La mise au point, qu’elle soit faite manuellement ou par la fonction autofocus des appareils, est la constante préoccupation des photographes. Une mise au point correcte est la condition d’une bonne lisibilité de l’image. Et surtout, bien sûr, quand elle met en valeur le sujet.

Même si de très nombreux photographes pratiquent leur art de façon aussi manuelle que possible, force est de reconnaître qu’ils ne sont plus une majorité.

Depuis son apparition en 1977 (sur un Konica C35AF) l’autofocus – c’est-à-dire la possibilité de faire la mise au point de façon automatique – est devenu la norme. Toutefois, depuis cette époque, il a considérablement évolué. Il en a été de même des moyens techniques pour y parvenir.

Aujourd’hui, les appareils numériques réalisent la mise au point automatique à partir de deux technologies principales, parfois utilisées conjointement (dans les derniers boîtiers). Il s’agit de l’autofocus par corrélation de phase et de l’autofocus par détection de contraste.

Il ne s’agit pas ici de soutenir une thèse sur chacun de ces deux systèmes. Cela nous amènerait très loin dans l’analyse technologique et tel n’est pas le but d’un site comme PentaxKlub. Par conséquent, nous nous limiterons à quelques définitions et principes et à la manière d’utiliser les moyens mis à notre disposition.

 

 

Quelques rappels

Menu de choix du système autofocus (K-1)

 

L’autofocus par corrélation de phase

Parfois appelé « autofocus par détection de phase », c’est le plus utilisé sur les boitiers reflex. Apparu en 1985 sur un Minolta7000AF, il comprend de nombreux composants physiques (lentilles, miroir, filtres, …). Le principe de fonctionnement réside dans un « découpage » de l’objectif en deux hémisphères. Les rayons de lumière frappant ces deux hémisphères sont analysés par un calculateur qui estime alors la distance à laquelle se trouve le sujet photographié.

L’avantage principal de ce système est sa rapidité, d’où son utilisation principalement dans la photo d’action (sport, par exemple) ou le reportage. Son principal inconvénient est qu’il peut être sujet à des problèmes de front focus (1) ou de back focus (2). Selon le cas, l’image nette se forme alors devant le capteur ou derrière lui, au lieu de se former SUR le capteur.

Menu AF par détection de phase (K-1)

AF détection de phase. Option de maintien (arrêt)

AF détection de phase. Option de maintien faible

 

 

L’autofocus par détection de contraste

Ce système est réputé plus précis que le précédent. Il agit bien sûr au travers de l’objectif, mais, du fait de son fonctionnement par tâtonnements successifs, il s’avère bien plus lent.

L’image de la scène photographiée se fixe sur l’écran de l’APN : c’est le système Live View des reflex et le quasi-unique système des compacts et des smartphones. Nous mettons à part les compacts équipés de viseurs.

Pourquoi « détection de contraste », allez-vous dire ? Tout simplement parce que ce système se base sur le fait que moins une image est contrastée, plus elle est floue. De fait, si des pixels voisins reçoivent le même signal lumineux, le contraste sera faible, donc la photo floue. Ce sont les approximations successives (et rapides) qui vont aboutir à une mise au point correcte.

Ce système est très adapté pour les objets statiques ou les paysages, par exemple (on a rarement vu un paysage s’échapper à grande vitesse quand le photographe est lui-même statique !). On l’utilise plus volontiers avec des objectifs de courte focale, ou à grande ouverture, et lorsque le sujet présente une finesse de détails exigeant de la précision dans la mise au point.

Menu AF détection de contraste (K-1)

Menu AF détection de contraste - Option Contraste (K-1)

Menu AF détection de contraste - Priorité à la MaP (K-1)

 

Lequel choisir ?

Nous ne vous donnerons aucun conseil en la matière : cela dépend des habitudes de chacun et de ses goûts. Personnellement, j’utilise le live-view (donc la détection de contraste) uniquement pour des tests d’objectifs ou pour des images macro de petits objets. Pour tout le reste, le viseur et la corrélation de phase ont ma préférence.

Par ailleurs, on imagine mal un photographe animalier en billebaude, tenir à bout de bras son APN équipé, par exemple, du DFA 150-450mm ! En affût, cela pourrait être différent selon les animaux photographiés.

 

 

Les modes autofocus

Après ce bref rappel des principes de chaque système, venons-en aux différents modes autofocus.

Il en existe 3, sur la plupart des APN du marché, dont les Pentax. Ce sont les modes ;

  • AF-A (« A » pour « Automatique »)
  • AF-S (« S » pour « Single » ou « Statique »)
  • AF-C (« C » pour « Continue »)

Pour pouvoir les sélectionner, il faut bien entendu, au préalable, s’être assuré que levier de choix du système de mise au point est sur la position « AF » (« Automatic Focus »). La position « MF » correspond, elle, à une mise au point manuelle (« Manual Focus ») .

Autofocus – Le levier AF / MF (K-1)

 

 

Comment fonctionnent ces modes

Le mode AF-A

Evacuons tout de suite le mode AF-A : ce mode est censé détecter le « comportement » du sujet photographié (statique ou mobile) et se positionner en conséquence. Si le sujet est statique, il choisira « AF-S », s’il est mobile, ce sera « AF-C ».

Nous ne conseillerons pas de choisir ce mode AF-A. En effet, à l’usage, les erreurs sont relativement nombreuses car les situations sont diverses et difficiles à apprécier : un enfant peut être tout à fait tranquille et dans ce cas le système va choisir AF-S. Mais si, au moment du déclenchement (et selon les options choisies dans le menu) l’enfant fait un mouvement brusque, l’autofocus n’aura pas le temps de le détecter et l’image ne sera pas nette. C’est ce qui nous fait dire que AF-A est à utiliser avec d’infinies précautions. Et ce, d’autant plus que nous pensons qu’il appartient au photographe, et non à son appareil, d’apprécier les circonstances de la prise de vue.

 

 

Le mode AF-S

Dans ce mode, l’appareil fait la mise au point sur une simple pression à mi-course sur le déclencheur. Sa particularité est de conserver cette mise au point tant que l’on ne relâche pas la pression et, bien sûr, que l’on ne déclenche pas ! L’avantage principal est que, selon le collimateur de mise au point que l’on aura choisi dans le viseur, on pourra faire le point sur la partie visée par ledit-collimateur et ensuite recadrer sans perdre cette mise au point. C’est particulièrement utile quand on choisit le seul collimateur central (« spot » ou « sel », selon le cas). Dans ce cas, la mise au point est prioritaire.

 

 

Le mode AF-C

Dans ce mode, l’appareil fait le point en continu, sur le(s) collimateur(s) choisi(s) tant que la pression à mi-course sur le déclencheur est maintenue. C’est tout particulièrement recommandé pour les sujets mobiles dont on veut suivre le mouvement comme, par exemple, des oiseaux en vol. Il est nécessaire, dans le menus de l’appareil, de bien choisir la priorité : soit la mise au point (recommandé) soit le déclenchement. Reportez vous au manuel de votre APN pour savoir comment procéder. Si vous donnez la priorité à la mise au point, le déclenchement n’interviendra que lorsque la netteté sera obtenue sur le collimateur choisi. Si au contraire vous privilégiez le déclenchement, le sujet ne sera pas forcément net.

Pour le choix entre AF-S, AF-C et (le cas échéant) AF-A il faut tout à la fois presser le bouton « AF Mode » et tourner la molette AVANT jusqu’à obtention de la valeur souhaitée. En actionnant la molette ARRIERE (toujours en pressant « AF Mode »), on choisit le nombre de collimateurs qui s’affiche sur l’écran arrière.

Quel que soit le mode choisi, quand le point est réalisé, la lumière rouge d’assistance AF s’allume et le collimateur utilisé s’affiche en gras dans le viseur. Pour autant, bien entendu, qu’on aura positionné l’assistance AF sur « ON » dans le menu.

Vous allez dire qu’il faut penser à beaucoup de choses. Ce n’est pas faux, mais c’est le prix de l’extrême convivialité et de l’ergonomie des appareils Pentax : de très nombreuses options sont offertes à l’utilisateur. A lui, par conséquent, de choisir celles qui lui conviennent.

 

 

Les collimateurs

A plusieurs reprises dans cet article nous parlons des collimateurs.

Les collimateurs sont des dispositifs optiques, des sortes de capteurs, qui vous indiquent la zone de l’image sur laquelle est faite la mise au point. Autrement dit, ils vous indiquent la zone de netteté. Pour ce faire, ils reçoivent et analysent la lumière émise par le sujet photographié. Dans le viseur, ils sont matérialisés par de petits rectangles et carrés à contour noir.

Ils existent en nombre plus ou moins élevé selon les marques d’appareils photo et les modèles. Ils sont répartis selon une matrice décidée par chaque fabricant. Le plus souvent, ils sont en nombre plus important au centre de l’image. A noter sur, sur le K-1, ils sont groupés dans la zone centrale délimitée par le cadre « APS-C ». Dès lors, lorsque l’on photographie en mode FF, on ne dispose d’aucun collimateur dans les angles de l’image plein format.

Les collimateurs du K-1 (Photo Ricoh-Imaging)

Les collimateurs du K-1 (Photo Ricoh-Imaging)

 

Selon les options retenues par les différentes commandes, vous pouvez choisir un seul, collimateur, fixe (spot) ou mobile (SEL, ou un groupe de plusieurs (9 ou 33, par exemple, sur le K-1).

Notez bien que, si vous avez activé l’assistance AF, lorsque vous faites le point, le ou les collimateur(s) concernés s’affichent en gras dans le viseur en même temps qu’ils s’éclairent brièvement en rouge. Ceci, bien sûr, si vous pressez le déclencheur à mi-course.

Dans le cas d’utilisation d’anciens objectifs manuels, un seul collimateur (central, SPOT, donc fixe) est disponible.

Dans ce dernier cas, il faut l’utiliser pour la mise au point, puis éventuellement, en gardant le doigt sur le déclencheur, à mi-course, décaler la visée afin de recadrer correctement.

En mode AF-C, il est proposé à l’utilisateur des collimateurs de couleur rouge. Ce choix est offert quand on modifie les collimateurs (presser le bouton « AF Mode » et tourner la molette ARRIERE). Ces collimateurs « rouges » permettent le suivi d’un objet en déplacement. Tant que le sujet reste sur le collimateur ou le groupe de collimateurs choisi, l’AF-C va continuer à faire la mise au point sur lui.

les modes de suivi de collimateurs sur 9, 25 ou 33 points.

 

 

Quel(s) collimateur(s) choisir

Il n’existe bien entendu pas de réponse unique à cette question. Tout dépend du sujet, de son environnement, du degré de précision que vous voulez obtenir, et aussi du mode autofocus choisi, AF-A, AF-S ou AF-C.

Nous nous sommes désintéressés du mode AF-A, car nous pensons qu’il ne favorise pas dans tous les cas de figure une mise au point correcte.

Le choix du mode autofocus ne relève pas du hasard, bien entendu ! Il dépend très étroitement du sujet photographié.Si l’on voulait simplifier les choses, on pourrait dire que le mode AF-S est plus utile et recommandable pour des sujets fixes (objets immobiles, paysage, …) quand le mode AF-C s’utilise plus largement avec des sujets mobiles.

Dans chacun de ces deux modes, le choix des collimateurs revêt une importance primordiale.

 

 

En mode AF-S

Le sujet est immobile ou très peu mobile. D’accord ! Mais, pour autant, vous voulez pouvoir l’isoler du fond, faire la mise au point sur la partie intéressante quitte à ce que le reste soit flou. Fort bien !

 

Les sujets statiques

Très souvent, s’agissant d’un paysage (entendons-nous bien : vous photographiez le paysage et non pas ce qui passe dans ce paysage), vous voulez que TOUT soit net. Attention dès lors à ce que l’avant plan ne recueille pas l’essentiel de la mise au point, au détriment de tout le « vrai » paysage. Si vous choisissez l’ensemble des collimateurs, attention à l’étagement des plans. En effet, le système, moins intelligent que vous, ne sait pas avec exactitude ce que vous voulez voir sur la photo. Dès lors, il choisira « quelque chose » de net dans cet ensemble de collimateurs, mais qui ne correspondra pas nécessairement à vos intentions de départ. Il faudra donc jouer à la fois sur l’ouverture et la focale de l’objectif ET sur les collimateurs afin d’ajuster tous les paramètres correspondant à votre choix.

 

En chasse animalière

En chasse animalière, par exemple des animaux de sous-bois (cerfs, daims, …) ne se déplaçant qu’à très faible allure, il faudra éviter d’utiliser l’ensemble des collimateurs. Parce que sinon, vous risquez fort que la mise au point AF se fasse sur des branchages, mais pas sur l’animal. Dans ce cas, l’utilisateur d’un seul collimateur, bien choisi, est à recommander.

En terrain assez dégagé, le groupe de 9 collimateurs rend aussi bien des services.

 

 

En mode AF-C

Comme nous l’avons dit plus haut, ce mode est recommandé pour suivre dans le viseur des objets ou des animaux (oiseaux, ..) se déplaçant assez ou très rapidement. Parce que ce mode fait la mise au point en continu, dès lors qu’on a pressé le déclencheur à mi-course et qu’on maintient la pression. Mais il faut, là encore, tenir compte du fond.

Si vous voulez photographier des oiseaux marins en vol sur fond de ciel bleu uniforme, nous ne pouvons que vous recommander l’utilisateur de TOUS les collimateurs (en mode rouge) ou, à la rigueur, du groupe central (9 sur le K-1). Ainsi, en suivant le vol de l’oiseau, vous aurez toutes les chances qu’un collimateur « accroche » l’oiseau. D’autres précautions seront aussi à prendre pour assurer la netteté : la vitesse d’obturation devra être suffisante, de même que l’ouverture devra offrir une profondeur de champ adaptée, selon la focale de l’objectif. Le mode de prise de vue TAv combiné avec AF-C s’avère ici le plus adapté : il permet de choisir ouverture et vitesse d’obturation, en laissant à l’APN le soin de régler la sensibilité.

Sur fond de ciel moins uniforme, la manoeuvre à partir de tous les collimateurs peut être plus risquée. Il faudra alors se « rabattre » vers le groupe de 9 collimateurs (toujours en mode rouge). Mais clairement, dans ce domaine, l’utilisation d’un seul collimateur est l’assurance d’une photo … ratée, sauf dextérité particulière du photographe.

 

Beaucoup d’autres choses pourraient être exposées sur l’autofocus. Nul doute que l’avenir verra encore évoluer les moyens de réaliser des mises au point toujours plus précises.

 

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(1) Front focus : mise au point en avant du sujet

(2) Back focus : mise au point en arrière du sujet