Les catalogueurs d’images

Dans notre étude des logiciels de Post-Traitement d’images, nous avons mis en exergue le confort apporté par les fonctions de catalogage. Et nous avons constaté que tous les logiciels ne disposent pas d’un catalogueur.

À l’inverse, il existe des logiciels qui permettent de gérer une collection de photos, sans pour autant offrir des possibilités de post traitement. Ou bien parfois des possibilités sommaires, pour ne pas dire basiques. Certains sont payants, d’autres gratuits et, bien sûr, ils se distinguent par des fonctionnalités plus ou moins évoluées. Parfois, on y trouve un module de sauvegarde, lui aussi plus ou moins évolué. Parfois, quelques outils de retouche légère.

Même les systèmes d’exploitation offrent parfois quelques fonctionnalités pour importer et classer des photos sur l’ordinateur (Windows 10 par exemple), y compris en ajoutant des mots-clés. Mais, généralement, si cela peut sembler suffisant à beaucoup, cela ne satisfait que très partiellement – et parfois moins encore – les besoins d’un photographe assidu.

Quelques-uns de ces produits font l’objet de ce dossier. Attention, ce n’est pas une liste exhaustive, il peut en exister d’autres, peut-être plus intéressants ou plus pratiques. De la même façon, il n’est pas question ici de faire une présentation complète de chacun, mais seulement d’essayer d’en dégager les avantages que peut en tirer un photographe amateur.

Au cours de l’étude, nous avons constaté que certains de ces catalogueurs sont devenus introuvables, ou qu’ils ont disparu. Nous avons pris le parti d’en dire tout de même quelques mots, pour les lecteurs qui parviendraient à trouver une version opérationnelle.

 

Les catalogueurs de photos

Un catalogueur de photos, c’est un peu, en version numérique, comme les catalogues « papier » de notre enfance (*), du genre de celui, célèbre, de Manufrance. Les objets y sont classés par rubriques, par type. Et ce classement n’est pas laissé au hasard : il faut bien que le lecteur puisse s’y retrouver.

 

C’était avant

Retrouver ce que l’on cherche : ce souci est encore plus prégnant en matière de photo. Pour les photos argentiques, les boîtes de chaussures ont rendu bien des services à beaucoup. Mais les recherches…

Que ce soit pour les photos papier ou les diapos, il fallait être sacrément organisé pour tout retrouver avec facilité. Un de mes amis m’en parlait, pas plus tard que ce matin : il n’arrive pas à remettre la main sur une boîte de diapos concernant des photos de nuit (il se reconnaîtra en me lisant !).

Eh oui ! Il n’existait pas de « table des matières » ! Il fallait se créer des registres, les tenir à jour, ne pas les perdre, ne pas égarer les boîtes de photos au fil des déménagements… Bref, ce n’était pas simple si l’on était un photographe « productif » !

 

Et maintenant ?

Maintenant ? Eh bien l’informatique peut tout résoudre, non ? Et même que, comme me le disait souvent un autre ami, elle permet de résoudre les problèmes qui n’existaient pas avant qu’on l’invente !

Les logiciels… Il n’y a que cela de vrai en 2019. Du moins quand ils sont bien écrits, pour des besoins d’utilisateurs réels et pas pour des théoriciens. Ainsi ils ont quelques chances de satisfaire quelques besoins de quelques photographes !

 

Les fonctionnalités d’un catalogueur

Ce qu’un catalogueur devrait obligatoirement proposer

  • un module d’importation

Un catalogue, c’est une base de données, qu’elle soit « papier » ou « informatique ». On doit donc pouvoir y insérer des éléments, les gérer, les retirer.

Insérer un document (une photo) dans la base de données (le catalogue), cela s’appelle l’importer. Un module d’importation est absolument indispensable. Pas question de copier manuellement les images une par une ou par lots dans un logiciel. Ce serait bien trop long, trop fastidieux et… source de trop d’erreurs (l’humain peut se tromper, l’informatique, jamais ! quoique…).

On doit pouvoir indiquer à ce module d’importation où aller chercher les données (disque, carte mémoire, clé USB, etc. …) et où les déposer (disque, dossier, etc. …). Et, en même temps (cette expression si à la mode depuis quelques mois !), inscrire pour chaque photo quelques indications pouvant la distinguer des autres. C’est ce qu’on appelle les métadonnées.

  • un (bon) gestionnaire de métadonnées

Le photographe numérique sait de quoi on parle : ce sont, notamment, les EXIF de la photo, autrement dit un grand nombre de paramètres de la prise de vue, le boîtier et l’objectif utilisés, le lieu de la prise (éventuellement) et beaucoup d’autres choses. Mais, les métadonnées, ce ne sont pas seulement les EXIF. En effet, la plupart des logiciels de catalogage ont du mal à faire un distinguo entre un éléphant et un colchique (oui, oui, colchique est masculin !), entre le visage de la personne de votre vie et la photo de ce magnifique gorille vu le jour même au zoo ! (« Gare au gorille !! »). Il va falloir lui apporter des précisions. Et c’est là la fonction la plus intéressante d’un catalogueur : les mots-clés que l’on va pouvoir lui indiquer vont grandement l’aider par la suite à retrouver les photos que recherchera le photographe… s’il les a correctement renseignés, bien sûr ! Parce que s’il indique « colchique » pour une photo d’éléphant, ou inversement, l’intelligence artificielle ne pourra rien contre la bêtise naturelle.

Un catalogueur d’images est largement tributaire de ce qu’on lui donne à « digérer ». C’est donc au photographe qu’il incombe de faire preuve de bon sens (les bons mots-clés) et de rigueur (les mêmes mots-clés pour des choses du même type). À ce prix, il rendra de fiers services.

  • un module de recherche suffisamment puissant

Il n’est rien de plus énervant, en informatique, que de lancer une recherche et d’attendre plus de 3 secondes le résultat. On devient exigeant. Bon, 3 secondes, c’est un peu exagéré, en fait ! On ne devrait pas attendre plus d’une seconde. Non, c’est une plaisanterie. Mais, de fait, une longue attente est toujours frustrante et conduit généralement à ne plus utiliser le catalogueur, même si c’est une erreur d’agir de la sorte.

  • un lien vers le (les) logiciel(s) de Post-Traitement

C’est nettement plus confortable que de cliquer (clic droit) sur une photo et de choisir « ouvrir avec » pour indiquer au système de lancer le logiciel désigné. Ce logiciel doit pouvoir être mémorisé dans le catalogueur et facilement lancé par lui. Et il doit reprendre la main en fin de traitement. Si la mémorisation de plusieurs logiciels utilisables est possible, c’est encore mieux : l’utilisateur pourra ainsi lancer celui de son choix en fonction du travail à faire sur l’image.

 

Ce qu’un catalogueur peut ne pas proposer

Beaucoup de catalogueurs gratuits sont en fait de petits logiciels de traitement d’images. Ils sont à même répondre à quelques besoins basiques, comme par exemple un recadrage ou un redimensionnement. Pour ces besoins basiques, ils sont largement suffisants. En revanche, pour jouer sur les contrastes, la netteté, les couleurs, la balance des blancs, etc. mieux vaut utiliser le logiciel spécialisé. Il donnera de bien meilleurs résultats dans la plupart des cas, surtout dans les cas les plus difficiles à résoudre.

Ces fonctions « évoluées » ne sont pas indispensables dans un catalogueur. On peut même dire qu’il est préférable qu’il n’en dispose pas, tellement leur utilisation peut parfois gâcher une image : à chacun sa spécialité. Après tout, on ne demande pas à un boulanger de découper une carcasse de porc dans son laboratoire ou de fabriquer du fromage de Comté : on se contentera qu’il sache faire un excellent sandwich au jambon/fromage.

 

Comment fonctionne un catalogueur

L’import de photos

Certains catalogueurs autonomes créent leur propre arborescence de dossiers dans lesquels ils importent les images qu’on leur indique d’importer. Parfois, par simple copie depuis un dossier d’origine, parfois par déplacement de fichier depuis ce dossier d’origine. L’avantage de la première solution est qu’on dispose ainsi d’un double de la photo en cas d’incident et de perte. Le corollaire, c’est que cela prend 2 fois plus de place sur les disques.

Dans la 2e solution, le catalogueur s’accapare toute la gestion des fichiers en question, avec les risques qui peuvent en découler (pertes lors d’un transfert, par exemple).

Personnellement, j’utilise les fonctions de catalogage de mon logiciel de Post-Traitement qui copie dans son arborescence les fichiers que je lui indique et qui sont soit dans un autre dossier, soit sur une carte mémoire. L’opération réalisée, je m’assure qu’elle s’est bien déroulée, sans incident. Je peux alors supprimer les fichiers du dossier d’origine. S’il s’agit d’une carte mémoire, je ne supprime rien tant qu’elle dispose de suffisamment de place pour enregistrer d’autres images.

Et, DANS TOUS LES CAS, je procède sans délai à une sauvegarde des photos sur un ou plusieurs supports externes (disques externes).

 

L’indexation simple

Certains autres catalogueurs (mais je n’en utilise pas personnellement) ne feraient qu’enregistrer dans une base de données les liens (chemins informatiques) vers les fichiers images que l’utilisateur leur indique. Ils laissent ainsi l’utilisateur faire son affaire de la gestion desdits fichiers. Avec cependant, de notre point de vue, des inconvénients : les déplacements et le renommage éventuel des fichiers doivent pouvoir être effectués par le catalogueur et d’ailleurs ne devraient être effectués que par lui. Faute de quoi, les liens initiaux (lors du catalogage) seraient perdus ce qui rendrait le catalogueur inopérant pour ces fichiers.

Mais c’est généralement la façon d’opérer de beaucoup de fonctions de catalogages incorporées dans certains logiciels de Post-Traitement (Lr par exemple).

À chacun, dès lors, de déterminer ses préférences et de choisir en conséquence son catalogueur.

 

Quelques catalogueurs gratuits

XnView

Développé par Pierre-Emmanuel Gougelet, XNView existe en deux versions : XNView (simple, pour Windows seulement) et XnViewMP. Cette dernière version, multi-plate-forme (Windows, macOS, Linux…), est la plus évoluée et a l’immense mérite d’offrir, nativement, le support d’Unicode. Cela parlera sans doute davantage aux informaticiens qu’aux non-informaticiens, sachant qu’avec Unicode, on peut gérer les nombreux caractères accentués notamment en français.

Il existe même une version portable (pour Windows) et une version pour mobile iOS (voir sur le site du logiciel).

Même s’il n’est pas toujours considéré comme un véritable catalogueur – mais plutôt comme une visionneuse d’images –, XNView rend d’immenses services par le nombre et la qualité de ses fonctionnalités « de base ». En plus des opérations « classiques » (quelques fonctions de traitement d’image comme la correction des yeux rouges, le réglage du contraste et de la luminosité, la possibilité d’utiliser des filtres ou des effets, etc.), il permet notamment d’éditer les métadonnées.

Il est d’ailleurs étonnant que certains ne le considèrent pas comme un vrai catalogueur, car XnView possède un catalogue ! Qu’en en juge par cette copie d’écran :

 

XnView - Catalogue
XnView – Catalogue

 

On peut même créer un « sidecar XMP » à l’instar d’autres logiciels.

XnView - "Sidecar" XMP
XnView – « Sidecar » XMP

 

Il permet des recherches très rapides d’images dans les dossiers qu’on lui indique. À cet égard, il est important, quand on part d’un dossier, de lui indiquer (en cochant une case) qu’il doit aussi chercher dans les sous-dossiers. Cette recherche est extrêmement rapide. Il m’arrive assez souvent de l’utiliser pour des opérations simples, hors du Post-Traitement d’image pur.

 

FastStone Image Viewer

Développé par la société FastStone Soft, il n’est disponible que sous Windows. Toutefois, il peut fonctionner sous Linux à condition d’utiliser l’émulateur Wine. Les utilisateurs de macOS ont été oubliés. Pour être juste, il faut noter qu’il existe aussi de nombreux logiciels pour macOS qui ne fonctionnent pas sous Windows. Ah ! la guéguerre (parfaitement vaine) des OS !!!

FastStone Viewer est souvent présenté comme un logiciel permettant de gérer ses photos. Mais, pour nous, c’est davantage une visionneuse d’images avancée qu’un catalogueur. On y retrouve les mêmes fonctionnalités que sur la plupart des logiciels du même type, avec en plus la possibilité d’apposer des filigranes sur les images.

Pour ce qui concerne la gestion des images, son « explorateur » permet beaucoup de manipulations (déplacement, renommage, affichages divers), mais en aucun cas un véritable catalogage. Du reste il n’existe aucun module de recherche.

 

Digikam

Dans le monde du logiciel libre, Digikam était souvent présenté comme un logiciel de Post-Traitement et de retouche d’image. En fait, il n’en est rien : ses fonctionnalités en la matière sont assez limitées – même si elles existent – et n’atteignent pas le niveau des logiciels spécialisés dans ce domaine. De très loin.

En revanche, c’est devenu un outil intéressant pour le catalogage d’images. Le reproche que l’on peut lui faire, notamment dans sa version Windows, c’est d’être particulièrement gourmand en espace disque. En version 5.9, si l’on en croit le système d’exploitation, il occupe, sous Windows 7, le « modeste » espace de… 1,24 Giga-octet. C’est énorme !

Mais, en matière de catalogage, il présente des fonctionnalités remarquables : on peut avec lui noter les images, gérer des mots-clés et les attribuer à ces images, faire des recherches dont le résultat est obtenu plutôt rapidement, même sur une base de plus de 10 000 photos.

Au chapitre des « surprises », une interface plutôt déroutante : comme d’autres logiciels (par exemple LightZone ou Photivo pour ce qui est du traitement d’images), il propose des onglets disposés verticalement, à gauche comme à droite de l’interface. Ce qui oblige à quelques contorsions du cou et de la tête pour en lire les intitulés. C’est assez peu pratique quand on n’a pas cette habitude. Après, on s’y accoutume et cela va nettement mieux.

DigiKam - Interface
DigiKam – Interface

 

Et, comme on peut le voir, ces onglets sont nombreux !

 

Sur la gauche, de haut en bas :
  • Albums
  • Étiquettes (en clair : les mots-clés)
  • Libellés
  • Dates
  • Frise chronologique
  • Chercher
  • Similarité
  • Carte
  • Personnes

 

Sur la droite, toujours de haut en bas :
  • Propriétés
  • Métadonnées
  • Couleurs
  • Carte
  • Légendes
  • Versions
  • Filtres
  • Outils

 

L’onglet « Outils »

C’est dans le dernier onglet, « Outils », que l’on trouve :

  • les fonctions d’export vers de nombreuses « destinations » (SmugMug, Google Drive, PicasaWeb, Flickr, Facebook, etc…),
  • quelques fonctions de Post-Traitement (création d’images empilées, de panoramas, éditeurs de métadonnées…),
  • l’éditeur d’images (les fonctions usuelles de post traitement : contraste, luminosité, Exposition…)
  • le module de recherche avancée,
  • le gestionnaire d’étiquettes, etc. …).
Les outils de DigiKamLes outils d’export (et import) de DigiKam
Des manques

En bref, DigiKam propose la plupart des outils que doit posséder un bon catalogueur, sauf un, et il n’est pas négligeable : possédant lui-même un éditeur d’image, DigiKam NE PERMET PAS de lancer à partir de son interface un autre logiciel de traitement d’image. Pour nous c’est rédhibitoire.

L'éditeur d'images (très limité) de DigiKam
L’éditeur d’images (très limité) de DigiKam

 

Autre « hic » : des testeurs ont trouvé le logiciel trop peu performant en ce qui concerne les recherches (essentiellement basées sur les mots-clés, alors que d’autres critères devraient pouvoir être utilisés). Il lui est aussi reproché d’ignorer purement et simplement des balises standard IPTC (International Press Telecommunications Council) tout à fait officielles.

Reste que Digikam est gratuit, librement utilisable et qu’il faut mettre en balance qualités, fonctionnalités et insuffisances pour savoir si, oui ou non, on a envie de l’utiliser. En tout état de cause, dans ce désert relatif des catalogueurs libres, il est sans doute le meilleur d’entre eux.

D’autres renseignements (et la possibilité de télécharger le logiciel) sous ce lien.

 

Quelques catalogueurs payants

ACDSee

ACDSee (**) comporte plusieurs éditions, notamment pour Windows. L’édition « Photo Studio Standard » (prix « courant » 69 €) est seulement un catalogueur. Pour d’autres éditions (notamment la version Ultimate – prix « normal » 172 €) c’est aussi un logiciel de Post-Traitement efficace qui a considérablement évolué dans le temps. On peut n’utiliser que ses fonctions de catalogage, et c’est d’ailleurs ce que font parfois des utilisateurs de logiciels de Post-Traitement qui ne possèdent pas eux-mêmes de module de catalogage. Mais il est sans doute dommage d’investir chaque année quelques dizaines d’euros pour n’utiliser qu’une petite partie d’un logiciel.

Toutes proportions gardées, ce serait comme n’utiliser que les fonctions de catalogage de LightRoom ! Ce serait possible, bien sûr, mais quel gâchis !

Je le dis d’autant plus facilement que je suis moi-même un utilisateur d’ACDSee Ultimate 10 pour le Post-Traitement de mes images.

Pour une gestion simple de ses données numériques, la version standard est tout à fait adaptée. À noter que la version pour Mac (ACDSee Mac 4) permet aussi l’édition de fichiers RAW.

 

Photo Supreme

Un des plus connus dans le monde du payant, un des meilleurs aussi, sinon le meilleur. Il existe en 2 versions : version serveur, version simple poste. C’est en général cette version simple poste que l’on choisit en tant que particulier, sauf à posséder chez soi de nombreux postes, un serveur et d’être potentiellement plusieurs utilisateurs simultanés. La situation est probablement assez rarement rencontrée.

Comme son nom ne l’indique pas, Photo Supreme (PSU pour les intimes qui n’ont pas connu un parti politique de même acronyme) est disponible sur le site https://www.idimager.com/.

L'interface de Photo Supreme
L’interface de Photo Supreme

 

On peut, notamment, y télécharger une version d’essai utilisable pendant 1 mois, aussi bien pour poste unique que pour serveur.

Les plus convaincus qui voudraient tout de suite l’acquérir pourront le faire aux prix suivants :

  • version simple poste : 129 $ (Mac OS ou Windows)
  • version serveur : 229 $ et 869 $ le pack de 5 licences

Sur ce même site sont disponibles plusieurs vidéos YouTube de démonstration de différentes possibilités du logiciel. Dont une indiquant comment paramétrer le logiciel à utiliser pour le Post-Traitement. On ne peut, bien sûr, que recommander la lecture de ces vidéos, même si, pour certains lecteurs, la langue anglaise peut constituer un handicap. Cela n’empêchera toutefois pas la compréhension de bien des manipulations effectuées.

Fonctionnement de Photo Supreme

Photo Supreme, dont nous avons installé la version d’essai, est incontestablement un excellent logiciel. Il possède TOUTES les fonctionnalités que l’on demande à un logiciel de catalogage. Dès l’installation, il a reconnu 2 des logiciels de Post-Traitement ou de retouche déjà installés sur la machine (Lr et Paint Shop Pro) et il a été extrêmement facile de lui en faire prendre d’autres en compte. Il les affiche alors sur le haut de la fenêtre, à droite, et, après sélection d’une image dans l’interface, il les lance d’un simple clic. Enfin, pour la plupart d’entre eux. Dans notre cas, ACDSee Ultimate 10, appelé de cette manière, a mystérieusement refusé d’ouvrir quelque image que ce soit alors qu’il ouvre sans problème la même image lorsqu’il est utilisé seul. Peut-être est-ce dû au catalogage par PSU ? La question mériterait d’être approfondie.

Dans PSU, l’importation de 12500 photos s’est effectuée en quelques secondes après avoir indiqué leur dossier de base. La synchronisation et la création des vignettes dans le logiciel (simultanées) ont demandé environ 30 minutes, ce qui reste raisonnable.

Photo Supreme est une valeur sûre du catalogage d’images, plébiscitées par de nombreux utilisateurs. Et, à vrai dire, à l’utilisation, il est plutôt convaincant. Reste à décider si l’on veut investir les 129 $ demandés.

 

Média Pro

Media Pro a connu plusieurs appellations. Initialement iView, puis iView Multimedia, la version iViewMediaPro3 (à l’origine pour Mac), a été achetées en 2006 par Microsoft qui l’a rebaptisé Expression Media 2 puis l’a revendu en 2010 à Phase One. Microsoft a alors développé sa propre suite baptisée Microsoft Expression Studio.

Les anciennes versions Mac et Windows ne sont malheureusement plus téléchargeables depuis plusieurs années. Mais, si certains de nos lecteurs utilisent de telles versions, ils peuvent, bien entendu nous faire part de leurs sentiments sur ce logiciel.

Phase One a transformé Expression Media en Media Pro, puis l’a supprimé purement et simplement.

 

Daminion

Site Web : https://daminion.net/

Daminion
Daminion

 

Sur la page d’accueil du logiciel (traduction ici), on peut lire ceci :

«Logiciel de gestion de photos multi-utilisateurs pour petites équipes.

Il existe de nombreux logiciels de gestion de photos numériques, mais… ils sont tous destinés à un usage autonome uniquement ;

Il existe de nombreuses solutions de gestion des ressources numériques (DAM) au niveau de l’entreprise, mais… elles sont trop chères pour les petites équipes ;

Daminion est un véritable logiciel de gestion de documents et de photos numériques multi-utilisateurs destiné aux petites équipes et aux professionnels de la création, à un prix abordable. »

Laissons à Daminion la paternité et la responsabilité de ces affirmations. Ce qui, au passage, ne nous interdit pas de les commenter !

Disons-le clairement : Daminion est une solution de professionnels pour des professionnels. Son coût annuel (1995 $) le met hors de portée de la plupart des photographes amateurs. C’est une solution d’entreprise, particulièrement adaptée aux réseaux comprenant un grand nombre de postes. Pourquoi ? Parce que Daminion, « la Rolls » des catalogueurs, ne gère pas seulement des fichiers photo, dans les formats courants, mais aussi des films, des livres, des fichiers sonores, etc. …

Je sens déjà que certains diront : « Mais j’ai moi aussi des films, des MP3, une grande bibliothèque de livres numérisés ». Un seul argument à leur opposer : « Êtes-vous prêt à investir chaque mois 175 $ pour quelques recherches et consultations ponctuelles ? »

 

Un coût loin d’être négligeable

À supposer que l’on fasse 20 recherches/consultations chaque jour du mois, cela ne fait finalement que 600 recherches/consultations dans le mois. Parions que peu de monde en fera autant ! Certains en feront davantage ! Mais 600 recherches pour 175 $ (environ 150 €), cela met chacune d’elle à environ 25 centimes d’euro. Essayez donc de mettre dans un nourrain comme aurait dit Maître Capello, la somme de 25 centimes d’euro chaque fois que vous recherchez un fichier sur votre ordinateur. Vous comprendrez très vite ce que coûte Daminion pour un particulier !

C’est une véritable banque de données avec toutes les solutions nécessaires à la recherche et à la consultation des données en question.

Précisons tout de même qu’une version d’évaluation est disponible. Elle est valable… 7 jours ! Compte tenu des immenses possibilités du logiciel, cette durée nous paraît bien trop faible pour se faire une idée suffisamment précise de l’ensemble. Alors, quand on met le prix en face de cette durée, on se dit qu’il faut être bien téméraire – et/ou immensément disponible – pour accepter le « deal » sans sourciller. En tant que particulier, j’y ai personnellement renoncé : je n’aurai jamais le temps, en 7 jours, de faire le tour du logiciel.

Nos lecteurs peuvent se rendre sur le site de Daminion et visionner les démos qui sont proposées ou télécharger la version d’essai. S’ils acceptent, bien sûr, de laisser pour cela au moins leur adresse mail ! Après, ils décideront en fonction de leurs envies et surtout de leurs moyens financiers.

En revanche, les professionnels de la création graphique peuvent y trouver matière à résoudre leurs problèmes de catalogage de médias.

 

Que conseiller ?

À PentaxKlub, nous sommes plutôt circonspects quand il faut donner des conseils. Sauf si l’on est bien certain de notre propre choix ! Dans le cas des catalogueurs d’images, donner un conseil est particulièrement difficile.

S’il s’agit seulement de choisir une interface permettant d’afficher les photos de sa collection, alors quasiment n’importe lequel des logiciels présentés pourra faire l’affaire. Pour en avoir utilisé quelques-uns, mon avis est que XnView répond à tous les besoins de base, jusqu’au recadrage et au redimensionnement des images. Mais il n’est pas parfait non plus.

Si l’on veut aller plus loin, on peut trouver un certain intérêt à DigiKam. Mais, pour nous, les défauts exposés plus haut nous apparaissent trop importants.

Alors ? Restent les logiciels payants. Parmi ceux présentés, il ne fait pas de doute que, pour un photographe amateur, Photo Supreme semble s’imposer. Son prix est sans commune mesure avec celui de Daminion, qui ne peut être qu’une solution d’entreprise.

 

En fin de compte ?

En fin de compte, il vaut sans doute mieux utiliser les fonctions de catalogage de son logiciel de Post-Traitement favori… à la condition qu’il n’en soit pas dépourvu : d’excellents logiciels – gratuits comme payants – n’en disposent pas (voir nos articles PT RAW).

Conseiller cette solution, c’est, d’une certaine façon, conforter Lightroom dans sa position de leader incontestable du marché. Il faut cependant garder à l’esprit que ce logiciel, hors de la solution de l’abonnement, ne permet plus, avec les versions antérieures à la version 8 (CC) d’utiliser le module « cartes » dont il disposait. Adobe l’a annoncé dans cette page. Pour de sombres questions d’API de leur fournisseur de cartes précédent (quelques explications ICI). On a le droit de se sentir frustré si, dans sa collection d’images, beaucoup de photos comportent des données GPS ! La seule solution est alors… de passer à la version (payante) Lightroom Classic 8.0, tant qu’une telle version est proposée par Adobe.

Enfin, il faut le souligner, quelques logiciels « phares »  de PT RAW sont en train de se doter de solutions de catalogage. Après ON1, DxO PhotoLab v2 a sauté le pas et Luminar vient d’en faire de même.

 

 

(*) On parle ici de ceux d’entre nous qui sont jeunes depuis beaucoup plus longtemps que les autres !

(**) La photo de titre représente une partie du catalogueur d’ACDSee Ultimate 10.

  • Grosbill01
    16 janvier 2019 at 23 h 04 min

    Un article très intéressant.

    Concernant Daminion, il existe depuis toujours une version standalone en licence gratuite à durée illimitée mais limitée en nombre d’éléments/photos (15.000).
    Cette offre est dispo sur le site allemand (http://www.daminion-software.de/standalone-updates.html) mais également, un peu caché, sur le site américain (https://daminion.net/download-server?showbuttons)

    Cette limitation à 15.000 n’est pas vraiment gênante, déjà sur LightRoom j’utilisais des catalogues différents selon les thèmes.

    Pour aller plus loin, toujours sur le site allemand, une offre Standalone Basic est dispo avec une limite portée à 25000 pour 15€ et aucune limite pour 80€.

    Sur le site américain, il y a une offre Standalone basic avec une limite à 75000 pour 50$ (https://daminion.net/order/buy-daminion-2)

    • Micaz
      17 janvier 2019 at 23 h 07 min

      Merci pour ce commentaire… très intéressant lui aussi. Je n’avais pas trouvé sur le site (traduit en français) du logiciel ces informations qui peuvent, en effet, intéresser nombre de nos lecteurs.
      Et, pour ce qui me concerne, je vais m’empresser d’aller voir de quoi il retourne !