Avant Propos

Pentaxklub est le fruit de 3 photographes amateurs ayant des expériences et visions différentes. Régulièrement, lors de « comité de rédaction », nous discutons des sujets à venir. Un jour, l’un d’entre nous a suggéré cette idée de parler de soi, de notre évolution photographique. Après quelques grognements venant des 2 autres, nous avons donné notre accord. C’est ainsi que vous avez pu lire les récits de Valia et de Micaz. Quelque part pour le premier, c’était la deuxième fois qu’il tentait l’expérience ici, après sa passionnante photobiographie.

Avec mon récit se clôt une série d’articles (sac photo et évolutions) dont nous étions les acteurs, les sujets principaux. À l’avenir, vous devriez être préservés de tels méfaits. En espérant, malgré tout, que cela vous aura apporté quelques réflexions ou réponses à vos propres interrogations. Bonne lecture.

 

Pour répondre aux questions « pourquoi, comment et quoi je photographie », il faut sans doute une dose de mégalomanie. Que j’ai, soyons honnête ! Cela se fera au travers d’un récit à la première personne. En essayant d’être le plus scrupuleux possible avec cette introspection.

 

 

Il y a longtemps, dans une lointaine galaxie…

Avant toute chose, tout ce qui suit ne concerne que moi, aussi bien mes pratiques que mon histoire. Une partie est ancienne et repose sur mes souvenirs d’enfance. Possible que ce ne soit pas la vraie réalité, mais il s’agit de ma réalité, celle qui m’a façonné. 

Du côté de ma mère, il existe quelques « artistes » dans la famille. Cela va de la musique à l’écriture, avec même un prix Nobel de littérature niché quelque part dans l’arbre généalogique. Mon narcissisme se plaît à me faire penser que nous disposons d’une certaine sensibilité artistique dans la famille. Et que cette dernière est à l’origine de mon attrait pour la photo ! Même si ma mère pratique occasionnellement la photo (avec un œil intéressant trop peu utilisé), c’est du côté de mon père que je dois ma première influence dans ce domaine.

 

 

Une histoire riche en appareils…

 

Y’a quoi en stock ?

Aussi loin que remontent mes souvenirs, mes mains ont souvent tenu des appareils photo. Je me souviens d’un Kodak Instamatic 100 il me semble. Où bien était-ce le 133 ? Il y a tellement longtemps que je ne m’en souviens plus. C’était un appareil photo dans lequel on mettait une cartouche et que l’on envoyait tel quel, sans rembobiner, à développer. Le flash était un accessoire, un cube carré qu’on ajoutait aussi. 4 éclairs et on changeait le cube… il n’était pas à moi, sans doute à mon père. Et quand il a eu la possibilité d’acquérir un Pentax Spotmatic F, ce Kodak, encore en état de fonctionner, a été transmis à la génération suivante. Moi. Sans mon père, je ne m’y serais sans doute pas intéressé. Il m’a mis un appareil entre les mains, m’encourageant régulièrement à travers le temps, jusqu’à aujourd’hui.

Évidemment, rare étaient les fois où il y avait une pellicule à l’intérieur. Et quand c’était le cas, le résultat n’était pas une franche réussite. Mais entre mes 5 à 10 ans, cet appareil qui me semblait indestructible, a souvent traîné avec moi.

Et puis il y a eu mon premier appareil rien qu’à moi. Un cadeau de mes parents pour mon périple de 2 mois à travers la France métropolitaine. Le Kodak Ektra 22EF. C’était en 1980, à une époque où Giscard vivait son dernier été en tant que président de la France. Deux mois intenses où j’ai visité le sud méditerranéen, la Corse, l’Alsace, la Loire et ses châteaux. Et Paris.

Kodak Ektra 22EF

Kodak Ektra 22EF

 

Un été inoubliable pour un petit réunionnais qui ne connaissait jusqu’alors que son île natale et l’Ile Maurice. Et un peu Madagascar. Un été dépensier aussi, puisque de nombreuses cartouches ont été cramées. Avec un succès nul ! C’était des souvenirs de vacances, des photos moyennes aujourd’hui disparues.

 

Vestiges
13 avril 1977, coulée de lave à Piton-Sainte-Rose

13 avril 1977, coulée de lave à Piton-Sainte-Rose

 

De ces années, il ne reste sans doute que ces 2 photos qui sont de moi, selon mes parents. Même si j’ai un petit doute sur la première. Certes j’étais sur les lieux à ce moment-là (grâce à mon oncle) et j’avais bien l’Instamatic. Mais elle me semble trop bien pour être l’œuvre d’un gamin de 7 ans.

Juin 1977, église et lave

Juin 1977, église et lave

 

 

… Qui n’étaient pas à moi !

Il y a donc eu le Kodak Instamatic, le Pentax Spotmatic F et le Kodak Ektra 22EF. Mais ce ne furent pas les seuls appareils entre mes mains. Ces dernières ont aussi manipulé de nombreux 24×36, des Nikon des années 70/80, des Pentax (K2 et K1000). Sans compter les Moyens-Formats Hasselblad.

Ma chance a voulu que le camarade d’enfance de mon père soit devenu un photographe réputé de La Réunion. Ce photographe disposait de son laboratoire, de son studio et donc, d’un certain nombre d’appareils. C’est qu’il était aussi vendeur de matériel. C’était l’époque où les photographes avaient pignon sur rue, où les magasins spécialisés, c’était eux.

Mais, jusqu’aux années 2000, seul l’Ektra 22EF fut donc réellement à moi. Les autres n’étaient que des prêts fugaces. Ah si, il y a eu également un Canon reflex, mais dont le modèle m’échappe (possible que ce soit un AL-1 ou un F-1). Je l’avais récupéré par hasard à la fin des années 80. Mais, mal entreposé, l’électronique avait souffert de l’humidité tropicale et il n’a pas survécu très longtemps. Il est vraisemblable que ma volonté d’un appareil tropicalisé, des années plus tard, soit venue de ce souvenir.

 

 

Une pratique sans pratique

De toutes ces années qui vont de mon enfance à mes trente ans, il ne me reste que très peu de photos faites par mes soins. Difficile de savoir aujourd’hui ce que je pratiquais réellement. Dans mes souvenirs, si j’ai fait du paysage de vacances, c’était plutôt les personnes qui m’attiraient. Déjà. Les prémices de mes futures pratiques.

Puis, les prises de vues se sont faites de plus en plus rares. Le temps passant, je me suis éloigné de la photo. C’est ma traversée du désert. Roland a fermé son atelier et le développement coûtait trop cher pour mes ressources. Surtout que la qualité était souvent épouvantable grâce aux mini-labs dont on ne changeait que trop rarement les bains. Et quand on a été habitué à de l’excellence, difficile de se résoudre à une moindre qualité. Nous n’étions pas riches et mes maigres ressources d’adolescent ont été utilisées à d’autres fins. Le permis de conduire, une voiture, la musique, les voyages en métropole (avec un billet d’avion très coûteux), etc. Ensuite, il y a eu la vie professionnelle et mon établissement à Paris.

Malgré quelques photos lors d’évènements particuliers, je ne vais plus pratiquer la photo pendant plus d’une décennie.

 

 

 

Roland Bénard

À ce stade du récit, il me paraît important de dire quelques mots sur Roland. Comment parler de ma relation avec la photo en omettant ce personnage ?

 

Roland Bénard

Roland Bénard

 

Il s’agit de l’un des plus grands photographes de mon île. Passionné par le volcan, il n’a eu de cesse de faire découvrir La Réunion au travers de ses ouvrages. Mais pour moi, c’est l’ami d’enfance de mon père. Bambin, j’ai passé quelques après-midi dans l’arrière-boutique de son magasin de photo et parfois au sous-sol, dans le labo de développement. Je repense aussi à Alexis CKC, son assistant de l’époque, que j’ai souvent dû embêter.

C’est par son intermédiaire que j’ai réellement découvert la magie de la photo, un monde merveilleux. Il est indéniable que Roland a énormément façonné ma façon de photographier. Avec lui, j’ai compris les règles de base, la façon d’utiliser les formes et les couleurs pour mieux composer une photo. Il m’a aussi dit que l’on devait faire confiance à son instinct lors de la prise de vue. Et surtout, qu’à force de toujours passer son temps à vérifier son boîtier, se demander si la vitesse était la bonne, si l’ouverture était correcte ou s’il fallait fermer d’un demi diaph, alors, on oubliait l’essentiel, le sujet. C’est le sujet qui compte, dans l’instantanéité du moment.

Certes, par la suite, d’autres photographes m’ont influencé, comme Salgado, Brassai, Clergue (la série des gitans !) ou, plus tard Ronis, Moriyama et Araki. Mais Roland restera celui m’a fait aimer la photo.

Jusqu’à mes 15 ans, j’ai passé un peu de temps dans son magasin, situé rue de Paris, à Saint-Denis de La Réunion, face au monument aux morts. Enfin, les magasins puisque c’était un emplacement coupé en deux. D’un côté, la partie photo, de l’autre un magasin d’articles cadeaux, arts ménagers et autres (Photo-Cadeaux Benard), tenu par sa mère. Une dame au caractère bien trempé ! Au sous-sol, il y avait le labo. J’y ai été initié au développement des pellicules. J’y ai aussi compris qu’un long travail pouvait être jeté au rebut parce qu’on s’est planté en fin de développement. Des souvenirs.

Je lui dois beaucoup, sinon presque tout.

 

 

 

La photo, come back

Malgré mon éloignement, l’envie est toujours restée présente, quelque part dans mon esprit. De loin en loin, je jetais un œil sur le monde de la photographie. J’ai vu l’argentique décliner, entre autres par des tarifs excessifs ou par la montée en puissance du numérique. Et puis un jour, le virus s’est réactivé presque par surprise.

 

 

L’arrivée du numérique

Ma première rencontre avec un appareil photo numérique s’est déroulée chez un revendeur de matériel Apple à La Réunion. C’était le Quick Tape 100. Un ovni proposant une résolution de 307 200 pixels (640×480). Bien que trouvant l’objet peu fonctionnel et pas très puissant, j’ai pensé qu’un jour, l’avenir serait peut-être là. Sans que j’en sois vraiment convaincu, tellement la qualité est restée insuffisante pendant des années. Bon, j’étais aussi convaincu que le Laserdisq ne serait pas détrôné. Comme je me trompais !

 

Minolta Dimage 7i

Mon premier APN, un bridge, qui m’a raisonnablement enthousiasmé. C’est au début des années 2000. Un collègue avait acheté cet appareil avant ses vacances. Sa fiche technique était alléchante avec un capteur de 5mpx et un zoom de type 28-200mm. Le châssis était en magnésium, ce qui apportait une impression de solidité, tandis que le support de stockage, de type compact flash, supportait les modèles « disque dur » ! Une vraie aubaine pour l’époque.

Mes débuts de l’ère numérique se sont donc effectués avec cet appareil. Mais pas longtemps, car, suite à une avarie du capteur, il cessera de fonctionner. Le capteur, d’origine Sony, avait un problème de colle qui le dégradait. Avarie reconnue qui m’a valu un remboursement de l’appareil.

Minolta Dimage 7i

Minolta Dimage 7i

 

Si cet APN m’a permis de revenir dans le monde de la photo, c’est aussi celui qui m’a influencé négativement sur les viseurs numériques. Un des précurseurs en la matière, mais qui était tellement mauvais que c’en était rédhibitoire pour moi. Des couleurs non réelles ou une latence horrible… Une influence qui perdure encore aujourd’hui !

 

Les Lumix de Panasonic et la série G de Canon

Pendant les années qui suivirent, de très nombreux petits compacts et autres compacts experts se sont succédé, notamment chez Panasonic/Lumix et Canon. C’était l’époque ou chaque trimestre voyait une nouveauté sortir. Je passais mon temps à revendre et acheter. Car aucun n’arrivait à me convaincre. Pourtant, j’en ai eu ! Entre les DMC-FX01, FX07, FX500, FZ100 ou Powershot G5, G7, ils ont défilé à mon domicile. J’ai dû acheter et vendre au moins une quinzaine de modèles différents entre 2002 et 2007.

De cette période, seul le Canon G7 m’a suffisamment séduit… pendant les 6 mois durant lesquels je l’ai conservé.

 

Ma liste de souhaits

Tout a recommencé quand j’en ai eu assez de chercher l’oiseau rare côté compact. Il me fallait redevenir réaliste et reconnaître que seul un boîtier reflex pouvait me convenir. C’est ainsi que fin 2006, j’ai composé ma petite liste de souhaits :

  • réactivité au déclenchement ;
  • voir ce que je prenais réellement ;
  • disposer d’objectifs de qualité ;
  • disposer d’une bonne qualité d’image, suffisamment de pixels et qui gère bien les ISO ;
  • pouvoir aller dans des endroits humides sans avoir à ranger le boîtier ;
  • un boîtier à un prix raisonnable…

Il y avait d’autres éléments, mais c’était les principaux. Rapidement, je me suis rendu compte qu’un seul fabricant, que j’ai connu très jeune, était capable de répondre à ces souhaits. Comme quoi, on peut-être marqué dès son plus jeune âge ! J’ai passé tout le premier trimestre 2007 à étudier attentivement le marché afin d’être certain de mon choix.

 

L’aventure Pentax

Et en mai 2007, j’ai craqué pour le Pentax K-10D. Un boîtier étonnant qui a fait les beaux jours de la marque. Le premier reflex à correspondre presque entièrement à ma liste de caractéristiques attendues pour un appareil numérique. Le tout a un prix abordable.

Depuis le K-10D, j’ai eu tous les boîtiers reflex experts APS-C de Pentax. Le K-20D en mars 2008, puis le K-7 en septembre 2010 et le K-5 en juin 2012. En novembre 2013, c’est au tour du K-3 de me rejoindre. Ce boîtier est la seconde vraie évolution depuis le K-10D (le K-5 ayant été le premier à mon sens), avec de grosses améliorations dans plein de secteurs, dont l’AF. Le K-3II débarque, quant à lui, en juin 2015. Mais si je suis content de ce que j’ai pu produire, si j’ai pu découvrir et approfondir ce que j’aimais faire, j’avoue aujourd’hui avoir été frustré. Car j’ai quand même grandi avec le 24×36 comme référence !

Banc public - K-1 & 24-70/2.8

Banc public – K-1 & 24-70/2.8

 

La première fois que j’ai eu le K-1 dans les mains, j’ai compris que tout ce que j’attendais depuis longtemps allait prochainement être à ma portée. Quand le premier full frame numérique signé Pentax est enfin disponible, les derniers jours d’avril 2016, j’ai été un des premiers à l’acheter. Tant qu’on ne l’a pas eu en main, il est difficile de se rendre compte de ce qu’il apporte. C’est un changement de braquet sans regret.

Aujourd’hui, même si je dispose toujours d’un K-3, ce dernier ne sert quasiment plus. Idem pour les deux petits compacts (le Canon S100, un « expert » capable de shooter en RAW, et un Ricoh WG étanche, capable d’aller sous l’eau).

 

 

Mes pratiques photographiques

De mes débuts à 2007, il convient de reconnaître que je n’ai eu aucune vraie pratique. Je touchais à tout sans vraiment m’impliquer dans aucune d’entre elles. Ce qui est particulièrement navrant. C’est avec le K-10D que les choses évoluent. À partir de ce boîtier, je fais de la photo de plus en plus régulièrement, testant de nombreuses pratiques avant d’en retenir quelques-unes.

 

Ce que je n’aime pas…

Commençons par les pratiques que je n’aime pas, ou du moins ce que je ne pratique pas, pour des raisons diverses et variées. Mais essentiellement par goût. Certaines, je les ai franchement essayées, tandis que d’autres ont été à peine effleurées.

La macro photographie. Photographier le petit de très près, je n’en ai pas le goût. Même si je suis admiratif de certaines photos. Aujourd’hui, je n’ai pas d’objectif macro. Et je ne devrais pas en avoir à l’avenir.

La chasse animalière. Là encore, est-ce une question de patience ? Possible. Autant je ne rechigne pas à l’idée d’aller visiter un zoo ou une réserve animalière, autant aller passer du temps planqué derrière un affût, cela me laisser froid. Cela m’ennuie. Attention, je n’ai rien contre ceux qui aiment cela. Simplement cela ne me correspond pas.

Le tilt shift, le focus stacking. La mayonnaise n’a pas pris. Pas d’appétence particulière pour ces façons de prendre des vues.

Le pack Shot. Il faudra que j’en refasse un peu, histoire de tester la lumière. Il s’agit de prendre des photos de haute qualité d’un produit, sur un fond le plus souvent uni, souvent pour des catalogues. Dans mon cas, j’ai cherché à reproduire des publicités. C’est parfois amusant, on teste des angles pour voir ce que cela donne. Mais très vite, on se rend compte qu’il faut être soit très inventif pour pallier le manque de ressources. Car souvent, pour une photo, on va dépasser les 6 sources lumineuses (ou faire sans, en bricolant).

La photo culinaire, la photo à haute vitesse. Ah, la photo de la bille qui casse un verre, ou la goutte qui tombe dans l’eau. Visuellement, c’est sympa. Mais faut aimer pratiquer. J’ai tenté deux fois. Quant à la photo culinaire, on comprend très vite que ce que l’on voit est faux. La crème chantilly, c’est parfois de la mousse à raser. Et pour faire briller, on ajoute des choses avant la prise de vue. Bref, j’ai passé mon chemin.

 

 

D’une prédominance de la photo de voyage ou de paysage…

Parce que j’aime voyager, visiter des endroits méconnus, à commencer par la France. Même si ce n’est pas l’activité photo qui me plaît le plus, je la pratique régulièrement. Et puis, elle me permet de me remémorer de bons moments.

Golf du Morbihan - D800 + Nikkor 24-120/4 - Mars 2013

Golfe du Morbihan – D800 + Nikkor 24-120/4 – Mars 2013

 

Dans l’hexagone, j’ai une petite prédilection pour les châteaux de la Loire, ainsi que pour la Bretagne qui est très agréable graphiquement parlant. En restant en France, mais outre-mer, évidemment que j’ai une préférence pour mon île natale. Sans prétendre la connaître par cœur, car il y a des endroits que je ne connais toujours pas, cette île est une terre volcanique étrange, où se mêlent la mer et une montagne torturée. D’autres coins dans le monde sont magnifiques et n’attendent que ma venue.

Plage de Tamarin - K-1 & DFA 24-70/2.8 - Mai 2016

Plage de Tamarin – K-1 & DFA 24-70/2.8 – Mai 2016

 

Dans la photo de paysage, j’aime aussi la photo de nuit. Car elle offre des possibilités différentes. Généralement avec un trépied, elle me permet de composer différemment. Et puis, souvent, il y a moins de monde !

La Défense - K-1 & DFA 15-30/2.8 - Aout 2016

La Défense – K-1 & DFA 15-30/2.8 – Août 2016

 

 

… A la street photographie

Et plus précisément, les gens dans la rue. Il s’agit là de mon domaine de prédilection. Je suis toujours à la recherche d’un regard, d’une attitude. Je scrute inlassablement, jusqu’au moment où il faut prendre la photo. Souvent, on ne dispose que de très peu de temps. Il faut se montrer rapide.

Guitariste - K-3 & DA 200/2.8 - Avril 2015

Guitariste – K-3 & DA 200/2.8 – Avril 2015

 

Pour cette pratique, je préfère nettement utiliser un petit zoom, car il m’offre plus de latitude quant à la prise de vue. Mais je ne dédaigne pour autant pas certaines focales fixes, comme le FA 31 ou le DA 200. Dans des domaines très différents, ils me permettent certaines photos parfois étonnantes, parfois sympathiques.

Quai de Seine - K-3 & Sigma 18-50 - Juillet 2014

Quai de Seine – K-3 & Sigma 18-50 – Juillet 2014

 

A noter que pour la street, à de rares exceptions, je pense en Noir et Blanc quand je prends mes photos. Ce qui fait qu’elles reçoivent par la suite, un développement NB. Ce n’est pas par snobisme ou pour compenser une photo ratée. Juste parce que j’ai été influencé par des photographes comme Salgado. Mes photos sont différentes, mais l’amour du NB reste. Et puis, il y a un côté intemporel dont je ne me lasse pas.

 

 

Sans oublier le studio

Il s’agit d’une (re) découverte récente. Bien que je ne pratique pas souvent, j’aime énormément faire de la photo en studio. Peut-être parce que c’est un endroit où je contrôle tout exactement. Au contraire de l’extérieur, où le photographe subit les contraintes, dans un studio, il peut tout faire. Il décide du décor, de l’éclairage, de la pose, sans être embêté.

Megan - K-3II & FA 77 - Juin 2015

Megan – K-3II & FA 77 – Juin 2015

 

En studio, je fais régulièrement du nu et du portrait. Avec, une fois encore, beaucoup de NB. Par choix.

 

 

La photo de concert

Moins courante parce que cela devient très compliqué de faire rentrer un reflex si on n’a pas les accréditations, du moins sur les gros spectacles. Mais quand c’est possible, Je n’hésite pas. Surtout si les musiciens sont d’accord.

Ziskakan - K-20D & DA 18-250 - octobre 2009

Ziskakan – K-20D & DA 18-250 – Octobre 2009

 

 

 

Mon grand regret

En matière de photo, j’ai un grand regret, c’est de ne pas avoir eu la possibilité de prendre des photos de mon volcan. En 1977, je suis tombé sous le charme des éruptions volcaniques. Grâce à mon oncle qui m’a amené voir la lave au plus près. Pour un gamin de 7 ans, voir de la lave en action à moins de 5 m de lui, c’est quelque chose. Aujourd’hui, on crierait à la folie. Mais j’étais bien entouré, avec des gendarmes autour de moi. Je faisais partie des privilégiés.

Par la suite, pendant des années, j’ai pu suivre des éruptions en vrai. Allant parfois au plus près de l’action. Des geysers de lave comme beaucoup ne les verront jamais ou marcher sur des tunnels de lave fluide, je l’ai fait. J’ai aussi tenté de sculpter la lave que je venais de prélever avec un bâton. Non, ce n’était pas de l’inconscience pour ceux qui ont appris à le faire, car ce volcan est un gentil, un effusif. Malheureusement pour moi, quand j’ai su faire de la photo, je n’avais pas de bon appareil. Les souvenirs sont donc dans ma mémoire.

Traversée de la route, dans l'enclos, en 1998

Traversée de la route, dans l’enclos, en 1998

 

Aujourd’hui, grâce au principe de précaution, tout ce que j’ai pu faire n’est plus faisable. On ne peut plus approcher la lave à moins d’être militaire, préfet, ministre ou membre de l’observatoire. Il y a quelques exceptions pour quelques photographes connus. L’État a confisqué le volcan à ses habitants. Et puis, je ne suis plus sur mon île. Or c’est maintenant que je dispose de quoi faire des photos… Je ne désespère pas qu’un jour, je puisse faire coïncider un retour avec une éruption !

 

 

Quelques mots pour terminer

Selon moi, la photo n’a pas vocation à rester visible sur un écran. Donc, même si je mets en ligne régulièrement des galeries sur mon site personnel, je n’oublie pas le bon vieux papier. J’ai donc une petite imprimante qui me permet d’imprimer jusqu’au format A3+. Et puis, j’édite des livres photo. Au moins 2 par an. Certes, cela prend de la place, mais le plaisir de voir sur papier les photos est nettement supérieur à celui de l’écran. D’une certaine manière, je suis resté très traditionnel.

 

Quand à la suite, l’histoire n’est pas finie, elle continue !

 

Crédit photo : © fyve (sauf pépin)