Le choix d’un 35mm, ou comment se renouveler

Nous avons déjà abordé le sujet de l’ennui ou celui de ne plus savoir quoi photographier et comment. Bien qu’il s’agisse de problématiques différentes, on aboutit plus ou moins au même résultat, le photographe ne trouve plus autant de plaisir ni d’inspiration à immortaliser. Comment re-photographier les mêmes lieux, souvent aux mêmes moments ? Ou alors, il faut partir continuellement ailleurs.

Certes, il existe parfois des circonstances qui font qu’un endroit change, mais ce n’est pas fréquent. Ainsi, Paris va rester Paris. Si vous allez régulièrement à la Butte aux Cailles ou à Montmartre, les modifications ne se voient pas d’une semaine à l’autre. Il faut une circonstance exceptionnelle, comme l’incendie de Notre-Dame par exemple, pour qu’un lieu change brutalement. Et encore.

 

À force donc de réaliser toujours les mêmes photos, il arrive que votre nouvelle série ressemble à la précédente qui elle-même… Surtout si vous utilisez le même objectif !

 

Changer d’objectif !

Voici donc une solution de plus pour lutter contre cet ennui photographique qui vous guette : n’utilisez plus votre objectif habituel et adoptez-en un autre.

Pourquoi ?

Il s’agit de casser la routine. Celle qui fait que vous sortez toujours avec le même objectif, souvent un zoom. A titre personnel, mon objectif de prédilection est actuellement le D-FA 24-70/2.8. Parce que son range permet de capturer presque tout ce que je souhaite. Et ce qu’il ne peut pas faire, le D-FA 70-200 s’en chargera. Avec eux deux, je suis presque certain de ne rien louper. Mon cas n’est pas isolé et nombreux sont ceux qui font de même.

En adoptant un objectif moins usuel, vous allez changer la manière dont vous allez prendre vos clichés. Cela paraît évident à dire, mais utiliser un objectif de type 11-18mm et un 70mm, ce n’est pas la même chose. Les angles de vue ne sont pas identiques et donc les points d’attention seront différents. Vous n’allez pas pouvoir proposer la même chose. Ce qui veut dire que vous allez devoir vous poser de nouvelles questions au moment de la prise de vue :

  • Que vais-je photographier ?
  • Comment vais-je le photographier ?
  • Quel angle, quelle approche ?
  • Quelle nouvelle histoire vais-je pouvoir proposer au lecteur ? Il ne faut pas oublier que les clichés que vous faites pour vous, d’autres sont susceptibles de les regarder et que vos photos doivent parler à ces personnes. Quand on est habitué à un objectif, en changer c’est donc se remettre en question.
Bunker, cadrage plus serré

 

Focale Fixe ou Zoom ?

Eternel débat. À moins d’être un fanatique du zoom ou un intégriste de la focale fixe, il faut reconnaître que chacun a ses avantages et ses inconvénients. C’est souvent le thème de la prochaine sortie photo qui déterminera le choix de l’objectif. Sauf si on ne dispose que d’un seul, ce qui est malheureusement souvent le cas pour les photographes amateurs.

Pour en revenir à la problématique soulevée, si vous utilisez un zoom, adopter une focale fixe changera grandement vos habitudes. Et si vous en utilisez déjà une de manière habituelle, il suffira de changer de focale pour modifier vos prises de vues. La focale fixe s’impose donc naturellement pour cet exercice.

 

Une ouverture à privilégier ?

Pour retrouver du plaisir, il faut aussi de l’insouciance en oubliant le poids et l’encombrement, au profit de la légèreté et de la mobilité, de la vitesse. Une ouverture trop grande et l’objectif va s’alourdir, perdant en compacité. Une ouverture plus petite permettra une plus grande légèreté, mais souvent au détriment de la qualité des images. Il s’agit donc de trouver un compromis.

Alors, pourquoi ne pas choisir une ouverture de type f/2 voire f/1.8 ? Ces ouvertures sont de bons compromis, offrant une bonne luminosité et de beaux bokeh. Inutile parfois de s’alourdir d’un monstre ouvrant à f/1.4 (même si ceux-ci offrent souvent des possibilités supérieures). Car vous vous êtes bien rendu compte que l’inflation était de mise côté objectif ces dernières années. C’est l’un des nombreux paradoxes actuels.

 

Le choix d’un 35mm

Pourquoi cette focale et pas une autre ?

N’oublions pas que le but avoué est de retrouver du plaisir dans les prises de vue. Et pour cela, il convient de revenir à la spontanéité et à la simplicité. L’une des voies est de partir léger, très léger. Tout en acceptant le fait de ne pas pouvoir tout photographier !

En décidant de partir vadrouiller avec un boîtier et une focale fixe légère de bonne facture, c’est certes prendre le risque de rater certains clichés, mais c’est surtout se donner une chance d’obtenir des images plus originales, différentes de celles que vous avez déjà en stock. Ce qui est bien le but recherché.

Une façon différente de penser son paysage

 

Dans cet esprit, la focale 35mm offre justement un compromis intéressant entre angle de vue et compacité. Il s’agit d’une focale ni trop large, ni trop étroite, sans doute la plus polyvalente pour un Full Frame. Et si vous vous sentez un peu trop à l’étroit, rien ne vous empêche d’effectuer des panoramas. Cette focale est capable aussi bien d’être à l’aise pour les paysages que pour les portraits. Pour cela, il conviendra juste de ne pas trop s’approcher de votre modèle et de recadrer les clichés par la suite.

Vous l’aurez compris, un 35mm permet de tout faire ou presque. Il s’agit d’une focale synonyme de liberté, celle que l’on cherche justement.

 

Choisir le FA 35/2 HD

Il y a surtout un objectif qui se dégage très rapidement. Il s’agit du FA 35/2 HD, un remplaçant mis au goût du jour du valeureux, mais vieillissant, FA 35/2 IL. Parce qu’il est petit, compact, léger (moins de 200 gr), bien conçu et performant. Mais surtout, avec son ouverture à f/2, ce FA 35/2 HD est lumineux. À ce titre, il s’agit de la focale fixe la plus incontournable chez Pentax, même s’il n’est pas motorisé. Un choix qui s’apprécie au niveau de son prix qui est de 399 €.

Certes, il y a le DA 35/2.4, mais son ouverture le rend un peu moins lumineux. De plus, même s’il est utilisable avec un FF, c’est parfois au prix de quelques restrictions.

Cet objectif est une évidence, même si certains préféreront le FA 31/1.8 ltd dont le principal reproche sera le prix très excessif pour de nombreux pentaxistes.

 

Et pourquoi pas un 21mm ?

L’APS-C modifie le champ visuel offert par une focale quand elle est montée sur ce type de boîtier. Mais pas seulement, puisqu’elle modifie aussi la profondeur de champ. Dès lors, un 35mm à f/2, monté sur un APS-C proposera plutôt un champ visuel et une profondeur de champ similaire à un 54/3.2 (environ) monté sur un FF. Or ce n’est pas forcément ce qu’on recherchait dans ce choix.

Le seul objectif qui permettrait de retrouver un champ visuel similaire serait le DA 21/3.2 ltd. Mais s’il est compact et léger, son ouverture le met quelque peu en retrait si on s’en tient aux critères définis. Il est largement exploitable, mais on est assez loin de ce que l’on pourrait produire avec un f/2. L’idéal serait que Pentax nous propose un jour un 24/2 léger et pas encombrant. Mais est-ce possible ? Pourquoi pas, car il existait bien le FA ★ 24/2 SMC AL au poids de 400 gr. Rien ne s’oppose à une éventuelle ressortie de cet objectif en version HD non ★. Sauf peut-être des impératifs techniques ou économiques que nous ne connaissons pas.

Ce qui est certain, c’est que pour un APS-C, ce DA 21/3.2 risque d’être le seul choix pour encore un certain temps.

 

Le tout récent FA 35/2 HD est donc une solution pour vous sortir de votre routine habituelle. Évidemment, ce n’est pas le seul choix d’objectif possible. Ce qui est sûr, c’est que, quel que soit le choix, investir dans une focale fixe à grande ouverture (de type f/2 ou f/1.8) n’est pas une mauvaise idée. Si ce n’est pas un 35, parce que vous l’utilisez déjà, choisissez en une autre. Et utilisez-la régulièrement. Sans doute, découvrirez-vous avec étonnement que s’ouvrir à d’autres visions vous fera progresser dans votre pratique habituelle. Une excellente chose, non ?

  • thierry fournier
    17 mai 2019 at 9 h 33 min

    Bonjour,
    J’ai opté plutôt pour un 50 mm pour la photo de rue. Je sais, ce n’est guère orthodoxe, mais cela m’a permis de me remettre en question. Disons qu’il m’a surtout forcé à me remettre en question. J’ai hésité avec le 35 mm mais j’avoue que c’est uniquement une opportunité d’achat qui a dicté mon choix Et je ne le regrette absolument pas. Il suffit juste de se bouger un peu. Et ça fait un bien fou !

  • Serres jean claude
    19 mai 2019 at 20 h 31 min

    Devant une certaine débauche de matériel qui nous entoure, une petite balade solitaire avec un boîtier équipé d’ un 35 mm permet de retrouver l’ essentiel du plaisir de la photographie, pour ma part, un KS 2 et un DA 21 mm m’ assure une discrétion bienvenue dans la photo de rue avec la référence de Willy Ronis en tête.

  • Robert Amiot
    21 mai 2019 at 2 h 42 min

    Bonjour, je suis en accord avec ta recommandation du 35mm, mais personnellement j’ai opté pour le Samyang 35mm F:1.4 qui sur le K1 Mark II offre un piqué exceptionnel pour faire du paysage en mode manuel et avec trépied et un DA-40mm (Pancake) pour la photographie de rue en main libre.