Existe-t-il des heures préférables pour effectuer des prises de vue ? La réponse est clairement oui… pour les photos en extérieur. En intérieur, la lumière étant rarement naturelle, l’heure importera moins, voire pas du tout si c’est du studio. Pour rappel, en studio, le photographe gère la lumière comme il le veut, en fonction des sources lumineuses à sa disposition.

C’est donc en extérieur que le photographe se trouvera le plus confronté à la lumière. Avec l’été, nombreux sont ceux qui ont pu s’en rendre compte, la lumière, tout au long de la journée, n’est pas très agréable, souvent trop dure. Sans compter que les journées durent longtemps. En hiver, c’est l’inverse. La lumière semble plus équilibrée tout au long de la journée. Sans amener autant de contraste que la lumière d’été, même quand le soleil est à son zénith. Mais les journées sont courtes !

Et le grand souci pour beaucoup de photographes amateurs, c’est que c’est en été qu’il trouvera le plus temps à consacrer à sa passion.

 

 

 

La lumière d’été

Qui dit été, dit longue journée, un soleil qui éclaire différemment les lieux et, très souvent, chaleur ! Cela veut donc dire que l’on va cumuler 3 éléments néfastes aux photos :

  • Longue journée égale nombreuses heures où la lumière n’est pas adéquate pour la photo.
  • Un soleil zénithal égale contraste très très fort, lumière dure, ombres profondes et réflexion de la lumière du sol vers ce qui est éclairé du bas vers le haut. Accessoirement, la réflexion du ciel va apporter un côté froid au cliché. Si la balance des blancs est mal réglée, bonjour les problèmes pour ceux qui shootent en JPEG.
  • La chaleur va proposer, elle, des lumières blafardes, presque blanches. Sans compter des effets vapeur, pas forcément visibles à l’œil nu, mais qui vont influer sur la photo.

 

K-1 & DFA 24-70/2.8 – 1/160s à f/14, ISO 160 – Chateau de Villandy, 9h46

 

 

Cela veut donc dire que les clichés ne ressembleront pas vraiment aux cartes postales que vous avez peut-être vues ou achetées. Les paysages seront, dans l’ensemble, ratés, ne rendant pas hommage à la beauté des lieux. Évidemment, à la vision des résultats, la plupart des amateurs s’interrogeront. Et dans 70% des cas, ils incrimineront… leur appareil ! Quelques-uns penseront que cela vient d’eux. Rares sont ceux qui diront merci au soleil. Alors que, ce sera lui le fautif. Et vous, accessoirement.

 

 

 

Comment faire avec la lumière d’été ?

Les réponses ne vont pas vous plaire.

Tout d’abord parce qu’il n’y a pas de vraies solutions. Ensuite parce que les rares « bons » horaires ne sont pas ceux qui vous conviendront ! Afin de pouvoir effectuer de la photo intéressante, il faut se lever de bonne heure ou accepter de décaler l’horaire de la pétanque et du barbecue. Si une ou deux fois, cela reste possible durant les vacances, tous les jours, cela deviendra compliqué. Surtout que souvent, il y a le conjoint, les enfants voire les amis !

 

Le matin

Dans la réalité de l’été, les bonnes heures sont celles qui succèdent au lever du soleil (jusqu’à 9h environ) ou celles qui précèdent son coucher (à partir de 17h). Disons-le clairement, si vous recherchez de belles images, les prises de vues devront s’effectuer dans ces plages de temps.

Faire des photos le matin très tôt, cela permet aussi d’échapper à la foule. Ce qui est un avantage non négligeable. Déjà, cela permet d’avoir moins de monde sur la photo. Ensuite, vous ne serez pas dérangé par des questions sur votre matériel. Et, cerise sur le gâteau, on ne vous demandera pas de prendre une photo de la famille devant le château/la tour/le chien/etc.

Faire des photos le matin très tôt, c’est aussi échapper à des services de sécurité tatillons qui vous interdisent de prendre des photos sous le prétexte que vous avez un trépied ou que votre matériel est tel que ‘vous êtes professionnels’ !

Mais pour cela, il conviendra de se documenter sur la météo, l’orientation du site (le soleil sera de dos, de face, sur le côté ?) et le temps nécessaire pour s’y rendre.

Et si vous êtes très courageux, arrivez une heure plus tôt. Vous pourrez profiter de l’heure bleue, ce moment où une lumière bleue un peu magique existe, avant l’aurore.

 

 

Le soir

La lumière de fin de journée est aussi sympathique. Elle va adoucir les paysages, les ombres seront plus belles, moins dures. Et les angles d’éclairage différents. Quant à l’heure bleue qui précède la tombée de la nuit, elle est tout aussi magique, sinon plus, que celle du matin.

K-1 & FA31/1.8 – 1,3s à f/13, ISO 125 – Chateau d’Ambroise – Heure bleue du soir, 20h57

 

Mais, vous aurez plus de monde autour de vous. Faire des photos sera peut-être moins aisé, car il faudra tenir compte des autres.

 

 

Et le reste du temps ?

Il faudrait éviter de photographier entre 9h et 18h au mois de juin. Ces plages s’étendent un peu les mois qui précédent et qui suivent. Évidemment, ce n’est pas toujours possible. Parce que la vie est ainsi faite que l’on ne peut partir visiter que justement dans les mauvaises heures.

Pour contrer la mauvaise lumière et ses effets, il n’y a pas vraiment de solution lors de la prise de vue. Le soleil proposant une lumière plombante et dure, peu importe les angles utilisés. Le photographe aura tout faux. Mais si vous avez de la chance, vous aurez peut-être droit à un ciel nuageux. Si les nuages cachent parfois le soleil, alors profitez de ce voile providentiel. Vos photos en seront quelque peu améliorées.

Par contre, en Post-Traitement, il sera possible d’apporter certains aménagements qui rendront la photo plus agréable.

 

K-1 & DFA 24-70 – 1/100s à f/13, ISO 100 – Chateau de Chenonceau, 13h26

 

 

 

Quelques conseils technico-matériels

Le trépied en prise de vue

L’utilisation d’un trépied permet les poses longues, l’utilisation de filtres ND, voire pour les adeptes, les photos pour un time-lapse. Évidemment, il faudra le transporter, ce pied ! Pas seulement le jour de sortie-photo, mais aussi lors du voyage…

Si certains dénigrent l’utilisation d’un pied et les pratiques induites, il faut reconnaître qu’il permet de prendre des photos dans certaines situations ou autorise certaines pratiques.

Sauf pour de courts séjours ou certains voyages à bagage limité, je glisse toujours un trépied dans mes affaires. Parfois il sert.

 

 

Un Post-Traitement via le RAW

Encore une fois, le RAW revient sur le devant de la scène. Le JPEG étant ce qu’il est comme format de fichiers, il sera plus compliqué de rattraper les problématiques de lumière. Mais soyons clair, le RAW ne fera pas de miracle. En travaillant en RAW, vous pourrez préserver toutes les informations de la prise de vue. Et surtout, vous allez pouvoir rectifier la balance des blancs, en apportant une colorimétrie plus chaude. Moins proche de la réalité, mais plus esthétique que la lumière blanche.

 

 

 

L’été n’est donc pas, quelle que soit la latitude, la meilleure des périodes pour faire de la photo. Mais, aléa de la vie, c’est la période qui sera souvent la plus féconde. C’est l’hiver qui va proposer la lumière la plus adéquate, tout au long de la courte journée. Quant aux saisons intermédiaires, printemps et automne, plus ce sera proche de l’été, plus les conditions seront dégradées.

En attendant, profitez bien de vos vacances et bonnes photos !