Tout le monde n’a pas l’opportunité de se rendre dans les grandes réserves africaines pour des safaris en jeep au milieu des fauves et de leurs possibles futurs repas : antilopes, buffles, etc etc… Il faudra donc se contenter des parcs animaliers et la France en compte de nombreux qui valent le détour, voire le voyage : les lister tous est une mission impossible, mais sans publicité aucune, on peut affirmer, par exemple, que le Zoo-Parc de Beauval, dans le Loir-et-Cher, est une pure merveille.

Avertissement : ce tutoriel ne se veut pas un cours complet sur la photo animalière en zoo (le sujet est traité de façon bien plus complète dans de nombreux livres comportant des centaines de pages) mais seulement un aide-mémoire des principaux points à ne pas négliger pour rapporter des images qu’on aura plaisir à montrer.

 

Organiser sa visite

Il ne faut pas se dire pour autant que la photo animalière dans un parc est facile et qu’il suffit de s’y rendre avec son appareil photo, en toute décontraction, comme ça, sur une soudaine envie. Non : même si la logistique n’est pas la même que pour un safari, une telle visite, ça se prépare aussi. Et, il faut savoir, en premier lieu, que les parcs et zoos ne sont pas forcément ouverts toute l’année. Les mois d’hiver sont parfois réservés à l’entretien des équipements et le public n’est alors pas admis. Il convient donc de se renseigner avec précision sur les jours et heures d’ouverture du parc où vous comptez vous rendre.

Autre point important pour la préparation : la météo. Si on ne maîtrise pas « le temps », on peut plus facilement – ou moins difficilement – maîtriser son « emploi du temps » : choisir des journées ensoleillées, ou prévues comme telles, vous permettra de bénéficier d’une lumière suffisante avec laquelle il faudra, certes, composer, mais qui reste indispensable au photographe animalier : les spécialistes de la chasse photo en sous-bois vous confirmeront que la lumière est un de leurs principaux soucis.

Une période de beau temps s’offre à vous ? Très bien, mais quel(s) jour(s) choisir ? Il est sage, à cet égard, d’éviter les jours de grosse affluence que sont les week-ends, les vacances scolaires et… le mercredi, toutes périodes où la fréquentation des zoos est constituée d’une forte majorité d’enfants. Certes, vous les aimez, les enfants… surtout les vôtres d’ailleurs. Mais dans un zoo, il y a fort à parier que les enfants des autres vous paraîtront presque inévitablement mal élevés et vous goûterez peu leur enthousiasme dans bien des circonstances, par exemple devant une cage à paroi de verre ou de plexiglas de laquelle vous aurez bien du mal à vous approcher !

Alors il est plus raisonnable de choisir d’autres jours : bien sûr, il existe aussi des chances non négligeables que quelques sorties scolaires aient été organisées, mais au moins pouvez vous escompter que cela ne constituera qu’une fréquentation marginale le jour choisi.

 

Préparer son matériel

C’est une précaution essentielle. Si vous disposez de deux boîtiers, vous avez un avantage certain : dans un zoo ou parc animalier, il n’est pas rare de devoir changer rapidement de focale ; on ne shoote pas toujours des animaux de même taille. Alors, sauf à se limiter à un type particulier (les éléphants, les girafes, les hippopotames et les rhinocéros ou bien les reptiles, grenouilles, lézards divers en cage de verre) vous serez probablement amené à utiliser des focales différentes. Et comme il ne sera pas toujours facile – loin de là – de « zoomer avec les pieds » (le « sneaker-zoom » des anglo-saxons), eh bien il sera quasi indispensable de zoomer…avec l’objectif !

Chez Pentax, on pourra utiliser les zooms suivants :

  • en extérieur, du petit téléobjectif au 200 ou 300mm : 70-200mm (bientôt en vente), 60-250mm, à un degré moindre le 50-135mm,
  • en intérieur, du grand angle au petit téléobjectif (17-70mm, 16-85mm, le 18-135mm pouvant être une bonne transition dans de bonnes conditions de photographie… avant qu’il ne soit plus possible de se le procurer, sinon en occasion)
  • Le téléobjectif fixe de 300mm n’est pas pour autant à négliger.

Pour les photos en intérieur, l’ouverture doit être suffisamment grande (f:4 et si possible plus grande) et la distance minimale de mise au point aussi courte que possible. Notez bien que, dans ce cas, un objectif fixe à grande ouverture peut être extrêmement utile : un 28mm, 35mm (f2 – ou moins – à f2.8) ou un 50mm à f1.7 ou 1.8, dont la distance de mise au point est inférieure à 50cm sont tout indiqués, surtout pour les photos d’animaux en vivarium ou en aquarium.

Un zoom de chaque type sur vos boîtiers, les fixes éventuels dans le sac, vous êtes prêt à affronter la quasi-totalité des situations. Il peut aussi être utile, si vous le possédez, de prendre un convertisseur x1.4 (Le Pentax est excellent) ou x1.5 (Kenko par exemple), bien utile dans certains cas.

Bien sûr, si vous êtes équipé dans d’autres marques, il est certain que vous y trouverez les objectifs et accessoires équivalents.

Si vous ne disposez que d’un seul boîtier, vous serez sans doute amené à changer d’objectif plus souvent. Pour limiter le nombre de ces permutations, il est alors sage d’organiser votre visite en fonction de ces objectifs, et il vaut mieux le prévoir suffisamment à l’avance pour ne pas perdre trop de temps une fois sur le terrain.

Préparez des cartes mémoire dont la fiabilité est certaine et la capacité… suffisante ! Et en nombre suffisant, bien entendu : dans un zoo on a tôt fait de shooter en rafale dans bien des situations et les cartes se remplissent très vite, surtout avec les capteurs de 20 méga-pixels et au-delà !

Un minimum de matériel de nettoyage pourra vous rendre de grands services : la poussière est omniprésente dans les parcs animaliers.

Sachez que les trépieds sont rarement autorisés (sauf à bénéficier de conditions d’accès privilégiées, par exemple un jour de fermeture au public) pour des raisons évidentes d’encombrement et de risques pour les autres visiteurs. Un monopode pourra plus facilement « passer », mais, dans tous les cas, il faudra vous en assurer au préalable auprès de la direction du Parc.

Les flashes (même discrets) sont rarement autorisés (les éclairs peuvent stresser certains animaux, et en particulier les oiseaux) et, quand ils le sont, ils ne fournissent pas toujours, en raison des ombres portées, des images de grande qualité : c’est notamment vrai pour les flashes intégrés. Un exemple :

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(Pentax K-3 + Pentax 50-135mm à 135mm – Mode AV, 1/180 sec, f/5.6, ISO 100, Compensation: +0.7 – Flash ON)

 

Par ailleurs vous ne pourrez pas utiliser de réflecteur ni d’autres accessoires pour modeler le rendu.

Notez aussi que, dans les volières fermées pour oiseaux exotiques règne souvent une forte moiteur : chaleur et humidité (due à des circulations d’eau) sont au plus haut. Attention aussi aux projections d’eau des petites cascades vers lesquelles, inévitablement, les oiseaux vont se poser pour se désaltérer : dans ce cas, vive la protection tous temps et le WR !

Vous voilà équipé et sur place : par quoi commencer ? Vous seul possédez la réponse à cette question tellement elle est fonction de vos goûts, de ce que vous avez décidé de shooter, du temps dont vous disposez et … des circonstances particulières du jour !

 

La technique générale

L’habitat naturel des animaux « sauvages » est tant bien que mal reconstitué, mais dans un espace bien plus réduit. Peu de chances, par conséquent, voire aucune, que vous assistiez aux mêmes scènes. Vous ne verrez pas la chasse des lionnes dans la savane, mais, le cas échéant, vous pourrez assister à leur repas : quelques bonnes images peuvent en être tirées si vous choisissez judicieusement l’angle de prise de vue en évitant, par exemple, les fonds de spectateurs ou d’installations du parc. L’ouverture de votre objectif vous aidera à produire des fonds flous et un sujet bien net. En photo animalière, la profondeur de champ permet souvent de distinguer une bonne photo d’une photo ordinaire. Cela dit, assumez aussi le fait que vous n’aurez pas, dans un parc, la même végétation que dans la savane.

 

Les grands animaux

La mise au point

Si vous faites le portrait d’un animal, c’est comme pour les humains : la meilleure zone de mise au point, c’est l’œil, tout particulièrement si le regard de l’animal est dirigé vers vous. Cela permet d’établir une relation entre le sujet photographié et le photographe, pas forcément complice, d’ailleurs ! Le regard de l’animal peut être menaçant s’il a été importuné, mais, dans la plupart des cas, vous noterez que l’animal est assez indifférent aux comportements des humains.

Soyez patients : un peu d’attente vous permettra peut-être de saisir la bonne expression au meilleur moment. On ne peut pas faire poser les animaux (sauf dans les cirques, mais c’est une autre question), il faut donc les observer, parfois longuement, pour saisir les meilleurs moments. Etudier leur comportement est aussi une manière de savoir où et quand les photographier. Certains, par exemple, passent régulièrement au même endroit : il est alors facile de faire une pré-mise au point manuelle et de choisir le bon angle de vue, du moins si la configuration des lieux le permet. Mais, dans tous les cas, il est des endroits où vous serez mieux placés que d’autres. Opérer en « tout manuel » peut être une excellente solution.

La vitesse d’obturation

elle est bien entendu fonction des animaux et de leur manière de se déplacer. Mais vous aurez rarement besoin d’aller au-delà du 1/1000ème de seconde pour figer un mouvement, beaucoup moins si vous voulez au contraire montrer le mouvement. Il est essentiel de rester attentif et réactif.

Focale et ouverture

Pour les animaux qui vivent en liberté dans de grands enclos, vous aurez généralement des points de vue dégagés, sans obstacle, hormis des fossés de protection.

En revanche, pour ceux qui vivent dans des enclos protégés par des barreaux ou des grillages divers, c’est moins facile. Si vous n’y prenez garde, ces éléments seront très visibles sur les photos. Pour les éliminer :

  • positionnez vous aussi près que possible de ces barreaux et/ou grillages
  • privilégiez, autant que faire se peut, les grandes ouvertures et les longues focales : la profondeur de champ moindre les renverra « hors zone de netteté », même sur le fond si l’animal en est suffisamment éloigné
  • En cas de barrière ou paroi de protection vitrée, attention aux reflets et salissures (cf image ci-après et dans la section concernant les vivariums et aquariums) qui donnent une impression de « pas net », de manque de piqué, de la présence d’un « voile ».

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Pentax K-5 + Pentax 55-300mm à 300mm- f11 – Iso 80 – 1/50ème de s. (en appui)

Vous pouvez, aussi, cependant, faire le choix de montrer leur enfermement et la présence de barreaux viendra alors renforcer cette situation.

Quelques exemples :

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Les oiseaux en vol en extérieur

Ce genre de photographie est, à juste titre, réputé difficile et le déchet est d’importance. Mais, en numérique, c’est acceptable.

Un impératif : la maniabilité, puisque vous devez suivre le vol des oiseaux. Le zoom tellement préconisé au début peut soudain devenir handicapant, sauf si vous le maitrisez parfaitement. Sinon, un 300mm ouvrant à f:4 constitue un bon choix.

Soyez bien stable sur vos appuis. Certains disent de tenir fermement l’ensemble objectif/boîtier les coudes collés au corps. Cela me fait bien rire ! Je vous mets au défi, dans cette position, de suivre le vol d’un aigle ou d’un milan ! Imaginez la position, vous verrez…

Comme pour toute image d’animal, l’important est tout à la fois de faire une photo nette, bien exposée, et traduisant une position intéressante du sujet.

Pour la mise au point

mettez vous en mise au point continue (AF-C sur Pentax) et utilisez le collimateur central pour suivre l’oiseau : c’est celui qui est le plus efficace et le plus rapide

Pour la netteté

la vitesse d’1/1000ème de seconde sera souvent un minimum : c’est rapide, un rapace !

Pour la lumière

– donc l’exposition – en général vous n’en manquerez pas : inutile par conséquent de pousser sur les Isos : 160 à 200 ISO suffiront bien, préservant ainsi le piqué de l’image.

L’ouverture ?

Eh bien n’oubliez pas qu’il va vous falloir une bonne profondeur de champ : ça tombe bien : le ciel n’est pas un obstacle pour le bokeh ! N’hésitez pas à aller jusqu’à f:11 ; au-delà, la diffraction commencerait à dégrader vos images.

Et une sage précaution

le mode rafale ! Sur le nombre d’images, vous en aurez sans doute qui seront intéressantes, que ce soit en raison de la netteté ou de la position des ailes. Si ces deux éléments sont réunis sur une même image, c’est alors le jackpot !

 

Les oiseaux en captivité en volière

Les conditions évoquées ci-avant doivent être très sensiblement modifiées pour plusieurs raisons :

  • le vol des oiseaux sera moins long, les petits oiseaux en volière n’ont pas un vol rectiligne et il est donc plus difficile à suivre : il vaut mieux y renoncer sauf à accepter BEAUCOUP de déchet !
  • la lumière, moins importante, va vous obliger à soigner l’exposition (ouverture plus grande, valeur d’ISOs plus élevée
  • le fond (bokeh) prend une grande importance

Pas besoin de téléobjectif puissant, en principe : le 70-200, le 60-250 et même le 50-135 sont largement suffisants. Mais, si le recul est suffisant, le 300mm peut être une excellente solution.

Pour l’ouverture, c’est comme précédemment : suffisante pour obtenir une bonne netteté, mais pas trop pour éviter la diffraction et …la sous-exposition. En pratique entre f:5.6 (voire f:8) et f:11 (sur le K-5 et le K-3, notamment, l’ouverture est réglable par tiers de valeurs)

Vous pouvez monter la sensibilité à 400 voire 800 ISO, ce qui vous permettra, par ailleurs, de garder une vitesse suffisante (important pour le mouvement des ailes, parfois très rapide)

Pour les oiseaux posés sur une branche ou le bord de leur mangeoire (oui, dans les volières ils n’ont pas loin à aller chercher leur nourriture !) n’hésitez pas à cadrer un peu large : vous pourrez toujours recadrer en post-traitement. Mais encore une fois, soignez l’angle de prise de vue.

Et, là encore, le mode rafale rapide s’impose pour accroître les chances d’obtenir de belles images.

 

Dans les aquariums et vivariums

Vous allez être confronté surtout à des problèmes de lumière et de reflets.

Pour la lumière

comme dit plus haut, des objectifs fixes à grande ouverture seront souvent préférables à des zooms et vous permettront de shooter sans trop de difficulté. Attention, toutefois, à bien choisir la balance des blancs, la laisser en « AWB » n’est pas obligatoirement la bonne solution. Vous pouvez aussi agir sur la sensibilité : les APN actuels, en APS-C, permettent d’aller, sans trop augmenter le bruit numérique, jusqu’à 1600 ISO, voire 3200 pour certains. En revanche, avec des appareils à plus petit capteur, il est prudent de ne pas dépasser 400 ISO

Les reflets

sur les parois de verre ou de plexi-glass, sont plus délicats à gérer. Il existe toutefois des « trucs » permettant de les limiter :

  • vissez sur l’objectif un pare-soleil, de préférence pas de type « tulipe », et plaquez le tout contre la vitre : vous limiterez ainsi drastiquement la présence des reflets ! Mais, ce que vous n’éviterez peut-être pas, ce sont les salissures éventuellement présentes sur les parois. Et le cadrage pourra s’en trouver plus difficile, évidemment.
  • Si c’est possible, demandez à quelqu’un de se positionner derrière vous et de déployer largement son vêtement (sombre) pour éliminer les reflets ; cette solution n’est pas toujours facile à mettre en œuvre, c’est évident !
  • Utilisez un filtre polarisant qui, bien employé, éliminera la plupart des reflets sur les vitres (mais pas les reflets métalliques). Par exemple ce genre de reflet n’aurait pas été éliminé

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Si, malgré vos précautions, vous ne parvenez pas à éliminer les reflets lors de la prise de vue, alors il faudra le faire en post-traitement (PT). Pour cela, bien sûr, il sera préférable d’avoir enregistré les images en format RAW : vous pourrez plus facilement agir sur la balance des blancs et sur la luminosité et le contraste pour améliorer les choses. Selon le logiciel utilisé, d’autres solutions pourront aussi s’offrir à vous. On trouve, sur Internet, de nombreux tutoriels qui traitent de ce problème.

Photo prise derrière une baie vitrée en plexiglas

(avant Post-Traitement/après Post-Traitement volontairement accentué)

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la mise au point

Est un autre problème fréquent. Le manque de lumière, même avec des focales fixes à grande ouverture, ne facilitera pas la tâche de l’autofocus qui, très probablement, va « patiner » beaucoup, voire « patauger » pour trouver le point de netteté. Une seule solution, à défaut de pouvoir intervenir sur la quantité de lumière : passer en mise au point manuelle

Conclusion

La photo animalière en zoo peut vous apporter de grandes satisfactions et des images de qualité. Gardez à l’esprit que cela ne peut pas, ne DOIT pas, se faire au détriment des autres visiteurs, bien sûr, mais aussi des animaux eux-mêmes. Vous avez la chance de pouvoir les admirer dans des conditions de sécurité optimales. Alors RESPECTEZ-LES, n’ayez aucune attitude qui puisse les stresser d’une manière ou d’une autre, vous en profiterez plus longtemps : il est connu, en effet, que de nombreuses espèces vivent plus longtemps en « captivité » en parc animalier que dans leur milieu naturel.

Quelques exemples :

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et, pour terminer, le puma ci-avant, (cliquer sur l’image pour l’afficher en grand format), re-traité dans ACDSee Ultimate 8

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