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Un beau quai sinon rien

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Chacun aura compris qu’on va parler de bokeh. Le définir, c’est déjà apprendre à le réussir. Mais, à ce stade, on n’a que très peu avancé.

Qu’est-ce que le bokeh

Origine et attributs

On le sait, le mot est d’origine japonaise. Donc on le prend tel quel, on le prononce correctement et on essaie de savoir ce que c’est.

Tous les bons dictionnaires ou encyclopédies diront qu’en photographie c’est un flou d’arrière plan. Mais si l’on s’en tient à cette définition, on est loin du compte. Parce que le flou d’avant plan, c’est aussi du bokeh ! Cependant, on en parlera moins.

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Bokeh arrière ET avant

 

Pour pouvoir être valablement nommé bokeh, le flou d’arrière plan doit répondre à un certain nombre de contraintes. Parmi elles :

  • Il doit être aussi fondu que possible : on ne saurait nommer ainsi un flou qui laisserait deviner les éléments composant l’arrière-plan. Donc ces éléments ne doivent pas pouvoir être facilement identifiés, voire déduits. Et ce, même si le sujet lui-même peut, par sa nature et sa localisation dans l’espace, laisser supposer la présence de tel ou tel arrière-plan. Il faut donner la prééminence au sujet.
  • Il doit être harmonieux. Exemple : s’il peut présenter des différences de couleurs, celles-ci ne doivent pas être trop agressives. De même la « géométrie » des éléments qui le composent ne doit pas être trop tranchée.

Si la photo ne comporte pas au moins ces deux caractéristiques, alors ce que l’on appellerait bokeh ne serait en réalité qu’un arrière-plan plus ou moins flou.

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Bokeh incertain…

Des cas particuliers

On peut apprécier (ou pas !) le « bokeh tournant » fourni par certains objectifs, notamment originaires de l’ancienne URSS : il peut répondre – mais avec des réserves – aux critères ci-dessus.

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Bokeh dit « tournant »

 

En revanche, les « donuts » et les halos fournis par certains autres objectifs, notamment sur les points lumineux en arrière-plan, ne me paraissent pas répondre à la définition donnée. Ils ne sont que le résultat des défauts des formules optiques des objectifs en question, et parfois aussi de leur faible qualité de fabrication. On peut aimer ces effets, le problème n’est pas là ! Mais je n’appelle pas ça un bokeh réussi. C’est un bokeh (si l’on veut conserver le terme) plutôt subi, donc un arrière-plan flou qui en dit déjà beaucoup, voire trop, sur l’objectif utilisé.

Les ingrédients d’un « beau quai » réussi

Bokeh et profondeur de champ sont très liés. Profondeur de champ et focale aussi. Sans compter d’autres éléments importants qui sont la distance de prise de vue du sujet (et la focale intervient encore) et la distance sujet/fond.

C’est la combinaison judicieuse (ou parfois chanceuse) de ces composantes du bokeh qui en fera la réussite et, par conséquent, une grande partie de la beauté de la photo. Compliqué ? Oui, un peu ! Il n’est pas toujours très simple de combiner harmonieusement tous ces points. Surtout d’ailleurs parce qu’on n’y pense pas toujours au moment de presser le déclencheur.

L’objectif

On parle bien sûr de l’objet lui-même et pas du but recherché !

Avec des objectifs de focale ultra-courte ou courte, utilisés sans accessoire particulier, inutile d’espérer un joli bokeh, sauf parfois si on les utilise à la plus grande ouverture, sur un sujet proche, et avec un fond très éloigné et de préférence uni : un ciel sans nuage, un mur peint uniformément et non identifiable, la mer, etc. Ces conditions sont rarement réunies.

Les meilleurs bokehs sont souvent obtenus :

  • Avec des objectifs dédiés à la macro (les vrais, pas les zooms abusivement affublés de possibilités « macro ») : ils sont construits pour ça, mais ils perdent tout intérêt (du point de vue bokeh) si on les utilise en dehors de leur domaine de prédilection.
  • Avec des objectifs de longue focale, eux aussi de préférence utilisés à grande ouverture, avec un sujet adapté à la distance de mise au point minimale, et un fond aussi uniforme et éloigné que possible.

Le bokeh « artificiel »

On sait tous qu’avec un post-traitement adapté (et certains logiciels) on peut changer radicalement tout arrière-plan trop voyant. La magie du numérique.

S’il est parfois possible d’atténuer la netteté de cet arrière-plan, le changer ou « forcer artificiellement la dose » de flou, ne me paraît pas recommandable. On ne serait plus dans le domaine de la photo, mais plutôt dans celui du traitement informatique. Si l’on fait cela, à quoi bon chercher, à la prise de vue, la bonne combinaison objectif/distance de MaP/ouverture/nature du sujet/distance du fond ? On perdrait tout le charme de la prise de vue et là, un seul mot me vient à l’esprit : IMPOSSIBLE ! Et vous, lectrices et lecteurs ?

Quelques sujets, plus un, à éventuellement relire sur PentaxKlub.

Deux images de bokeh correct :

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Avec un fond de feuillage (éloigné)

 

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Le fond est la surface d’un lac (éloigné de 2m environ)