Si la gamme optique pour le full frame est déjà intéressante chez Pentax avec une quinzaine d’objectifs, il existe des manques qui peinent à être comblés. Il n’est d’ailleurs pas certain que Pentax puisse être en mesure de proposer tous les objectifs qu’on est réellement prêt à acheter. Par manque de temps ou de financement. Il existe d’ailleurs une différence entre nos souhaits et nos intentions réelles d’achats. Si on souhaite beaucoup, notre porte-monnaie fait qu’on achète réellement moins. Pentax et tous les constructeurs en tiennent compte pour arrêter leurs choix de sorties.

Pentax a organisé cet été un sondage afin de connaître vos envies. Il n’est pas à exclure que, dans les modèles cités, si certains sont déjà dans les cartons, d’autres soient fortement envisagés. Il est possible que nos retours aient un impact dans la décision de mise en production. Mais, même si une série d’objectifs devrait apparaître d’ici l’été 2017 (peut-on s’attendre à quelque chose lors de la Photokina ?), gageons que des trous resteront toujours présents.

 

 

Combler les manques de la gamme Pentax officielle

 

Les constructeurs indépendants

Il existe deux possibilités. Les constructeurs indépendants et le marché de l’occasion. Nous avons d’ailleurs déjà parlé de celui-ci à de nombreuses reprises, comme ce récent article.

Reste donc à aborder les constructeurs indépendants. Ils sont assez nombreux. Certains sont très actifs pour les pentaxistes, proposant presque toutes leurs nouveautés en monture K. Il s’agit de Samyang, Venus Optic ou encore Irix. Leurs produits sont intéressants et sortent souvent des sentiers battus. Mais ils restent des objectifs manuels. Si pour beaucoup, cet aspect n’est pas problématique, ce n’est pas le cas de tous les pentaxistes. Les objectifs autofocus sont plutôt disponibles chez d’autres constructeurs comme Tamron, Tokina ou encore Sigma.

 

 

Les conditions d’un retour

Malheureusement pour les pentaxistes, ces trois-là ne sont pas très présents sur notre marché. Les raisons sont multiples.

  • Les raisons techniques tout d’abord. Si un objectif d’un constructeur indépendant a des parties communes pour toutes les marques, la monture est différente. Et quand on parle de monture, il faut comprendre tout le système permettant l’autofocus entre le boîtier et l’objectif. Concernant Pentax, il faut donc pouvoir disposer d’une monture de type KAF2. Soit le constructeur indépendant passe un contrat de licence auprès de Pentax, soit il se lance dans de la rétro-ingénierie, complexe, coûteuse et qui laisse parfois à désirer. Cela a un coût…

 

  • Qui amène aux raisons économiques. Il faut que la production d’un objectif soit rentable, c’est-à-dire qu’il prenne en charge une partie de la R&D, une partie de la production et une partie du coût de la monture. Si les deux premiers sont lissés sur l’objectif, toutes montures confondues, la dernière ne peut être supportée que par une monture en particulier. Pour le constructeur indépendant, il existe donc un seuil minimal de vente pour qu’un objectif soit rentabilisé. Si le constructeur estime que ce seuil ne sera pas atteint, il ne lancera pas le produit. Or aujourd’hui, le marché Pentax s’est trop restreint pour être considéré comme rentable.

 

 

Les raisons d’un espoir

Néanmoins, l’espoir existe. Alors que le repli des ventes, toutes marques confondues, continue, Pentax est une des rares marques à voir ses ventes progresser. Le Theta n’est pas pour rien dans cette progression. Mais les DSLR aussi.

Le K-3II continue son parcours et l’arrivée du K-70 semble promettre de belles choses. Mais c’est du côté du Full Frame que Ricoh est content. Les ventes du K1 sont excellentes sur l’ensemble du marché mondial. Il a dépassé largement les prévisions de vente originelles. Bien qu’il n’y ait pas de véritable communication, l’estimation laisse supposer que le chiffre de 70000 exemplaires vendus est dépassé.

Qui dit chiffre de vente important, dit augmentation du nombre d’acheteurs réels pour des objectifs tiers. À un moment donné, un constructeur indépendant décidera que le seuil de rentabilité peut être atteint et donc, lancera le mouvement. À noter qu’il faut faire une différence entre la base totale d’acheteurs (tous les possesseurs d’un FF Pentax), la base d’acheteurs potentiels (ceux qui sont intéressés) et la base d’acheteurs réels (ceux qui vont réellement concrétiser leur intention). Tous les possesseurs de K-1 ne vont pas acheter tous les objectifs qui sortent. Seule une partie sera intéressée et, parmi ceux là, un pourcentage nettement moindre concrétisera.

Cela vaut aussi pour Pentax lors de ses choix de mise en fabrication.

 

Par exemple, prenons Sigma et son 24-105/4. Cet objectif est celui qui a, sans doute, le meilleur potentiel en termes de vente. Sigma a peut-être déjà fait des calculs de rentabilité le concernant. Si c’est le cas, ils ont vu que la mise en production est viable s’ils sont assurés de réaliser au moins x ventes :

  • Si x > 30000, alors les 70000 K-1 vendus ne constituent pas une base suffisante pour espérer vendre 30000 objectifs et ainsi rentabiliser.
  • Si x = 10000, alors les 70000 K-1 vendus peuvent constituer une base suffisante pour espérer vendre au moins 10000 objectifs et être rentable. Dans ce cas, Sigma pourrait se décider.

 

Pentax souffre, dans ce cas particulier, de ne pas avoir sorti son FF plus tôt. Le redressement des parts de marché de Pentax étant en cours, on peut espérer que ces firmes reproposeront des objectifs intéressants aux pentaxistes. Mais sans doute rien avant au moins 1 an, voire plus (Sigma aurait évoqué 2 ans auprès de certains interlocuteurs).

 

 

 

Tamron

objectifs Tamron

objectifs Tamron

 

SP 45mm F/1.8 Di VC USD. Un objectif atypique par excellence, qui se rapprocherait de ce que permet le FA 31 Ltd sur un APS-C. Or ce dernier étant très apprécié, pourquoi pas ?

 

SP 70-200mm F/2.8 Di VC USD. Le modèle précédent reste toujours au catalogue, mais cette version a été revisitée avec un moteur plus silencieux. Il apporterait une bonne alternative au seul 70-200 en monture K disponible, qui, s’il est excellent, reste lourd (et cher).

 

SP 90mm F/2.8 Di MACRO 1:1 VC USD. La version actuelle a déjà 2 générations de retard. Or le 90/2,8 macro a toujours été un objectif apprécié par les pentaxistes. On se demande bien pourquoi la nouvelle version n’a pas été portée sur notre monture. Au moins nos oreilles apprécieraient le confort sonore qu’il apporterait.

 

SP 85mm F/1.8 Di VC USD. Une alternative intéressante au futur DFA 85 de Pentax pour le portrait ? Très certainement au vu des bons retours sur cet objectif. Un des exemples qui montre que, en l’espace de quelques années, Tamron a bien progressé qualitativement.

 

SP AF 180mm F/3.5 Di LD [IF] MACRO 1:1. Un 180mm en macro prend tout son sens en full frame. En l’absence du regretté FA 200/4 Macro chez Pentax, il pourrait le remplacer dans les usages.

 

SP 150-600mm F/5-6.3 Di VC USD G2. Mis à part le DFA150-450 ou le DA 560, il n’y a rien sur ce segment alors que la photographie animalière reste une part importante des pratiques des Pentaxistes.

 

 

 

Tokina

objectifs Tokina

objectifs Tokina

 

AT-X 16-28 F2.8 PRO FX. Le DFA 15-30/2,8 étant le seul dans sa catégorie, une concurrence ne lui ferait pas de mal. Sur le segment ouverture F2.8, Tokina est le seul à pourvoir apporter une certaine concurrence, mis à part Tamron qui ne sortira pas le sien en K. Quand à Sigma, la firme porte ses efforts sur l’ouverture F4. Sa présence serait donc souhaitée.

 

AT-X 17-35 F4 PRO FX. Beaucoup d’amateurs pourraient lorgner sur ce zoom dont le range est très intéressant, avec une ouverture F4 qui le rend plus léger en termes de poids.

 

AT-X 70-200 F4 FX VCM-S. Si il y bien le vieillissant Tamron et le récent Pentax, tous les 2 ont une ouverture f2,8. Une version F4 permettrait d’avoir un zoom plus léger et plus accessible financièrement. Un des rares objectifs de ce type chez les indépendants est ce Tokina. On ne peut que souhaiter un gros effort de cette firme vis-à-vis Pentax.

 

 

 

Sigma

objectifs Sigma

objectifs Sigma

 

Art | 20mm F1.4 DG HSM. Une focale idéale que beaucoup attendent. Si Pentax a un objectif similaire dans ses cartons, être le premier apporterait des ventes intéressantes. Et puis, la série Art a une très bonne réputation.

 

Art | 12-24mm F4 DG HSM. Cet objectif, qui vient de faire son entrée dans le monde de la photo, semble être, sur le papier, une petite merveille. Avec ses 16 lentilles et une ouverture à F4, il veut tutoyer les meilleurs et s’en donne les moyens. Mais, comme d’habitude avec Sigma, la monture K est, encore une fois, mise de côté.

 

Art | 24-35mm F2 DG HSM. Un segment sur lequel cet objectif ne devrait pas avoir de concurrence avec longtemps. Surtout avec cette ouverture. On pourrait certes attendre un retour du regretté FA 20-35/4, mais il n’est pas sûr du tout que Pentax y pense avant 2 ans au vu des priorités à sortir avant. Un laps de temps suffisant pour s’imposer et rentabiliser ?

 

Art | 24-105mm F4 DG OS HSM. Ce range et cette ouverture sont idéaux pour de très nombreux usagers qui souhaitent un très bon objectif polyvalent à prix intéressant. En l’absence de concurrence Pentax sur ce segment (le DFA28-105 est plus restreint), il aurait toutes ses chances pour devenir un hit, d’autant plus qu’il a une ouverture constante.

 

APO MACRO 150mm F2,8 EX DG OS HSM. Cet objectif devrait connaître un successeur en version Art ou Contemporary. Alors, pourquoi ne pas en profiter pour le sortir en monture K alors que rien n’existe sur ce segment côté concurrence ?

 

MACRO 180mm F2.8 EX DG OS HSM. Même réflexion que pour le 150. Il pourrait entrer en conflit avec la version Tamrom si ce dernier se décidait à le lancer. Mais pour l’instant, aucun des acteurs ne bouge. Un boulevard reste ouvert pour le premier à le sortir.

 

Sports | 120-300mm F2.8 DG OS HSM. Sans doute le choix le plus atypique de tous les objectifs présentés. Mais sans concurrence, il pourrait avoir sa chance et se faire une petite place. Son seul défaut ? Un poids de 3,3kg. Mais on ne peut avoir un objectif de ce range avec une ouverture de F2,8 qui ne pèse pas.

 

Contemporary | 150-600mm F5-6.3 DG OS HSM. Au-delà du 150-450 chez Pentax, il n’y a plus rien en zoom. Avec ce range intéressant pour les animaliers, il devrait éveiller l’intérêt.

 

Sports | 500mm F4 DG OS HSM. Cet objectif, qui vient d’être présenté à la Photokina 2016, peut faire rêver les photographes animaliers ou sportif, bien plus que le DA 560 de Pentax. Et c’est compréhensible.