Faire des images de macro en noir et blanc peut apparaître assez incongru au premier abord.

C’est effectivement incongru ! Mais – car il y a toujours un « mais » à tout – pourquoi ne pas essayer ? Comment faire ? Pour quel résultat ? Nous avons essayé de trouver des réponses qui, peut-être, vous convaincront qu’en photographie, tout existe – ou presque !

Nous vous conseillons aussi la (re) lecture de notre article expliquant comment se construit une image en noir et blanc.

 

 

Quelques principes avant « le grand saut »

 

Le monochrome

Dans la suite de cet article, nous utiliserons le mot « monochrome » pour désigner les images composées des deux seules « couleurs » noir et blanc… Et de toutes les nuances de gris qui se situent entre ces deux extrêmes.

 

Avec quel capteur ?

Dans la suite de cet article, nous nous limiterons à deux formats de capteur photo. Ce sont l’APS-C (15,7×23,6 mm chez Pentax et Nikon, notamment, un peu moins chez Canon) et le full frame (24x36mm), en abrégé « FF ». Nous excluons d’emblée les capteurs de Moyen Format dit MF (32,8 x 43,8 mm sur le Pentax 645Z), car ils sont rarement à la portée des photographes amateurs et, de ce fait, moins répandus.

 

Macro et proxi

Tout le monde sait que la macrophotographie est un terme impropre pour désigner ce qui est en fait la photomacrographie. La caractéristique principale de ce que l’on appelle – par abréviation – « la macro » est qu’elle implique un rapport de reproduction d’au moins 1:1 et jusqu’à 10:1. Cela signifie que le sujet photographié a exactement la même taille « dans la vie » et sur le capteur. Ainsi, une coccinelle de 6 mm mesurera aussi 6 mm sur le capteur.

Mais souvent on prend en photo des sujets plus grands en réalité qu’un capteur d’APN. Si on arrive à les « loger » entièrement sur le capteur, cela signifie que le grandissement est inférieur à 1 (1:2, 1:3, etc.…). On ne fait alors pas de la macro au sens strict, mais plutôt de la proxi-photographie.

Mais, allez-vous dire, qu’est-ce que cela change au sujet « la macro en noir et blanc » ? Rien, sinon le fait qu’il faut s’entendre sur la définition exacte de la macro. Car nos images seront bien plus souvent des images de « proxi » que de véritables macros.

 

Quels sujets pour la macro en noir et blanc

Potentiellement, ce sont les mêmes que pour la macro en couleur. Toutefois, dans la pratique, certains conviennent beaucoup mieux que d’autres. Il est difficile de les citer nommément, ils sont trop nombreux. Mais les circonstances de la prise de vue pourront faire qu’ils seront mis en valeur par le monochrome ou qu’au contraire cela leur fera perdre du cachet.

 

Des objets

Les numismates aiment à garder des images de leurs pièces rares. Notons que la plupart d’entre elles sont monochromes et faites d’un seul alliage métallique, le plus souvent de couleur grise, plus ou moins brillante. C’est typiquement le genre de sujet qui s’accommode fort bien d’une image en grandissement 1:1 ou 1:2 et en noir et blanc. Même les pièces bicolores (par exemple les anciennes pièces de 10 et 20 francs) s’y prêtent bien. Il faut alors soigner la prise de vue, de façon à ce que le contraste de couleur soit bien marqué. (*)

Les images ci-dessous ne sont évidemment pas des exemples de pièces rares :

Pièce de 2 €

Pièce française de 2 €

(après Post-Traitement de l’image au format RAW)

 

Pièce italienne de 1 centime d'€ (Castel del Monte, à Andria, gravé par Eugenio Driutti)

Pièce italienne de 1 centime d’€ (Castel del Monte, à Andria, gravé par Eugenio Driutti)

(Noir et blanc direct en format JPEG)

 

En revanche, photographier en noir et blanc des objets en couleurs (par exemple des timbres) ne présente que peu ou pas d’intérêt, sauf s’ils sont déjà monochromes. C’est un cas qui existe, mais que l’on rencontre rarement. Nous avons dit, plus haut, ce que nous entendons par « monochrome ». Cela ne concerne pas les timbres que l’on pourrait appeler « unicolores » parce que leurs motifs ne sont colorés que d’une seule couleur (vert, bleu, rose, etc.…).

 

Des fragments d’objets

Ce n’est pas à proprement parler de la macro, puisqu’on ne photographie alors qu’une petite partie d’un objet assez grand. Par exemple un motif décoratif de théière japonaise en fonte noire. Mais le type de photo ainsi réalisée s’apparente fortement à la pratique macro.

 

 

Quel matériel pour la macro en noir et blanc

La question ne se pose pas de cette manière. En effet, tous les APN sont aptes, potentiellement, à produire des images monochromes. Même s’il faut, pour parvenir au résultat souhaité, « passer par la case Post-Traitement ». Par ailleurs, tout ce qui a été dit dans d’autres articles sur la macro reste valable. Même pour ce qui concerne la macro sans objectif macro. Ce qui est important, dans ce but, c’est d’utiliser judicieusement le matériel de prise de vue. Nous essaierons donc de trouver des pistes.

Quels réglages faut-il retenir ?

Il n’existe pas UNE réponse unique, mais DES réponses. Chacun choisira la solution qui lui convient pour atteindre le but qu’il se fixera.

 

Vous shootez en RAW

Régulièrement sur de nombreux sites (et PentaxKlub ne fait pas exception), on vous conseille de toujours opérer en RAW, ce format permettant plus facilement de post-traiter efficacement. Nous persistons et signons : shootez en RAW !

Pourquoi ? Parce que le RAW contient TOUTES les informations sur la photo que vous prenez. Ce qui signifie qu’un RAW renferme aussi les données relatives aux couleurs contenues dans l’image. Mais alors ? Ce n’est pas du monochrome, ce n’est pas du noir et blanc !

C’est vrai et c’est pour cette raison que vous devrez post-traiter votre image RAW pour en faire un JPEG en noir et blanc, selon les paramètres et les réglages que vous aurez choisis.

 

Comment procéder ?

PentaxKlub a publié plusieurs articles sur ce sujet. Nous ne saurions trop vous conseiller de les consulter. Vous y trouverez à n’en pas douter des renseignements utiles, selon le logiciel que vous utilisez.

Un article a été consacré à SilverEfex, un autre à DxO Film Pack, un troisième à Lightroom, un quatrième à Camera RAW et, enfin, un cinquième et dernier à Photoshop.

Ces logiciels représentent un vaste échantillon de ce qui est utilisé par la plupart des photographes. Toutefois, si vous utilisez d’autres logiciels, tentez d’opérer, selon leurs fonctionnalités, en vous inspirant (ou pas !) de notre façon de procéder. Si le résultat vous satisfait, nous serons très heureux que vous nous fassiez part de votre expérience avec les logiciels en question.

Vous shootez en JPEG

(ou en RAW+, c’est-à-dire RAW+JPEG)

Si vous partez du fichier RAW, reportez-vous au paragraphe précédent. Si vous ne retenez que le JPEG, voici quelques conseils.

Photographier uniquement en JPEG, ce n’est pas une hérésie, surtout si le Post-Traitement n’est pas vraiment « votre tasse de thé ». Mais si vous laissez l’appareil avec ses réglages par défaut, vous prenez le risque d’obtenir un résultat peu conforme à vos attentes.

Dans cette situation, il est très utile, quand l’APN le permet, de créer un « profil » noir et blanc. La plupart des boîtiers Pentax le permettent, par l’utilisation des modes « USER », en nombres différents selon les boîtiers.

 

 

Paramétrer son boîtier

Si vous souhaitez une suggestion de paramétrage pour un tel mode « N & B », voici ce que j’ai personnellement retenu sur le K-1 :

Paramètres N&B sur K-1 (mode USER)

Paramètres N & B sur K-1 (mode USER)

 

Paramétrage général (extrait) :

  • mode P (hyper programme) : une action sur la molette avant fait passer en mode « Tv » (priorité vitesse), une action sur la molette arrière fait passer en mode « Av » (priorité ouverture)
  • ouverture par défaut : f/3.5
  • Sensibilité préréglée à 400 ISO
  • Stabilisation activée

 

Paramétrage particulier du mode monochrome :

  • Aucun filtre en macro (Effet filtre rouge en utilisation non macro : renforce les ciels d’orage quand un effet filtre jaune est particulièrement adapté aux paysages monochromes)
  • Harmonisation : 0 (utilité ?)
  • clairs/sombres : 0
  • Contraste : +4
  • Netteté : +4

 

Il est nécessaire, AVANT la prise de vue, d’adapter le paramétrage du mode USER N & B au sujet que l’on va photographier en N & B.

N’oubliez pas que si vous avez adopté le mode « RAW+ », la présence du fichier RAW vous permettra, en Post-Traitement de rattraper la plupart des erreurs de paramétrage que vous auriez pu commettre.

 

Et vous ?

La macro et la proxi photo sont des domaines pas forcément adaptés à la prise de vue en N & B. Un papillon exotique apparaîtra sans doute beaucoup plus agréable en couleur. Mais s’il s’agit de photographier un scarabée, la question de la couleur se pose beaucoup moins et parfois un N & B bien exécuté flattera aussi bien l’œil du lecteur. Alors, n’hésitez pas, et lancez-vous !

 

(*) Rappelons, à cet égard, que la législation interdit en principe, pour des raisons évidentes, la reproduction photographique des pièces et billets. Si l’on passe outre, il est donc préférable de s’en tenir à un cadre strictement personnel.

 

 

 

Galerie

Toutes ces images ont été post-traitées en N & B après prise de vue en RAW

 

Mouche sur fleur de chardon

Mouche sur fleur de chardon

 

Fleurs

Fleurs

 

Libellule

Libellule

 

Agrions

Agrions

 

Crédit photo : Micaz (Cliquez sur les images pour les agrandir)