Avertissement : Cet article ne vise qu’à vous donner quelques éléments sur lesquels agir lorsque vous constatez que l’histogramme d’une image présente des « anomalies » que vous souhaitez corriger. Nous n’avons pas l’ambition de vous présenter une étude complète sur ce sujet, très vaste, et qui fait appel à des connaissances approfondies tant en optique qu’en physique (notamment).

Si vous tapez, dans votre moteur de recherche favori, le mot « histogramme », et lui seul, la première réponse qui apparaît en donne cette définition :

« En statistiques, un histogramme est un graphique permettant de représenter la répartition d’une variable continue. »

Ceux de nos lecteurs qui utilisent des logiciels de calcul, tels le tableur Excel de Microsoft ou ses frères chez d’autres éditeurs, comprennent tout de suite cette définition. Mais qu’en est-il en photographie ? Deux mots de cette définition sont particulièrement intéressants en photo : ce sont les mots « graphique » et « répartition ».

 

 

L’histogramme en photographie

Exemple d’histogramme :

pentaxklub_histogramme_histo1954c

 

 

Un peu (très peu) de théorie

En photo, l’histogramme – que beaucoup d’APN permettent d’afficher – présente, graphiquement, la répartition des pixels de l’image, dans un repère orthonormé. Un rappel pour les moins « matheux » d’entre nous :

Un repère orthonormé se caractérise par 2 axes :

  • un axe horizontal (les abscisses)
  • un axe vertical (les ordonnées).

L’axe horizontal présente (de gauche à droite) la luminosité, du plus sombre au plus lumineux. L’axe vertical présente, quant à lui, la quantité (ou le pourcentage) de pixels pour les valeurs de luminosité.

 

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Exemple de repère orthonormé

 

 

L’histogramme présente donc l’exposition de la photo en visualisant la distribution des tons clairs et des tons foncés dans l’image.

Distribution des pixels

Distribution des pixels

On dit qu’une photo est exposée « à gauche », quand une très forte majorité de pixels (sous forme de pic) figure à gauche de l’histogramme. Cela signifie que l’image est globalement sombre, voire « bouchée ».

A contrario, on dit qu’une photo est exposée « à droite », quand une très forte majorité de pixels figure à droite de l’histogramme. Cela signifie que l’image est globalement claire, voire « cramée » (elle comporte de nombreuses zones blanches).

Sur de très nombreux appareils (par exemple K-3 ou K-1), il est possible d’afficher l’histogramme (par un appui sur la touche « INFO ») en visualisation d’une image, de 2 façons différentes :

  • Un affichage basique RGB (Red, Green, Blue) ou RVB (Rouge, Vert, Bleu) où la courbe (de couleur blanche) représente la moyenne des 3 couleurs primaires
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Histogramme simple (K-3)

 

Histogramme simple (K-1)

Histogramme simple (K-1)

 

  • Un affichage distinct pour chacune des 3 couleurs en question, en plus de leur cumul, ce qui permet d’apprécier globalement la saturation des couleurs
Histogramme des 3 couleurs primaires (K-3)

Histogramme des 3 couleurs primaires (K-3)

 

Histogramme complet (K-1)

Histogramme complet (K-1)

 

Sur la gamme K-5 (ici le K-5IIs), l’affichage est différent :

pentaxklub_histogramme_k5iis_histo

Histogramme affiché par le K-5IIs

 

Il est bien entendu que c’est une représentation globale et non détaillée : en effet, dans la réalité, le nombre de couleurs ou de tons est quasi infini. En photo, il dépend très largement d’une part, de la dynamique du capteur, d’autre part du mode d’enregistrement de l’image (nombre de bits).

Notons, au passage, que l’histogramme d’une image sera différent selon qu’elle est en couleur ou en noir et blanc :

Imagespentaxklub_histogramme_1954cpentaxklub_histogramme_1954nb
Histogramme correspondantpentaxklub_histogramme_histo1954cpentaxklub_histogramme_histo1954nb

 

Il faut toutefois savoir que les logiciels de traitement d’image les plus évolués permettent aussi d’afficher, en plus des histogrammes ci-dessus, les histogrammes de luminosité et de couleurs. Certains d’entre eux sont même capables d’afficher 256 tons différents (codage sur 8 bits : 256 = 2^8).

Image et son histogramme (logiciel ACDSee)

Image et son histogramme (logiciel ACDSee)

L’histogramme parfait existe-t-il ?

C’est sans doute la question que se posent de nombreux photographes. Et surtout s’ils manquent un peu d’expérience. Un histogramme « parfait », ou « idéal », montrerait une courbe parfaitement répartie entre les tons sombres et les tons clairs, du noir intégral au blanc pur. Bien sûr, la quantité de pixels dans chaque tonalité serait sinon similaire du moins très comparable d’une tonalité à l’autre.

Autant dire qu’un tel histogramme, s’il existe, n’est que le fruit du hasard le plus grand. Et il n’assure pas, pour autant, que la photo support est parfaite… bien au contraire ! Elle risque d’être d’une totale platitude : les écarts de luminosité, bien contrôlés, les contrastes marqués, sont des éléments concourant à rendre une image agréable à regarder ! Et que dire alors des histogrammes des high-key ou des low-key ? Avant tout, c’est la créativité du photographe qui doit prévaloir.

Mais un histogramme « standard », « normal », est lui, fort heureusement, très fréquent : il montre une bonne distribution des tons clairs et des tons sombres, sans pour autant donner une « courbe plate » !

Exemple d'histogramme "standard"

Exemple d’histogramme « standard »

 

 

Quand utiliser l’histogramme en photo ?

Au moment de la prise de vue

Une image correctement exposée est une image dans laquelle la luminosité est correctement répartie lorsqu’on affiche son histogramme. Autrement dit, cet histogramme n’est pas calé aux extrémités (il y aurait sinon, selon le cas, surexposition ou sous-exposition). Nous parlons de luminosité, car il s’agit de l’intensité lumineuse que perçoit l’œil (l’intensité intrinsèque émise par la source se nommerait la luminance).

Vous imaginez tout de suite le parti que vous pouvez tirer de cette observation.

 

En cas de sous-exposition

Si la photo vous apparaît sous-exposée (trop sombre), et que par conséquent la partie la plus grande et la plus intense de l’histogramme se trouve à gauche, vous pouvez changer les réglages de l’APN pour une meilleure prise de vue. Évidemment, ce n’est possible que pour des sujets immobiles (paysage, macro d’objets,…) ou relativement statiques. S’il s’agit de la photo d’une voiture de course, vous pouvez tenter une nouvelle prise s’il s’agit d’une course en circuit, sinon… c’est « cuit » !

Dans ce cas, il vous faudra agir sur un ou plusieurs des réglages « de base » de l’APN, vous savez, ces incontournables « fondamentaux » ? :

  • l’ouverture du diaphragme (il faudra peut être une plus grande ouverture… donc un chiffre plus petit)
  • la vitesse d’obturation (une vitesse moins rapide)
  • la sensibilité (une valeur supérieure).

 

Évidemment, ces modifications (pas obligatoirement cumulatives !) doivent être adaptées au sujet photographié.

 

En cas de surexposition

Dans le cas d’une surexposition, la partie la plus grande et la plus intense de l’histogramme se trouve à droite ; vous savez donc déjà que, pour corriger, vous devrez faire strictement le contraire de ce qui est dit ci-dessus.

Au début, et c’est bien normal, on tâtonne, et c’est d’autant plus vrai que l’image visualisée sur un écran d’APN – fût-il de grande dimension – n’est pas forcément très représentative de cette même image vue sur un écran de 24 pouces ou imprimée en format A4. D’ailleurs, d’autres éléments interviennent pour un écran d’ordinateur ou une imprimante : le plus essentiel étant le calibrage.

Après quelques tentatives, vous saurez d’instinct évaluer l’exposition de votre image et la corriger en conséquence.

 

En post-traitement

Par exemple, en cas de postérisation de l’image. La postérisation est un « phénomène » qui se produit parfois à l’utilisation de logiciels de retouche d’image. Bien souvent, c’est à cause d’une compression trop forte de la photo qui en réduit le nombre de couleurs affichables. Les images se caractérisent alors par un passage brusque d’une nuance de couleur à une autre, sans gradation continue. C’est bien sûr très inesthétique.

Sur l’histogramme, que tout logiciel de retouche permet d’afficher, au lieu d’avoir une (ou des) courbe(s) harmonieuse(s), on constate la présence de traits verticaux, comme sur un graphique de tableur. Comment y remédier ? Il n’y a rien d’autre à faire querecommencer le post-traitement à partir de la photo d’origine. Bien entendu, il faudra alors se montrer plus modéré dans le « déplacement des curseurs » !

 

 

Si l’on peut donner un conseil à nos lecteurs, c’est celui de visualiser l’histogramme de la photo qu’ils vont traiter, avant toute intervention : il leur sera ainsi normalement plus facile de déterminer les retouches à effectuer. Un « coup d’histogramme » en fin de traitement permettra de s’assurer qu’on n’a pas fait de bêtises ou alors… de les assumer ! Car on n’est pas obligé de rester, dans tous les cas de figure, sur le chemin de la banalité : sachez au préalable comment vous voulez montrer la photo, sans vous préoccuper outre mesure de la régularité de son histogramme.

Les utilisateurs du célèbre Photoshop de l’éditeur Adobe trouveront, sous ce lien, de quoi nourrir leur pratique de l’histogramme dans ce logiciel. Il est difficile de faire plus complet sur le sujet.