Le paysage est probablement le domaine photographique le plus pratiqué par les amateurs. Et encore plus souvent lorsqu’ils sont touristes. Il est normal de vouloir garder des souvenirs visuels des endroits que l’on visite. Mais, la plupart du temps, et de plus en plus, on voit fleurir des smartphones au bout des bras de ces touristes. Les derniers modèles, il faut bien l’avouer, ont fait de considérables progrès dans leurs fonctionnalités « photo ». Toutefois, leurs petits capteurs ne permettent pas des agrandissements « faramineux » des images enregistrées.

Il vaut donc mieux utiliser des appareils photo avec des capteurs plus grands. Mais dans ces APN, il y a du choix : Appareils compacts à petit capteur, APS-C, 24×36… ou moyen format ? Nous éliminerons d’entrée le moyen format. Il est certes tout aussi adapté que les autres pour le paysage, mais son prix et son encombrement ne le mettent pas à la portée de tout le monde. Nous éliminons aussi les appareils compacts tant ils deviennent rares, remplacés le plus souvent par des smartphones.

Dès lors il ne reste qu’à choisir entre APS-C et FF (24×36).

 

Comme pour l’animalier ou la macro, nous allons tenter de vous donner des arguments en faveur de l’un et l’autre de ces formats.

 

 

Les caractéristiques de la photo de paysage

Sauf si l’on veut en isoler une petite partie, un paysage donne le plus souvent une impression d’immensité. C’est sans doute très relatif et cela dépend des lieux. Mais dans l’ensemble, le champ que l’on souhaite photographier est large de plusieurs dizaines de mètres. Parfois même plusieurs centaines.

Généralement aussi, la distance de mise au point est proche de l’infini.

Sauf à vouloir mettre l’accent sur un point en particulier du paysage photographié, il sera nécessaire de favoriser une bonne profondeur de champ afin que tous les plans soient aussi nets que possible.

 

 

Une attitude à retenir

Tout le monde vous l’a dit, ce c’est donc plus un scoop : ce n’est pas le matériel qui fera une bonne photo, c’est le photographe, son œil, son talent.

 

 

Que conclure de ces caractéristiques de la photo de paysage ?

La première conclusion est une constatation : tout le monde a, un jour ou l’autre, photographié tel ou tel site qu’il visitait, sans se poser véritablement la question de savoir quel était le matériel le mieux adapté à cet usage. Chacun a fait avec ce qu’il avait à sa disposition, bien souvent par absence de choix.

Une autre conclusion est que tout type de matériel photo est capable de faire des photos de paysage. Reste au photographe à le choisir en fonction (dans le désordre) de ses envies, de ses moyens financiers, de ses goûts.

Dans nos sociétés dites « évoluées », la pléthore de possibilités, d’objectifs et d’appareils mis à notre disposition ne facilite pas le choix des « armes ».

On n’achète pas un boîtier pour un domaine photo spécifique. En tous cas, c’est très rare d’agir ainsi. On espère qu’avec le boîtier choisi, on pourra s’adonner à sa passion dans bien des domaines. Et ce qui permettra de s’adapter à chacun, c’est bien sûr l’objectif que l’on « vissera » devant son boîtier.

 

 

Un rappel essentiel (oui, encore !)

Le format de capteur APS-C est très répandu chez tous les fabricants. On le sait, par rapport au format 24×36, il permet, en quelque sorte, de cadrer plus « serré » puisque, à focale égale, le champ photographié sera plus étroit.

 

 

Les objectifs pour la photo de paysage

Le plus souvent, on utilise des objectifs qui « voient large ». Autrement dit, ce sont des objectifs capables de cadrer un vaste champ, ce que l’on nomme des « grands angles ».

Sachant qu’un coefficient de conversion doit être appliqué à la focale en fonction du format du capteur, la notion de « grand angle » diffère en APS-C et en 24×36. Rappelons, ici encore, que ce coefficient de conversion est d’environ 1,53 pour Pentax.

Mais n’oublions pas que même un téléobjectif peut parfois s’utiliser en photo de paysage : tout dépend du sujet.

 

 

Au temps de l’argentique

On considérait comme étant « grand angle », tous les objectifs dont la focale était inférieure ou égale à 35mm. Pour les objectifs fixes, bien sûr ! Pour les zooms, il suffisait que la focale la plus basse soit au maximum de 35mm pour les faire considérer comme des zooms « grand angle ».

Il en était ainsi parce que le format des négatifs, dit « format 35mm », était de 24x36mm.

En numérique, mais seulement sur un capteur full frame, on peut donc considérer comme « grand angle » tout objectif ou zoom dont la focale la plus courte est de 35mm maximum.

En effet, en APS-C, un 35mm cadre à peu près le même champ qu’un 53mm en format 24×36 (35 x 1,53 = 53,5). Ce n’est donc plus un grand angle.

Par conséquent, dans ce format (APS-C), on ne peut considérer comme grand angle que les objectifs dont la focale est inférieure ou égale à 24mm. Pour les zooms, la plus courte des focales du « range » doit aussi être inférieure ou égale à 24mm. En pratique on s’aperçoit qu’une focale de 16 ou 17mm en APS-C est quasi-idéale pour la photo de paysage.

N’oublions pas, à ce propos, que, s’agissant des zooms, ils ne sont pas généralement au meilleur de leurs possibilités aux focales extrêmes. Il sera donc judicieux d’en tenir compte tant pour s’équiper que pour les utiliser sur le terrain.

 

 

Les avantages du format APS-C

On sait que les objectifs APS-C sont rarement entièrement compatibles avec le format 24×36. Le contraire n’est pas vrai : les objectifs pour FF peuvent s’utiliser sans dommage avec des appareils à capteur APS-C, pourvu qu’il n’existe pas d’incompatibilité de monture. Et, en plus, on ne garde que le meilleur : la partie centrale !

Ces objectifs pour APS-C sont généralement plus légers et moins chers que leurs homologues pour FF. C’est d’un avantage certain pour l’achat, le transport et l’utilisation. En revanche, cadrant plus serré, ils peuvent avoir pour inconvénient de limiter le champ photographié. Cela peut être gênant dans certains cas, quand le photographe ne peut pas prendre de recul pour élargir ce champ.

Attention aussi au fait que leur utilisation n’est pas toujours facile : avec les « ultra grand angle » (UGA) on voit souvent des avant-plans très vides en photo de paysage : on se consacre au sujet principal et on en oublie le premier plan. Pensez alors à y incorporer un objet, un rocher, un arbuste, toute chose qui viendra combler le vide éventuel (comme dans la photo qui suit).

Ce qui est vrai avec les UGA pour format APS-C l’est davantage encore avec les UGA pour format 24×36 puisqu’ils cadrent un champ moins restreint.

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Paysage de Camargue – Pentax K-3 + Pentax DA 55-300mm à 55mm

 

 

Les avantages du format FF

On sait que le format 24×36 offre souvent un meilleur bokeh : ce n’est pas un point très important en photo de paysage, vous en conviendrez !

En revanche, la montée en ISO des capteurs 24×36 peut être un avantage certain pour des paysages photographiés au crépuscule, surtout si l’on ne dispose pas d’un trépied. Il en est de même de la définition de l’image, généralement bien meilleure, à la condition essentielle que l’on opère avec des objectifs de qualité. Mieux vaut un 16mm de qualité sur un APS-C qu’un piètre 24mm sur un 24×36 !

 

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Paysage urbain : Strasbourg – Pentax K-1 + Tamron 28-75mm

 

 

Réaliser un panorama ?

Avant de terminer cet article, un petit conseil ! Si vous avez un appareil APS-C et un objectif qui n’est pas un grand angle, pourquoi ne feriez-vous pas un panorama ?

  • prendre plusieurs photos (4 ou 5, plus si vous voulez mais il vous faudra un ordinateur puissant) en position verticale et en « balayant » le paysage
  • veillez à ce que les images se chevauchent,
  • bien faire attention de garder votre appareil sur le même plan quand vous pivotez sur vous-même
  • assembler les images obtenues dans un logiciel adéquat  : il en existe de gratuits, comme Image Composite Editor de Microsoft pour Windows (alternative pour Mac) : ses possibilités sont limitées mais il permet de s’initier sans frais à la réalisation de panoramas). Pour ceux qui ont Adobe Lr, nous avons même mis un petit tutorial à disposition.

 

Un exemple (4 images assemblées) :

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Les aiguilles de Bavella (Corse) – Pentax K-1 + Pentax DA 55-300mm (en mode FF)

Dimensions du fichier d’origine (27,5 Mo) : 14 776 pxl x 5 939 pxl

 

En conclusion, que choisir ?

Sur ce sujet comme sur les autres que nous avons déjà abordés, il n’existe pas de réponse unique, pas de « vérité révélée » : les deux formats, APS-C et 24×36, sont parfaitement adaptés à la photo de paysage. Seuls différeront les objectifs utilisés.

Si vos moyens financiers et votre résistance physique vous le permettent, vous pouvez toujours partir photographier des paysages lointains avec un boîtier de chaque format et les objectifs « qui vont bien ». Nous vous souhaitons beaucoup de courage si des randonnées sont au programme, surtout en terrain escarpé.

Sinon, choisissez dans votre matériel ce qui vous conviendra le mieux (focale fixe ou zoom), pourvu qu’il y figure une courte focale. Il nous est arrivé de partir en vacances avec le même objectif (zoom Tamron 28-75mm f : 2.8) une fois avec un boîtier K-3 et l’année suivante avec un K-1. Est-il indispensable de préciser qu’avec cet objectif  les paysages (et aussi les photos en intérieur) ont été bien plus faciles à cadrer sur le K-1 ?

 

 

Galerie

Crédit photos  Micaz – Cliquez sur les images pour les agrandir.

 

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Paysage de Camargue – Pentax K-3 + Pentax DA* 16-50mm

 

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Paysage de Camargue – Pentax K-3 + Pentax DA* 16-50mm à 34mm

 

Pentax K-5IIs + Pentax DA* 16-50mm

Angers en survol – Pentax K-5IIs + Pentax DA* 16-50mm

 

Plaine des Sables (Ile de La réunion) - K-1 + DFA 15-30 - 1/160s à f/16 - ISO 125 - 15mm

Plaine des Sables (Ile de La réunion) – K-1 + DFA 15-30 – 1/160s à f/16 – ISO 125 – 15mm

 

 

Photo de titre : les Iles Sanguinaires (Corse). Pentax K-1 + Pentax DA 55-300mm (mode FF à gauche, mode APS-C à droite).