Parler de la photo au flash exige de commencer par les bases. Donc …

 

Les principes de base

La photo au flash, comme toute la photo, est totalement une histoire de lumière.
Elle s’appuie donc d’un côté sur les piliers fondamentaux : ouverture Av, temps de pose Tv et sensibilité Iso (voir ici). Mais de l’autre sur des éléments mécaniques comme la surface de la pellicule/capteur insolée et la durée de l’éclair, ou bien la distance entre la source de lumière et le sujet à éclairer. Comme c’est presque toujours le cas dans beaucoup de situations, tous les éléments du problème sont interdépendants. Nous allons nous efforcer de simplifier les choses (et pas l’inverse). Et commencer par

 

La partie FLASH

Nous n’allons pas vous parler des flashes à lampes et des temps que… Donc, un flash électronique est un appareil complexe formé par un réflecteur de lumière, un condensateur, une source d’énergie et un calculateur.

  • La source d’énergie est formée par des piles, un ou des accus rechargeables.Le condensateur peut être plus ou moins performant. De lui dépendra la vitesse de recharge et donc la cadence possible des éclairs successifs.
  • Le calculateur enregistre d’une façon plus ou moins sophistiquée les paramètres de prise de vue : Ouverture, mode de prise de vue ( temps de pose -quand il est modulable- Synchro 1er ou 2e rideau, balance des lumières ou éclair seul, stroboscopie…) Il communique avec le boîtier et fonctionne en symbiose plus ou moins aboutie avec ce dernier. Les 2 éléments sont installés dans un bloc rigide sous lequel se trouve la griffe de fixation (mâle) qui comporte les contacts assurant la communication avec le boitier. Chez Pentax ces contacts sont au nombre de 4, contact central +3. Ce bloc rigide comporte sur sa face arrière en écran qui permet tous les réglages du flash.
  • Enfin au dessus de ce bloc est fixée la partie réflecteur. Ce réflecteur comporte une partie réfléchissante, mobile ou pas selon les modèles et la lampe qui forment un élément interne scellé. Ce bloc se déplace derrière une paroi fixe à surface de type Fresnel tournée vers l’avant. Son déplacement permet de passer d’une position télé à faisceau étroit à une position GA à faisceau large. Laquelle peut être encore augmentée par un diffuseur divergent externe. Ce diffuseur peut être doublé d’un réflecteur mobile permettant l’éclairage indirect. Cet ensemble, plus ou moins gros selon la puissance du flash est orientable en hauteur et latéralement, selon son modèle …et son prix.

 

Flash cobra monté sur boitier - position de la torche "neutre"

Flash cobra monté sur boitier – position de la torche « neutre »

Flash cobra monté sur boitier - vue latérale - torche en position "neutre"

Flash cobra monté sur boitier – vue latérale – torche en position « neutre »

 

La plupart de flashes permettent de régler la puissance de l’éclair et par la même occasion sa durée. En effet, en diminuant la puissance de l’éclair on diminue sa durée à des valeurs nettement plus courtes que 1/1000sec , ce qui permet de figer mieux un mouvement. Mais l’éclair perd alors de la portée… On ne peut pas tout avoir.

 

Le nombre guide (NG)

C’est la première notion de base. Celle dont découle toute la suite. Le Nombre Guide caractérise la puissance du flash. Traditionnellement ce NG est donné pour une sensibilité de 100 ISO et une focale de 50mm pour le format 24×36. Cette tradition découle évidement de l’époque à laquelle les flashes ont connu leur siècle d’or, les années 80-90. Par la suite on a vu des NG indiqués pour des sensibilités supérieures et des focales supérieures, sous prétexte des sensibilités utilisables en augmentation. Ces indications modifiées avaient surtout pour résultat d’augmenter la puissance apparente des flashes sans coûter un sou d’investissement dans la modification réelle des flashes concernés. Les NG courants sont les suivants :

  • Pour les boitiers compacts et le flashes intégrés des boitiers : 8 à 12/14
  • Pour les flashes cobras courants : 20 à 36, voire 40-42
  • Pour les flashes pro ou assimilables : 48 à 60
  • Pour les flashes de studio :  60 et beaucoup plus, mais ils s’alimentent sur le secteur…

On trouve de plus en plus de floods à LED, appelés flashes, qui ne délivrent pas d’éclairs, mais une lumière continue. Ils n’ont pas de Nombre Guide.

Attention, vérifiez bien pour quelle sensibilité et quelle focale est donné le NG de votre flash. Si ce n’est pas pour 100 ISO et 50mm, faites le calcul de conversion sous peine d’avoir de mauvaises surprises. La conversion de NG s’obtient grâce à la formule suivante :  NG – ISO 200 = NG – ISO 100 x 200/100 c’est à dire NG – ISO 200 x √2

Par exemple, pour un NG de 36 à 100 ISO, on a un NG à 200 ISO de :  36 x 1,442 = 51. Toutes les calculettes, donnent les √ , donc c’est facile. Mais pas celles des smartphones, en tous cas de certains smart ! Hélas …

Par contre le format de votre boîtier APS-C ou FF n’aura d’influence que sur la largeur du champ éclairé. Si votre flash est capable d’éclairer le champ d’un 18mm, cela signifie qu’il pourra éclairer le champ de votre 12mm sur APS-C !

Nota : 18mm est le champ le plus large que les flashes cobras puissants éclairent tant bien que mal en format FF.

 

Le calcul du diaph et de la distance

C’est la base de tout et c’est facile : NG = Ouverture x Distance appareil-sujet. Ainsi pour un Nombre Guide de 36, la distance d’éclairement correct sera de 9 mètres pour une ouverture de f: 4.

Tout ce qui sera plus près sera surexposé   (de plus en plus au fur et à mesure que la distance décroîtra)
Tout ce qui sera plus loin sera sous-exposé   (de plus en plus au fur et à mesure que la distance croîtra)

Flash cobra en configuration de travail : boitier en mode X (1/180s sur le K-5) les paramètres du boitier sont lues par le flash, y compris la focale. La portée utile du flash est indiquée. Noter que la limitation -2,0 de la puissance de l'éclair est paramétrée dans le boitier. Elle sera prise en compte par le flash.

Flash cobra en configuration de travail

Le boitier est en mode X (1/180s sur le K-5). Les paramètres du boitier sont lus par le flash, y compris la focale. La portée utile du flash est indiquée : Ici 8,7m pur un 35mm.  Noter que la limitation -2,0 de la puissance de l’éclair est paramétrée (par défaut) dans le boitier, afin d’éviter la sur-ex au courtes distances voir ci-dessous). Elle sera prise en compte par le flash.

 

Bien évidemment la distance efficace du flash augmente avec un diaph plus ouvert. Mais attention, la courbe de croissance et de décroissance n’est pas rectiligne. L’aspect « fromage blanc » augmente plus vite que la distance ne décroît et l’ombre augmente mois vite que la distance ne croît. C’est d’autant plus important d’en tenir compte qu’avec l’augmentation de l’ouverture, la PdC  décroît, donc les sujets éloignés seront noyés dans l’ombre et le flou… c’est donc surtout avec les sujets proches qu’il faut être vigilant!

Certains flashes sophistiqués ont un réflecteur qui se règle automatiquement sur la focale signalée par le boîtier.
Voilà. Ci-dessous une grille donnant les NG aux différentes focales.

Focale242835507085100
NG20303036394345

 

 

L’angle de champ

Les torches (réflecteurs) des cobras ont une surface moyenne assez réduite, le plus souvent homothétique du format 2/3 (24×36 -FF et ~17×24-APS-C ). Cette surface varie autour de 3,5 mm x 5,6 mm pour les flashes puissants. Vous ne serez bien sûr pas étonnés que cette surface soit plus ou moins proportionnelle au prix de l’objet.

 

Angles et portées de éclairs de flashes - représentation symbolique

Angles et portées des éclairs de flash – représentation symbolique

La position du bloc réflecteur dans la torche permet de modifier la portée de l’éclair et le champ couvert. Portée et champ sont inversement proportionnels : quand la portée augmente, le champ se réduit. Dans la même temps, plus la surface de la source émettrice est importante, moins la lumière est dure et désagréable. Le corollaire de ce lien entre la surface de la source et la qualité de la lumière est que plus la surface est grande, plus l’angle de champ pourra être important. L’angle de champ peut être augmenté par des surfaces diffusantes. Mais elles diminuent la puissance du flash (voir photo 3 ci-dessous).

Torche de cobra en position d'éclairage indirect avec réflecteur intégré déployé.

Torche de cobra en position d’éclairage indirect avec réflecteur intégré déployé.

Le même, torche positionnée en éclairage détourné sur le côté. Noter la mini-torche en façade et l'émetteur infrarouge de calcul de distance.

Le même, torche en position d’ éclairage détourné sur le côté.

Diffuseur intégré mis en œuvre. il permet de couvrir le champ d'un 18mm en APS-C, i.e. 24mm en FF.

Diffuseur intégré mis en œuvre, permet de couvrir le champ d’un 18mm en APS-C, 24mm en FF.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Noter la mini-torche en façade et l’émetteur infrarouge de calcul de distance.  Noter aussi que sur certains cobras made in China cette mini-torche est située sous la torche orientable. Astucieux !

Sur le Yongnuo, la source secondaire est sous la torche orientable, donc déclenchable seulement quand elle est nécessaire.

 

 

 

La partie BOÎTIER

L’obturateur classique est mécanique. Il peut prendre deux formes :

Quand il est placé dans l’objectif, il a une forme circulaire de diaphragme. Son déplacement est compatible avec l’éclair de flash à toutes les vitesses, lesquelles sont limitées le plus souvent au 1/500 sec.

Quand il est placé dans le boîtier, il a une forme de volet roulant, ou plutôt de 2 volets roulants. Qui découvrent la surface sensible totalement pour les vitesses relativement « lentes » (1/60sec, puis 1/100sec pour les volets horizontaux (Leica et beaucoup d’autres, à peine plus pour les volets verticaux ( Contax puis, nettement plus tard (~1985-90) pour tout le monde. Actuellement on atteint 1/200sec, au maximum 1/250sec. Quand les obturateurs mécaniques grimpent au 1/8000sec.

Pourquoi cette limite ? Tout simplement parce que pour atteindre ces vitesses élevées l’obturateur à rideaux/volets envoie ses rideaux l’un après l’autre avec un intervalle de temps de plus en plus court quand la vitesse augmente. Ce qui réduit la largeur de la fente entre les 2 rideaux. Ainsi est obtenue une fente, de plus en plus réduite, qui passe devant la surface sensible en laissant une insolation moyenne d’une portion de seconde sur toute la surface sensible. Cette insolation dure tout le temps que cette fente défile devant la surface sensible. Avec un éclair de flash qui est très court l’insolation est inférieure au temps de passage de la fente devant la surface sensible. Et on obtient juste une bande exposée, le reste est noir. C’est assez moche! Et la vitesse dite de synchronisation maximale possible est de 1/250sec.(voir )

Évidemment avec les obturateurs électroniques apparus avec le numérique, mais pas tout de suite, les choses changent. Mais nous en parlerons ultérieurement.

Nous terminerons cette première partie avec une question qui ressort plus du côté Flash que du côté boîtier, mais qui dépasse ces côtés et concerne toute la photo. C’est la question de la température de la lumière produite par les flashes.

 

La température de lumière des flashes

Les flashes électroniques sont censés fournir une température de lumière similaire à celle de la lumière du jour, c’est à dire entre 5000 et 6500 kelvin. Ils fournissent effectivement une température de 6000 kelvin. Donc le contrat est rempli. Il peut néanmoins y avoir des variations. Nous n’irons pas jusqu’à les appeler dérapages, mais parfois tel ou tel flash délivre une lumière un peu jaune, donc chaude, plus vers 5000 kelvin que 6000. Bien sûr, avec le numérique et le post traitement, c’est secondaire puisque facilement rectifiable.

Et puis les boitiers actuels montent bien en ISO, sans lissage notable, particulièrement les Pentax. C’est, de toute évidence, une des raisons de l’effacement des flashes, de leur disparition des scènes de photographie, comme des sacs des photographes. Il est tellement facile de monter à 3200, 6400, voire 12800 ISO sans conséquences sérieuses. Alors que transporter son flash, savoir qu’on n’éclairera qu’une petite portion de ce qui rentre dans le cadre, et le sortir malgré tout nécessite beaucoup de courage.  Sans parler du fait qu’utiliser un flash signifie aussi gérer l’énergie, trimballer les accus, ne pas oublier de les recharger. C’est tout une  une pratique contraignante, pesante, qui oblige à une vigilance sans faille pour ne pas se retrouver en carafe avec son flash. On comprend que les flashes restent dans les placards…

Mais cela ne nous empêchera pas de vous parler des pratiques du flash et des flashes multiples dans un article à venir.