Les meilleures heures pour faire de belles photos

Paris et mouettes -photo prise en fin d'après midi.

 

 

Y-a-t-il de meilleurs moments, de meilleures heures pour faire de belles photos ? Cette question, tout photographe se l’est posée. A juste titre. Tout comme la question « Y-a-t-il des lumières plus belles que d’autres… ».
Ces deux questions sont un peu deux variantes de la même question, peut être parce que la réponse est à peu près la même. Et elle est positive.
Il y a bien des heures plus propices à faire de meilleures photo.

Ces heures sont liées à la qualité de la lumière. Cette qualité est elle-même liée à 2 éléments ou aspects. Le premier est celui de

 

La position du soleil

L’angle selon l’heure

Comme nous l’avons dit dans un précédent article  sur  la lumière et les angles, l’angle selon lequel tombent les rayons du soleil sur la surface de la Terre est important pour la qualité de la lumière.
Plus cet angle est proche de 90°, c’est dire quand le soleil est au zénith, plus la lumière sera « mauvaise », car elle sera dure, violente. Cette lumière ne créera pas d’ombres, donc pas ou peu de reliefs. La lumière violente amène de forts contrastes, écrase les couleurs, amoindrit les nuances. Elle a tendance à crever les hautes lumières et par contraste bouche les ombres.
Concrètement si l’on pose pour les hautes lumières, on bouche très facilement les ombres. Et si l’on pose pour les ombres, on crame facilement tout ce qui n’est pas à l’ombre. Par poser, il faut comprendre ici : mesurer la lumière de façon à bien rendre celle que l’on choisit : haute ou basse. Pour plus de détails voir l’article sur  Le zone system d’Ansel Adams.
La lumière zénithale, en réduisant les ombres portées à leur minimum, voire à rien, supprime les volumes. Le cumul des 2 phénomènes donne des photos peu plaisantes, peu fouillées, tirant vers le noir et blanc sans gris… De façon évidente, il y a des heures à éviter, et en conséquence, donc des heures à privilégier (voir plus loin).

L’angle selon les saisons

Puisque nous avons parlé de l’angle suivant lequel les rayons du soleil arrivent sur la Terre, cela signifie qu’il y a des heures, mais aussi des saisons plus propices que d’autres pour faire de belles photos. De manière générale, vous l’aurez déjà compris, plus le soleil est haut sur l’horizon, moins la lumière est bonne. Donc plus on est près de l’équateur, géographiquement, ou du solstice, temporellement, moins la lumière est bonne. Donc l’hiver offre, dans l’hémisphère nord, une lumière souvent meilleure, plus douce. Dans l’absolu, ce n’est pas en été, ni dans les pays ensoleillés que l’on fait les plus belles photos, surtout en milieu de journée (solaire). Heureusement il y a une vie en dehors de l’absolu. On peut aimer les paysages ensoleillés. D’abord c’est un goût (répandu) et ensuite cela n’empêche pas de faire de magnifiques photos…
Le deuxième aspect est celui de

 

La transparence de l’air

Cette transparence dépend principalement de la température de l’air. Plus l’air est chaud, plus il bouge. C’est particulièrement visible en été, par grand soleil, au dessus d’une route, plus particulièrement. Le bitume, généralement sombre, capte bien la chaleur et l’air en monte en dansant comme au dessus d’une plaque électrique branchée ou d’un feu de camp. Mais ce phénomène peut exister ailleurs qu’au dessus d’une route. Et peut ne pas être aussi visible. Il est néanmoins présent. Vous avez dû remarquer que les images de sujets lointains, faites avec un gros téléobjectif, sont parfois « pas très piquées ». Rassurez-vous, votre téléobjectif n’est pas un cul de bouteille, c’est l’épaisse couche d’air en mouvement, qui brouille l’image. Tout simplement.

Ce « brouillage » est-il récupérable?  Le post traitement permet de diminuer le voile atmosphérique, mais pas le flou dû à l’air en mouvement sur plusieurs centaines de mètres d’épaisseur.

La pollution elle-aussi est pénalisante, et pour elle il n’y a pas d’heure. Pour la température, heureusement, il y a des heures. Et, très bonne nouvelle, elles coïncident avec celle de l’angle des rayons du soleil. Avec cependant un décalage retard, car ’air reste chaud pendant un certain temps après que le soleil a cessé de le chauffer. La lumière peut être redevenue « meilleure », mais l’air peut continuer à danser.

 

Les heures favorables

seront donc, dans un ordre croissant, du plus général au plus précis :

  1. Selon les saisons,           -quand l’angle des rayons solaires avec la terre est plus réduit, plutôt en hiver,
  2. Selon les heures,            -quand l’angle des rayons solaires est plus réduit, plutôt le matin, de l’aube à environ 10h-11h, le soir, après 15-16h.
  3. Selon la température,     -inférieure à 20-22° = OK -supérieure à 25°. Dans ce cas la température devient rapidement un facteur de dégradation notable.

Les meilleures photos appartiennent donc, comme l’avenir, en priorité à ceux qui se lèvent tôt. Et aussi à ceux qui font la sieste… Pour ce qui est de l’avenir, la règle est moins stricte que pour la photo…

 

Ces créneaux sont évidemment fluctuants, selon les saisons, les moments de l’année… Et votre goût personnel. Ainsi pour le créneau du matin faut il savoir qu’au moment du lever du soleil -comme du coucher d’ailleurs- la lumière change très très vite. Elle passe d’une lumière diaphane qui, en contre-jour, offre des couleurs aquarellées à une lumière plus chargée d’énergie qui donne rapidement de la densité à ces couleurs. En quelques secondes vous pouvez faire une série de photos qui offrent des chromatismes différent d’un cliché au suivant.

 

Moscou – jardins de Kremlin – photo faite vers 11h. L’heure est compensée par la latitude et la température de l’air.Place des Palais – Peterbourg – photo faite en fin de journée – lumière douce, air transparent.Rue du Million – Peterbourg – photo faite le matin   Les ombres sont longues, l’air est transparent. Malgré la focale courte, les bâtiments sont détaillés.

 

La Saint Victoire en août ! Photo prise à l’ombre. Paramètres en légère sous-ex pour que le fond ne soit pas cramé, mais les arbres pas bouchés. La définition de la Montagne est quand même moins bonne que si la photo avait été faite tôt le matin !Rue Emeric David – Aix en Provence                        Photo posée pour les immeubles de la rue. Le ciel est sans matière, quasiment crevé. Le récupérer était difficile sans beaucoup de travail, le soleil étant en face. Il aurait fallu faire la photo le matin …Façade de l’église des prêcheurs – Aix en Provence Cliché pris en fin d’après midi. La lumière basse dessine les reliefs en leur donnant une nuance chaude. L’air s’est rafraichi, les détails sortent bien. Deux heures avant il valait mieux éviter ce cliché.

 

Environs d'Aix en Provence (Venelles). Cliché pris à la mauvaise heure : les arbres du fond sont "mélangés" par la lumière forte et verticale. C'était le premier plan qui m'intéressai, mêm lui n'est pas bon, j'aurai mieux fait de ne pas déclencher !
Environs d’Aix en Provence (Venelles). Cliché pris à la mauvaise heure : les arbres du fond sont « mélangés » par la lumière forte et verticale. C’était le premier plan qui m’intéressai, mêm lui n’est pas bon, j’aurai mieux fait de ne pas déclencher !

 

Enfin, quelques remarques supplémentaires qui pourront vous être utiles.

1- Utilisez le plus systématiquement possible le pare-soleil de vos objectifs. Ce ne sont pas des accessoires décoratifs, ils vous ont été facturés … Le pare-soleil est à l’objectif ce que le chapeau est à votre tête.

2- Quand vous êtes au soleil, efforcez vous de photographier en plaçant l’objectif à l’ombre. Si nécessaire, faites vous aider par quelqu’un pour qu’une ombre portée protège la partie avant de votre objectif, en restant hors du champ, bien évidemment. Si ça doit devenir un portrait, faites en sorte que votre assistant(e) soit à l’ombre. Les étendues d’eau, lacs, étangs, rivières créent, quasiment toujours, des micros climats rafraichis favorables à de meilleures photos.

3- Par beau temps ensoleillé avec des nuages qui passent , quelle que soit l’heure, vous pouvez profiter que le soleil soit momentanément caché pour déclencher. Votre cadre au sol ne sera plus écrasé par la lumière, les nuages resteront éclairés et éclatants, Vous aurez une photo rare… Que vous pourrez toujours supprimer si cet éclairage ne vous plait pas.

4- Après la pluie, l’air est généralement nettoyé, rafraichi, plus transparent. Il est, de ce fait, favorable à de meilleures photos, sans parler des reflets qu’offrent les surfaces aquatiques, mouillées ou humides…

Ces indications – ce schéma – sont bien sûr indicatifs. Ils donnent des repères généraux bien commodes. Mais ce ne sont pas des indicateurs de chemins de fer, ni des horaires d’avions. Ils peuvent et doivent être pris en compte avec souplesse. Savoir faire des exceptions permet parfois de faire des photographies exceptionnelles. Il en est des ces indications comme de toutes les règles. Il faut les connaître pour pouvoir les transgresser. Consciemment, dans un but précis. C’est la base même de la liberté créatrice.

Mais on ne peut pas toujours être là où il faudrait, à l’heure où il faudrait. Alors, quand on prend la décision de shooter malgré tout, il faut compenser une lumière dure, moins nuancée, par un cadrage et une composition plus soignés encore que d’habitude. Et puis, avec le numérique, un cliché que l’on doit éliminer ensuite n’est pas une catastrophe. Et s’il est bon, sans être exceptionnel, on le garde…

 

GALERIE

Moscou - rue Stenka Razine - photo faite en fin de matinée par température fraiche.
Rue Stenka Razine-Moscou – photo faite en fin de matinée par température fraiche.

 

Moscou. Heure tardive - Ombres longues.
Moscou. Heure tardive – Ombres longues.

 

Moscou - Kremlin. Photo prise le matin, température fraiche.
Kremlin. Photo prise le matin, température fraiche.

 

Paris, bord de Seine en fin de journée. Ombres longues
Bord de Seine en fin de journée. Ombres longues

 

Paris - Quartier Saint Paul. Photo prise le matin.
Quartier Saint Paul – Paris. Photo prise le matin.

 

crédit photo Valia©  – pour agrandir cliquer sur la photo