La diffusion des photos, partie 1

Après l’impression, quoi de plus logique que de s’intéresser à d’autres formes de diffusion de nos images ? Devançant désormais, et ce, très largement, le papier, la virtualité numérique est devenue LA méthode pour montrer ses productions. Aujourd’hui, on peut prendre une photo avec son smartphone et, 10 secondes après, celle-ci peut-être disponible dans une boite mail, sur une messagerie instantanée, sur un réseau social et de bien diverses façons encore.

Elle parait loin cette période où l’on devait déposer les pellicules chez le photographe du quartier pour disposer des clichés. Et si on voulait partager, il fallait effectuer un choix pour des retirages et les envoyer, la plupart du temps, par la Poste. La temporalité était présente, ce qui donnait la possibilité de prendre des décisions et s’interroger sur ce qu’on allait proposer. Tout a changé. On est passé d’un circuit lent et plein d’analyses à… rien en fait.

Aujourd’hui, la majorité des posteurs ne réfléchissent plus. Les images ne sont plus pensées lors de la capture, lors de la sélection ou du développement. On prend, on applique un filtre « à la mode » et on publie… avec parfois le souhait secret de devenir un/une influenceur/influenceuse tendance.

Mais là n’est pas le sujet ici, ni d’ailleurs la préparation des photos pour le Web. Sauf erreur, ces thématiques ont déjà été abordées dans différents articles. L’idée est plutôt de passer en revue quelques moyens à disposition pour diffuser des photos.

Les principales formes de diffusion numérique

En simplifiant, on peut mettre en évidence 3 familles pour la diffusion numérique des images :

    • L’envoi par des e-mails ou messageries instantanées ;
    • Le dépôt sur un site personnel ou une galerie Web ;
    • Le partage via les réseaux sociaux.

Ces 4 formes, site personnel et galerie Web comptant pour deux, représentent la majorité de cette diffusion. Nous allons les passer en revue.

Nous allons partir du principe que les clichés ont été pris, soit en utilisant un smartphone, soit un APN (hybride, reflex, etc.), que le développement des images a été réalisé et que le choix de ce qui sera diffusé a été fait. Bref, que les photos sont prêtes à l’usage !

La diffusion via e-mails, messages/SMS et autres WhatsApp

Il s’agit de la solution la plus simple. À partir de votre smartphone ou de votre ordinateur, il suffit de sélectionner des clichés et de les partager. Pour les smartphones sous iOS, l’icône de partage permet d’envoyer la sélection directement par mail (avec choix de la taille des images), par messages/SMS et même des applications de type WhatsApp. Pour ce dernier, si vous avez défini un groupe de diffusion, tous les destinataires auront vos clichés.

Le système est rapide et simple. Par contre, ce sont des individus particuliers qui sont ciblés. Ce qui est un avantage puisque l’on sait à qui les images sont adressées. Mais aussi un inconvénient puisqu’il faudra recommencer pour chaque interlocuteur, à moins de faire des groupes de diffusion.

iOS, diffuser une ou des image par Message/SMS
iOS, diffuser une ou des images par Message/SMS

 

Cette solution est donc efficace, mais archaïque. Elle ne peut convenir pour une diffusion large et pérenne. En effet, une fois les clichés envoyés, ils tomberont rapidement dans l’oubli, car ils ne seront plus visibles sans recherche. Certaines messageries effacent régulièrement les messages antérieurs à une année. Ou moins. Parfois, c’est l’utilisateur qui, pour faire de la place sur son smartphone ou son ordinateur, fait lui-même du ménage. On a trop tendance à croire que l’espace de stockage est illimité, alors que c’est le contraire. Même si on peut assez facilement, selon les produits, en ajouter. De plus, faire du ménage permet aussi de dynamiser quelque peu l’outil utilisé.

Sites personnels et Galeries Web

Ces modes de diffusion sont différents du précédent sur plusieurs points. L’un d’entre eux concerne la pérennité de vos œuvres. Vous serez le seul (ou presque) à disposer du droit de gestion. Donc le seul à pouvoir ajouter ou supprimer des clichés. Un deuxième point est la disponibilité. Tant que le site existe et tant que les photos sont présentes, elles seront toujours visibles. Accessoirement, il vous est possible de choisir ce que les personnes verront. Suivant les outils utilisés, il est possible de définir des photos et/ou des galeries comme étant privées, c’est à dire non visibles sans un mot de passe. Le tout, souvent au travers d’interfaces assez intuitives, ce qui conviendra même aux débutants.

Il existe malgré tout un aspect négatif. Il s’agit du coût de ces solutions. Lequel peut être simplement financier, mais aussi en temps consacré à la mise en place, au « tuning » et au maintien opérationnel. Ce qui n’est pas négligeable.

Comment choisir ?

Avant de se lancer, il convient de se poser quelques bonnes questions. À celles-ci, je ne peux pas apporter de réponses, car elles vous sont propres. Mais les réponses seront essentielles puisqu’elles influeront en grande partie le choix de votre solution.

    • Souhaitez-vous avoir un site pour vendre vos clichés ?
    • Votre futur site est-il là pour vous faire connaitre ?
    • Souhaitez-vous échanger sur vos photos, avoir des commentaires, des likes ?
    • Souhaitez-vous interagir avec d’autres personnes sur leurs clichés ?
    • Votre site a-t-il juste pour but de diffuser vos photos à votre famille, vos amis ?

Dans cet article, nous n’aborderons pas vraiment ces points-là. Il s’agira plutôt de montrer les solutions possibles. Certains pourront facilement intégrer un module de vente, d’autres, par leur aspect communautaire, permettront une interaction. L’article n’est donc pas une fin, juste un début.

Le site personnel

Un site personnel est une solution qui vous appartient en propre et dont vous pouvez tout maitriser. De la conception à la mise en ligne, en passant par du contenu sans censure (mis à part celle issue de la loi et des règles générales que l’on doit respecter). Ce qui implique la nécessité de connaitre le fonctionnement technique, de disposer d’un minimum de connaissance dans ce type d’outils informatiques. Des notions poussées que n’a pas forcément un photographe.

À ce bagage technique nécessaire, il faut ajouter un autre problème, le coût financier. Il sera à votre charge de trouver un hébergeur pour abriter vos galeries et acheter un nom de domaine. Certes, il y a des solutions ‘apacher’ qui consistent à s’appuyer sur votre hébergeur, lequel parfois propose une prestation de ce type gratuite. Mais souvent, il y a de nombreux garde-fous qui rendent la réalisation compliquée. Chez OVH, il vous en coûtera 7 €/an pour un nom de domaine en .fr et 10 Mo de données. Si vous voulez plus d’espace disque (avec 10 Mo on ne va pas loin), il vous en coûtera 36 €/an pour 100 Go. Chez Ionos (ex 1and1), ce sera environ 43 € pour 50 Go. Le nom de domaine étant à part. Il existe bien d’autres hébergeurs, ces deux-là étant cités uniquement à titre d’exemple, sans intention publicitaire.

Petite précision. Un hébergement totalement gratuit, cela n’existe pas. Surtout si le nom de domaine est offert. En fait, le gratuit n’existe pas. Si c’est ce qui est affiché, c’est que le produit à vendre, c’est vous. Et il existe de multiples façons de vous vendre !

Une galerie Web

Une galerie Web est une solution mise à disposition par un tiers. C’est ce tiers qui maintient à jour l’environnement technique et qui va résoudre tous les problèmes. En échange, il faudra très certainement payer. Il faut arrêter de croire que tout peut être gratuit. La bande passante, le stockage, le développement technique ont un coût. C’est financé soit par la publicité, soit par le paiement d’un abonnement.

Vous pourrez uploader (téléverser en français) des photos, les présenter, mais surtout respecter les règles en vigueur. Ces règles proviennent du site en lui-même (pas de photo d’enfants par exemple, ou pas de photo où l’on verrait un bout de sein) ou de ceux qui animent les groupes.

Vous ne pourrez pas faire ce que vous voulez.

Faire connaitre son site Web

Si la liberté est totale ou presque, il y a malgré tout un énorme problème à cette solution. Il s’agit de la notoriété. Utiliser les services de Flickr ou d’Instagram (par exemple), c’est être connecté à des milliers de personnes qui peuvent voir vos clichés sans qu’il soit nécessaire de faire de la publicité pour se faire connaitre. Avec quelques réglages comme l’association à des mots-clés, la soumission à des groupes, vos photos pourront être vues par énormément de personnes. Certains aimeront vos clichés, d’autres commenceront à vous suivre, et la reconnaissance de vos pairs vous sera accordée…

Cet effet waou n’existe pas pour un site personnel. Vous devrez travailler pour le faire reconnaitre. Cela va en passer par des techniques de SEO (Search Engine Optimization, en français, Optimisation pour les moteurs de recherche – Attention aux expressions anglaises francisées car, utilisées sur le Web, peuvent faire perdre beaucoup d’informations), de diffusion de votre URL, d’information de mise à jour à vos lecteurs… Un énorme travail bien ingrat, car les résultats ne seront pas au rendez-vous.

Votre choix sera ici dicté par ce que vous souhaitez.

Des solutions pour les sites personnels

Avec un peu de patience, un éditeur de code et quelques outils/logiciels peu chers, on peut construire un site de présentation de photos. Si on a quelques connaissances en matière de programmation, il est possible de proposer un site minimaliste, mais fonctionnel en moins d’une heure. Nous vous proposerons prochainement un article dédié à cette idée.

Heureusement, vous n’êtes plus obligé d’en passer par là. Il existe quelques alternatives souvent plus efficaces et sexy, avec moins d’implication dans les arcanes de fonctionnement.

Les solutions de types CMS

Même s’il est possible de bâtir son site Web à la main, on se rend compte rapidement qu’adopter un CMS (Content Management System – pour faire plaisir à ceux qui veulent des termes/expressions en français, Système de gestion de contenus) facilite les choses. Pour ceux qui ne connaissent pas, et ils sont nombreux, un CMS est un logiciel permettant aux utilisateurs de créer, d’éditer et de publier du contenu Web. Comme du texte et/ou des éléments multimédias. Le tout sans connaissances en programmation ! Il y a de nombreux choix possibles, que ce soit Joomla, WordPress, Wix ou encore Droopal pour les plus connus.

Si le CMS peut s’avérer être un choix intéressant, en pratique il en est autrement. Ils sont prévus pour publier du contenu éditorial. Sauf qu’il existe de grandes différences entre un site de News, un de vente en ligne ou un site d’informations. Ces écarts sont encore plus grands avec un site de gestion d’images. Alors, pour les photographes, trouver ce qui convient relève plutôt d’un parcours du combattant, puisqu’il existe plus de 300 programmes différents sur le marché. Heureusement, on peut souvent se raccrocher aux principaux CMS du marché.

Une fois ce choix effectué, il conviendra de choisir un plug-in orienté galerie photo. Il s’agit là d’un complément essentiel qui vous permettra d’avoir un peu plus de contrôle sur vos galeries photo, sans avoir besoin de coder. En principe, un bon plug-in de galerie vous permettra :

    • d’améliorer l’affichage de vos galeries
    • de choisir un affichage de galerie attrayant (de type carrousel, masonry, ou autres)
    • de contrôler les marges, les bordures

N’hésitez pas à installer ce CMS sur votre ordinateur personnel pour faire des essais et customiser le mieux possible afin qu’il vous corresponde. Quand tout est prêt, il faudra déposer le tout sur votre espace Web et de commencer à alimenter vos galeries.

CMS Plug-in galerie
WordPress PhotoGallery de 10Web, Robo Gallery, Envida Galerey, Meow Gallery (attention certains plug-ins peuvent être payants)
Joomla Phoca Gallery
Wix Wix Pro Gallery

Bien que ce soit possible, l’usage d’un CMS généraliste n’est pas forcément la meilleure solution, du moins la plus simple. Cela dépendra de ce qu’attend le photographe, comme la vente (il existe des modules dédiés).

Des solutions alternatives existent.

Piwigo, l’alternative aux CMS

Au début, il y avait PhpWebGallery, de Pierrick Le Gall. Une petite application de gestion d’albums photo pour le Web. Dans la pratique on pourrait dire qu’il s’agit d’un CMS dédié à la photo. Il n’y a donc pas de nécessité d’installer un produit puis une surcouche permettant d’organiser les galeries d’images. Tout est déjà fait. Au fil des années, la solution a grandi pour devenir Piwigo.

Piwigo, site de démo
Démo fournie par Piwigo

 

Le photographe souhaitant utiliser cette solution dispose de deux possibilités :

  • Un espace Web perso sur lequel vous déployez le package gratuit (seuls l’espace Web et/ou le nom de domaine étant à votre charge)
  • Un service clé en main pour 39 €/an.

L’interface est assez intuitive et la personnalisation est assez importante, ce qui est pratique pour se démarquer des autres. Petit plus, l’interface est en français.

La solution JAlbum

Avec Piwigo, nous avons là sans doute une des solutions les plus simples et les plus efficaces du marché.

Il s’agit d’une Web App, permettant la création et le partage de galeries de photos. Un package tout fait, prêt à l’emploi, que vous pourrez customiser à votre guise. Tout est fait pour qu’un photographe (amateur ou pro) puisse rapidement obtenir satisfaction de voir ses clichés en ligne. Cette Web App est déposé dans un espace Web et après une phase d’initialisation, vous pourrez customiser l’aspect et proposer des galeries. La création de ces dernières s’effectue directement sur votre ordinateur. Si les galeries vous conviennent, vous pourrez les uploader sur votre hébergement.

Démo fournie par JAlbum
Démo fournie par JAlbum

 

Comme pour Piwigo, l’installation peut s’effectuer sur un espace Web personnel. Vous pouvez aussi disposer d’un service clé en main. Attention JAlbum est un logiciel payant, mais propose une version avec un module de vente pour un tarif un peu plus cher.

La solution Apple

Parce que la firme à la Pomme pense devoir toujours proposer des solutions à ses aficionados, elle ne pouvait pas se permettre d’oublier de proposer sa vision des galeries. La seule condition est d’accepter de se couler dans l’écosystème propriétaire. Ce que tous ne veulent pas, à juste titre.

logiciel 'Photos' et son interface simpliciste
logiciel ‘Photos’ et son interface simpliste

 

Chez la Pomme, tout part du logiciel maison dénommé désormais ‘Photos‘ (extrêmement original !), présent sur Mac ou sur smartphone/tablette. Il suffit de prendre des clichés et de les intégrer dans le logiciel. Cette opération peut être automatisée, du moment que les fonctionnalités liées au Cloud Apple sont activées. Après, vous pourrez partager vos photos avec vos proches et connaissances ou des tiers qui ne sont pas forcément dans l’univers « pommé ». Il suffit d’activer l’option Site Web public pour que votre album soit disponible via un navigateur internet.

Galerie Web sous iCloud ouverte à tous
Galerie Web sous iCloud ouverte à tous

 

N’oubliez pas que les photos prennent de la place et que les 5 Go offerts par Apple dans iCloud peuvent se révéler insuffisants très rapidement. Cet espace de stockage conserve entre autres tous vos messages (et SMS) et des documents, le tout prenant de la place.

Le seul problème de cette solution, en dehors d’être enfermé dans l’écosystème Apple, c’est que le logiciel Photos est simple et s’adresse essentiellement aux amateurs qui ne veulent pas s’investir dans un logiciel de développement plus intéressant. Certes, il a de nombreuses fonctionnalités, mais son mode de fonctionnement peut ne pas convenir aux photographes, amateurs ou pas.

Lightroom et le Web

Nota : il est possible que les autres logiciels similaires à Adobe Lr proposent ce type de fonctionnalité. 

Le module Web d’Adobe Lightroom n’est pas celui le plus mis en avant par la société. Il existe, un point c’est tout. Depuis son apparition, il n’a d’ailleurs quasiment pas évolué. Et s’il n’y avait pas eu des solutions permettant une vraie gestion de galeries, les utilisateurs auraient été peu nombreux. En même temps, doit-on s’attendre à plus pour un logiciel catalogueur de photos et de développement ? Je n’en suis pas certain.

Module WEB de Lr
Le module Web de Lr et un des templates possibles

 

Le côté positif est que le choix des templates est important. Mais si le paramétrage est plutôt complet, il reste malgré tout limité en accessibilité et gestion de galeries. On peut faire une galerie sans trop de difficultés, mais en avoir plusieurs, en hiérarchie, c’est quasi-impossible. Pour y arriver, il convient d’avoir des connaissances en HTML, XHMTL, CSS et JavaScript. Évidemment, pour en profiter, il vous faudra un espace Web où stocker vos galeries, et sans doute un nom de domaine.

Heureusement pour ses utilisateurs, Adobe a laissé la possibilité à des développeurs externes de proposer des plug-ins permettant d’enrichir le logiciel. C’est ce que proposent Timothy Armes ou Sean McCormack avec ImpactWSPP, Portfolio WSPP, Elegance et autres LRB Portfolio. Ces plug-ins sont disponibles chez Photographer’s Toolbox. Certains sont capables de générer des sites Web entiers, avec plusieurs niveaux de profondeur.

Site sous Lr
Exemple d’un site sous Lr

 

Le plus gros avantage est lié à la fonction « Service de publication » de Lightroom. Le flux de travail est interne. Une fois le service paramétré correctement (on ne le fait qu’une seule fois), il suffit de créer une collection de photos dans ce service, d’y mettre les photos que l’on veut exposer sur le Web et publier. Tout est automatique, ce qui est fort séduisant.

Ces plug-ins sont d’excellentes solutions, à condition d’y laisser du temps. À titre personnel, j’en utilise un depuis très longtemps, mais je serais incapable de changer quelque chose facilement. Il me faudra quelques minutes/heures si cela devenait nécessaire.

Les galeries Web communautaires

Elles peuvent apparaitre comme étant la solution. D’autant plus que le coût d’accès est souvent inférieur à celui d’un site personnel (nom de domaine et hébergement). Mais ils sont en perte de vitesse désormais. Les conditions restrictives de publication et le fait que vos clichés sont noyés au milieu de tant d’autres sont en cause.

500px

500px est un site chinois (depuis 2018) basé au Canada, de type communautaire. Il est souvent perçu comme un lieu d’exposition, d’inspiration et de connexion entre photographes. Petit plus non négligeable pour les professionnels, il existe un mécanisme permettant les échanges directs entre les photographes et les clients.

Vous pouvez également mettre en vente vos clichés, du moment que vous vous soumettez à la licence commerciale du site. Attention, cette dernière semble assez restrictive, car, s’il y a des personnes sur vos clichés à vendre, il faudra être en mesure de produire les autorisations liées.

Flickr

S’il y a bien un outil qui a été pensé pour être simple et efficace, c’est bien celui-ci. Oui, il y en a d’autres comme 500px et autre Smugmug. Force néanmoins est de reconnaitre que ceux qui l’ont conçu l’ont fait de manière efficace. Au début, il s’agissait de pouvoir montrer ses belles photos au travers d’un chat-room, tout en les stockant, de manière à les retrouver en cas de perte chez soi. Une forme de sauvegarde. Rapidement, la société canadienne à l’origine du projet a ajouté des fonctions plus puissantes de téléchargement et de classement des images. Après la vente à l’américain Yahoo et le transfert des images sous pavillon américain, ce qui peut représenter pour certains un vrai problème puisque c’est la loi des États-Unis qui s’applique désormais, le site connait un succès de plus en plus important.

FlickR, système d'upload
Une interface d’upload simple et efficace, où le glisser-déposer fonctionne
FlickR gestion groupe & co
Ajout de tag, soumission à des groupes, avoir des albums personnalisés

En 2018, Flickr est racheté par Smugmug qui change l’ADN de la marque. Le compte Pro devient presque obligatoire, du moins fortement conseillé si on veut passer outre les limitations du compte gratuit (1000 photos maximum et publicité). Mais même si on paye l’abonnement, environ 60 €/an, on n’est pas à l’abri d’une suppression sans avertissement préalable. Évidemment, Flickr s’engage à ne PAS fournir de justification auprès du client lésé.

Flickr n’est plus un espace de sauvegarde. Par contre il reste un très bon outil pour se faire connaitre auprès des amateurs. Et surtout très simple, de la mise en ligne des clichés à l’exposition au travers de groupes, tout en passant par la possibilité d’organiser des albums, de mettre des tags ou de gérer la confidentialité. Simple, efficace et bien souvent suffisant.

FlickR, celui de PK
PentaxKlub utilise les services de Flickr pour exposer quelques clichés.

 

Autres solutions sur le Web

Piwigo et Album auraient pu être dans cette catégorie puisqu’ils ont une existence de type « clé en main« . Le premier est d’ailleurs devenu assez prisé par de nombreux photographes du fait de la simplicité et du tarif particulièrement modéré. Ce ne sont pas les seuls. Ainsi, en France, on trouve une petite société qui a le vent en poupe et qui semble proposer un travail de qualité, mais à un coût nettement plus prohibitif. Et dans le monde, Adobe a décidé de pointer le bout de son nez avec une solution maison.

NetFolio

NetFolio est donc une société française qui se présente comme étant un « Créateur expert de sites Web pour photographes professionnels« . Quand on voit les tarifs, effectivement on comprend que le simple particulier photographe n’est pas le cœur de cible. Par contre, les professionnels se doivent d’étudier cette solution, car elle répond à un certain nombre de points essentiels pour eux.

Non seulement il est possible de gérer les galeries de manière indépendante, mais il semble qu’on puisse les cloisonner dans le but de les rendre privées. Il y a un important module de gestion des tarifs (il est même possible de gérer les promotions), ce qui ne manquera pas d’intéresser certains. Mais surtout, c’est la société qui s’occupe du SEO, afin d’étendre la visibilité des œuvres. Mieux, il peut avoir des passerelles avec les réseaux sociaux.

Behance

Behance est, à l’origine, un réseau pour les professionnels de la création afin qu’ils puissent présenter leurs projets, trouver de l’inspiration et échanger entre eux. En 2006, le public visé était les graphistes. Au fil des années, Behance a évolué et désormais, ce réseau s’adresse désormais aussi aux photographes. On retiendra aussi qu’il est gratuit et que le stockage est illimité (pour le moment).

Gratuit ? Comment cela est possible ? Parce que le matériel proposé a souvent été conçu au travers des outils Adobe et donc, tout est payé au travers des abonnements à Creative Cloud. Et quand on utilise Première, Illustrator et consort, cet abonnement peut s’avérer coûteux.

Behance, sitre gratuit
Pages d’accueil de Behance, avec filtre sur « Photographie »

 

Ces logiciels n’ont pas grand-chose à voir avec la photographie. Il ne faut pas oublier que Behance a été créé pour… les créatifs de tous horizons à l’origine. Pas pour les photographes en particulier. Mais comme des améliorations ont eu lieu et que l’espace est toujours gratuit et illimité, pourquoi ne pas utiliser ?

La création d’un compte étant gratuit, n’hésitez pas à vous inscrire afin de voir si cette solution peut vous convenir. Cela vous permettra de l’usage qui en est fait par les photographes publiant leur travail.

Behance, exemple de page
La page d’un photographe pris au hasard (le premier de la page d’accueil)

 

Attention, Behance demande un investissement non négligeable en temps.

 


Il existe d’autres solutions, car être exhaustif est impossible. Le but ici était de vous présenter ce qui peut exister. À partir de cet état des lieux, c’est désormais à vous de savoir ce que vous souhaitez. Ce qui vous permettra de déterminer votre cahier des charges et choisir.

Un sujet n’a pas été abordé alors que c’est devenu le moyen numéro 1 de proposer et diffuser des images. Qu’on aime ou pas les réseaux sociaux, ceux-ci ont pris une place prédominante. On y trouve de tout, du bon et du moins bon. Mais il n’empêche que c’est un des rares moyens pour se faire connaitre rapidement. Un sujet particulier qu’on abordera dans un prochain article.