GR IIIx, test et comparaison

Il y avait le GR III, désormais il y a aussi le GR IIIx. Tous deux partagent une même base technique, le même capteur et les mêmes dimensions. La seule vraie différence entre les 2 modèles relève de l’objectif. D’un côté, le GR III avec une focale de 18.3 mm (équivalent 28 mm) et de l’autre, le GR IIIx avec une focale de 26.1 mm (équivalent 40 mm). C’est au niveau de l’objectif qu’on verra la différence, l’objectif du second étant légèrement plus long. Les autres différences tiennent de certaines inscriptions.

Cet écart est néanmoins suffisant pour justifier un test de ce nouvel APN. Un tes peut-être pas aussi complet, raison pour laquelle la relecture du test du GR III, avant de se pencher sur celui du GR IIIx, peut s’avérer complémentaire. Nous avons intégré aussi un comparatif entre les 2 modèles. Car, en effet, lequel des 2 acheter ? Une réponse que nous tenterons d’apporter en fin d’article.

C’est parti pour le premier test de l’année 2022 !

Il est plus difficile de tester un APN tout-en-un, à objectif unique non interchangeable. En effet, il convient de tester à la fois le boîtier lui-même et la partie objectif. Ce test est donc un mixte de nos tests « boitier » et de nos tests « objectif ».

La prise en main du GR IIIx

Présentation

Le GR IIIx est toujours aussi petit, du moins autant qu’un APN de ce type puisse l’être. Il est légèrement plus lourd que son ainé, 5 gr de plus pour un total de 232 grammes (sans batterie). Cela reste tout à fait raisonnable comme poids total. Quand on l’a dans la paume de la main, on sent que ce n’est pas un gadget en plastique, et c’est plutôt une bonne chose.

vue de dessus (© Ricoh Imaging)
vue arrière (© Ricoh Imaging)

Le GR III partage son design avec la version IIIx. Un parallélépipède presque parfait, très épuré. Les boutons de commandes sont inchangés, simples et très peu proéminents. Toute la partie droite de l’appareil est recouverte d’un caoutchouc granité antidérapant, agréable et efficace. L’écran est tactile, au format de 3″ dans un ratio de 3:2. La résolution est toujours d’environ 1 Mpx. Le capteur, au format APS-C, est de type CMOS d’origine Sony, propose 24,24 Mpx utiles. L’AF de type hybride reste le même. Tout est donc similaire… sauf l’objectif intégré qui est différent, proposant un champ visuel un peu plus étroit.

Caractéristiques techniques (cliquer pour voir)
TypeCompact numérique
CapteurCMOS APS-C env. 24,79 mégapixels (24,24 effectifs)
SensibilitéPlage ISO : 100 – 102400
Auto, AUTO-HI (ISO Maximum/ ISO Minimum sélectionné)
Objectif26.1 mm (équiv. 40 mm en format 35 mm)
7 éléments en 5 groupes - 2 éléments asphériques

Crop électronique 50 et 71 mm
Plage d’ouverturef/2.8 à f/16
Mise au point (distance minimale)Normale : 0,1m
Macro : approx. 0,06m ~0,12m (grossissement maxi : 0,2x)
Réducteur de bougésur 3 axes
AutofocusTTL hybride par détection de contrastes et corrélation de phase
Modes : AF Multi, AF Spot, AF précis, Suivi du sujet AF, MF, Snap, infini, priorité reconnaissance des visages , AF continu
Ecran3.0 pouces - translucide TFT couleur LCD (environ 1 230 000 points)
Obturateur1/4000-300 sec., Pose B, expo minutée 10sec - 20m
ExpositionMesure multizone, centrale pondérée, spot et pondérée hautes lumières
(correction possible de +4 IL à -4 IL par 1/3 de valeur)
Modes de prise de vue Auto, Programme, Priorité Ouverture, Priorité Vitesse/Ouverture, Manuel, Vidéo, Mode « User » (molette)
Flashnon incorporé
Viseur optiqueEn option (GV-3)
InterfacePrise USB-C :
- Battery Recharge/Power Supply (Optional AC Adapter required),
- Data Transfer: MTP,
- Video output: DisplayPort over USB-C (DisplayPort Alternative Mode)
Wi-Fi /
Bluetooth
Norme : IEEE 802.11b/g/n (HT20) (Protocole réseau sans fil standard)
Bluetooth® v4.2 (Bluetooth Low Energy)
Format des fichiersPhoto : RAW (DNG) 14bit, JPEG (Exif 2.3), DCF2.0 - Espace sRGB et AdobeRGB
format [3:2] L(24M:6000x4000), M(15M:4800x3200), S(7M:3360x2240), XS(2M:1920x1280)
format [1:1] L(16M:4000x4000), M(10M:3200x3200), S(5M:2240x2240), XS(1.6M:1280x1280)

Video : MPEG4 AVC/H.264 (MOV) Full HD (1920x1080, 60p/30p/24p)
Temps d'enregistrement : jusqu'à 25 minutes ou 4Go
MémoireInterne : 2Go
Externe : SD / SDHC / SDXC type UHS-I
Alimentation Batterie rechargeable DB-110 lithium-ion
Autonomie (avec batterie rechargeable lithium-ion)Photo : env. 200 photos
Mode lecture : env. 180 min
Vidéo : env. 45 min.
Dimensions/poids6,19 cm (H) x 10,9 cm (L) x 3,32 cm (P) – 232 g boitier nu, 262 g avec batterie et carte
Accessoires fournis- Batterie rechargeable DB-110 (1350 mAh)
- USB Power Adapter
- Power Plug
- USB Cable I-USB166
- Dragonne (Handstrap GS-2)
Accessoires optionnels
(non exhaustif)
- courroies de cou ST-2 et GS-3
- déclencheur externe CA-3
- viseurs externe GV-3
- bague adaptatrice GA-2
- télézoom GT-2
- étuis souples GC-11 et GC-12
- ring cap GN-2 (3 couleurs DC, BK, BZ)
- flash AF 201 FG
(données Ricoh)

L’optique

La formule optique du GR IIIx est différente de celle du GR III. Il y a 7 éléments optiques, répartis en 5 groupes. Parmi ces lentilles, il y a des éléments « haute réflexion faible dispersion » et des éléments asphériques. Ils permettent de supprimer au mieux la distorsion et l’aberration chromatique, dans le but de proposer des images nettes et lumineuses, dès la pleine ouverture. En pratique, le challenge semble réussi.

schéma optique (© Ricoh Imaging)

 

Il n’y a pas beaucoup d’informations concernant le diaphragme. Mis à part les vitesses d’obturation, comprise entre 1/4000 et 30 s. Attention, à f/2.8, la vitesse la plus rapide n’est que de 1/2500 s. Il faut une ouverture à f/5.6 pour obtenir cette vitesse de 1/4000.

Stabilisation

La stabilisation classique de Pentax, sur 3 axes, est de la partie. Ce qui permet de réduire les vibrations de l’APN. Le gain est intéressant puisqu’on peut compenser jusqu’à 4 vitesses d’obturation.

Ergonomie et fonctionnalités

Généralités… et conclusion !

L’ergonomie du GR IIIx est à l’image de son ainé avec un écran tactile permettant un choix de l’endroit de la mise au point très rapide. Dans le but de faciliter certaines scènes, l’APN est équipé d’une fonction « reconnaissance de visage » qui fait automatiquement le point sur les visages. Malgré ces avantages, l’ergonomie ne peut être qualifiée de simple. Les commandes arrière sont à usages multiples, rendant parfois compliqués certains choix de prises de vue. Ainsi, en mode manuel, si les deux molettes permettent facilement de modifier l’ouverture et la vitesse. Le changement des ISO, dans ce mode M, est lui plus compliqué à mettre en œuvre.

Il est donc fortement conseillé d’apprendre et de s’exercer au fonctionnement. Il ne faut pas découvrir le boîtier sur le terrain, sinon vous risquez de graves surprises et des clichés ratés.

Les molettes de contrôle et le trèfle de fonction

Les principales commandes situées à l’arrière sont les suivantes :

  • Le bloc « ADJ/+- » est une sorte de molette-bouton permettant le contrôle de l’image. En mode M (manuel), il se transforme en molette de contrôle. C’est en appuyant dessus que l’accès aux autres fonctionnalités est possible.
  • Le trèfle permet de gérer les ISO, le mode macro (ou bien est-ce simplement de la proxy-photo ?), les modes de déclenchement / retardateur ainsi que le défilement des images en mode lecture et la gestion de la balance des blancs (WB). L’ajustement des fonctions s’effectue en utilisant la couronne autour du trèfle.
  • La touche Disp permet les affichages de lecture,
  • La Fn est personnalisable et permet de supprimer des photos en mode lecture.
Les menus

Le menu est celui du GR III. Il n’y a pas de quoi s’étonner puisqu’au niveau électronique, c’est un clone. Le défilement du menu est vertical. Il est organisé en 3 niveaux :

  • la rubrique,
  • la page,
  • la fonction.

La lecture du manuel afin de comprendre à quoi correspondent certaines fonctionnalités est quasiment une obligation. Il est facile de passer au travers, voire ne pas ou mal comprendre un point spécifique. Comme le mode SNAP, par exemple.

Modes Auto, M, T, A et Users

Le GR IIIx offre la possibilité de photographier à 40, 50 et 70 mm. C’est dans le Menu ‘Réglages d’image fixe > Réglages capture image‘ que vous pourrez effectuer ce choix. Attention, le procédé utilisé est celui du crop. Ce n’est donc pas un zoom. L’APN va utiliser qu’une partie du capteur autour du centre pour prendre le cliché. Avec, à la clé, une parte de définition importante. C’est donc une méthode inélégante, mais qui a le mérite d’exister et de dépanner en l’absence du téléconvertisseur GT2.

Point sur le mode Snap Focus

Il s’agit d’un mode de mise au point dédié permettant de prendre des photos en utilisant l’une des six distances de mise au point prédéfinies (1 m, 1,5 m, 2 m, 2,5 m, 5 m ou Infinity). Dans les faits, le photographe définit la distance de mise au point et le boîtier va s’occuper de tout le reste en fonction de l’ouverture choisie. Plus le f/ est élevé, plus la zone de profondeur de champ sera grande et tout ce qui sera dans cette zone sera net. À f/2.8, la zone de MAP est de 0,52 cm, à f/16 elle est de 15,6 m.

Ce qui permet donc, théoriquement, de capturer aussi bien des gros plans de personnes et des prises de vue élargies (du moins, autant que le permet un 40 mm), sans perdre de temps à la mise au point. Le photographe n’a qu’à s’occuper du cadrage et du bon timing pour déclencher. Le Snap Focus est, pour les amateurs de street, un vrai plus. Et quand on est malin et friand de la fonctionnalité, il suffit d’attribuer à la touche Fn le changement Auto Focus/Snap Focus.

En utilisant une vitesse d’obturation suffisamment rapide, on gèle sans souci les mouvements des gens (entre 1/200s et 1/500s).

Nous reviendrons prochainement sur le Snap Focus par l’exemple.

Autofocus, rafale et stabilisation

Comme son prédécesseur, il est performant en mode vue par vue. Mais il se trouve davantage en difficultés lorsqu’on opère en mode rafale ou que l’on utilise le mode AF multipoints : il lui arrive, dans ce dernier cas, à ne pas faire le point à l’endroit souhaité. À expérimenter, par conséquent !

Lorsque la luminosité est bonne, l’appareil est très réactif. Il l’est nettement moins en conditions de faible lumière. En mode rafale, il peut produire 30 photos au format JPEG à une cadence de 4,1 images-seconde ou 10 clichés en RAW seul à la cadence de 6,8 images-seconde. On aurait pu prétendre à mieux.

Vidéo

Par manque de temps et, surtout, d’appétence, nous n’avons pas testé la vidéo du GR IIIx. Nous ne ferons pas de remarques particulières sur ce point, mis à part que ce serait perfectible.

La vidéo est de type Full HD (1920×1080, en 60p / 30p / 24p) au format MPEG4 AVC/H.264 (MOV) avec une prise de son via le microphone stéréo intégré au boîtier. On ne peut pas excéder les 25 mn de film (ou la taille de 4 Go), officiellement pour permettre au capteur de refroidir, officieusement pour payer moins de taxes (la lecture de cette note douanière est intéressante).

Certains s’interrogeront sur l’absence de la vidéo 4K. Le capteur utilisé n’est pas en mesure de proposer la 4K. Le débit du bus de sortie est insuffisant. Certes, Ricoh Imaging aurait pu utiliser un capteur APS-C capable de 4 K.  Déjà il aurait fallu d’une part qu’il soit disponible et d’autre part que le prix reste compatible avec la cible. Or les capteurs 4K sont plus chers, parfois nettement plus chers.

La visée par le Liveview

La visée optique est, par défaut, inexistante. Ce qui est plutôt logique pour un appareil de ce type. Il est possible d’ajouter un viseur externe (comme le GV-3) permettant d’y remédier. Moyennant finance évidemment !

Il reste donc la visée en utilisant l’écran. Elle est très réactive et retranscrit très correctement le cadrage et les choix de ligne de programme. L’écran tactile introduit des façons de travailler différentes qui rendent, finalement, cette absence moins gênante. Voire pas du tout. Seul bémol, quand il y a un grand soleil, le moniteur est parfois peu visible. Ricoh propose quelques options pour rendre cet écran visible malgré tout. Options assez efficaces, suffisamment pour permettre le choix du cadrage et de la mise au point avant déclenchement. Ceci sans recourir à une main servant à faire de l’ombre.

L’absence de viseur est-elle regrettable ? Oui si l’on vient du monde du reflex et qu’on n’a jamais pratiqué ainsi. Néanmoins, en étant un peu honnête, l’absence de viseur ne se fait pas réellement sentir, car il s’agit d’un boîtier qu’on va utiliser différemment. On va cadrer parfois à l’aveugle (je vous ai parlé du mode Snap Focus ?) pour obtenir des photos que l’on n’aurait pas pu prendre autrement.

La batterie

Vu la petitesse de la batterie, l’autonomie est assez ridicule. De l’ordre de 200 photos. Autant dire que pour quelques photographes compulsifs, en 1h ou 2, la batterie doit être remplacée. Une deuxième voire une troisième est donc nécessaire, sinon impérative. Il faut tenir compte de ce point lors de l’achat, car cela va augmenter la facture. Surtout que le GR IIIx a un autre point faible : il n’y a pas de chargeur de batterie externe. On doit en passer par le boîtier en reliant à une alimentation (non fournie) au moyen d’un câble USB-C (fourni). Ce qui veut dire que pendant le temps de charge, l’APN sera indisponible.

Si votre vendeur vous propose d’acheter une batterie complémentaire, écoutez-le. On trouve aussi sur le net des kits batteries+chargeur pour un prix accessible (avec peut-être le risque que la batterie proposée soit moins performante, mais au vu du prix, il ne faut pas hésiter).

Le GR IIIx côté optique et image

Qualité Image

Le GR IIIx exploite un capteur APS-C de 24 Mpx. Intrinsèquement, les images seront de meilleures qualités que celles produites avec un capteur plus petit, comme c’était le cas dans les générations précédentes. On peut donc s’attendre, comme pour son compère le GR III ‘Classic’ à des images de bonne qualité.

Images de test

Nota : la mise au point a été faite en mode spot (point focus au centre de l’image). Les photos ont été faites en décembre 2021, lors d’une journée ensoleillée peu avant que le soleil ne se couche. Cela explique les couleurs un peu délavées et les ombres.

ouverture image complète extrait full au centre
f/2.8 f2.8 extrait
f/4 f/4 extrait centre
f/5.6 f/5.6 extrait centre
f/8 f/8 extrait centre
f/11 f/11 extrait centre
f/16 f/16 extrait centre

 

L’image à f/2.8 est un peu en retrait, faisant preuve même d’une certaine mollesse. Elle s’améliore franchement à f/4. Sa plage optimum, celle dans laquelle on obtiendra les meilleures images, se situe entre f/5.6 et f/9. À partir de f/11, la diffraction se fait légèrement sentir avant de devenir présente jusqu’à f/16.

Aberrations chromatiques, flare et vignettage

Les AC sont présentes, surtout à grande ouverture. Comme le flare qu’on arrive à « fabriquer », pour peu qu’on se mette face au soleil ou en biais. Dès que l’on ferme (f/4), le phénomène a tendance à disparaitre, du moment que l’on ne cherche à le reproduire. Ou du moins, se mettre dans une position dans laquelle même les meilleures optiques peinent.

En prise de vue JPEG, le boîtier traite plutôt bien les clichés, gommant les AC assez efficacement. En RAW, encore une fois, les capacités de récupération sont plus importantes et on arrive à toutes les éliminer. Du moins, celles que j’ai eues. Il est possible que certaines AC soient plus résistantes.

Le vignettage est quant à lui très présent de f/2.8 à f/5.6, avant de se faire ensuite plus léger. On a l’impression qu’il est plus présent en JPEG qu’en RAW. En même temps, ce n’est pas très gênant, du moins pour les photos de type street Photography. Pour les paysages, il permet, inconsciemment, au lecteur de se recentrer vers le centre de l’image, ce qui n’est pas forcément plus mal. La correction en RAW s’effectue sans problème. Pour les JPEG, il vaut mieux corriger à la prise de vue plutôt qu’en Post-Traitement.

Quelques mots sur le flare. Le comportement est satisfaisant. On peut même être un peu surpris par ce que cet appareil à objectif intégré est capable de proposer. Presque aussi bien que des objectifs plus gros, plus lourds et chers.

Distorsions

Il y a clairement des distorsions, de type coussinet, de la PO jusqu’à la fin, même si, à partir de f/8, c’est beaucoup plus acceptable. Attention, si cette distorsion est présente, celle-ci reste assez légère et ne déforme pas l’image au point de ne plus être lisible facilement.

 

En JPEG, il convient d’activer la correction de l’objectif sur le boîtier. En RAW, la correction via Adobe Lr, DxO PhotoLab et autres est possible et on obtient une image rectifiée en quelques secondes.

Homogénéité et netteté de l’image
Les images Centre champ - Bord champ (cliquer pour voir)
image complète extrait
f/2.8  Centre champ
bord-champ
f/4  Centre champ
bord-champ
f/5.6  Centre champ
bord-champ
f/8  Centre champ
bord-champ
f/11  Centre champ
bord-champ
f/16  Centre champ
Bord champ

À f/2.8, l’homogénéité est déjà très bonne entre entre le centre champ et le bord champ. Certes, elle n’est pas parfaite et il manque un peu de netteté sur le bord, mais ce n’est pas flagrant. Cette excellence est atteinte entre f/5.6 et f/8 avant de décliner. À f/16, le niveau  est inférieur à celui obtenu à f/2.8.

Bokeh

Le bokeh proposé est intéressant malgré une longueur de focale qui reste encore un peu courte.

Il ne faut pas oublier que le facteur x1.5 environ, lié aux capteurs APS-C, à un impact sur le bokeh. Dans les faits, ce 26.1 mm à f/2.8 propose une image similaire à ce que l’on obtiendrait avec un 40 mm à f/4.3 sur un full frame. Ce qui n’est pas exactement la même chose. Ce qui et explique pourquoi l’arrière-plan, ici éloigné d’une quinzaine de mètres, soit est si visible et défini à f/2.8.

On ne pourra pas compter sur ce GR IIIx pour faire des portraits où le bokeh règne en maitre. Par contre, il sera suffisant pour estomper l’arrière-plan dans les prises de vue de type street photography afin de mettre en avant un élément en particulier.

RAW et traitement des JPEG

Les fichiers RAW

Comme souvent pour Ricoh-Pentax, la qualité des RAW est excellente. La dynamique du capteur est bien exploitée et l’image brute contient les informations nécessaires à un bon développement… qui est à votre main !

Les JPEG issus du boîtier

Les JPEG proposés par le développement interne vont du correct au très bon. De base, Ricoh propose des modes très intéressants comme Standard, Vif, Film positif ou encore Contraste élevé N&B et Monochrome saturé. D’autres sont plus moyens comme Rétro ou Monochrome. Il convient de les essayer.

En N&B, j’ai eu un faible pour Contraste élevé N&B. En couleur, j’ai préféré Standard et Vif, selon les circonstances. Attention, ces modes n’existant pas en tant que profil couleur chez les éditeurs, il faudra faire une croix dessus si vous shootez exclusivement en RAW. Sauf à les recréer…

La montée en ISO

Plus les capteurs sont petits, plus la densité pixel (à nombre identique) est importante. Avec comme conséquence que le bruit électronique se forme plus facilement dès qu’on monte un peu les ISO. Si on ajoute le phénomène du crop factor qui affecte non seulement la focale mais également l’ouverture et les ISO, on peut s’attendre à des pertes de qualité dès qu’on s’aventure au-delà des bas ISO. [Vous trouverez dans la galerie des photos à haut ISO afin que vous vous fassiez votre idée]

Sur le papier, l’ISO 100 en APS-C équivaut à un ISO 230 en FF [la formule étant ISO x (facteur de crop²)]. Donc, un ISO 1000 APS-C équivaut à un ISO 2300 en FF. Ce qui explique un certain nombre de choses sur les quelques différences entre une image FF cropée au format APS-C lors du post-traitement et la même image en APS-C.

Les équipes de Ricoh Imaging / Pentax ont toujours su bien exploiter les capteurs, souvent mieux que la concurrence. C’est encore une fois le cas, le traitement interne amélioré (gestion de la balance des blancs, de la sensibilité et des hautes lumières) proposant des images d’une grande précision.

Sans surprise, en JPEG, le lissage proposé et imposé quand on augmente les ISO est perceptible dès 400 ISO. Il devient parfois pénible à partir de 1600 ISO.

En prise de vue RAW, avec les logiciels de développement RAW tel Capture One, DxO, Adobe Lr, ce GR IIIx permet d’obtenir de très bons résultats jusqu’à 1600 ISO et de bons résultats jusqu’à 5000 ISO. Au-delà, cela sera selon les sujets et les situations… et les possibilités de votre logiciel de post-traitement. Certains étant plus performants que d’autres. Si c’est encore une bonne raison pour préférer le RAW, ne soyez pas trop gourmand.

Comparaison entre GR III et GR IIIx

GR III et GR IIIx, c’est, hormis la focale, exactement la même chose. Dès lors, le seul élément sur lequel vous allez pouvoir vous baser pour effectuer un choix, ce sera justement la focale. Vous préférez voir large ou voir un peu plus resserré. Au final, c’est sans doute à ce niveau que votre choix se fera.

Quel modèle pour quel usage ?

Les 2 modèles se destinent au même usage, celui de prendre des clichés de grande qualité avec un appareil qui se loge dans une poche. Ils sont donc des blocs-notes photographiques. Certes, on a déjà cela avec nos smartphones, dont quelques-uns sont fameux en photo. Mais ce n’est pas la même chose.

 

Si on devait établir une distinction, je dirais que le GR III s’arrange mieux des paysages et des scènes de street Photography large. Pour de la street Photography plus resserrée ou axée sur du détail, un recadrage plus tard sera nécessaire afin d’obtenir un résultat. Avec les inconvénients liés. Le GR IIIx permet directement ces cadrages plus resserrés. Ce qui est bien pour les pratiques de type portrait ou street. Un peu moins pour les paysages. C’est votre usage qui déterminera votre achat.

Avis personnel

Ce GR IIIx, de par ma pratique, correspond mieux à mes envies. C’est donc lui que je choisirais en cas d’achat. Il n’empêche que je suis insatisfait quelque part. Pour avoir gouté au système Q il y a quelques années, j’avais le rêve d’un GR à objectif interchangeable. Avec des objectifs à focale fixe (15, 28, 40 et 70 mm) et zoom (un 50-125 par exemple). Un espoir que j’ai toujours, même s’il semble irréaliste. Si on laisse ce rêve de côté, le boîtier qui tient dans une poche de pantalon est assez génial. Suffisamment pour que j’envisage sérieusement son achat dans le futur, afin de disposer presque en permanence, d’un bloc-notes photographique. Ce que ne me permet pas le K-1 mk II ou le KP.

Conclusion

On était sous le charme du GR III, la version IIIx ne fait que renforcer ce sentiment en proposant une alternative de focale. On se prend à rêver d’une version à objectif interchangeable afin de ne pas être limité et de devoir choisir entre les 2 modèles. Si on regarde bien, ce boîtier et son concept ne sont pas loin de ce que proposait le Pentax Q. Avec plus de possibilités, de qualité due au « gros » capteur.

Ce qui est bien Ce qui est moins bien
  • Un autofocus Eye-AF
  • La fonction Snap Focus
  • Capteur 24 Mpx APS-C dans un petit boîtier
  • La sensibilité en basse lumière et la gestion du bruit électronique, bonne jusqu’à 6400 ISO
  • La discrétion du déclenchement
  • Les dimensions et le poids
  • L’autonomie de la batterie
  • Le mode rafale, acceptable sans plus
  • L’absence de viseur interne rédhibitoire pour certains
  • La vidéo non 4K (restriction due au capteur et non à Ricoh)
Appréciation PENtax Klub

Note_5-0

 

Galerie

 

1/125s à f/6.3, ISO 2000
1/125s à f/6.3, ISO 2000
1/125s à f/6.3, ISO 800
1/125s à f/6.3, ISO 800
1/80s à f/2.8, ISO 2000
1/80s à f/2.8, ISO 2000
1/125s à f/6.3, ISO 800
1/125s à f/6.3, ISO 800
1/100s à f/3.2, ISO 4000
1/100s à f/3.2, ISO 4000
1/100s à f/3.2, ISO 5000
1/100s à f/3.2, ISO 5000
1/100s à f/3.2, ISO 6400 - version raw, PT Lr & SilverFX
Version raw, PT Lr & SilverFX – 1/100s à f/3.2, ISO 6400
1/100s à f/3.2, ISO 6400 - version jpeg, NB boitier
Version JPEG, NB boîtier – 1/100s à f/3.2, ISO 6400

 

Crédit photos de test : © fyve & Micaz – Crédit photos illustration : © fyve – Les images sont la propriété des auteurs, sauf précision – Cliquez pour agrandir.