Nous avons précédemment publié plusieurs articles sur nos sacs photo et notre évolution photographique. Dans le même esprit, mais avec un angle d’attaque différent, il nous est apparu intéressant de faire un point sur ce à quoi cela a mené sur le plan du matériel. Sur ce que j’appelle « mon carré magique ».

 

Pourquoi carré ?

Pas parce que cela renvoie au jeu de cartes, mais bien au nombre quatre. Parce que mon « sac photo opérationnel » est composé de 4 éléments. Je m’explique sur la signification des mots « sac photo opérationnel ». Il s’agit des éléments, boîtiers et objectifs, que j’utilise régulièrement alors que mon « sac photo théorique » est composé de 14 éléments, dont je dispose physiquement.
Ces 14 éléments sont :

2 boîtiers :

  • 1 K-5IIs avec grip et accessoires
  • 1 K-1 sans grip, mais avec accessoires.

 

12 objectifs répartis ainsi :

  • 3 objectifs historiques
    • 1 3M-6A 6,3/500 mm reflex
    • 1 Pentax smc K 2,5/200 mm
    • 1 Mir-46K (Zenit) 1,4/35 mm

 

Téléobjectif catadioptrique système Maksoutov 3M-6A 6,3/500mm

Téléobjectif catadioptrique système Maksoutov 3M-6A 6,3/500mm (ø 95mm -1400g. – 38-22 lignes/mm.

 

Pentax K-2,5/200mm - 1977 -950g.

Pentax K-2,5/200mm – 1977 -950g.

 

Le Mir 46K de KMZ. Le numéro de série 830019 indique l'année de production et le rang de production dans l'année. Au dessous de 20, cela signifie un objectif de présérie.

Le Mir 46K de KMZ. Le numéro de série 830019 indique l’année de production et le rang de production dans l’année. Au dessous de 20, cela signifie un objectif de présérie.

 

  • 3 objectifs « prêts à long terme »
    • 1 Super Takumar 3,5/35 mm
    • 1 Super Multi Coated Takumar 1,4/50 mm au Thorium
    • 1 Mir1-2  2,8/37 mm de 1972

 

La triplette des vissants 42, l'objectif flou à droite est le 3,5/28mm; le moins intéressant des 3.

La triplette des vissants 42, l’objectif flou à droite est le 3,5/28mm; le moins intéressant des 3.

 

 

  • 3 objectifs manuels
    • 1 Zeiss Planar ZK 1,4/50 mm
    • 1 Killfit Macro Killar 2,8/90 mm avec 49 K
    • 1 Telezenitar (Zenit) 2,8/135 mm Apo avec 49 K

 

  • 3 objectifs opérationnels
    • 1 Pentax FA 4/20-35 mm AL
    • 1 Tamron 2,8/28-75mm Di1
    • 1 Sigma 2.8/70-200mm Apo DG

 

Sur la photo de titre les objectifs groupés à gauche sont : le Killfit 2,8/90 macro, le Mir 46K 1,4/50, le Télézenitar Apo 2,8/135.  L’objectif monté sur le K-1 est le Zeiss Planar ZK 1,4/50. Les objectifs groupé à droite sont : le Tamron 2,8/28-75, le FA 4/20-35 et le Sigma 2,8/70-200 Apo.

 

 

Pourquoi cette bizarre classification ?

Parce qu’elle correspond au rapport actuel que j’ai avec eux et à l’utilisation que j’en ai. Les objectifs « historiques » sont des jalons dans l’histoire de la production photo que je n’utilise plus.  Les « prêts à long terme » sont également des objectifs anciens, que je n’utilise pas non plus.Ils m’ont été confiés pour test, et laissés en jouissance jusqu’à demande de restitution…

Malgré mon penchant pour certains objectifs anciens et donc manuels, la pratique m’oblige à reconnaître que sur le terrain je préfère les objectifs AF, même sans quick-shift. Le nombre de cas pratiques où la mise au point manuelle (ou bien l’ajustement manuel de la mise au point) est indispensable me semble marginal. Sauf en macro-photo, que rien ne permet de qualifier de pratique marginale.

Le résultat est que même les 3 objectifs manuels, qui sont en baïonnette K, A ou M, ne correspondent plus à ce que j’attends d’un objectif. Je les garde parce que, chacun dans son domaine, ils offrent des qualités rares : le Planar un piqué plus qu’évident allié à un rendu très agréable, le Killfit un très bon piqué allié à un modelé exceptionnel et le Télézenitar un très bon piqué allié à un rendu chromatique impressionnant. Qualités qui compensent leurs défauts : le Planar ses AC, le Killfit sa tendance au flare en contre-jour, le Télézenitar son diaphragme fatigué…

Il reste donc les 3 objectifs opérationnels. S’ils ne sont pas récents, seul le Tamron est encore en vente neuf, les 3 sont d’une qualité optique qui passe très bien la barre du K-1 et me donnent satisfaction. Leur piqué est excellent à très bon (pour utiliser la classification des testeurs). Ce piqué n’est peut-être pas aussi exceptionnel que celui des derniers DFA de Pentax, mais leur poids et leur gabarit sont nettement inférieurs à ceux des des objectifs de dernière génération, pour moi dissuasifs, plus que leur tarif.

En outre, je ne suis pas totalement convaincu par le caractère général que le piqué d’enfer des objectifs récents donne à leurs clichés. Je trouve les images qu’ils produisent « sèches ». Cela concerne les objectifs haut de gamme récemment produits, toutes marques confondues. Je ne nie évidemment pas l’avancée que représentent les capteurs plus riches en pixels. Alors qu’on a cru un moment que la course s’arrêterait à 24Mp pour le format 24 x 36, elle est repartie de plus belle, parallèlement à celle de la sensibilité. J’ai déjà dit ce que je pensais de la motivation d’ordre purement technologique de cette course, je n’y reviendrai donc pas ici.

Je pense néanmoins que ce piqué, indispensable dans certains cas, peut aussi ne pas laisser de place à la construction de la photo dans nombre d’autres cas et même occulter d’autres composantes de cette construction, interdire de facto le flou, l’indécis, le fluide, le doux, le suggéré, l’équivoque ; ne plus permettre que le précis, le constat, l’explicite, le dur, l’univoque, le simpliste. Surtout que, visiblement, ces objectifs donnent tous le même type d’image.

À l’inverse, je pense que la photographie a besoin des 2 pour pouvoir exprimer toute la palette de sa richesse potentielle.

 

 

Mon carré magique

Il est donc composé d’un boîtier : le K-1 et de 3 zooms.

Un seul boîtier, car j’ai confiance en lui et sa fiabilité. Que je ne veux pas aggraver l’état de mes cervicales… Et subsidiairement, que je n’éprouve plus le besoin d’avoir 2 boîtiers.

Et le K-1, car il donne de très bonnes images en FF, mais si nécessaire aussi en APS-C. Sa bivalence permet de multiplier par 2 le nombre de focales que l’on met dessus (voir plus loin). Malgré son poids de 1010 g, son volume reste très bien maîtrisé. Il est d’ailleurs le plus compact de tous les reflex de sa catégorie. Quand on prend en mains le K-5, on regrette que le K-1 ne soit pas aussi compact, mais c’est un rêve illusoire, même si c’est dommage.

Trois objectifs, trois zooms qui couvrent mes besoins réels. Vous remarquerez que ces 3 zooms de base correspondent assez à la triplette des DFA sortis après le K-1 :

20-35 ~ 15-30 avec « juste » 5 mm de glissement et 1 diaph (!)

28-75 ~ 24-70 avec les mêmes 5 mm de glissement

70-200 sans aucun glissement.

Sachant que sur le terrain je n’emporte que 1 ou 2 objectifs, je peux donc piocher, si besoin, dans les 3 objectifs dits « manuels ». Mais si le marché m’offrait des AF donnant le même genre d’images, je craquerais peut-être.

Un triangle 50 – 85 (90) – 135mm. Que des focales classiques, aussi bien en FF qu’en APS-C 75 -128 – 205 mm. Elles ne sont pas classiques par hasard, c’est la rencontre ancienne de capacités technologiques et de champ plaisant à l’œil humain.

Ce carré magique (et sa version allégée) est le résultat d’un besoin physique, plus que d’une volonté psychorigide de me déplacer léger (par moment je trouve que c’est encore trop lourd), le résultat du constat de l’utilisation réelle des objectifs.

La seule concession au rêve consiste à conserver les objectifs non utilisés parce que les vendre coûterait plus d’efforts que cela me rapporterait de satisfaction. Et puis l’attachement sentimental n’a pas de prix. Les vieux objectifs n’en ont plus non plus d’ailleurs ! Je ne suis probablement pas le seul à ne pas me séparer de vieux objectifs pour ce genre de raisons, avouées ou pas.