La boîte à lumière

Boite à lumière expliquée

 

Cet article est la suite logique d’une promesse faite dans l’article sur « la photographie par mauvais temps », paru précédemment. Cet article évoquait la boîte à lumière.

Mais au fait, c’est quoi « une boîte à lumière » ?

 

La boîte à lumière

Stricto sensu une boite à lumière est un cube à 5 faces. Ces faces sont constituées de tissus transparent (façon tulle) qui diffusent la lumière de spots situés à l’extérieur de ce cube. L’appareil photo est situé face à la sixième face du cube. Ce cube peut être de taille réduite, adapté à la photographie de petits objets (voir photo ci-dessous) On trouve facilement dans le commerce ce genre de cube, fourni le plus souvent en kit. On peut également le fabriquer soi-même sans trop de difficulté. Dans les deux cas il faudra veiller à ce que les sources lumineuses aient un diamètre de source suffisamment grand.

Cette boite à lumière peut être grande pour s’adapter à des objets de taille moyenne, voire plus imposants, comme des poussettes ou des motos. Quand on arrive à des tailles plus grandes, c’est le studio tout entier qui va servir de boite à lumière.

Par extension, le terme de boite à lumière s’applique à tout système photographique qui permet d’obtenir une lumière régulièrement répartie, réglable et douce pour photographier des objets.

Quand la dimension nécessaire devient trop grande, la boite à lumière peut être recréée en studio ou même en extérieur à l’aide de spots avec diffuseurs de différents types : la boîte est alors virtuelle…  La lumière obtenue est de même qualité.

Boite à lumière petit modèle. Les flacons de vernis à ongles donnent l’échelle. Les éclairages, ici trop petits, doivent avoir la plus grande taille possible pour une bonne qualité de lumière.Spot de studio avec diffuseur boîte à lumière. En haut à gauche, la source, équipée d’un parapluie réflecteur, est montée à l’intérieur de la boîte.

 

Le cliché ci-dessus à gauche est intéressant à plus d’un titre. D’abord il montre bien ce qu’est une boite à lumière. Ensuite, il montre, aussi bien, que les deux spot sont insuffisants par leur taille : il n’éclairent qu’un cercle réduit sur la face proche. Il faudrait qu’ils éclairent toute la face, de façon que leur lumière soit reflétée par la face supérieure. Cela signifie que ces spots devraient être plus puissants pour pouvoir être placés plus loin, et pouvoir offrir une plus grande surface. Ces deux qualités permettent d’offrir une lumière suffisante pour éclairer le bas de la boite et le haut, par réflexion. Le dernier point est celui de l’éclairage de la cinquième face (arrière). Il est souhaitable pour obtenir un léger contre-jour, mais souvent la réflexion des lumières latérales sur le fond est suffisante.

 

 

Les variantes

Le cliché ci-dessus à droite montre les deux principaux types de spots/flashs délivrant une lumière diffuse utilisés en studio :  la boite à lumière (car ce système est également appelé comme ça), avec grand diffuseur monté directement sur la source de lumière. Et le parapluie qui renvoie la lumière du spot/flash, dirigée non pas vers le sujet mais de l’autre côté. Le parapluie pouvant être argenté (réflexion plus musclée) ou blanc (réflexion plus douce). Ce système reconstitue une boite à lumière virtuelle en studio, lorsque le sujet à photographier est trop volumineux. C’est à dire assez vite. Les boites à lumière dépassent rarement 1m x 1m. La température (en degrés Kelvin) de la lumière doit évidemment être judicieusement choisie. C’est généralement le cas des sources que l’on trouve dans le commerce. Les modèles plus sophistiqués ont une température réglable. Leur tarif n’est évidemment pas le même…

 

Concrètement, le but est de photographier des objets dont la taille est variable. Quand la dimension de l’objet à photographier est trop importante on utilise des éclairages dont la source de lumière (torches/spots/flashs) est elle-même équipée d’une boite à lumière (voir photo de droite ci-dessus).

Ces outils permettent d’obtenir des clichés à la lumière très douce, car bien diffusée, et sans ombre, où rien ne vient contrecarrer la couleur, ni excès – surexposition qui brûle la couleur – ni insuffisance – sous-exposition – qui l’éteint ou pire encore la charbonne. Une boite à lumière (réelle ou virtuelle) bien réglée ne doit pas créer d’ombres portées autour de l’objet photographié. Au pire, ces ombres doivent être très discrètes, très diffuses.

Eclairage de boite à lumière avec une ombre très réduite
Eclairage de boite à lumière avec une ombre très réduite

 

Il existe même des accessoires boite à lumière pour les flashes cobra amateur qui permettent d’obtenir une lumière diffuse de bonne qualité. Ce genre d’accessoire est pliable, donc facile à transporter et stocker. Mais la mise en œuvre reste une « punition ». Elle est cependant la garantie d’une très bonne lumière.

Boite à lumière pour flash cobra
Boite à lumière pour flash cobra

 

 

La qualité de la lumière de boite

La caractéristique principale de cette lumière est l’équilibre parfait de densité de toutes les couleurs, ce qui est reçu le plus souvent comme une uniformité, synonyme de monotonie. Ce qui est indéniable, c’est que cette lumière, qui n’étouffe pas les couleurs, ne souligne pas les reliefs et aplatit les modelés. Ce type de photo cohabite assez difficilement avec les focales courtes, inférieures à 40 mm, généralement utilisées pour le paysage. Par contre, il fonctionne très bien avec les focales supérieures à 70 mm. En effet la lisibilité des photos de boîte à lumière passe bien avec des détails d’une grandeur minimum, ce qui compense largement le relief non souligné par la lumière.

Noter qu’à distance et puissance égales une lumière diffuse est toujours moins forte qu’une lumière directe non diffusée.

 

 

Ses utilisations

Ce type de photo rendra ses meilleurs résultats avec des clichés pris à une distance moyenne et ne comportant pas trop de plans successifs. Les photos en extérieur avec une lumière de type studio se pratiquent… surtout au cinéma. L’utilisation de panneaux réflecteurs, blancs, argentés ou dorés, conçus pour déboucher des zones à l’ombre est courante, freinée surtout par la nécessité d’un(e) assistant(e) pour tenir le réflecteur à l’endroit voulu, dans la position voulue. Cette pratique peut nécessiter plusieurs réflecteurs et donc plusieurs assistants, dès que la scène s’élargit et donc que la focale diminue. Cette pratique photographique est très courante dans les studios professionnels qui font de la nature morte publicitaire. Elle peut également se pratiquer en extérieur, quand la lumière du soleil est jugée trop violente et que les objets à photographier sont malaisés à transporter, comme des sculptures ou des pièces de céramique volumineuses (et lourdes). Dans ce dernier cas on pourra tendre des tissus filtrants (les plus légers possibles) entre le soleil et les objets à photographier. Le matériel nécessaire à obtenir une boite à lumière en prise de vue extérieure est extrêmement impressionnant et coûteux. C’est le  plus souvent du matériel de location pour les structures porteuses. Pas pour les tissus, qui sont des consommables.

La pratique de la boite à lumière montre bien que si un manque de lumière est très invalidant en photo, un excès l’est tout autant.

 

 

Le principe théorique

appliqué avec la boite à lumière est similaire à celui des diffuseurs utilisés avec les flashes. Plus une source de lumière est ponctuelle, proche et  puissante, plus sa lumière est dure, désagréable, plus les transitions de couleurs et de densités sont rudes et sans nuances.

Ce phénomène se produit également avec le soleil. Lorsqu’il est proche du zénith (position verticale parfaite), sa lumière a la trajectoire la plus courte possible dans l’atmosphère et subit donc très peu de diffusion. Cette situation est bien sûr liée à l’heure et à la latitude. Les clichés que l’on obtient à ce moment sont sans modelé, proches du cubisme. Sous des latitudes plus grandes, que ce soit au nord ou au sud, et à des heures où le soleil est plus bas, la trajectoire des rayons solaires est beaucoup plus longue, la lumière, plus diffuse, plus douce et donne des clichés plus proches de l’impressionnisme, des couleurs plus variées et un bien meilleur modelé. En résumé, plus la source lumineuse présente une large surface, plus sa lumière est douce, sans ombres portées disgracieuses et transitions colorées brutales. C’est exactement ce que permet la boîte à lumière. Et les diffuseurs de flashes, ou les panneaux réflecteurs.

Le jour blanc (voir article    ) est une sorte de boîte à lumière géante, qui donne des spectacles apaisés, sans outrance. Le phénomène naturel le plus similaire à cette boîte à lumière naturelle se voit au moment de la journée que l’on appelle « l’heure divine », au coucher du soleil, lorsque son disque vient de disparaître et qu’il ne reste de sa lumière que celle qui diffuse depuis le ciel encore éclairé. On a, dans une certaine mesure, un phénomène similaire avec les paysages de neige, où au soleil plus bas s’ajoute la réverbération de la lumière par la neige. Mais pas en haute montagne où la quantité de lumière est telle qu’elle devient dangereuse pour les yeux.

Cette lumière maitrisée et douce est principalement utilisée pour la nature morte publicitaire, au sens professionnel du terme, où quand la qualité du résultat, même en conditions non professionnelles, l’exige.

 

  • Cariboudargent
    31 janvier 2019 at 1 h 46 min

    Je suis l’émission traqueur de serpents sur Planet + canada qui met en scène Nathanael Maury, photographe et herpétologue.

    Il utilise une boite à lumière avec un cobra – non pas un serpent celui-là!!! – pour shooter ses amis reptiles afin de les intégrer dans son encyclopédie.

    https://www.nathanaelmaury.com/world-herpetofauna-encyclopedia