Pourquoi le HDR dans le boitier ?
Parce que le problème du contraste est un vieux problème photographique récurrent, que nous avons déjà traité dans un article précédent. Un problème aussi vieux que la photographie elle-même. Plus encore, c’est un problème aussi vieux que l’homme, que son œil. Vous pouvez faire une petite expérience, si vous ne l’avez pas déjà faite : regardez le paysage par la fenêtre, en restant éloigné de cette fenêtre, par beau temps clair. Vous constatez que la fenêtre vous éblouit, et que tout ce qui est à l’intérieur de la pièce est très sombre. Si vous placez une main devant la fenêtre, instantanément les parties sombres s’éclairent. En amoindrissant les hautes lumières, on a fait apparaître mieux les basses lumières. Or ce que l’œil peut faire, sans aide extérieure ou avec, la pellicule ne peut pas le faire, aussi bien.

A l’époque argentique ce problème pouvait être résolu en labo, au tirage. Le masquage permettait exactement ce que permet la main dans l’expérience. Mais ce masquage n’était pas forcément facile à réaliser, et de toute façon long et à répéter pour chaque tirage. C’est à dire pas à la portée de tout le monde, surtout en couleur.

Avec le numérique, le problème revient rapidement sur le devant de la scène. Pour une raison simple : les capteurs ont une dynamique assez réduite, plus réduite encore que celle des pellicules inversibles (diapo), déjà moins « souples » que les pellicules négatives. Ce problème central de la dynamique a très vite occupé les fabricants. Ceux-ci n’ont pas tardé à traiter le problème. C’est à dire le signal brut du capteur. Pentax est performant sur ce plan là et a acquis assez vite une bonne réputation. Dès l’époque du K-10 les Jpeg sortis du boîtiers étaient qualifiés d’utilisables en l’état, et surtout considérés comme quasiment les seuls. Actuellement, on lit çà et là dans la presse photo des choses en totale contradiction avec les jugements de l’époque. Je ne suis pas certain que Pentax ait réellement régressé sur ce point. Les autres ont dû progresser. Mais c’est un autre sujet.

Le procédé consiste, informatiquement, à pousser/éclaircir les ombres/les basses lumières et à retenir/assombrir les zones claires/les hautes lumières.

 

Le HDR – La théorie

Ces traitements que l’on peut paramétrer dans le boîtier présentent deux défauts :

  • ils sont forcément en Jpeg, donc ils offrent une palette chromatique moins large.
  • ils peuvent ne pas être suffisants et sont systématiques. Pour pallier ce dernier défaut il faut avoir recours au PT (voir article)

La solution la plus portable reste le HDR intégré dans le boitier. C’est ce qu’a fait Pentax. Le processus HDR est un des points du Menu : Boitier-3 (sur le K-1 et K-1 II). Il est accessible également par l’écran arrière.

NOTA : Pentax a proposé très tôt des traitements qui permettaient (entre autre) de ne pas avoir recours au PT, comme les conversions en Fichier RAW du dernier cliché fait en Jpeg, le traitement des fichiers RAW en Jpeg, et le HDR.Ce qui témoigne d’une philosophie photographique héritée de l’époque argentique, résumée par l’emblématique « C’est dans la boîte ! ». C’est à dire « C’est bon ». Ce mot symbolise l’attitude qui consistait à obtenir, à la prise de vue, la meilleure image possible sans retouches nécessaires. Cette approche était typique des reporters qui shootaient des évènements uniques. Cela devait être dans la boîte du premier coup, à chaud. Le sujet et la technique formaient un tout indissociable. Attention, si vous pratiquez le RAW, pensez à passer en Jpeg pour vos clichés HDR, ou bien pratiquez systématiquement le RAW +

 

Le HDR – La pratique intégrée

Jusqu’au K-1, Pentax proposait 4 variantes de HDR : HDR Auto, HDR 1, HDR 2, HDR 3. accessibles par l’écran arrière (bouton INFO). Le traitement HDR 1 est le traitement le plus léger. Le HDR 3 est le plus musclé. Le HDR Auto choisit lui-même l’un des programmes en fonction de l’écart du contraste global de la photo.  Dans tous les cas Pentax procède à des fusions plutôt modérées, comparativement à ce que l’on peut faire avec un logiciel plug in. Et à ce que l’on peut voir sur le net. Avec le K-1 Pentax ajoute le HDR Adv (Avancé) . Si l’on fait un rapide calcul arithmétique, on a, avec les 3 niveaux de réglage du gap d’exposition : -/+ 1, -/+ 2 et -/+ 3 IL de chaque variante de HDR la possibilité de 15 réglages possibles. Dans les faits, bien sûr, certains couples de réglage se recoupent. En tous cas à la lecture on n’a pas 15 variations décelables. Mais la palette est quand même fournie.

K-3 II - Ecran arrière pour paramétrage du HDR. Le HDR Adv n'est pas encore apparu.

K-3 II – Ecran arrière pour paramétrage du HDR. Le HDR Adv n’est pas encore apparu.

 

K-1 mark II - Ecran arrière de paramétrage du HDR

K-1 mark II – Ecran arrière de paramétrage du HDR

 

 niveau 1niveau 2niveau 3
HDR auto (automatique)
HDR auto - niveau 1

HDR auto - niveau 1

HDR auto 2 - niveau 2

HDR auto 2 - niveau 2

HDR auto - niveau 3

HDR auto - niveau 3

HDR 1
Cliché HDR 1 - niveau 1

Cliché HDR 1 - niveau 1

HDR 1 - cliché niveau 2

HDR 1 - cliché niveau 2

HDR 1 - niveau 3

HDR 1 - niveau 3

HDR 2
HDR 2 - niveau 1

HDR 2 - niveau 1

HDR 2 - niveau 2

HDR 2 - niveau 2

HDR 2 - niveau 3

HDR 2 - niveau 3

HDR 3
HDR 3 - niveau 1

HDR 3 - niveau 1

HDR 3 - niveau 2

HDR 3 - niveau 2

HDR 3 - niveau 3

HDR 3 - niveau 3

HDR Adv (avancé)
HDR Adv - niveau 1

HDR Adv - niveau 1

HDR Adv - niveau 2

HDR Adv - niveau 2

HDR Adv - niveau 3

HDR Adv - niveau 3

Voilà ci-dessous un cliché brut, pris en RAW, sans retouche. Il est contrasté au point que l’intérieur de la pièce est très sombre, on y distingue faiblement des détails et à l’extérieur les valeurs moyennes sont bonnes, mais le ciel est très peu détaillé.

Cliché original brut (en Av, multizone du boitier, cliché natif)

Cliché original brut (en Av, multizone du boitier, cliché natif)

Le cliché a été post traité, courbe + accentuations des ombres et des hautes lumières. Mais la retouche n’a pas été faite localement, zone pas zone. Et c’est ce qu’il aurait fallu faire pour parvenir à donner de la matière à la partie basse au delà de la fenêtre.

Cliché original retouché en PT

Cliché original retouché en PT

 

Globalement, ce HDR dans le boîtier est utilisable, le HDR 2 particulièrement, car il offre un beau diapason de modulation de la lumière. Il permet donc d’obtenir directement des clichés qui donnent des détails dans les ombres comme dans les hautes lumières, sans devenir caricaturaux. Pour que ce HDR soit réellement opérationnel, c’est à dire maîtrisé,  il vous faudra le tester pour en connaître les paramètres qu’il convient d’utiliser dans tel ou tel ou cas de lumière piégeuse et établir une table des variantes de HDR.

La méthode pour ce faire peut être la suivante. Face à un paysage qui vous paraît se prêter à du HDR : lumière très contrastée (zénithale), contre-jour, reliefs créant des zone sombres et des zones très éclairées, contre-jour,

  • -régler son AE sur spot.
  • -le mode de prise de vue sur Av,
  • -les Isos sur une valeur fixe.

Mesurer une zone claire – noter le couple A-T, refaire la mesure sur une zone sombre – noter le couple. Tirez-en le gap. Mettez vous en HDR et choisissez celui qui vous semble correspondre à votre lumière. Vérifiez le résultat. Bien évidemment cette procédure un peu longue ne vous permettra pas de tester les 15 variantes possibles en une fois. Mais elle vous permettra de faire du HDR dans le boîtier un outil à votre service pour obtenir la résultat que vous souhaitez et non un gadget permettant de « faire mumuse ».

Pour vous permettre un complément d’information, voici des clichés faits dans des circonstances de contraste net, mais moins violent:

HDR 1 dans la K-1 - f:10/800Iso -Map 1er plan

HDR 1 dans le K-1 – f:10/800Iso -Map 1er plan

HDR 2 dans le K-1 - f:10/1600Iso - Map 1er plan

HDR 2 dans le K-1 – f:10/1600Iso – Map 1er plan

HDR 3 dans le K-1 - f:10/1600Iso - Map 1er plan

HDR 3 dans le K-1 – f:10/1600Iso – Map 1er plan

 

HDR adv dans le K-1 - f:10/1600Iso - MaP 1er plan

HDR adv dans le K-1 – f:10/1600Iso – MaP 1er plan

HDR auto dans le K-1 - f:10/1600Iso - MaP 1er plan

HDR auto dans le K-1 – f:10/1600Iso – MaP 1er plan

Une étude (non exhaustive) du HDR dans le boîtier amène à la constatation que la fusion se fait différemment selon l’importance des surfaces/masses sombres et claires dans le cliché concerné. Le traitement par l’ordinateur embarqué traite visiblement surtout le contraste que ses algorithmes ont saisi comme dominant.

 niveau 1niveau 2niveau 3
HDR auto (automatique)
HDR auto -1 dans le K-1

HDR auto -1 dans le K-1

HDR auto -2 dans le K-1

HDR auto -2 dans le K-1

HDR auto-3 dans le K-1

HDR auto-3 dans le K-1

HDR 1
HDR 1-1 dans le K-1

HDR 1-1 dans le K-1

HDR 1-2 dans le K-1

HDR 1-2 dans le K-1

HDR 1-3 dans le K-1

HDR 1-3 dans le K-1

HDR 2
HDR 2-1 dans le K-1

HDR 2-1 dans le K-1

HDR 2-2 dans le K-1

HDR 2-2 dans le K-1

HDR 2-3 daans le K-1

HDR 2-3 daans le K-1

HDR 3
HDR 3-1 dans le K-1

HDR 3-1 dans le K-1

HDR 3-2 dans le K-1

HDR 3-2 dans le K-1

HDR 3-3 dans le K-1

HDR 3-3 dans le K-1

HDR Adv (avancé)
HDR adv -1 dans le K-1

HDR adv -1 dans le K-1

HDR adv -2 dans le K-1

HDR adv -2 dans le K-1

HDR adv -3 dans le K-1

HDR adv -3 dans le K-1

Ce tableau fait avec un cadrage plus serré qui ne conserve que peu ou très peu d’ombre montre des photos assez semblables même en mode avancé (adv). Par contre le travail sur les nuages du ciel est beaucoup plus visible que dans le tableau précédent.

De cela on peut tirer l’enseignement que le HDR, comme d’autres approches photos, peut donner des résultats fort différents selon les conditions d’éclairage et de prise de vue. Comme d’autres il demande de la pratique pour être bien mis à profit.

Quoi qu’il en soit, ayez présent à l’esprit que le HDR violent, comme d’autres types particuliers de photos : fisheye circulaire, solarisation, colorisation, etc, est un phénomène de mode. Quand les images, créées par un outil ou un procédé de PT, sont très typées, on s’en lasse généralement assez rapidement et la mode passe, ou bien se transforme en phénomène marginal. Ça a été le cas de la photo stéréoscopique, des fish eyes extrêmes, de la photo panoramique, même par assemblage. Il en est de même du HDR extrême, outrancier – on peut l’appeler comme on veut – dont la mode semble être un peu passée, restent les HDR plus discrets. Nous en voyons certainement passer plus que nous ne l’imaginons, ne serait-ce que parce que nous ne les identifions pas comme tels. Si cette supposition n’est pas erronée, cela signifie le succès du processus technique rendu possible et facile par la grâce de l’informatique. Que grâce lui soit rendue.