Le Salon photo 2017 s’est tenu du 9 au 13 octobre à la porte de Versailles. Quel bilan peut-on en faire ? On aurait aimé donner un bilan chiffré de ce cru particulier : celui des 10 ans du Salon. Malheureusement, ces chiffres sur la fréquentation ne sont pas encore disponibles. On y reviendra…

Apprécier le Salon en termes de qualité est plus délicat, au sens de la nuance, pas de la difficulté. Commençons par le plus simple, le côté formel. « Notre » Salon photo 2017 était installé au pavillon 5 et proposait un niveau 1 (RdC) et un niveau 2 plus grand (à l’étage). Au niveau 1 se trouvaient 80 (relativement) petits stands d’organisations, associations, écoles de photo, éditeurs traditionnels et éditeurs d’albums, spécialistes de l’argentique -papiers, chimies… Au niveau 2 se trouvaient 62 (plus) gros stands des grands constructeurs d’appareils et d’optiques, de pieds, sacs, matériel d’éclairage… et grosses enseignes de vente. Les magazines photo étaient répartis sur les 2 niveaux, comme les deux expositions de Sebastião Salgado.

Cette installation est plutôt facilitante. Elle permet de ne pas se disperser et par là même de moins se perdre.

 

 

Les Reflex

Dans le domaine des reflex, rien de nouveau sous la voûte du pavillon 5. Beaucoup d’objectifs trônaient au-dessus du stand Canon, des gros gris qui permettaient de se rêver photographe animalier à moindre frais le temps d’une visite porte de Versailles. Pentax ne dérogeait pas. La marque ne présentait rien de nouveau, si ce n’est, sous une petite vitrine haut perchée, deux des objectifs déjà annoncés depuis un moment : le DFA* 1,4/50 mm et le DA* 2,8/11-18mm (à n’en pas douter un pur DA).

Les stands indépendants, Tamron – Sigma – Tokina présentaient leurs précieux, sous vitrines, quelquefois en version écorchée, histoire de voir leurs entrailles, ou en manipulation en semi-liberté. Pour les objectifs, sans distinction de marque, une tendance, pas nouvelle, mais qui se confirme : des objectifs de plus en plus lumineux, qui prennent de l’embonpoint et du poids. Actuellement un 50mm lumineux affiche sans complexe 800 g, un 24-70mm 900g en FF, en APS-C un 17-50mm affiche quand même 550 g…

Le stand Irix, tout petit, offrait lui aussi une vision naturaliste des 15 et 11 mm. Cette année on pouvait manipuler le 11 mm en baïonnette K. Impressionnant. La même qualité que le 15 mm, le poids en plus. Ce qui est logique ; la lentille frontale est deux fois plus large et bombée. Le représentant anglophone de la marque arborait un K-1. C’est suffisamment rare pour le noter.

Le stand Pentax - vue partielle

Le stand Pentax – vue partielle

 

Le DFA* 1,4/50mm à venir.

Le DFA* 1,4/50 mm à venir.

 

Le DA* 2,8/11-18mm à venir.

Le DA* 2,8/11-18mm à venir.

 

 

Les Hybrides

Dans le domaine des hybrides, la tendance générale, c’est la montée en puissance. Pas vraiment dans les nouveautés terrassantes. Non, mais des évolutions. De nouveaux objectifs, plutôt haut de gamme, qui, eux aussi, deviennent plus gros et plus lourds. Et des boîtiers, majoritairement 4/3, (sauf chez Sony pour faire rapide).

Un point se dégage en ce qui concerne les hybrides, c’est l’évolution des viseurs EVF. Ils réagissent instantanément, deviennent stables pendant les mouvements panoramiques, les cadences de rafraîchissement ont visiblement fait de gros progrès. Quelques visites nous ont permis de comparer les impressions immédiates, et de les classer. Les Fuji testés (4/3) ont un viseur étroit, moyennement lumineux, le Sony alpha 7… (FF) a un viseur nettement plus grand, stable, mais les blancs sont violents et éblouissants (il est vrai que les murs du stand Sony, blanc mat étaient fortement éclairés.

Enfin le Lumix GH5 de Panasonic offre un viseur impressionnant de fidélité, de stabilité, de clarté de lecture – gravure des repères d’AF et horizon artificiel. Le G9 est, paraît-il, encore mieux, mais sous cloche. Ceci est un jugement lapidaire bien sûr, fruit d’un essai rapide, après réglage du seul correcteur de l’oculaire, facile à faire, car visiblement similaire dans toutes les marques. Les autres réglages du viseur, car je suppose qu’il y en a, n’ont pas été faits. Donc, pour les viseurs EVF des hybrides, l’évolution est positive et incontestable. À bon entendeur…

 

 

Les Trépieds & Sacs

En ce qui concerne les trépieds photo, même constat ; pas de nouveautés dans les modèles. Mais les marques se multiplient.

Pour les sacs, par contre, on a maintenant toute une panoplie de modèles différents, du sac classique, bien typé photo au sac urbain très mode, aux lignes droites discrètes et aux couleurs également discrètes, des gris dans toutes les variantes possibles. Là, on a du nouveau, résolument.

À l’étage inférieur fleurissaient les stands d’éditeurs d’albums photo. Leur succès semble montrer un souci réel de la pérennité des photos. Si ce n’est pas un fantasme de ma part, cela montre une réaction intelligente face à l’incertitude quant à la survie des fichiers numériques.

Une des photos de l'expo Salgado sur le café, sponsorisée par Illy.

Une des photos de l’expo Salgado sur le café, sponsorisée par Illy.

 

 

Le Salon photo 2017 – un Salon d’attente

Globalement ce salon 2107 est visiblement un salon d’attente. Dans le contexte général de pandémie des smartphones d’un côté, et de l’autre de crise générale, qu’on soit en phase macro-économique de sortie ou pas, psychologiquement on est encore « en crise ». Le monde de la photo, les producteurs photo, semblent être au seuil de quelque chose, en état d’hésitation avant une mutation vers un grand inconnu, comme les nouvelles pratiques photos.

L’histoire de la photo a toujours vu cette pratique suivre des avancées techniques. Mais le monde actuel vit dans le court terme. Ce qui ne permet pas forcément à la pratique de suivre le rythme technologique. Celui du renouvellement des boîtiers par exemple. D’où une perte de repères des constructeurs. La part du stand Ricoh dévolue au Theta est assez révélatrice de cet état d’esprit. Alors que la photo 360 ° a disparu des stands d’autres marques qui les mettaient en avant précédemment.

Au final, un salon visiblement à l’image de l’année 2017, en creux pour toutes les marques ; une année de petites évolutions, sans avancées vraiment majeures.