Le Père Noël est-il vraiment une ordure ?

Pour les enfants, cette période est celle de la « venue » du Père Noël. Tradition à la fois annuelle et multi séculaire. Une tradition qui se perpétue, quelles que soient les difficultés économiques, et qu’il serait, pour beaucoup, inconcevable d’abandonner. Halloween ne rencontre qu’un succès mitigé chez nous, mais les fêtes de Noël continuent de charrier leur cargaison de cadeaux, de bons sentiments, de joie. Bref d’une foule de choses qui rendent la vie agréable.

Du moins, c’est ce que l’on imagine. Car on pourrait trouver une foule d’exemples radicalement contraires. Mais ne jouons pas les trouble-fêtes (c’est bien le mot juste !).

Nous avons parlé des jeunes, des enfants. Pour les personnes qui sont jeunes depuis beaucoup plus longtemps que d’autres, Noël n’a évidemment pas la même signification. Toutefois, quel que soit son âge, chacun a le droit de rêver : rêver à une vie meilleure, à un confort supérieur, rêver à atteindre enfin la « zénitude » totale. Et, pour le photographe, espérer avoir enfin le matériel… de ses rêves ! Ne cassons pas le mythe, essayons encore de croire au Père Noël.

 

 

Avertissement aux lecteurs :

Qu’ils veuillent bien me pardonner : ce sujet étant encore une fois de style plutôt « personnel » (quoique très largement fictif), l’emploi, pour la rédaction, de la première personne est quasiment inévitable.

 

 

Le Père Noël a vraiment été « une ordure »

Quand on est accro à la photo, on finit par savoir ce que l’on veut, ou plutôt ce que l’on voudrait. Vient ensuite la question essentielle : comment pouvoir s’offrir le matériel de ses rêves ? Toutes les options existent, du moins en théorie. Économiser – sachant que le bon matériel est souvent très cher – est le moyen le plus répandu sans doute, à défaut d’être le plus aisé à mettre en œuvre, pour qui a d’autres priorités beaucoup plus fondamentales dans la vie. Ce moyen n’a réellement qu’un vrai défaut : le temps nécessaire est parfois bien long avant de parvenir au montant souhaité. Alors on compte un peu sur les anniversaires… et sur le Père Noël.

 

La commande…

Je ne sais pas pour vous, mais moi, j’ai toujours eu du mal à exprimer mes envies de ce côté-là. Peut-être pour refouler définitivement le côté « petit garçon » de la demande ? Quand je l’ai fait, j’ai plutôt essayé de suggérer le plus indirectement possible, ou plutôt de sous-entendre que tel ou tel objet photo me ravirait. Sans jamais le dire franchement en toute clarté. J’ai souvent compté sur l’intelligence du Père Noël (plus exactement de la Mère Noël) pour décrypter mes allusions et… y donner suite. Hélas, mille fois hélas, il n’y eut jamais de suite favorable. C’est, peut-être, que la demande n’était pas assez claire. Fallait-il en déduire que le Père Noël manquait singulièrement d’intelligence pour comprendre à demi-mots ma « demande » ? Le (La) connaissant un peu, cela ne manquait pas de m’étonner !

 

… et la déception

J’en concluais donc qu’il(elle) avait compris, mais qu’il(elle) « ne voulait pas » donner suite. Et quand, dans le même temps, je donnais satisfaction aux demandes que j’avais reçues ou que j’avais pressenties, j’avais une furieuse envie de considérer qu’il(elle) était bien une ordure. En quelque sorte : « fais ce que je dis, mais je ne ferai pas ce que tu dis ». Ces déceptions répétées n’étaient pas de nature à me faire réviser mon jugement. Le mot est certes facile, mais, à Noël, on a souvent « les boules » et on peut se prendre des « bûches ».

 

 

Les années passant, cela m’a touché de moins en moins, jusqu’à atteindre l’indifférence et ma décision de devenir mon propre Père Noël. On n’est jamais si bien servi que par soi-même, n’est-ce pas ? Et, en plus, on n’est pas obligé d’attendre la fin décembre ! Il n’y avait pas d’amertume, non. Juste un peu de dépit. Et probablement le constat regrettable que ma pratique photographique « ne plaisait pas » ou laissait indifférent. Après tout, pourquoi pas ? On n’est pas obligé d’avoir tous les mêmes hobbies !

 

Et maintenant ? Toujours une ordure ?

La philosophie vient avec l’âge. Enfin, parfois, parce que bien des êtres ne l’atteignent jamais.

« Philosophie » peut aussi parfois se traduire par « résignation » (pas bon, ça !) et parfois par « espoir » (vous savez, celui qui « fait vivre » !)

 

La commande n’est plus nécessaire…

Je n’ai jamais écrit de lettre au Père Noël, même dans ma plus tendre enfance. En tout cas, je n’en ai aucun souvenir. Ce n’est donc pas maintenant que ça va commencer ! Demander ne servant à rien, eh bien il ne faut pas commander ! Du moins au sens de « passer commande ». Pour d’autres sens, chacun comprendra comme il le voudra et agira en conséquence. Mais personnellement j’ai toujours préféré la concertation, pratique personnelle récurrente. Une seconde nature, en quelque sorte.

Aussi, plus d’hésitation à dire mes intentions d’achat. Pas d’hésitation non plus à suggérer une participation financière (comme elle est souvent réciproque, le résultat est à peu près le même que pour un achat seul). Mais maintenant, le Père Noël (en fait la Mère Noël) est beaucoup plus ouvert(e) à la chose ! Ah oui, j’ai omis de préciser qu’entre temps, j’ai changé de Père (Mère) Noël. Ceci explique grandement cela.

 

… Mais c’est moins « romantique »

Comme je le disais au début de ce billet, quand on est jeune depuis beaucoup plus longtemps que d’autres, le romantisme a tendance à « fiche le camp ». Certains s’en plaindront, d’autres pas. J’appartiens très probablement à la deuxième catégorie. Très jeune, j’avais déjà « les pieds sur terre » et mon éducation m’avait permis de me frotter aux réalités de l’existence. Sans pour autant exclure une certaine douceur dans les relations humaines. Dans sa modestie et sa simplicité, le Père Noël de mon enfance a toujours fait preuve d’inventivité et d’autant de générosité que possible. Jamais il n’aurait été considéré comme une ordure.

Aujourd’hui, tout ou presque, se trouve financiarisé : on est considéré à hauteur de ce que l’on gagne, ou de ce que l’on peut dépenser. C’est triste, sans aucun doute, mais les difficultés dues, comme l’on dit, « à la conjoncture », ne peuvent pas conduire à un autre jugement. Il serait sinon irréaliste. Alors tant pis pour le romantisme. Tant pis pour les souvenirs de l’enfance. Vivons avec l’époque présente.

À ce propos, mes désirs les plus ardents sont, dans l’ordre : un D FA 150-450mm, le prochain nouveau « K-3 III » (non, ce n’est pas une info cachée, juste une supposition de Noël) pour remplacer mon K-3 II qui a un peu moins de 3000 déclenchements (déjà !), et enfin l’éventuel futur remplaçant de mon K-1 II. S’il se trouve, parmi les lecteurs, des personnes aussi désintéressées que généreuses… je ne les considérerai pas comme des « ordures ». Il semble, au rythme actuel des sorties, que la satisfaction de ces désirs puisse se répartir sur plusieurs Noëls, permettant ainsi un étalement de la dépense ; il faut toujours essayer de faciliter la tâche des donateurs ! Alors, restons optimistes : on connaît le passé, on vit le présent et on espère un futur plus généreux !

 

Le futur APS-C de Pentax (image issue du site Pentax Rumors)

 

En guise de fin…

Comme à nos âges on ne croit plus, depuis bien longtemps, au Père Noël, soyons pour nous notre propre Père Noël. Ce n’est pas de l’égoïsme, juste du réalisme. Et soyons le un peu aussi pour nos proches. Ce sera une manière d’éviter qu’ils ne considèrent que LEUR Père Noël potentiel est une ordure. Fraternité et empathie sont plus que jamais à raviver, car elles aussi ont tendance à disparaître.

Nota :

Le lecteur pourrait croire que tout ceci est fortement autobiographique. C’est vrai dans une certaine mesure… mais une toute petite mesure et pas sur l’essentiel. On ne va tout de même pas vous rejouer en vrai « les Misérables » ! Juste une pâle (très pâle) imitation.

  • Pascal CHATON
    10 décembre 2019 at 9 h 15 min

    Ha, semblerait que le 140-450mm c’est moi qui vais l’avoir 😀 😀 😀
    faut dire qu’avec 20% de remise… (calendrier de l’avent d’un site connu)

    • Micaz
      10 décembre 2019 at 16 h 01 min

      Bonjour
      Toutes mes félicitations pour ce magnifique « cadeau » ! Votre « Père Noël » est sympa…

  • Laurent Rivière
    16 décembre 2019 at 22 h 48 min

    Merci pour vos articles qui sortent des sentiers battus et proposent une vision un peu décalée du monde de la photographie. Les souvenirs des uns sont les projections des autres et cela dans un présent qui nous est tous commun.

    • Micaz
      16 décembre 2019 at 22 h 58 min

      Bonsoir
      Nous essayons de rester sérieux quand il faut l’être, en gardant cependant bonne humeur et joie de photographier. Mais rester sérieux ne veut pas dire « se prendre au sérieux », d’où, parfois, ces articles plus « légers » et, vous avez raison, un peu « décalés ».
      Quoi qu’il en soit, merci pour ce message et vos appréciations.