Après avoir consacré 2 articles aux photographes français qui ont marqué l’histoire de la photo, des origines à la période récente, Pentaxklub vous présente aujourd’hui quelques photographes actuels de ce que l’on pourrait appeler « la nouvelle photo française ».

Nous ne considérerons pas les plus jeunes d’entre eux, très talentueux, qui feront l’objet d’un autre article, mais quelques-uns de ceux qui, aujourd’hui, représentent, dans notre pays, les « valeurs sûres » de la photo. Bien sûr, on ne saurait limiter ces « valeurs sûres » aux quelques photographes de cet article : il a fallu faire un choix, et comme tous les choix, celui-ci est subjectif. Que les manquements nous soient donc pardonnés !

Pour éluder toute notion de « hiérarchie », nous vous les présentons en ordre alphabétique de leur patronyme.

 

 

Matt Ben

Matthieu Benhayoun, dit Matt Ben, exerce la profession d’Ingénieur du Son. Mais il est aussi photographe. Et, quand il n’exerce pas sa profession « audio », il aime à retrouver la partie « photo » de son existence, et notamment la photo de rue.

Comme il le dit lui-même sur son site, « marcher dans les rues devient un périple personnel, une méditation où la lumière transforme le banal en magique ».

Ses prises de vue se caractérisent par des cadrages audacieux – parfois en oblique, à la manière de Gary Winogrand – et des compositions originales, notamment dans ses paysages urbains.

La pratique de beaucoup de photographes est de favoriser les tons pastel et les formes adoucies. Chez Matt Ben, rien de tout cela ! Ses traitements donnent des images très contrastées, parfois un peu dures, aux couleurs saturées, mais qui présentent une personnalité certaine.

Certaines de ses images offrent des clins d’œil intéressants, telle celle-ci, du Parc André Citroën à Paris (le chevron inversé).

Le Parc André Citroën à Paris (Photo de Matt Ben, tirée de son site)

Le Parc André Citroën à Paris (Photo de Matt Ben, tirée de son site)

Il pratique volontiers le HDR. Qu’on les aime, ou qu’on les déteste – c’est une question de goût personnel – les HDR de Matt Ben ne laissent pas indifférent. Il n’est qu’à explorer sur son site la section correspondante pour s’en convaincre.

Ses « cadavres exquis », qu’il appelle « les délicieux restes de la rue » s’assemblent dans des histoires originales qui méritent largement que l’on s’y intéresse (voir son site, section « Delicious Street Remains ».

​Matt Ben a un style, c’est indéniable : cette originalité nous a convaincus qu’il fait partie des grands photographes actuels.

Une promenade sur son site

 

 

Emmanuelle Bousquet

Emmanuelle Bousquet
Photo extraite du site http://www.loeildelaphotographie.com/fr/

Emmanuelle Bousquet est née le 14 février 1979 à Nîmes [Gard] dans une famille de couturiers. Ceci explique son intérêt précoce pour la mode et partant, de l’art.

Enfant, elle s’intéresse déjà à la photographie, notamment à la suite d’un cadeau qui lui est fait par sa grand-mère maternelle : un petit appareil Kodak de couleur rouge. Avec cet appareil, qu’elle voulait vraiment posséder, elle fait des autoportraits, prenant des attitudes de mannequin. Le milieu de la mode avait alors beaucoup d’influence sur elle.

Plus tard, elle fait de la photographie un moyen d’expression, sans pour autant négliger les autoportraits. Après des études de journalisme, elle intègre des écoles de photo, d’abord à Los Angeles [USA] puis au SPEOS [http://www.speos-photo.com/fr/] à Paris, une des meilleures écoles de photo au monde.

Ses premiers essais la « mettent en scène » aux côtés de sa mère et de sa sœur et notamment dans une série en noir et blanc.

Sur les conseils d’un photographe rencontré en 2004, Antoine d’Agata, elle revient à l’autoportrait, ce qui donne naissance à la série « Troubles », très intimement liée à ce que fut sa vie pendant les années précédentes.

Dans une série suivante intitulée « Illusion », elle se sert de sa propre expérience pour évoquer la féminité.

En 2010, sa série « Mutation » montre les images de l’homme devenant femme et de la femme devenant homme, d’où le titre de la série.

Viendront ensuite les séries « Whispers » [2012] qui évoque les difficultés à développer la féminité, puis « The day after » présentant des jeunes femmes dénudées.

Emmanuelle Bousquet vit et travaille à Paris. Elle expose cependant aussi en Europe, aux USA et en Chine. De nombreuses revues et magazines ont souligné son talent et son travail.

Une promenade sur son site

 

 

Bernard Matussière

Si ce nom ne vous dit rien, pensez « publicité »… Toujours rien ? Alors, pensez « Aubade ». Cela vous dit quelque chose ? Si vous n’avez pas passé – ce qui est probable – les 30 dernières années dans une grotte loin du monde, vous avez sans doute vu des affiches des « Leçons de séduction » d’Aubade. Eh bien ces leçons, du moins les 12 premières, c’est lui ! D’autres photographes prendront la suite [Hervé Bruat, Michel Pérez, Hervé Lewis, Thomas Paquet].

Comme beaucoup de photographes, il a débuté jeune [12 ans] après avoir reçu de sa mère un appareil Rolleiflex en cadeau.

Quelques années plus tard, il entre en apprentissage au laboratoire photo du magazine « ELLE », puis, après avoir travaillé pour un laboratoire parisien, devient à Tokyo l’assistant d’un photographe japonais [Yoshihiro Tatsuki], spécialiste des photos de nus.

C’est à son retour en France qu’il se spécialise dans la photo publicitaire. Il travaillera alors pour de nombreuses marques célèbres, dans tous les domaines, et notamment :

  • automobile [Peugeot, Renault,.]
  • monde de la mode [Dim, Aubade, Jourdan, Chanel,…]
  • médias [Canal+, TF1]

 

La campagne publicitaire Aubade a été exposée dans de nombreux pays et dans des musées et galeries.

Parallèlement à ces travaux, il effectue aussi des reportages pour « La chaîne de l’Espoir », ONG de chirurgiens et a publié plusieurs ouvrages, seul ou en collaboration avec d’autres auteurs, par exemple :

  • en 1993, « Photographie »,
  • en 1996, avec l’écrivain académicien Erik Orsenna, « Mésaventures du Paradis. Mélodie cubaine »
  • en 2005, « Nue ».

Il n’en délaisse pas pour autant les expositions, en France comme à l’étranger.

Malgré la prééminence du numérique, Bernard Matussière continue à opérer en photo argentique et développe lui-même ses photos. Pour lui, le numérique est une manière nouvelle de photographier et non une évolution de la photo argentique. Il vit et travaille à Paris.

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Vincent Munier

Vincent Munier
Photo de Benoît Prieur sous licence Wikimedia Commons

 

Vincent Munier, né le 14 avril 1976 à Épinal [Vosges], est connu du grand public comme photographe animalier, particulièrement pour ses prises de vues en conditions hivernales.

Il s’est spécialisé dans la prise de vue d’animaux en voie de disparition [harfang des neiges, yak, bœuf musqué, ours brun] ou du Grand Nord [loup arctique en 2008, qu’il continue de suivre depuis]. C’est ainsi qu’il s’organise des expéditions en solitaire dans des conditions climatiques parfois extrêmes [2013 : île d’Ellesmere, dans le nord canadien].

Harfang des neiges.
Photo de Vincent Munier extraite du site http://www.photoby.fr

Ses plus récentes expositions :

  • – Arctique, galerie Blin plus Blin à Montfort-L’Amaury et Paris [2015-2016] http://blinplusblin.com/
  • – Artico, galerie Contrasto, à Milan [Italie] [2015-2016] : http://www.contrastogalleria.com/
  • – Arctique / Antarctique, galerie Soleil de M’inuit, à Morges [Suisse)  en 2016 (site)

Par ailleurs, il est l’auteur de nombreux ouvrages dans son domaine de prédilection.

Par trois fois il a reçu le prix Eric Hosking de «BBC Wildlife Wildlife Photographer of the Year»

Il est aussi le fondateur des Éditions Kobalann.

Une promenade sur son site

et d’autres images encore.

 

 

Pierre & Gilles

Pierre et Gilles
Photo extraite de leur page FaceBook et redimensionnée pour les besoins du site.

 

Pierre&Gilles représentent un monde à part : l’alliance d’un photographe et d’un peintre. Pierre (le photographe) réalise des photos qui sont ensuite « décorées » par Gilles (le peintre).

Pierre Commoy, est né le 15 août 1950 à La Roche-sur-Yon, en Vendée, et Gilles Blanchard, est né le 9 décembre 1953 près du Havre (Seine-Maritime), tous deux dans des familles plutôt « bourgeoises ».

Tous deux s’installent à Paris en 1973. À cette époque, Pierre travaillait comme photographe pour quelques magazines, tandis que Gilles réalisait des collages et peignait. Ils se rencontrent en 1976 et s’installent ensemble dans la vie. Tous deux influencés par le pop art, ils décident d’avoir une carrière artistique et professionnelle commune.

Leurs thèmes favoris sont liés à la culture pop, la culture gay, mais aussi la pornographie. La religion est également un thème important dans leur œuvre, même quand ils la malmènent.

Par ailleurs, ils ont photographié de nombreux artistes et personnalités. Citons parmi eux, Laetitia Casta, Étienne Daho, Catherine Deneuve, Arielle Dombasle, Serge Gainsbourg, Jean Paul Gaultier,Amanda Lear, Lio, Madonna, Mireille Mathieu, François Pinault, Sheila, Sylvie Vartan, Stromae, et bien d’autres.

Ils ont aussi réalisé les pochettes de disques et photos d’albums de plusieurs chanteurs et groupes de musique.

Notons qu’ils ont fait l’objet d’un reportage dans l’émission de France 2, « Stupéfiant », le 9 janvier dernier.

Leur page officielle sur Facebook

 

 

Izabella Sawicka

Izabella Sawicka est une photographe et graphiste d’origine polonaise.

Izabella Sawicka (Image tirée de son site)

Izabella Sawicka (Image tirée de son site)

Après des études en écoles d’Arts Plastiques à Poznan, en Pologne et à Paris (École d’Art MJM), elle devient assistante dans un laboratoire photo. Elle est chargée des tirages sur toiles grands formats.

Quelques années plus tard (2007), elle décide de se lancer comme photographe indépendante et de vivre de sa passion. Les femmes l’inspirent : plutôt que de rechercher à tout crin des femmes à la beauté parfaite, elle leur préfère des modèles plus authentiques, des femmes à la fois fortes et fragiles mais à la personnalité affirmée.

Elle se spécialise dans la photographie de portrait (hommes et femmes), d’enfants, de mode, et dans la photo de mariage. Elle pratique aussi la photo de nu artistique.

Izabella Sawicka vit et travaille en région parisienne.

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