, sauf actualité brûlante. Le premier rendez-vous d’importance est fixé au 1er mars, avec l’ouverture du CP+ au Japon.