PentaxKlub a décidé que chacun de ses membres (heureusement pour nos lecteurs, ils ne sont pas nombreux !) devait se livrer à cet exercice : révéler son évolution photographique. C’est pour moi extrêmement difficile. J’y suis très mal à l’aise tant la « règle du « je », déjà évoquée et tellement contraire à ma façon d’être, semble encore s’y imposer. Je vais toutefois tenter de satisfaire à cet exercice.

 

 

Ma pratique de débutant

Clairement, dès mon adolescence déjà lointaine, la photo m’attirait. Hélas, issu d’une famille nombreuse et peu fortunée, je n’ai pu m’y intéresser réellement (je veux dire par la pratique) que lorsque j’ai pu m’offrir moi-même mon premier appareil photo. Lycéen, mes seuls revenus étaient constitués par un tout petit peu d’argent de poche venant de mes parents que j’économisais scrupuleusement. Parfois aussi, cet argent venait de menus services rendus (le plus souvent) à des membres plus éloignés de cette famille et qui n’avaient pas les mêmes soucis financiers. Insuffisant toutefois pour acheter du matériel photo. Rassurez-vous, je ne vais pas vous ré-écrire « Les Misérables » : je n’ai pas le talent littéraire de Victor Hugo et, en plus, ce n’est pas mon genre ! Simplement, ceci est là pour vous dire que mes débuts furent très très modestes ! Devenu étudiant, par la grâce d’une bourse d’études, mes moyens se sont légèrement accrus et mes économies ont enfin servi.

 

 

Mon premier appareil

Je l’ai acheté chez le photographe de la ville voisine (les grandes surfaces et Internet n’existaient pas !). C’était un Kodak Instamatic 133. Aujourd’hui, cela fait sourire. À l’époque, j’étais très fier de pouvoir « enfin » faire des photos. Mais j’ai très vite compris, en faisant développer et tirer mes images, qu’il fallait que j’en limite le nombre !

Ce « 133 » m’a accompagné pendant quelques années, me permettant principalement de garder quelques souvenirs d’évènements familiaux et/ou de tirer le portrait de celle qui allait devenir mon épouse. Toutefois, j’ai très vite discerné les faibles possibilités d’évolution photographique qu’il me permettrait. Ce n’était pas très important, d’autres préoccupations s’étant installées prioritairement dans mon existence.

Image réalisée avec un Kogak Instamatic 133 (cassette de film 126)

Image réalisée avec un Kodak Instamatic 133 (cassette de film 126)

Cette image, qui a environ 35 ans, présente de nombreux défauts de débutant !

Un compact

Quelques années plus tard, l’envie de faire de la photo étant revenue avec insistance, la naissance de mon premier enfant fut le prétexte pour acheter un nouvel appareil. N’ayant toujours pas de gros moyens financiers (la vie est dure pour les jeunes !), je jetai mon dévolu sur un compact télémétrique : le Ricoh (eh oui, déjà !) 500 GX. Vous trouverez son image et ses caractéristiques sur l’excellent site de Sylvain Halgand. Certes, ce n’était pas un reflex, mais il était doté d’un excellent objectif de 40 mm (f/2.8, tout de même !) et de quelques fonctionnalités intéressantes comme la surimpression. Par ailleurs, il n’utilisait pas des cassettes comme l’Instamatic, mais des bobines au format 24*36.

Moyennant l’achat de deux ou 3 bonnettes de différentes puissances, il m’a permis de m’initier à ce qui, des années plus tard, allait devenir ma principale pratique : la macro.

 

Ma pratique d’alors

À cette époque, à l’instar de Georges Brassens, « je n’étais pas encore ouvert à l’esthétique » et cadrage et composition ne faisaient pas encore partie de mes préoccupations essentielles au moment de déclencher. D’autant qu’avec les erreurs de parallaxe toujours possibles (et fréquentes !), surtout en macro, il était particulièrement utopique – du moins pour moi – d’espérer des chefs-d’œuvre !

Je compris vite que l’utilisation de films inversibles (diapos) pouvait procurer quelques économies. Je me souviens ainsi de quelques photos de fleurs qui, malgré mon inexpérience, étaient très regardables, voire plus !

À ce propos, je me dois d’informer les lecteurs que je n’ai jamais fait d’études photographiques et que ce que j’en connais je l’ai surtout appris dans les livres, les magazines et par une pratique de plus en plus acharnée. Cela ne remplace sans doute pas des stages de qualité, mais chacun a son propre parcours, n’est-ce pas ?

 

 

Puis un reflex

En toute chose, l’être humain essaie d’avoir toujours plus ou toujours mieux. La photo n’échappe pas à ce principe dès lors qu’elle prend une place importante dans la vie.

Même s’il m’arrive aujourd’hui de le regretter, je revendis donc ce Ricoh pour financer partiellement l’achat d’un reflex. La marque Pentax, par la qualité de ses produits, me tentait beaucoup, bien évidemment. Par « l’universalité » de sa monture K, aussi ! Mais, « faute de grive, on mange des merles » et, les moyens étant insuffisants pour acheter un Pentax de même gamme, je décidai d’acheter un « compatible », c’est-à-dire un Chinon à monture K. Ce fut le CE-4s dont la presse de l’époque (notamment C.I. que je lisais alors assidûment et dont je possède encore la presque totalité des 150 premiers numéros) faisait l’éloge, pour ses performances et sa fiabilité. J’en ai parlé par ailleurs, je n’y reviendrai donc pas, sauf pour dire que c’est par Chinon que je suis venu à Pentax. J’ai ainsi, mes moyens augmentant, acheté mes premiers objectifs Pentax, meilleurs en général que leurs équivalents Chinon.

Mon « vieux » Chinon CE-4s avec le zoom Pentax f/2.8-3.5 35-70mm

 

 

Ma pratique avec ce reflex

Pendant de longues années, je n’ai en réalité fait que de la photo de famille, de vacances, de souvenirs. Mes goûts étaient toujours axés sur la macro, mais c’est un domaine qui nécessite de disposer de temps et… de calme ! Et je n’en disposais pas à cette époque ! En insistant un peu, j’aurais peut-être pu obtenir du temps.

De plus, un reflex ne s’accommode pas vraiment de l’utilisation de bonnettes pour la macro. On peut s’en servir, bien sûr, mais, outre que ce n’est pas idéal, il faut alors autant de bonnettes que de diamètres d’objectifs et dans des puissances différentes. Ruineux ! Faute de pouvoir acheter un véritable objectif macro, cette pratique fut donc mise entre parenthèses.

Chinon CE-4s + Chinon 135mm f/2.8

Chinon CE-4s + Chinon 135mm f/2.8

Argentique ou numérique ?

À la fin des années 1990, le numérique commençait à pointer le bout de son nez. Je n’y étais pas très favorable, trouvant les résultats obtenus très largement inférieurs à ceux de l’argentique. C’était normal. De plus, ne voulant plus « régresser » vers le monde des compacts, je ne regardais plus du côté de Pentax. Je fis donc une incursion dans le monde Minolta, mais cela ne changea pas du tout ma pratique. À la réflexion, ce fut sans doute une erreur, même si le matériel Minolta ne peut pas être mis en cause : il était de très bonne qualité. Je continuai donc à faire de la « photo pépère » : évènements de la vie (la mienne avait changé), photo de voyages, de paysages. Très peu d’autres choses.

 

 

Le virage vers le numérique

Au début des années 2000, le numérique a commencé à prendre le pas sur l’argentique, chez pratiquement tous les constructeurs. À l’exception notable de Pentax, pour les raisons que l’on connaît et que nous avons relatées. Mon goût prononcé pour cette marque m’interdisait d’acheter un reflex numérique d’un autre constructeur. Je revins donc vers le monde des compacts, mais numérique.

Un compact numérique

Ce fut l’achat du Canon PowerShot A95, déjà évoqué dans un autre sujet, mais qui, lui non plus, ne changea pas fondamentalement ma pratique. Toutefois, sa taille réduite permettait de l’emporter partout avec soi. De plus il présentait une qualité d’image de très bon niveau. Un objectif zoom 38-114mm ouvrant à f/2.8 au maximum était aussi de la partie. Toutes choses qui m’incitèrent à m’orienter vers la photo de rue, en plus des autres domaines que je pratiquais déjà.

Canon PowerShot A95 (Image issue du site DPReview.com)

Canon PowerShot A95
(Image issue du site DPReview.com)

 

 

Reflex numérique

Après une nouvelle période « d’abstinence photographique », le « virus » revint et, pour satisfaire mon évolution photographique, je me tournais à nouveau vers Pentax. Les K-10D et K-20D avaient laissé la place au K-7. Il me plaisait bien, celui-là, à l’exception (notable) de son capteur d’origine Samsung que la presse fustigeait à toute occasion. L’investissement n’étant pas pour moi négligeable, je décidai d’attendre son successeur dont on commençait à parler. On parlait aussi de nouveau capteur, de nouveau propriétaire de la marque, bref, de relance !

 

 

Le K-5

Je n’attendis pas longtemps après la sortie du K-5 : juste que la presse en ait dit tout le bien que j’en espérais. Si je l’achetais en kit avec son objectif zoom standard 18-55mm, je savais que je pourrais à nouveau utiliser mes objectifs de l’époque argentique que j’allais rapidement épauler avec des objectifs taillés pour le numérique. Ce fut pour moi une nouvelle évolution photographique.

 

 

Retour vers la macro

L’occasion d’opérations de promotions sur Internet me fit rapidement acheter un DA* 35 mm macro Limited f/2.8. Bien sûr, de nombreux « sachants » sur certains forums prétendent qu’on ne peut pas faire de macro d’insectes avec cet objectif et, en « experts » auto-proclamés, ils se fâchent tout rouge quand on prétend le contraire. Pourtant, de nombreux Pentaxistes ont utilisé et utilisent encore cet objectif pour ses qualités en macro. Normal, il y est spécialisé ! Mais peut-être est-ce que ses détracteurs n’ont jamais cherché les avantages qu’il peut avoir : compacité, qualité d’image.

Attention : je ne prétends pas que c’est L’OBJECTIF macro à posséder absolument. J’affirme seulement que, dans certaines conditions, on peut faire avec lui de la vraie macro même avec certains insectes. Avec l’avantage de pouvoir pratiquer le paysage et, malgré un autofocus un peu lent, la photo de rue. Ce n’est pas si mal pour qui n’avait alors pas les moyens d’investir dans plusieurs objectifs spécialisés chacun dans son domaine de prédilection.

Réalisé au DA 35mm f/2.8 Macro Ltd sur K-1 en mode APS-C

Réalisé au DA 35mm f/2.8 Macro Ltd sur K-1 en mode APS-C

 

Evolution photographique dans la macro

Comme je n’ai jamais été arc-bouté sur des certitudes idiotes, j’ai aussi acheté quelques mois plus tard un Tamron 90 mm macro f/2.8. Pas idéal, sans doute, mais permettant certaines des possibilités d’accès difficile avec le 35 mm. Ce qui m’a permis de m’orienter vers d’autres domaines de la macro. L’idéal, selon moi, pour la macro, serait de disposer d’un objectif de focale 200 mm, d’ouverture comprise entre 2.8 et 4 et dont la distance minimale de mise au point pour un rapport 1:1 serait d’environ 50 cm. Et bien sûr avec la qualité optique des objectifs pour la macro. Il serait sans doute difficile à utiliser et très cher à l’achat. Il reste donc du domaine du rêve.

Coeur de coquelicot (K-1 + Tamron 90mm macro f/2.8)

Coeur de coquelicot (K-1 + Tamron 90mm macro f/2.8)

 

Evolution des boîtiers

Mes boîtiers suivants (K-5IIs et K-3) n’ont rien changé à ma pratique photographique. Ils m’ont juste permis de « me faire plaisir » sans apporter de bénéfice supplémentaire en termes de domaines pratiqués. Je ne les renie pas pour autant et chacun d’eux présente des avantages sur ses prédécesseurs.

 

 

L’arrivée du K-1

Ce fut, véritablement, la « révolution » de 2016 en ce qui concerne ma pratique et mon évolution photographique. Non que la macro m’intéresse moins ! Elle n’est certes pas plus facile avec le capteur plein format – au contraire –, mais je la pratique moins parce que les circonstances de ma vie et de mon environnement ont aussi changé. Il y a objectivement moins de choses à photographier dans mon environnement, en tous cas moins de choses intéressantes.

Et puis, sans doute un peu influencé par mes amis de PentaxKlub, je m’adonne désormais à des domaines jusqu’alors peu pratiqués, la photo de rue notamment, aussi l’architecture. Dans ces domaines, le plein-format fait merveille surtout quand on peut disposer des objectifs « qui vont bien ». Le K-1, à mon humble avis, n’est pas un banal APN à capteur 24*36. Ses autres caractéristiques en font un outil de très haut niveau pouvant exceller dans tous les domaines de la photo, et forçant son utilisateur à élever son propre niveau. Niveau de connaissance de l’outil, certes, mais aussi, et surtout, niveau de ses exigences pour ne pas faire injure à ce magnifique outil.

 

 

Et pour le futur…

En revanche, toujours pas de portrait ni de studio (les 2 étant parfois très liés). C’est très probablement ce domaine qui sera celui de ma prochaine évolution photographique. Exception faite de l’éclairage, c’est plus un problème d’opportunité que de matériel.