Le club des focales fixes disparues

Depuis plusieurs années, de nombreuses anciennes focales fixes disparues n’ont pas trouvé de successeur sur les étagères des commerçants en photo. Même quand ces étagères sont virtuelles. Tout le monde peut le constater. Quels sont donc les objectifs concernés ? Et pourquoi ont-ils disparu ?

Les focales fixes disparues

Nous ne referons pas l’histoire de la photo. Mais chacun sait que lorsqu’elle a été inventée, les premiers compléments optiques des « boîtiers » ont été les objectifs à focales fixes, combinaison d’un nombre plus ou moins important de lentilles. La technologie ne permettait pas autre chose. Les zooms viendront bien plus tard.

Et, de façon naturelle, certaines « longueurs focales » se sont peu à peu imposées, quand, notamment, le format de film s’est quelque peu standardisé. Boîtier, objectif et film constituent un ensemble cohérent. Le but n’est pas de dresser un panorama complet de ce qui a existé. Ce dossier sera limité à ce qui concerne les objectifs pour le format 24 x 36, sans distinction de support (film ou capteur).

Les focales fixes traditionnelles

Pour le format 24*36, sans considération d’ordre d’arrivée sur le marché ou même d’ordre de conception, les focales qui sont ou étaient les plus répandues ne sont pas très nombreuses. En angle de champ décroissant (ou longueur focale croissante), les photographes s’équipaient surtout en objectifs des 5 longueurs focales suivantes :

  • 28 mm
  • 35 mm
  • 50 mm
  • 85 mm

Ne prenaient de focales plus longues (voire bien plus longues) que ceux dont le domaine de « travail » l’exigeait : les spécialistes en photo animalière, les photographes de sport ou encore ceux (paparazzi) dont le métier est de traquer de loin les comportements de certaines personnes, de préférence très connues du grand public.

Il a aussi existé, bien sûr, des objectifs à la focale « approchant » les « standards » ci-dessus. On peut penser, à cet égard, à certains objectifs soviétiques (par exemple le MIR-1 f/2.8 de focale 37 mm, testé ICI ou encore l’Industar-81 38 mm f/2.8), et bien d’autres. On peut s’en faire une idée en allant consulter cette page de l’excellent site de Pierre Tizien, « spécialiste » unanimement reconnu en la matière.

Les autres focales fixes

Elles ont existé en grand nombre. On retrouvait bien sûr la plupart d’entre elles – concurrence oblige – chez à peu près tous les fabricants. PentaxKlub s’intéressant principalement à la marque Pentax (mais pas seulement !), nous allons essayer de voir ce qui a existé dans cette marque et qui n’existe plus, en tous cas sur le marché du neuf. Car bien sûr, en occasion, on peut encore trouver certains objectifs disparus des catalogues. À noter qu’il s’agit sinon exclusivement, du moins à une écrasante majorité, d’objectifs créés et fabriqués pour la photo argentique et pour le format 24 x 36, quelle que soit la monture (M42 ou K et ses évolutions).

Les focales qui n’existent plus

Une précision utile : nous ne parlons ici que de focales. En aucun cas des différents objectifs d’une focale donnée dont l’ouverture maximale (et minimale aussi, d’ailleurs) a pu varier au cours des années. Ainsi, à titre d’exemple, il a existé pléthore d’objectifs de 100 mm de focale et d’ouverture f/4, f/3.5 ou encore f/2.8, dédiés ou pas à la macro. Ils ne nous intéressent pas dans le cadre que nous nous sommes fixé, car la focale de 100 mm existe encore à l’ère du numérique chez Pentax.

Autre précision : nous entendons par objectifs de « marque Pentax », les objectifs produits par les différentes entités qui se sont succédé (Asahi, Takumar, Pentax, …)

Les focales fixes grand-angle (GA) et ultra grand-angle (UGA)

Le cas particulier des objectifs de type fish-eye

Pentax a eu à son catalogue argentique au moins 5 objectifs de ce type :

  • Un Fish-Eye-Takumar 18 mm f/11, ultra léger (moins de 100 g), à focus fixe (pas de bague de MaP) construit de 1963 à 1967 (donc en monture M42). Pour l’anecdote, il a remplacé l’éphémère 17 mm f/11 à focus fixe lui aussi (1er fish-eye de Pentax) construit de 1962 à 1963
  • Un S-M-C Super Fish-Eye-Takumar 17 mm f/4 toujours en monture M42 construit de 1967 à 1972,
  • un 17 mm f/4 de la série « K » construit de 1975 à 1985
  • un 16 mm f/2.8 de la série « A » construit de 1985 à 2004

À noter que tous ces objectifs, sans exception, couvraient un angle de champ de 180°.

Etrange association : le fish-eye 18mm/f11 monté sur un K-1 (auteur de l'image : Auteur Kurt Bauschardt - Edmonton, Canada)
Étrange association : le fish-eye 18 mm/f11 monté sur un K-1 (auteur de l’image : Kurt Bauschardt – Edmonton, Canada)

 

Aujourd’hui, la marque n’a à son catalogue aucune optique fixe de type fish-eye. On y trouve seulement le zoom DA 10-17 mm f/3.5-4.5, dont la dernière version (HD) a été testée par PentaxKlub. Et qui est inutilisable en format 24*36.

Le pentaxiste qui souhaiterait s’équiper d’une focale fixe fish-eye, utilisable sur boîtier plein format, devra obligatoirement se tourner vers l’occasion et vers le seul constructeur indépendant qui en a produit : Sigma. Et nous disons bien « qui en a produit » puisque ce fabricant a décidé d’abandonner la monture K. Notons cependant qu’il existe aussi la possibilité de trouver sur le marché des objectifs de l’ancienne URSS, le Zenitar 16 mm f/2.8 (UGA sur APS-C mais fish-eye sur FF) ou encore le Peleng 8 mm f/3.5. Avec, bien sûr, les inconvénients de l’utilisation en numérique d’objectifs conçus pour l’argentique (voir notre récent article à ce propos) et, pour certains d’entre eux (chez Sigma), pour le format APS-C.

En, revanche, chez Tamron, on ne trouve trace d’aucun fish-eye pour Pentax, mais uniquement un zoom UGA.

Les GA et UGA

Au fil des années, le catalogue Pentax a vu défiler un certain nombre d’objectifs de ce type qui n’existent plus actuellement. Parmi les plus « connus » :

  • le 18 mm f/3.5 de la série K
  • le 20 mm f/4 des séries K et M
  • le 24 mm f/2.8 et f/3.5 de la série K
  • les 28 mm (f/3.5, f/3.5 Shift et f/2 de la série K) et f/3.5, f/2.8 et f/2 de la série M
  • le 30 mm f/2.8 de la série K
Le Pentax 30mm/2.8
Le Pentax 30 mm/2.8

 

Aucune de ces focales fixes n’existe plus aujourd’hui.

Et les cartons de Pentax ne contiennent aucun futur successeur de ces focales anciennes. Seules existent 2 focales « approchantes » :

Observons cependant qu’un D FA 21 mm Limited, donc utilisable sur les 2 formats de capteurs, a été annoncé par Ricoh. On espère sa disponibilité au cours du 1er trimestre 2021. Pour l’heure, ses caractéristiques techniques sont inconnues.

Les petits et moyens téléobjectifs

Il s’agit des focales allant d’environ 70 mm à 200 mm.

On trouve bien sûr, dans ces focales, les plus répandues : 85 mm, 100 mm, 135 mm, 200 mm.

Si les 70, 77, 85, 100 et 200 mm subsistent, soit en FA, soit en D FA soit en DA – mais alors partiellement (70 mm) ou totalement (200 mm) compatibles plein format -, en revanche les autres ont disparu.

Les 135 mm

On notera surtout, parmi les focales « traditionnelles », la disparition de tous les 135 mm. Et pourtant, dans ce domaine, Pentax a disposé d’excellents représentants. Pentaxklub a d’ailleurs  effectué 2 tests express pour le Pentax A★ 135 f/1.8 et le Pentax F 135 f/2.8. Mais il en a existé bien d’autres.

Tous deux sont utilisables sur boîtier plein format, même s’ils n’atteignent pas en performances les standards actuels.

On trouve toutefois, pour la monture K, un Samyang 135 mm F2 ED UMC au prix catalogue de 579 € (mise au point manuelle).

La disparition des 135 mm Pentax reste un mystère !

Les concurrents, eux, en fabriquent encore :

  • Chez Nikon, il existe un AF DC-Nikkor 135 mm f/2 D DC à 1399 €
  • Canon, quant à lui, propose :
    • un 135 mm EF f/2 L USM à 1 099 € et
    • un 135 mm EF f/4 L TS-E Macro (Tilt-Shift, c’est-à-dire à bascule et décentrement) vendu couramment à 2 499 €.
Les autres moyens télés

En revanche, on ne trouve plus trace chez Pentax de quelques objectifs qui ont pourtant satisfait de nombreux photographes argentiques. La plupart du temps, il s’agit de focales qui n’ont existé qu’en monture M42, K ou M :

  • 83 f/1.9 (M42)
  • 105 f/2.8 (M42)
  • 120 f/2.8 (K et M)
  • 150 f/4 (K) et 150 f/3.5 (M)
Le Pentax K 150mm/f4 (Origine de l'image : PentaxForums)
Le Pentax K 150 mm/f4 (Origine de l’image : PentaxForums)

 

Certaines de ces focales peuvent trouver des substituts chez les indépendants (105 mm ou 150 mm). Les autres (83 mm, 120 mm) ont, à notre connaissance, carrément disparu. Rappelons – une fois encore – que nous ne parlons que de focales fixes.

Pour avoir une idée de la « valeur » des optiques fixes anciennes par rapport à celles plus récentes, voici 2 images.Toutes deux ont été prises sur boîtier K-1 II, en crop 1:1 pour permettre les comparaisons, à l’ouverture de f/2.8 (pleine ouverture). La première est réalisée au F 135 f/2.8, la deuxième au DA★ 50-135 f/2.8, à 135 mm, évidemment.

K-1 II et Pentax F 135/2.8 à f/2.8 - crop 1:1
K-1 II et Pentax F 135/2.8 à f/2.8 – crop 1:1
K-1 II et Pentax DA 50-135/2.8 à f/2.8 et 135mm - crop 1:1
K-1 II et Pentax DA★ 50-135/2.8 à f/2.8 et 135 mm – crop 1:1

Les longs téléobjectifs

Pentax a, dans le passé, construit de longs télés pour les photographes animaliers notamment. Certains étaient même des références en la matière.

Mais de nos jours, si l’on excepte le DA 560/5.6, compatible plein format, aucune focale fixe ne dépasse les 300 mm. Et pourtant il a existé :

Les anciennes montures
M42
  • un Takumar 400/5.6
  • deux Takumar 500 mm (un 500/5 et un smc 500/4.5)
  • deux Takumar 1000/8 (dont un smc)
K
  • un 400/5.6
  • un 500/4.5
  • un 1000/8
  • un 1000/11
  • un 2000/13.5 reflex (à miroir).
MPeu de chose en monture M (et traitement smc) :

  • un 400/5.6
  • un 2000/13.5 reflex.

Les autres, précédemment mentionnés, ont disparu.

A

Il a existé, tous en version  A★ et  SMC :

  • un 400/2.8,
  • un 600/5.6,
  • et un 1200/8.

Le 400/5.6 a continué à exister, dans cette monture, en version SMC. Mais il ne bénéficie pas de l’appellation « Star » (★)

En montures avec autofocus
FSMC Pentax-F★ 600 mm F4 ED [IF]
FASMC Pentax-FA★ 400 mm F5.6 ED [IF]

SMC Pentax-FA★ 600 mm F4 ED [IF]

D FARien n’a encore été produit en longue focale fixe D FA.

En longs téléobjectifs, la seule focale à avoir toujours été présente est celle de 300 mm, sous des formes et ouvertures diverses.

Et la plus longue focale disponible pour Pentax sur le marché actuel est le DA 560/5.6 de la marque. Il n’existe absolument rien chez les indépendants. Outre cet inconvénient, on peut aussi déplorer le « trou » entre le DA★ 300/4 et ce DA 560/5.6. Et, par là même, regretter la disparition des 400 mm.

Certains diront qu’en « cropant » – crop APS-C – sur le K-1 (I ou II), on peut s’affranchir d’une bonne partie de ces inconvénients. Ainsi, un 300 mm donnerait un équivalent 450 mm et le 560 mm donnerait un équivalent 840 mm. Et, soit dit en passant, des images à 15 Mpx au lieu de 36 Mpx.

Cependant, qui peut sérieusement croire, sans faire sourire, que le résultat obtenu serait rigoureusement le même que celui qu’on obtiendrait avec une focale fixe réelle de 450 mm ou 840 mm ? Sans doute peu de monde ! Cette solution du « crop » n’est en réalité qu’un palliatif, une « solution par défaut » et surtout par défaut d’existence de plus longues focales nominales. Beaucoup le regrettent, et ce d’autant plus que la concurrence ne propose (et sans doute ne proposera) rien pour Pentax. Même si l’on souhaite se tromper, bien entendu.

Quelle est la raison de la disparition de ces focales fixes ?

Il n’existe pas une seule raison mais plusieurs.

Les raisons « pentaxiennes »

On entend par là celles qui sont dues à la vie de Pentax.

Une existence « chaotique »

Il est certain que les divers changements ayant affecté la marque (rachat par Hoya puis par Ricoh) n’ont pas été un facteur favorable à une vraie politique de développement d’objectifs somme toute utilisés par une minorité de photographes. On vise là les très longues focales et, à un degré moindre, les UGA et les fish-eyes.

Parmi les raisons dues à Pentax, il faut aussi sans doute prendre en compte la moindre audience de la marque depuis l’apparition du numérique. Le retard pris n’a jamais pu être comblé. Les focales intermédiaires, utilisées par une majorité d’amateurs, ont bénéficié, et c’est compréhensible, d’une certaine priorité.

Qui plus est, l’absence de boîtier plein format jusqu’en 2016, n’a pas favorisé l’étude de focales fixes pour ce format. Seul le format APS-C a alors connu le développement de focales fixes. Toutefois, pour certaines d’entre elles, Pentax a eu la bonne idée, volontaire ou pas  – et on ne peut aujourd’hui que s’en réjouir – , de les concevoir avec un cercle optique pouvant couvrir le format de capteur 24 x 36. S’il n’en avait pas été ainsi, on n’aurait pas pu utiliser, sur le K-1, les 200★ f/2.8, 300★ f/4 et 560 f/5.6.

Une certaine « léthargie » ?

Par ailleurs, il n’est pas interdit de penser que Pentax a pu se reposer sur ses lauriers avec la gamme d’objectifs fixes de la série Limited (31 mm f/1.8, 43 mm f/1.9, 77 mm f/1.8). Ces objectifs, à leur arrivée sur le marché, étaient probablement parmi les meilleurs, toutes marques confondues. Plus d’une dizaine d’années plus tard, ils commencent à accuser leur âge, surtout sur le plan de l’AF : la motorisation « screw-drive » est assez bruyante et pas très rapide, quoique suffisamment précise. Mais il est vrai que si ces optiques bénéficiaient d’une motorisation type SDM ou DC ou PLM, cela aurait une influence importante sur leur poids et leur volume. On en aura vraisemblablement confirmation lors de l’arrivée du D FA 21 mm Limited.

Les choses ont tout de même évolué, partiellement, depuis qu’un boîtier plein format existe au catalogue : les D FA★ 50 f/1.4 et D FA★ 85 f/1.4 sont là pour en témoigner. D’autres sont en projet mais la patience des amateurs comme des pros est requise avant qu’on ne les voie sur les étagères des boutiques photo.

Pour le 30 mm ancien, réputé d’excellente qualité d’image, l’explication est nettement plus simple : il existe un FA 31 f/1.8 qui, comme il est dit plus haut, commence à dater, mais tient encore honorablement son rang. Remplacer le 30 mm dans ces conditions n’aurait guère de sens.

Le développement des zooms

La part des zooms dans l’équipement de nombreux photographes – sans doute même une majorité d’entre eux – est probablement une des raisons principales de la quasi-disparition des focales fixes anciennes. Quel intérêt de renouveler des objectifs de focales 20 mm, 24 mm, 30 mm, 105 mm, 135 mm quand des zooms beaucoup plus récents – et englobant ces focales – affichent sur les capteurs actuels des performances autrement meilleures ?

Les 20, 24 et 28 mm anciens sont largement dépassés, en performances pures, par un D FA 15-30 f/2.8, certes lourd et cher, mais tellement bon ! Il en va de même pour les anciens 105 et 135 mm, battus plus ou moins nettement par un D FA★ 70-200 f/2.8 et même par un D FA 70-210 f/4. Il faut avoir conscience que les zooms récents – grosso modo ceux des 5 dernières années – ont fait un bond qualitatif considérable. Et, avec eux, les rares focales fixes mises sur le marché qui battent à plate couture leurs équivalents anciens.

Pour ce qui est des focales plus longues, l’apparition chez Pentax du zoom D FA 150-450 a, ipso-facto, éclipsé toute éventuelle velléité d’actualiser un 400 mm fixe : son ouverture maximale, quoique glissante (4.5 à 5.6),  reste très honorable ! Et la qualité d’image produite lui permet de « tailler des croupières » au pourtant excellent DA★ 300 f/4.

Même si on peut le regretter, avec la qualité d’image produite par les D FA★ 70-200 f/2.8 et même 70-210 f/4, il n’y a aucune chance, à brève échéance, de voir une nouvelle version d’un 135 mm à ouverture moyenne (et encore moins à grande ouverture, probablement !).

Un comparatif

Quelques images comparatives dans le tableau ci-dessous. Toutes ces images ont été prises, à quelques minutes d’intervalle, au moyen d’un Pentax K-1 II, en mode manuel, sur trépied Benro, en mode télécommande. Elles n’ont subi qu’un redimensionnement pour les besoins de l’affichage.

A noter qu’il n’a pas été possible de régler exactement le D FA★ 70-200 mm sur la focale de 135 mm. Les images ont donc été prises à 130 mm.

Objectif et focale à f/5.6Image entièreExtrait 100% au centre
Fixe Pentax F 135 mm à f/5.6
Zoom Pentax D FA ★ 70-200 mm

à 130 mm f/5.6

Zoom Pentax  D FA 70-210 mm

à 135 mm f/5.6

Ces images viennent-elles confirmer ou infirmer notre opinion selon laquelle les zooms actuels sont plus performants, à focale et ouverture identiques, que les objectifs fixes anciens ? Difficile de répondre de façon incontestable.

Le problème des longues focales

Actuellement

C’est sans doute dans ce domaine que les disparitions de focales chez Pentax sont les plus nombreuses. C’est beaucoup moins vrai chez les concurrents « historiques » (Canon, Nikon) et chez les indépendants. Mais chez ces derniers, point de monture K désormais !

Bien sûr, les photographes animaliers et de sport, utilisateurs traditionnels de ces focales, ne sont pas tellement nombreux chez Pentax. Encore moins si l’on ne considère que les professionnels. Mais il est clair que si on ne leur propose aucun objectif pour s’adonner à leur passion ou à leur métier, la situation ne s’améliorera pas ! Et c’est un cercle vicieux : pas de matériel, pas de photographe… pas assez de photographes, pas de matériel.

Or, si l’on ne peut décemment pas demander à un photographe amateur Pentax de se mettre à l’animalier en l’absence d’objectif dédié d’une focale fixe suffisamment longue (400 mm et au-delà), on observe que les demandes faites en direction du constructeur ne semblent pas du tout être entendues. Faut-il se faire une raison ? Si les indépendant ne fabriquent plus pour Pentax, si Pentax ne fabrique plus ces focales pour les photographes intéressés, il ne faut malheureusement pas s’étonner que certains abandonnent la marque et se tournent vers la concurrence. Ou bien il faut utiliser des zooms, plus lourds et plus chers.

Dans le futur ?

Une autre question vient naturellement à l’esprit : serait-il raisonnable, économiquement parlant, de concevoir et fabriquer une optique dont le volume mondial de vente se limiterait à quelques centaines d’exemplaires ? Poser la question est, d’une certaine façon, y répondre. Dans le contexte actuel, aggravé récemment par la pandémie du coronavirus, tous les fabricants de matériel photo, y compris les plus grands, éprouvent de très sérieuses difficultés. Pour ne pas disparaître, ils se doivent d’observer une certaine prudence. Dès lors, si les prévisions de ventes en quantité suffisantes d’un objectif ne sont pas assurées, il n’existe aucune chance que cet objectif soit conçu et, a fortiori, fabriqué.

 

Chez les concurrents

Oublions un instant les indépendants qui se posent en concurrents pour les « grands constructeurs » (sauf Pentax) et intéressons-nous aux 2 ou 3 grands fabricants de boîtiers 24*36, qu’ils soient reflex ou hybrides. Nota : les gammes d’objectifs pour hybrides ne sont pas encore complètes chez tous les fabricants, et nous les laisserons donc de côté.

Chez Canon, pour reflex 24 x 36, il existe :

  • un EF 400 mm f/4 DO IS II USM, au prix catalogue de 7 099,99 €,
  • un EF 500 mm f/4 L IS II USM au prix catalogue de 9 999,99 €
  • un nouvel EF 600 mm f/4 L IS III USM au prix catalogue de 13890 €

Chez Nikon :

  • un AF-S NIKKOR 500 mm f/5.6 E PF ED VR au prix couramment pratiqué de 3 990 €
  • un AF-S NIKKOR 500 mm f/4 E FL ED VR au prix couramment pratiqué de 10 990 €
  • un NIKON 600 mm f/4 E FL ED VR au prix couramment pratiqué de 12 290 €
  • un AF-S NIKKOR 800 mm f/5.6 E FL ED VR au prix couramment pratiqué de… 20 490 €

Tous ces prix, sauf un, sont largement supérieurs à celui du DA 560/5.6 de Pentax, ce qui permet de mieux relativiser le positionnement de ce dernier. Mais, chez ces constructeurs, un certain choix existe, renforcé par les productions des indépendants (plus souvent en zooms).

Chez Pentax

Si, aujourd’hui, on se penche sur ce sujet (et c’est très vite fait !), un photographe animalier n’a que le DA 560 f/5.6, déjà cité, à sa disposition, autrement dit, un objectif pour APS-C mais compatible avec le plein format.

Certes, on me dira que cela représente un équivalent de 840 mm sur FF, mais est-ce sérieux de raisonner ainsi ? La réponse est clairement NON. Ce DA 560, pour un pentaxiste équipé d’un K-1, n’est et ne pourra être qu’un palliatif. De plus, un palliatif de prix élevé, à la portée de peu d’amateurs : 5 499 €, hors promotions. Cela reste cependant moins cher que chez les concurrents ci-dessus.

 

La « politique » de production d’objectifs à focales fixes reste mystérieuse chez Pentax. La marque nous a récemment gratifiés d’un D FA★ 50/1.4 et d’un D FA★ 85/1.4 de haute lignée. Ceux qui les ont achetés se montrent très satisfaits de leurs performances (ne parlons pas de ce qui pourrait fâcher certains amateurs, le prix).

Mais l’avenir est encore incertain. À peine sait-on qu’un DFA 21 mm (ouverture f/3.2, comme l’actuel DA ?) doit voir le jour dans les prochains mois. Le « vieux » FA 35/2 a connu un certain rajeunissement avec un traitement HD, mais pas de vrai renouvellement. Et, vieille marotte de l’auteur de ces lignes, toujours pas de D FA 200/4 macro (et à motorisation silencieuse) sur la feuille de route.

L’avenir de la photo, et plus particulièrement de la photo reflex, n’est pas radieux, celui de Pentax, qui lui est intimement lié, pas davantage. Mais on n’est pas encore pour autant dans une situation dramatique. Aussi, on ne demande qu’à s’enthousiasmer à nouveau !

  • pch57000
    29 septembre 2020 à 14 h 24 min

    Bonjour,
    En monture T2, j’ai aussi un « chinois » : Walimex Pro 800mm (à miroir)
    avec un K1-II, affiché sur écran 27″, ça reste acceptable (en tout cas pour un amateur)
    mais à 250€ qui oserait ne serait-ce que penser pouvoir concurrencer un zoom à 20,000€ ?
    Par contre pour son prix il fait largement mieux que ce qu’on peut en attendre (à mon avis).
    Testé aussi avec un vieux multiplicateur de focal x2 Teleplus MC7, pas tout à fait FF, ça passe toujours, la dégradation supplémentaire n’est pas visible.
    Ce genre de gadget peut sûrement faire sourire un photographe averti, mais est-il envisageable que vous testiez aussi ce genre de matériel ?
    Après tout, ça a le mérite d’exister, et à défaut d’avoir 20,000€…
    Cordialement,
    Pascal

    • Micaz
      29 septembre 2020 à 18 h 57 min

      Bonjour et merci pour votre message.
      Il me paraît extrêmement difficile d’envisager le test de ce type de matériel. Et ce, pour 2 raisons principales :
      – d’une part il est trop peu répandu parmi nos lecteurs
      – d’autre part, nous n’envisageons pas de l’acheter, bien que son prix ne soit pas très élevé pour un 800mm (nous sommes seulement des amateurs qui ne disposent que d’un budget personnel peu extensible)
      Mais l’essentiel est bien qu’il vous donne satisfaction pour votre pratique !

  • Rafale
    2 octobre 2020 à 0 h 46 min

    Bonjour,

    Beau récapitulatif.

    Juste une coquille de dactylo ; dans le tableau des longs télés, en monture K, le 500mm qui est une version manuelle K du takumar smc à vis est comme ce dernier f4,5 et non f 5.

    Rafale

    • Micaz
      2 octobre 2020 à 0 h 56 min

      Bonjour et merci pour ce message.
      Effectivement, une coquille qui a « passé les barrages » de relecture : ce 500mm K avait bien une ouverture maximale de f/4.5.
      Merci de l’avoir signalée : la correction a été effectuée.

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