Un édito reste rare chez PENtaxKlub, même si cela arrive parfois. Cette fin d’année représente le bon moment pour en proposer un, afin de lancer des pistes de réflexion.

 

Un bilan de PENtaxKlub

En 2019, nous fêterons nos 4 ans d’existence et durant tout ce temps, nous avons relativement peu parlé du site. Alors, pour une fois, nous allons faire une exception.

PENtax Klub, c’est la réunion de 3 amateurs passionnés de photo. Et accessoirement de la marque Pentax. Mais, nous tenons à le souligner, nous n’avons aucune relation commerciale ou professionnelle avec la société Ricoh Imaging. Pourquoi cette précision ? Pour plusieurs raisons :

  • Nous recevons très régulièrement des demandes liées à du SAV, des problèmes techniques ou commerciaux. Malheureusement, souvent nous n’avons pas de réponses à apporter, du moins autres celles que l’on trouve sur le site de Pentax (la version française ou… japonaise !). Ce qui fait que nous sommes démunis.
  • Nous disposons de moyens limités pour effectuer des tests ou des comparatifs. Afin de pouvoir en effectuer, soit on dispose du matériel suite à un achat personnel, soit un lecteur accepte de nous en prêter temporairement. Nous tenons à les remercier ici. Sans eux, on ne pourrait parfois rien faire. Ceci explique que nous ne soyons pas toujours en mesure de répondre aux demandes de nos lecteurs.

On en profite d’ailleurs pour lancer un appel aux possesseurs d’objectifs récents (c’est à dire encore au catalogue), non encore testés par nous, de marque IRIX, Samyang, Sigma et autres Venus Optic ! Si vous avez ces objectifs, que vous habitez en région parisienne (France) et que vous acceptez de nous les prêter pendant 7 à 10 jours, nous sommes preneurs !

Cet article est le 504e que nous publions, hors news de la page d’accueil. Mais l’année qui vient de s’écouler a nécessité quelques ajustements dans notre rythme de parution. L’absence de sortie de matériels ou le temps nécessaire à la rédaction d’articles se sont fait cruellement sentir. Nous avons donc opté pour un rythme de 2 articles par semaine.

Durant l’année qui arrive, nous allons continuer nos articles de culture photo, les tests de matériels, mais aussi les tests des logiciels de PT RAW. Cette série a été lancée au début de l’année, mais notre objectif de tout traiter en moins d’un an s’est révélé trop ambitieux. Nous avons été débordés par le temps nécessaire à l’apprentissage du logiciel et celui nécessaire à la rédaction. Sans compter que certains logiciels ont connu des mises à jour majeures, nécessitant de revenir sur certains articles. Aussi, la série continuera tout au long de 2019.

 

Un bilan photographique de l’année 2018

Nous l’avons déjà dit dans notre bilan de la dernière Photokina, le marché évolue. Peut-être pas aussi rapidement que le souhaiteraient certaines marques, mais il change.

Après avoir vécu la fin des appareils de type compact (il ne reste plus que quelques modèles tous constructeurs confondus, mangés tout cru par les smartphones, c’est le Reflex qui voit une fin de parcours s’être proposée. La tendance semble inéluctable, le mirrorless va prendre le dessus à terme par rapport au Reflex. Même si le nombre potentiel de reflex en état de fonctionnement restera supérieur encore longtemps, les Mirrorless vont rapidement devenir dominants en nombre d’appareils utilisés réellement.

Les récents Canon EOS R et Nikon Z n’ont, pour le moment, pas (encore) rencontré le public escompté. Ces boîtiers sont au même niveau que ceux que Sony a mis sur le marché il y a plus d’une année. Soyons certains que les JO de 2020 et la coupe du monde de rugby qui se déroulera au Japon en 2019 vont voir apparaître la génération suivante des mirrorless Sony qui devraient alors reprendre une longueur d’avance. Jusqu’à la deuxième salve des Canikon. Que l’on aime ou pas Sony, il faut reconnaître à la marque japonaise qu’elle sait créer des capteurs très performants. Celui utilisé par l’α9 par exemple, avec de la mémoire intégrée est une vraie merveille, offrant des possibilités en termes de prise de vue inégalées.

On notera aussi qu’un nouveau rapport de force semble s’installer entre les constructeurs. Alors que Canon avait une position hégémonique, celle-ci a été fortement malmenée par Sony. En France et en Europe, la firme aurait même détrôné Canon en nombre de vente. Il conviendra de suivre le sujet et voir si cela se confirme ou si la gamme EOS R permettra à Canon de reprendre son leadership.

Il semble aussi que la R&D de ces constructeurs soit désormais orientée vers cette famille, alors que de son côté, la famille Reflex s’enlise. Il n’y a plus de nouveauté technologique capable de relancer la machine. On perçoit même que coté résolution, un des moteurs du changement de gamme durant des années, on plafonne à 20/24 Mpx. Même si des constructeurs renouvellent leur gamme tous les ans, les spécifications montrent que les changements sont infimes. Il s’agit plus de modifications à la marge, afin de justifier un nouveau modèle pour tenter d’attirer le chaland.

 

Un bilan pour Pentax

2018 n’a pas été extraordinaire puisqu’on aura eu que 2 nouveautés, un K-1 mark II et un DFA * 50/1.4, ce qui est très peu, surtout après une année 2017 marquée uniquement pas la sortie du KP. Une marque a besoin de visibilité et donc de sorties régulières tout au long de l’année. Et non pas fonctionner uniquement à coup de remises régulières. Même s’il est manifeste que les pentaxistes n’attendent désormais plus que ces périodes pour acheter.

 

De la disparition de la marque des magasins

Cette absence de marché continu fait partie des éléments constitutifs à l’absence de la marque dans les rayons. Il ne s’agit pas là d’une charge vis-à-vis les pentaxistes, juste un constat. Les magasins s’intéressent à une marque pour plusieurs raisons comme (liste non exhaustive) :

  • La notoriété de la marque,
  • La part de marché qu’elle représente,
  • L’évènementialité qu’elle génère tout au long d’une année,
  • Les remises « marge arrière » qu’elle consent aux magasins,
  • Les promotions régulières vis-à-vis des magasins et, parfois, des consommateurs.

Mis à part les remises consommateurs, Pentax ne correspond à aucun autre critère. Elle n’est plus connue que par une frange de la population photographique et c’est lié à une part de marché réduite. Côté événement, depuis la sortie du K-1 en avril 2016, les nouveautés n’ont pas été légion (KP, K-70, et DFA * 50/1.4). Restent les remises « marge arrière » auxquelles la marque refuse de souscrire. Dès lors, pourquoi des enseignes voudraient avoir du stock (et donc acheter auprès des fournisseurs avant la mise en vente) pour une marque ayant une faible part de marché ? Un matériel rarement vendu va peser financièrement dans le bilan comptable. Il ne faut pas aller chercher plus loin la non-présence de Pentax dans les grandes enseignes ou chaînes (généralistes et spécialisées).

Clairement, tout magasin vendant la marque Pentax prend un risque financier important, celui d’acheter du matériel qu’il mettra parfois des mois à vendre. La trésorerie immobilisée ainsi va plomber la santé financière de la société. De plus, les acheteurs attendant presque systématiquement les promos, remises et autres cash back, ces vendeurs peuvent rester des semaines sans entrée financière.

 

2019 peut-elle changer la donne ?

Commençons tout de suite par la conclusion : pour Pentax, non. Mais elle pourrait préparer le terrain pour après. 2019 sera l’année du centenaire et il s’agira sans doute du meilleur moment pour que le futur de la marque soit esquissé.

Celui-ci peut-être multiple. Les éléments qui ont filtré de la rencontre entre un cadre dirigeant de Ricoh Imaging et au moins un responsable du magasin Yaotomi Camera sont les suivants :

  • Plusieurs objectifs devraient sortir en 2019,
  • un boîtier successeur du K-3 II est en plein développement,
  • Un ou 2 autres boîtiers seraient aussi en phase de développement et sortiraient en 2019,
  • Un ou plusieurs « objets » argentés « spécial centenaire » pourraient faire l’objet d’une sortie en 2019,
  • Le concept de LX Digital est apprécié par Pentax. Le tout est de savoir si ce sera « intéressant à utiliser », concept qui anime la marque, en opposition à « qu’est-ce qui va se vendre ? »,

 

DFA * 11-18/2.8 (© Yaotomi Camera)

 

En extrapolant à partir de ces éléments, on perçoit que Pentax va continuer dans le Reflex. Ce qui, en soi, n’est pas une si mauvaise idée que cela. En effet, si Canikon déserte cette famille à terme, Pentax restera la seule firme à produire de tels boîtiers. Certes, le marché sera de niche (à l’instar des vinyles ou de la photographie argentique), mais suffisant pour faire vivre un constructeur… si la distribution grand public ne disparaît pas.

Côté produits, toujours si on lit entre les lignes, l’année 2019 s’annoncerait plus faste que les précédentes. Un exemplaire terminé (ou presque) du DA ☆ 11-18/2.8 a été testé tandis qu’un successeur du K-3 II a été clairement annoncé. D’autres matériels ont été suggérés, comme un Silver par exemple et d’autres objectifs. On peut extrapoler un peu et, sans s’enflammer, penser que les DFA ☆ 85/1.4, DFA 70-200/4, DFA UGA et DA ☆ 16-50/2.8 pourraient être proposés. On pourrait rêver d’un FF « haut de gamme » (quelle est la raison qui a conduit le dirigeant de Pentax à exhiber un vieux K-1 monobloc similaire aux boîtiers haut de gamme de Canikon ?). Sans compter que Pentax étant aussi synonyme de MF, le 645Z commençant à dater, un successeur pourrait pointer le bout du nez.

 

K-1 Historique (© Yaotomi Camera)

 

De plus, d’autres informations ont été communiquées, suffisamment sensibles pour qu’ils ne puissent être diffusés. Cela sous-entend que les produits montrés et évoqués publiquement sont proches d’une sortie (on en saura plus au CP+ de fin février). Mais aussi qu’il y a d’autres développements en cours. Il existe manifestement une ou plusieurs vraies roadmaps confidentielles chez Ricoh Imaging.

Reste une phrase assez énigmatique sur le LX pouvant être interprétée de plusieurs façons. J’en ai bien une, mais elle me paraît suffisamment délirante pour que je ne la mentionne pas pour le moment. Ricoh Imaging, plutôt secrète sur ses feuilles de route internes (et nous savons qu’il en existe), a rarement dévoilé ses batteries aussi longtemps avant le CP+ qui n’aura lieu que fin février. Les raisons pouvant expliquer cet échange sont multiples, mais surtout, elles indiquent que l’année 2019 qui marquera le centenaire devrait être passionnante.

 

 

En attendant, nous prenons quelques jours de congés et reviendrons le 8 janvier prochain. Nous vous souhaitons de bonnes fêtes en famille et avec vos amis. À l’année prochaine !