Rares sont les personnes qui n’ont pas vécu, personnellement ou dans leur entourage, la situation suivante : en rentrant chez soi, que ce soit après le travail ou après des vacances, ou toute autre absence, on reste stupéfait devant la porte de son domicile fracassée ou plus simplement ouverte. On craint le pire et, malheureusement, on a bien souvent raison ! La maison, ou l’appartement, a reçu une visite inattendue, l’état des lieux est catastrophique, et, bien sûr, beaucoup d’objets ont disparu ! Alors on fait rapidement un inventaire : les bijoux ont disparu, certains appareils multimédias aussi ; disparu aussi… le matériel photo.

Si c’était votre retour de vacances, vous avez peut-être sauvé votre boîtier et quelques objectifs… Si c’est un retour du travail, à moins que votre cher APN et ses objectifs ne vous suivent partout, c’est fichu !

Mais, allez-vous dire : « Je suis assuré en multirisques habitation, donc mon assurance va prendre ça en charge et je serai remboursé ! ».

A priori, rien n’est moins sûr ! Et en plus, cela n’effacera pas le désagrément de la chose, sans compter la frustration de ne plus pouvoir, au moins pendant un certain temps, vous livrer à votre passe-temps favori !

En tous cas, il est peu probable que vous soyez indemnisé à hauteur de la valeur réelle de votre matériel. Du reste, pour espérer percevoir quelque chose, encore faut-il savoir avec exactitude ce qui a été volé. La compagnie d’assurance ne va probablement pas se satisfaire d’une simple liste ! Il va falloir fournir les factures d’achat, les numéros de série et tous les renseignements lui permettant, le cas échéant, de chiffrer le montant du préjudice et celui de l’indemnisation. Ce n’est d’ailleurs pas obligatoirement simple sauf si, en photographes avisés et prévoyants, vous avez suivi les conseils qui ont pu vous être donnés ici ou là, et particulièrement par PentaxKlub.

Autre incident possible :

  • vous êtes attablé dans un bar, votre APN posé devant vous. Il y a du monde, beaucoup de mouvement et soudain, une main s’empare de l’APN et disparaît dans la foule pendant que vous étiez en train de consulter la carte des boissons.
  • de la même manière, dans un bar ou tout autre lieu, un faux mouvement et voilà votre matériel qui tombe sur le sol carrelé, objectif en avant, bien sûr. Vous imaginez tout de suite les dégâts ! Certes, les APN Pentax sont parmi les plus solides, mais ce n’est tout de même pas une raison pour leur laisser courir de tels risques.

Quels recours dans ces situations ? Pensez-vous que le propriétaire de l’établissement va faire jouer son assurance ? Il arguera du fait que vous avez été négligent pour s’exonérer de toute responsabilité. Et vous aurez alors le plus grand mal à faire valoir votre point de vue.

On peut à l’infini imaginer des situations dans lesquelles votre matériel peut soit disparaître, soit être endommagé. Et la seule « parade » – le mot n’est pas vraiment adapté, dans la mesure où on ne peut pas tout prévoir – c’est d’avoir une bonne assurance. Normalement, la question ne se pose même pas de savoir s’il faut ou non assurer son matériel photo ! Mais, si on se la pose, la seule réponse possible, si le matériel représente une certaine valeur, est OUI, et en majuscules ! Evidemment, c’est beaucoup moins nécessaire si vous ne disposez que d’un vieux compact 3Mpx : la perte sera sans doute beaucoup moins douloureuse, financièrement parlant.

 

Comment s’assurer ?

Les solutions sont nombreuses et non interchangeables la plupart du temps.

A l’achat du matériel

Il n’est pas rare que certains revendeurs proposent, lors de l’achat d’un APN neuf, mais plus rarement pour l’achat d’accessoires ou d’objectifs, une garantie contre le vol, limitée dans le temps, bien sûr, mais le plus souvent gratuite ou contre paiement d’un faible montant de prime, à l’image de ce qui est parfois proposé pour les smartphones.

Si vous optez pour cette solution, n’hésitez pas à interroger avec insistance le vendeur afin qu’il vous informe complètement sur le périmètre réel couvert par ce type d’assurance. Faites lui préciser aussi la durée de l’assurance et tous les renseignements utiles en cas de mise en jeu de cette assurance, entre autres :

  • quels cas précis couvre-t-elle ?
  • existe-t-il des exclusions, et, si oui, lesquelles ?
  • une vétusté est-elle appliquée en cas de mise en oeuvre ? si oui, selon quels critères ?
  • peut-on résilier facilement et rapidement cette assurance ?

Il ne faut pas se priver de demander tous les renseignements qui vous viennent à l’esprit : si le vendeur veut aussi vous vendre une assurance, en plus de l’objet, il DOIT vous donner toutes les informations vous permettant de décider : a priori, vous êtes venu acheter un objet, pas une assurance. Et ne décider favorablement que si vous avez la certitude de ne pas « vous faire avoir ».

 

Après l’achat

C’est sans aucun doute la solution la plus souvent rencontrée. En effet, lorsque l’on est un « primo-acquéreur » (quelqu’un qui s’équipe en matériel photo pour la première fois), on ne pense pas à assurer son matériel. Mais, lorsque l’on a complété sa panoplie d’objectifs et d’accessoires, on finit par se rendre compte que tout cela a une valeur non négligeable et que perdre le tout dans un vol ou un accident constituerait un préjudice certain, financièrement, bien sûr, mais aussi sur un plan plus « cérébral » : même si la photo n’est pas votre métier mais seulement un loisir, une passion, sans doute occupe-t-elle une place non négligeable dans le temps que vous consacrez à vos loisirs.

Vous considérez donc – et plus encore si vous êtes d’un naturel inquiet mais aussi prévoyant – que l’assurance est un bon moyen de se prémunir contre tout incident fâcheux.

Une des premières préoccupations qui vient alors à l’esprit, c’est le cambriolage chez soi. Personne n’est à l’abri d’un cambriolage dans notre monde actuel, sauf à vivre dans un blockhaus imprenable. Et, très vite, vous pensez que votre assurance multirisques habitation vous protège efficacement. Vérifiez donc d’abord ce que prévoit votre contrat à cet égard : il existe, malheureusement, de fortes chances que rien n’y soit précisé en ce qui concerne le matériel multimédia ou photo. Si c’est le cas, alors une visite à votre assureur s’impose. Vous aurez ainsi l’occasion de vérifier s’il peut vous proposer une formule adaptée à vos besoins en la matière, vous pourrez lui poser toutes les questions utiles (que, bien entendu, vous aurez au préalable préparées pour n’en oublier aucune !) et vous écouterez ses réponses avec attention. Rien ne vous oblige, à ce stade, à souscrire immédiatement à ses propositions (à supposer qu’il puisse vous en faire !). Prenez le temps de décider seul, au calme, en fonction des garanties envisageables, des indemnisations prévues dans chaque cas et des… primes supplémentaires à payer !

Mais cela, c’est dans le meilleur des cas. Le plus souvent, aucune assurance particulière n’est prévue dans un contrat-multirisques habitation et le matériel photo est soumis au même traitement que tout autre type de matériel détenu chez soi.

Parfois, le mobilier strict (c’est-à-dire les meubles, et non pas les « objets mobiliers » au sens juridique) est garanti avec une indemnisation au prix du neuf : cela peut quand même donner à sourire, tellement il est rare que les cambrioleurs repartent en emportant votre lit, vos meubles de salon et votre table de cuisine ! Mais, pour l’équipement ménager, c’est une autre affaire : des coefficients de vétusté sont appliqués, du moins après la première année de possession, ce qui diminue très rapidement le montant de l’indemnisation éventuelle. Et c’est ce régime qui est généralement appliqué au matériel photo. Vous êtes sans doute bien informés sur la valeur de votre équipement. Si votre APN a déjà quelques années, vous savez que sa cote a singulièrement baissé et l’assurance en tiendra compte, bien entendu : le montant remboursé ne vous permettra pas de racheter un APN de même gamme, qui aura bien sûr disparu des rayons des revendeurs. Ne restera, éventuellement, que la possibilité de racheter sur le marché de l’occasion.

Pour ce qui est des objectifs, il existe de fortes probabilités qu’il en soit de même. Or, bien souvent, on tient encore plus à ses objectifs qu’à ses boîtiers, sans compter le fait que certains d’entre eux ne pourraient tout simplement pas être remplacés. Par exemple, si on vous vole le merveilleux Pentax FA* 200mm f/4 macro et que l’assurance vous le rembourse à un prix correspondant exactement à sa cote (autour de 2000€ à la date de ce dossier), – ce qui serait déjà très étonnant et, pour tout dire, inespéré ! – vous aurez les plus grandes difficultés à en trouver un d’occasion. Il faudra, le cas échéant, vous « rabattre » sur un autre modèle, et dans cette gamme, le marché ne propose pas grand-chose ! De plus, la valeur sentimentale des objets n’est jamais prise en considération.

Pour autant, nous ne pouvons que vous conseiller à nouveau, pour le matériel en votre possession, d’en tenir un état-inventaire avec photos, numéros de série et … factures (reportez vous à notre article déjà cité) : peut-être cela vous permettra-t-il d’être plus justement indemnisé en cas de sinistre.

 

Que faut-il assurer ?

Tout type de matériel lié à la photo :

  • boîtiers
  • objectifs
  • trépieds ou monopodes
  • accessoires divers (sacs, soufflets, bagues-allonges, compléments optiques, etc …), autrement dit, tout ce qui représente un « certain prix », notion par essence vague et difficile à chiffrer avec précision. Bien entendu, vous pouvez vous abstenir d’assurer les cartes-mémoires, qui peuvent être utilisées sur d’autres types d’appareils.

Parlez-en avec votre assureur !

 

Auprès de qui s’assurer ?

Nous avons évoqué les 2 possibilités les plus évidentes : à l’achat et dans le cadre d’une assurance multirisques habitation. Mais il existe d’autres possibilités, différentes selon que vous êtes un particulier passionné de photo ou un photographe professionnel.

Nous ne développerons pas davantage ce sujet pour les professionnels : leurs contraintes particulières, selon leur manière d’exercer leur profession, mériteraient un dossier spécifique dans lequel seraient distingués, par exemple, les photographes de studio, le revendeurs de matériel, les photographes de reportage, etc … Autant de professions différentes dont le seul point commun est de s’exercer autour de matériel photo.

Il existe, sur ce point, des compagnies spécialisées dans ce domaine et, tout particulièrement (en ordre alphabétique) :

Notez toutefois que ces organismes se proposent aussi d’assurer le matériel des particuliers.

Ne négligez pas, pour autant, les formules proposées parfois par  les banques (par exemple lors d’achats à crédit) dont certaines couvrent plusieurs domaines. C’est, par exemple, le cas de la proposition du Crédit Agricole. Nous ne pouvons que vous conseiller de faire un panoramique de toutes les propositions susceptibles de vous satisfaire ou, à tout le moins, d’apporter des réponses à vos interrogations.

Pour ce qui concerne les particuliers stricto-sensu, les assureurs traditionnels peuvent aussi, au moins pour certains d’entre eux, proposer des formules. Nous en avons interrogé plusieurs mais leurs réponses tardent quelque peu à nous parvenir. Aussi, nous complèterons ce dossier le moment venu, en détaillant leurs propositions et leurs tarifs. Sachez, à ce propos, que ce tarif variera en fonction des garanties souscrites et de la « consistance » et de la valeur de votre matériel. En pratique, les montants varient de 50 à 500€ par an environ. Il vous appartient de décider si, dans votre situation personnelle, ces montants sont justifiés ou pas.

N’oubliez cependant pas que les disparités peuvent être très grandes d’une compagnie à une autre. C’est pourquoi nous pensons qu’il est nécessaire d’en interroger plusieurs et de déterminer la proposition qui, parmi toutes celles qui pourront vous être faites, saura répondre à vos besoins. Interrogez-vous également sur votre pratique photo et les risques qu’elle vous fait prendre, ou pas, en ce qui concerne la sécurité de votre matériel. Par exemple, si vous avez l’habitude de laisser votre matériel (bien ?) dissimulé dans le coffre de votre voiture en stationnement dans un lieu isolé, pensez-vous qu’une assurance est nécessaire pour couvrir ce qui, en toute logique, est une attitude à proscrire ? Il est fort probable, de toute manière, que ce cas fera partie des exclusions de bien des assureurs !