Après des années d’attente, les Pentaxistes ont enfin à leur disposition – du moins pour ceux d’entre eux qui peuvent se l’offrir – un boîtier numérique équipé d’un capteur de format 24×36, dit « FF » (Full Frame).

Venant bien après ses concurrents des autres marques connues, il intègre des fonctionnalités que les photographes sont en droit d’exiger en 2016 sur un APN de haut niveau.

« Sur le papier », ses caractéristiques sont extrêmement alléchantes, notamment en ce qui concerne la plage de sensibilité qu’il est censé couvrir. Qu’on en juge : cette plage s’étend d’ISO 100 à ISO 204 800. Certains de ses concurrents offrent une valeur basse de 64 ISO et même de 50 ISO. Mais, même si certains atteignent des valeurs étendues extrêmement élevées (Nikon D5 – capteur 24×36 – 102 400 ISO extensible jusqu’à 3 280 000 ISO, et Nikon D500 – capteur APS-C – 100 à 51 200 ISO, extensible à 1 640 000 ISO), bien peu assurent des performances correctes au-delà de 3200 ISO. Qu’en est-il du K-1 ?

 

Conditions du test

C’est ce que nous avons voulu savoir par un test qui, comme toujours chez PentaxKlub, n’est pas effectué en laboratoire mais dans un environnement que tout photographe amateur est à même de reproduire chez lui.

Nous avons décidé de photographier une « scène » unique dans les conditions suivantes :

  • en intérieur, sans flash et sans lumière artificielle (uniquement la lumière du jour pénétrant par les ouvertures de la pièce). A noter à cet égard : au jour et à l’heure du test (entre 15h00 et 15h30), le temps était très couvert, d’où un manque de luminosité évident se traduisant par un contraste plutôt « mou » !
  • K-1 sur trépied
  • Objectif Pentax F 50mm f/1.7
  • Ouverture constante : f/7.1
  • Mise au point : MF
  • Mesure centrale pondérée
  • Déclenchement par télécommande (SR Off, par conséquent)

 

Les sensibilités utilisées sont (en ISO) :

100 – 200 – 400 – 8001600 – 2000 – 3200 – 4000 – 6400 – 8000 – 12800

en extra : 25600 et 51200 ISO

Les fichiers RAW pour 800, 1600 et 6400 ISO sont disponibles au téléchargement.

 

Les images obtenues (RAW DNG) (7360 x 4912) sont redimensionnées en format 1472 x 982 (soit une division par 5) et affichées en format Jpeg, bien sûr, avec, en regard, un extrait 100% de la partie centrale de l’image d’origine (également redimensionnée). Un filigrane est apposé sur chaque image, mais aucun traitement complémentaire n’est effectué.

La mise au point est effectuée sur la carte « Dame de Cœur » ; la mesure de la lumière s’effectue sur le livre « Anagrammes renversantes ».

 

Les résultats

SensibilitéImage entière
format 1472x982
Centre de l'image 100%
100 ISO
200 ISO
400 ISO
800 ISO
1000 ISO
1600 ISO
2000 ISO
3200 ISO
4000 ISO
6400 ISO
8000 ISO
12800 ISO
25600 ISO
51200 ISO

 

Ces images tendent à démontrer l’excellente montée en ISO du K-1, bien supérieure à celle des boîtiers APS-C de haut niveau que sont déjà le K-5 et ses variantes (K-5II et K-5IIs), le K-3 et le K-3II.

Certes, on peut considérer que c’est l’apanage des capteurs FF, mais on peut constater, en observant le marché, que tout le monde n’obtient pas les mêmes résultats.

Les images présentées en format réduit ne permettent pas de se faire une idée très précise de la performance du capteur et du boîtier et il ne peut pas en être autrement : une image au format plein « pèse » de plus de 44Mo à plus de 63 Mo au fur et à mesure que l’on monte en sensibilité ; dans ces conditions, une image de 300 à 400 Ko ne représente qu’imparfaitement la réalité.

De 100 à 1600 ISO, il n’y a pas grand chose à redire ; on observe, certes, une montée progressive du bruit, mais elle reste très bien contenue, notamment sur les à-plats de couleur, et ce, d’autant plus que les conditions du test n’étaient pas de nature à favoriser l’absence de bruit : la lumière était très nettement insuffisante, conséquence d’une journée pluvieuse en région parisienne. Dans ce contexte rarement rencontré dans la réalité (on utiliserait probablement un flash dans des conditions similaires), le K-1 s’en sort très bien.

A partir de 2000 ISO, la montée du bruit est progressive, quoique bien contenue : un passage des images dans un logiciel de traitement, permettra un bon lissage peu destructeur. Au delà de 12800 ISO, les choses « se compliquent », mais c’est normal : peu de boîtiers s’en sortent bien dans ces hautes sensibilités et il ne fait pas de doute que le K-1 se situe dans le peloton de tête, si l’on en juge par les tests effectués sur les boîtiers concurrents par la presse spécialisée. Même à 51200 ISO, les images présentées ici gardent des parties très exploitables après traitement.

 

Comparaison avec les K-5IIs et K-3

A 800, 1600 et 3200 ISO.

 Boîtier K-5IIsBoîtier K-3
à 800 ISO
à 800 ISO (détail centre)
à 1600 ISO
à 1600 ISO (détail centre)
à 3200 ISO
à 3200 ISO (détail centre)

Si la définition globale de l’image entière est très proche entre le K-5IIs et le K-3, l’examen du détail du centre de l’image montre, sur le premier nommé, une montée non négligeable du moiré. Ce point devrait être traité en développement du RAW, par exemple au moyen de l’outil « Filtre gradué » dans LightRoom.

Toutefois, on notera une meilleure montée en ISO du K-1. Surtout, le bruit qui apparaît plus progressivement, a un rendu qui ressemble plus fortement au grain argentique, avec moins de dominante rouge. Au contraire, sur les boîtiers APS-C (K-5 et K-3), cette dominante rouge apparaît assez tôt, et, même si elle reste assez discrète jusqu’à 1600 ISO, elle est ensuite nettement décelable.

Les progrès attendus du capteur FF trouvent là une illustration incontestable, même si, comme on peut s’y attendre, la situation se dégrade aux plus fortes valeurs (+ de 25600 ISO).