Les automatismes : pourquoi et comment les utiliser

Tout vendeur d’APN vante à ses clients néophytes les automatismes des boîtiers qu’il leur propose? C’est chose normale, quoique …

Le photographe aguerri, en militant pour la créativité, fustige, lui, les automatismes des boîtiers qu’il utilise. Il n’a pas tort, quoique …

Quel parti faut-il prendre ? Et si la « vérité », autrement dit « la bonne attitude », se situait entre ces deux extrêmes ?

Il est probable, sinon certain, que la plupart d’entre nous utilisons notre matériel en utilisant à la fois les automatismes, recherchés ou non, et les possibilités de ce matériel en utilisation manuelle.

Essayons de voir ce que sont les automatismes aujourd’hui implantés dans notre matériel et apprenons, si nécessaire, à nous en servir.

Les automatismes sur les objectifs

Quand nous utilisons ce mot, ce n’est pas en pensant à des réflexes d’utilisation mais à des utilités préinstallées dans nos optiques et…nos reflex ! Ce n’est pas exactement la même chose !

S’agissant des optiques, ceci n’est valable, bien entendu, que sur les objectifs « modernes », pourvus de moteur ou non, mais en tous cas utilisables de façon autre qu’entièrement manuelle.

Les objectifs ne sont pas les pièces de photographie les plus dotées en automatismes, loin s’en faut ! Toutefois, on peut considérer que certains aspects de leur utilisation peuvent relever de concepts automatiques.

Les limiteurs de plage de mise au point

Par défaut, la plage de mise au point d’un objectif s’étend d’une distance minimale, variable selon les objectifs, jusqu’à l’infini. A condition cependant de ne pas limiter cette plage par l’ajout d’accessoires qui viennent la restreindre (bagues-allonges, par exemple).

Mais sur beaucoup d’objectifs (macro et longues focales essentiellement), se trouve un bouton qui permet de limiter la plage de mise au point. Cette limitation peut revêtir plusieurs aspects, le plus souvent soit vers les distances les plus courtes, soit vers les distances les plus longues.

C’est très utile dans certaines conditions de prises de vue. Surtout si l’on est certain que la mise au point se fera toujours à l’intérieur de la plage choisie. Cette forme d’automatisme dans la mise au point peut faire gagner un temps précieux. Car elle n’oblige pas l’objectif à « pomper » pour trouver le focus souhaité. Il ne faut pas s’en priver !

Le bouton AF/MF

C’est lui qui permet le basculement d’une mise au point manuelle (MF = Manual Focus) à une mise au point automatique (AF = Auto Focus) et vice versa.

En macro, une mise au point manuelle, avec des objectifs dédiés à cet usage est souvent préférable à l’AF. Et ce, malgré la longue course de la bague de MaP qui assure une meilleure précision. C’est exactement l’inverse dans d’autres domaines : photo de rue, de sport, par exemple. C’est normal : si l’AF a été inventé et sans cesse amélioré (même chez Pentax, oui, oui !!!), c’est qu’il procure de très nets avantages dans bien des circonstances. Alors, en pareil cas, ce serait bête et contre-productif de laisser l’objectif en position « MF ».

En revanche, qui dit « AF », dit aussi possibilité de back-focus ou front-focus avec certains couples boitiers/objectifs. Ce n’est pas systématique, et chacun doit alors veiller à la bonne adéquation de ces couples. Au besoin, il faudra ajuster les réglages au moyen de la fonctionnalité existant dans les menus du boîtier.

Stabilisation

Sur certains objectifs d’autres marques que Pentax, on peut parfois trouver un bouton permettant d’activer/désactiver la stabilisation. On sait que la stabilisation sur l’objectif, notamment sur les longues focales, est plus efficace que celle qui est obtenue par le capteur. Là encore, il ne faut pas s’en priver si les circonstances le demandent.

Mais il ne faut pas, non plus, oublier les conséquences et/ou les pré-requis; Ainsi, APN sur trépied, il est préférable de désactiver la stabilisation. Le boitier ne le fera pas automatiquement : c’est donc le photographe qui devra y veiller. A l’inverse, certains modes de déclenchement désactivent automatiquement la stabilisation. C’est la cas du mode télécommande et du mode retardateur.

Autres boutons

Sur certains objectifs, comme le Pentax D FA 150-450, utilisé avec certains boitiers, l’utilisateur peut assigner des réglages personnels. Par exemple, une mise au point prédéterminée (« focus preset »). Une fois ce réglage programmé, il est possible de basculer instantanément sur cette position. Sur ce même zoom, il est aussi possible d’annuler la mise au point choisie par l’AF et en fixer une autre à la volée. Même pendant un processus de mise au point en continu (AF.C). Expérimenter ces possibilités peut conduire à les adopter, au bénéfice de l’efficacité de la prise de vue.

Un accès facile aux réglages propres à l'objectif
Boutons de réglage d’automatismes sur le Pentax D FA 150-450 mm

Les automatismes sur les boîtiers

Nous n’entrerons pas dans les particularités de chacun des boîtiers Pentax : ils ont été nombreux, dans le passé ! On se contentera d’évoquer ce qui, dans les boîtiers d’aujourd’hui a été utilement automatisé.

La mesure de la lumière

C’est primordial, en photo, de maîtriser la mesure de la lumière sur la scène photographiée.

Il existe 3 types préprogrammés, évitant ainsi au photographe d’avoir à se munir d’une cellule (aujourd’hui quasi introuvable) pour mesure la lumière sur le sujet. Cette mesure permet de déterminer les réglages adéquats pour les 3 paramètres primordiaux de la photo : sensibilité, temps d’exposition et ouverture du diaphragme. Qu’elle soit globale, à prépondérance centrale ou « spot », la façon de mesurer la lumière revêt une importance capitale dans l’exposition globale de la photo.

Certes, on n’y pense pas souvent. Pourtant, c’est une forme d’automatisme très utile et qu’on utilise sans le savoir, comme Monsieur Jourdain avec la prose ! Il faut cependant veiller à ce que le mode choisi soit en adéquation avec la scène photographiée. Et surtout, bien sûr, avec la luminosité ambiante et l’intention photographique. Souvent, on fait la lumière là où on fait la mise au point. Mais pas toujours : à chacun de savoir ce qu’il veut prioriser !

Les modes d’exposition

Ce sont les « fameux » modes PASM (et plus chez Pentax) dont nous avons maintes fois parlé, en particulier dans cet article. C’est pourquoi nous n’y reviendrons pas en détail aujourd’hui. Les lectrices et lecteurs pourront se reporter à l’article en question.

Mode Users : U1 à U5
Les modes de prise de vue sur le KP

 

On parle donc ici des modes :

  • Sv (priorité à la sensibilité),
  • Av (priorité à l’ouverture de diaphragme),
  • Tv (priorité à la vitesse d’obturation)
  • et TAv (priorité à l’ouverture de diaphragme ET à la vitesse d’obturation)

On notera cependant que ce ne sont pas à proprement parler des modes entièrement automatiques, mais plutôt des modes semi-automatiques. L’opérateur a un ou plusieurs choix à opérer manuellement qui contraindront le boîtier à choisir le(s) paramètre(s) restant(s).

Ils évitent cependant d’avoir à passer en mode « M », entièrement manuel, qui demande donc au photographe de maîtriser tous les paramètres de la prise de vue.

Le mode « P », spécifique chez Pentax, permet de basculer par une molette (avant ou arrière) d’un mode Av à un mode Tv et inversement sans avoir à se préoccuper de tourner la molette des modes. De ce fait, ce basculement s’effectue beaucoup plus rapidement. Trop souvent délaissé par les photographes, ce mode « P » mériterait une utilisation plus fréquente. Pentaxklub en a parlé dans l’article cité plus haut.

Les modes AF

Ils automatisent le mode d’acquisition du point. Nous en avons aussi souvent parlé. Pour rappel :

  • en mode AF.S : on fait le point, généralement, par appui à mi-course sur le déclencheur. Cette mise au point est conservée jusqu’au déclenchement, même si le sujet bouge ou si l’on recadre. On l’utilise donc prioritairement sur des sujets statiques. On peut utiliser aussi le bouton AF à l’arrière de l’appareil.
  • en mode AF.C : c’est la mise au point en continu. Aussi longtemps que l’on garde le doigt appuyé à mi-course sur le déclencheur, l’appareil adapte en permanence la mise au point au déplacement du sujet. Du moins tant que l’on garde le même collimateur de mise au point sur lui. C’est plutôt bien adapté aux sujets en mouvement. Sous réserve, bien entendu d’un choix judicieux et adapté des autres paramètres de prise de vue.
  • en mode AF.A (quand il est disponible) : dans ce mode, c’est l’appareil qui choisit, comme un grand ( ?), entre mise au point AF.S et AF.C. Autant dire que l’on s’expose à de graves déconvenues (photos floues) dans certaines situations. Dès lors, s’il est un automatisme que l’on déconseillera fortement, c’est bien celui-là. Du reste, il a disparu des boîtiers les plus récents.

Ces modes AF automatisés évitent d’avoir à tourner manuellement la bague de mise au point. Mais, surtout, ils permettent de s’adapter, au moins partiellement, aux mouvements du sujet, comme expliqué ci-avant.

Quelques photos
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Château de Bellegarde (Loiret) pris en mode AF.S : aucun mouvement n’est attendu, ce qui justifie ce mode. K-1 II + D FA 24-70 à 33 mm – f/5.6 – 1/1250s – ISO 100
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Ce chat ne bouge pas. Mais il a été pris en mode AF.C pour prévenir tout mouvement de sa part. K3 + DA 55-300 mm à 120 mm -f/5 – 1/50s – ISO 100

Sur les deux photos suivantes de fous de Bassan, le déplacement relativement rapide des oiseaux (eu égard à la distance) justifiait pleinement une prise de vue en mode AF.C.

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Fou de Bassan – K1 II + D FA 70-210 f/4 à 180 mm – f/13 – 1/800s – ISO 800.
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Autre Fou de Bassan – K1 II + D FA 70-210 f/4 à 180 mm – f/11 – 1/800s – ISO 320

Le mode « vert »

C’est, au choix, le mode des débutants ou le mode « panique ». Et c’est aussi un mode que l’on déconseillera formellement. Et surtout si l’on veut faire preuve d’un peu de créativité. Parce que, lui aussi, se fiche des désirs du photographe. D’ailleurs, on l’utilise, c’est qu’on n’a pas d’exigence particulière sur ses photos.

Dans ce mode, quasiment rien ne peut être réglé manuellement. Les mauvais choix du système pas davantage ! C’est ce qui est décrit dans cet article. La confiance dans les automatismes a tout de même des limites !

Les modes Utilisateur (« User »)

Nous les avons évoqués dans un article déjà cité.

Ils peuvent être considérés comme des automatismes dans la mesure où ils règlent un certain nombre de paramètres que choisit l’utilisateur et qu’il mémorise. Ils évitent, quand on les met en œuvre par simple rotation de la molette des modes, d’avoir à refaire manuellement tous les réglages déjà mémorisés. D’où un gain de temps appréciable. Bien sûr, chaque mode « User » doit être adapté au type de photo que l’on veut faire dans tel ou tel domaine. On les recommande sans réserve et on regrette seulement qu’on ne puisse pas en mémoriser davantage (5 seulement sur le K-1 II).

Un autre de leurs avantages, c’est qu’une fois mis en œuvre, on peut tout de même modifier manuellement tel ou tel réglage de façon ponctuelle, sans changer le paramétrage mémorisé du mode User en question. Un inconvénient cependant : si l’on est amené, au cours d’une sortie photo, à photographier des sujets différents dans des conditions différentes, il faudra veiller à ne pas laisser en fonctionnement un mode user qui ne serait pas adapté à tous les cas rencontrés.  Aussi, prévoir un mode générique facile et rapide à mettre en œuvre, peut éviter ce genre de déconvenue.

Mode USER - autre exemple
Un exemple de réglage de mode « User » (ici en mode P), avec, notamment, une plage de sensibilité de 100 à 6400 ISO.

Les programmes « résultat »

Nous les avons aussi évoqués dans l’article visé par le lien ci-dessus paragraphe « le mode vert ».

Ils existent essentiellement sur certains appareils compacts (en voie de disparition, sauf en haut de gamme). Mais et de moins en moins sur les reflex « grand public » (de moins en moins nombreux et aujourd’hui inexistants chez Pentax). Et, de notre point de vue, ils ne trouveraient aucune justification sur les APN semi-professionnels et professionnels.

Dans ces modes, parfois extrêmement nombreux (jusqu’à 30 dans certaines marques), le boitier choisit les réglages en fonction d’une situation qu’on lui impose (portrait, paysage, …) et à partir de critères statistiquement établis.

Autant dire que c’est le royaume de l’automatisme et… que nous ne le recommandons pas du tout, sauf aux extrêmes débutants qui veulent seulement faire une photo sans se préoccuper du « comment ».

Les menus

On n’y pense pas obligatoirement, mais le paramétrage d’un boîtier, opération INDISPENSABLE, apporte un certain confort d’utilisation par les actions automatiques qu’il met en œuvre. Ainsi, l’utilisateur n’a plus à s’en préoccuper.

On ne passera pas ici en revue tous les menus de tous les boîtiers Pentax : chacun(e) se reportera donc au manuel d’utilisation correspondant et … éventuellement aux articles que nous aurions pu publier sur les sujets qui l’intéressent particulièrement.

Parmi tous les automatismes possiblement réglables, il en est un qui, à mon avis, est primordial : celui de la sensibilité. Régler une plage automatique de sensibilité (par exemple 100 – 3200 ISO) permet d’éviter automatiquement trop de bruit numérique sur ses images. Et n’oublions pas que ce réglage peut être outrepassé dans un mode « User ». Car la « fourchette » n’est pas obligatoirement la même dans toutes les situations.

Quelques précautions d’utilisation

Utiliser sans réserve certains automatismes doit parfois s’accompagner de précautions essentielles.

Par exemple, si l’on met en œuvre un mode (« User » y compris) susceptible d’entraîner l’utilisation de vitesses lentes (i.e. sous ambiance sombre), c’est une sage précaution d’utiliser aussi un trépied. Parce que, nonobstant les choix automatiques, le boîtier ne peut pas prévoir les mauvais mouvements du sujet… ou du photographe au cours de la prise de vue.

N’oublions pas non plus quelques possibilités de prise de vue avec intervention minimale de l’utilisateur. Il en est ainsi du trap-focus évoqué ici.

Et en post-traitement

C’est la suite logique de la prise de vue ! Parce que, comme nous le préconisons depuis toujours – enfin depuis la création de PentaxKlub – vous avez, bien sûr, shooté en mode RAW, ce qui implique de développer et traiter les photos !

Et, là encore, selon les logiciels utilisés, il est tout à fait possible d’automatiser bien des opérations, que ce soit au moyen de pré-réglages, qu’au moyen de scripts de traitement bien définis. C’est surtout adapté, de mon point de vue, au réglage de quelques points particuliers, lorsque l’on a shooté en rafale, le plus souvent :

  • luminosité,
  • contraste,
  • équilibre des couleurs, etc …

Il existe en effet de fortes probabilités que les valeurs correspondantes soient les mêmes sur toutes les images de la série. Une correction globale se justifie donc.

Pour ma part, n’étant pas un adepte de la rafale, j’estime que chaque image est un cas particulier à post-traiter comme tel. Cette façon de procéder n’engage que moi, bien sûr !

On ne peut pas lister ici toutes les possibilités d’automatiser le post-traitement, d’autant qu’elles dépendent largement des logiciels et de leurs fonctionnalités. Mais elles existent réellement et doivent être considérées comme des automatismes mis à la disposition des photographes.

En forme de conclusion

Le matériel photographique (et péri-photographique) d’aujourd’hui propose de nombreux automatismes que chacun peut mettre en œuvre à sa guise. Souvent, ces automatismes apportent un réel confort. Parfois, on peut légitimement s’interroger sur leur facilité utilisation ; quand ce n’est pas sur leur bien fondé. Mais, surtout, ne rêvons jamais d’un monde photo où les automatismes ne laisseront plus la moindre place au bon vouloir des photographes. Qu’ils soient une aide, oui, pourquoi pas ? Mais en aucun cas il ne faut leur accorder les pleins pouvoirs !

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