Avant l’arrivée du K-1, la question ne se posait qu’en termes d’une radicalité traumatisante : « Rester Pentax ? » ou « Quitter Pentax ? ». Désormais la question est devenue : « Quel Pentax ? ». Par malice, on peut se demander si elle n’en est pas moins traumatisante. Comment choisir ?

En tous cas, cette question est très ouverte. En effet le choix va du format APS-C au Moyen Format, sans parler du format Q, même si on peut se poser des questions quand à la pérennité de ce format à l’avenir.

 

De quel format ai-je besoin et pourquoi ?

Même s’il n’y a pas de règle rigide, on peut établir quelques liens entre la pratique photo et le format.

le besoin :

  • de grands tirages
  • d’une définition extrême
  • d’un modelé très fin
  • d’une utilisation de la profondeur de champ visible.

oriente vers le FF.

 

Le besoin :

  • de longues focales (x 1,56),
  • de légèreté, de compacité,
  • de budget léger et compact.

Correspondent plus à un APS-C.

 

A ces critères rationnels s’ajoutent ceux, tout aussi rationnels, de la pratique photographique

  • la photo de paysage
  • d’architecture
  • le portrait, particulièrement en studio

peuvent plus facilement nécessiter les qualités qu’apporte le FF.

 

Par contre

  • la photographie animalière
  • la macrophotographie des petites bêtes farouches
  • la photo sportive
  • et toutes les pratiques photographiques où le coefficient x1,53 est un atout

appellent plutôt un APS-C.

 

Ces «règles» ne sont évidemment pas des lois intangibles.

On pourrait s’imaginer, et certains l’imaginent probablement, que les professionnels s’équipent plus volontiers en FF qu’en APS-C : c’est moins mécanique qu’il y paraît. C’est plutôt la typologie des photos qui leur sont demandées que leur statut qui amène ça. Il y a plus de commandes en architecture qu’en animalier sauvage. Et puis les professionnels sont réellement touchés par la problématique d’image. Mario Fourmy, photographe professionnel, disait il y a quelques années sur un forum que, pour assurer des contrats, il allait chez les clients avec un 645, alors qu’il savait très bien que le contrat serait fait avec un K-5 !

Cette question d’image joue un rôle moins «vital» chez les amateurs, mais il en joue un quand même.

 

Les derniers éléments du choix d’un format plutôt qu’un autre

Ce sont des éléments pratiques, concrets, de ceux qui découlent d’une pratique physique du boîtier. Nous les exposerons ici tels que nous les avons vécus, pour aider ceux qui ne peuvent pas (facilement) essayer le K-1 plus que quelques instants forcément trop courts.

1- La visée. Indéniablement plus confortable et facile que celle d’un APS-C, de par la taille du viseur, la qualité du dépoli, de ses gravures et leur lisibilité. L’allumage du (des) collimateur à la MAP, il(s) devient plus gros et plus grand, en basse lumière le(s) collimateur(s) et les lignes gravées du viseur s’illuminent brièvement. C’est simplement remarquable d’efficacité et beaucoup moins agressif que le rouge gras des K-5 et K-3. La précision de l’AF et sa réactivité jouent un rôle non négligeable dans le confort la visée du K-1. On peut penser que ces qualités se retrouveront dans le futur APS-C haut de gamme de la marque. La qualité de la visée 100% du FF Pentax est une bénédiction pour les porteurs de lunettes. Des objectifs manuels délaissés retrouvent le chemin de la baïonnette K grâce au K-1.

2- La qualité des images. Sur ce point là aussi la différence, due au format, est évidente. Les images délivrées par le K-1 sont plus fines, plus détaillées, avec un modelé graphique et un rendu chromatique plus doux, des transitions plus progressives. C’est à l’évidence le résultat du format et pas celui de l’objectif, la comparaison d’une image issue d’un K-1 avec une image issue d’un K-5IIs avec le même objectif le montre bien. Et avec un objectif de haute volée, on voit bien ce que donne le FF. Les capacités des ingénieurs de Pentax à tirer la quintessence d’un capteur donnent toute leur mesure sur le FF.

3- L’ergonomie. C’est un des points forts réputés de Pentax. Sur le K-1 elle est très évidemment orientée pro, c’est à dire conçue pour faciliter au maximum une utilisation rapide, pratique sur le terrain. Cela a abouti, entre autres, aux 2 mollettes de fonction. C’est efficace. on peut se risquer à prédire que ce choix perdurera par la suite dans les boîtiers de la marque, bien que cela prenne de la place à l’intérieur du boîtier. Cette ergonomie, conçue pour un usage facilité sur le terrain, semble réussie.

 

Voilà les principaux «plus» spécifiques au FF K-1. Certains diront : «C’est tout ?». Eh bien oui !

 

Nous n’avons pas tous objectivement besoin d’un FF. Le choix d’un format n’est pas une affaire d’objectivité. C’est un choix éminemment personnel donc forcément subjectif. Les ressorts profonds de cette subjectivité sont la propriété intime de chacun. Elle ne devrait pas être l’objet de quelque jugement que ce soit.

Réellement, il y a une vie photographique en dehors du FF. Une vie photographique épanouie, qui apporte des satisfactions. Tout autant que la vie photographique FF. Vous pouvez avec intérêt consulter les articles « 5 raisons …» consacrés à l’APS-C et au FF.

Les K-5 et K-3 sont, comme le K-1, de magnifiques machines à faire des photos. Elles vont être remplacées par d’autres, qui seront aussi, n’en doutons pas, de magnifiques outils à faire des photos.

Dans l’absolu, l’APS-C n’est pas mort. Et, chez Pentax, il bénéficie d’une gamme d’objectifs de très haut niveau. Qu’à l’avenir il faille s’attendre à voir Pentax sortir des objectifs DFA et plus seulement des DA, parait évident. Ne serait-ce que pour des raisons de prix, il n’y aura pas que des DFA. Les DA (non compatibles FF) sont plus légers, plus petits que les DFA et, pour cela, moins chers. D’ailleurs la road map, consultable en permanence sur le site RICOH, prévoit des DA à venir.

Néanmoins, le marché de la photo numérique est en constante évolution et il est bien difficile de prévoir la situation dans 3 à 5 ans.