On nomme un objectif en fonction de sa focale. C’est le fameux chiffre que l’on trouve attaché aux caractéristiques de l’objectif (par exemple 35 mm ou 24-70mm). Ce chiffre, la distance focale, va déterminer l’angle de champ de l’objectif, c’est-à-dire l’angle de vision que va pouvoir capter votre appareil photo. Mais il n’est pas évident de vulgariser la notion de focale et en donner une définition simple, surtout que cela touche aux lois de l’optique. Sans compter que tout se complique et peut s’embrouiller quand on entend ou qu’on lit l’expression « équivalent 24×36 ».

 

Comment comprendre la longueur de focale

Sans se lancer dans des cours d’optique complexes, on se rend compte qu’il existe quelques notions basiques qu’il convient d’assimiler.

La focale (notée f sur le schéma) correspond à la distance, exprimée en mm, qui sépare la surface photosensible du capteur (ou de la pellicule photo) du centre optique de l’objectif (F sur le schéma).

Plus la distance est courte, plus le chiffre est petit, plus le champ de vision est large.

Plus la distance est longue, plus le chiffre est grand, plus le champ de vision est étroit.

Plus la distance focale (f) augmente, plus l’impression de proximité du sujet grandit. On parle alors de grossissement de l’image. La conséquence directe est une déformation d’un objet et des perspectives lorsqu’on utilise une petite focale, comme un grand angle.

 

L’équivalence 24 x 36 ou le facteur de conversion de focale

Évidemment, il existe une complication qui donne des cauchemars à certains. Ce qui est assez compréhensible, car un 35mm peut-il réellement être un 35 alors qu’en changeant de type de capteur il n’a pas le même comportement, c’est un peu schizophrènique…

 

Le facteur de conversion

Avant d’aller plus loin, il faut conserver en mémoire que la focale est la distance séparant le centre optique d’un objectif de la surface photosensible du capteur (ou de la pellicule photo). Et ceci ne change pas, quelle que soit la taille du capteur. Un 35 sera toujours un 35, quel que soit le capteur, car il y aura toujours la même distance entre le centre optique de l’objectif et le capteur !

Là où les choses se compliquent, c’est que comme les dimensions des capteurs sont différentes, un 35mm va se comporter différemment selon ces derniers. Dans la réalité optique, ce qui va changer, ce sont les angles de champ de vision. Selon la taille de la surface du capteur, l’angle de vision va s’élargir ou se resserrer, offrant alors une image capturée qui semblerait plus élargie (comme si elle était prise d’un point plus éloigné) ou plus rétrécie (comme si elle était prise d’un point plus proche). Dans la pratique, c’est comme si on avait une focale différente que celle annoncée, un 35mm offrant, une fois monté sur un boîtier APS-C, un champ visuel comparable à un 53mm environ (selon les marques) monté sur un FF.

C’est sans doute la raison pour laquelle on parlera, à tort, de focale équivalente, expression contestée par les puristes, mais qui a le mérite d’être compréhensible par beaucoup.

Pour connaître cette « focale équivalente », il faut multiplier la focale par un coefficient de conversion :

  • Pour les capteurs APS-C, suivant les marques, ce coefficient de conversion est compris entre 1,5 et 1,6
  • Pour les capteurs MF de type 6 x 4.5, ce facteur est de 0,6
  • Pour les capteurs 4/3 utilisés chez Panasonic et autres, ce facteur est de 2

 

Avec comme résultat…

Une image différente selon que l’on possède un FF ou un APS-C, car on ne cadre pas le même champ.

 

On se rend bien compte sur l’illustration ci-dessus, que le champ cadré est, pour une même focale (ici 29 mm), différent. Ce champ cadré est lui fonction de la focale et de la taille du capteur (de sa diagonale plus précisément). Si la diagonale du capteur change, à focale égale, le champ cadré sera différent. Il y a donc un facteur de conversion, différent selon les capteurs, à appliquer à une focale pour avoir la « focale équivalente ».

 

Les impacts du facteur de conversion

Ils sont nombreux, plus que le simple crop factor d’une image auquel on pense en premier.

Quand on utilise un APN équipé d’un capteur qui n’est pas plein format, il convient d’appliquer un facteur de conversion pour connaître la « focale équivalente ». Ce qui implique on doit changer dans sa tête certaines échelles.

 

Par exemple, si on pratique le portrait, traditionnellement, les focales utilisées sont comprises entre 50 et 85 mm. Alors que si l’on utilise un 50mm et un 85mm sur un APS-C, on aura comme focale équivalente un 75mm et un 128mm. Ce qui n’est pas exactement la même chose. Le photographe sera donc obligé d’utiliser, pour conserver le même rendu visuel, une focale de 33 mm et de 55 mm.

Malheureusement, la « focale équivalente » n’est pas le seul effet lié à la taille du capteur. La différence de taille du capteur induit aussi une différence de profondeur de champ dans l’image. Si vous prenez deux photos dans des conditions identiques (même position, même focale réelle, même ouverture) avec un boîtier FF et un boîtier APS-C, vous observerez que la zone de netteté est un peu plus grande avec le boîtier APS-C. La profondeur de champ est donc différente, le même coefficient de conversion s’appliquant (sur les IL). Dans la pratique, une ouverture de f/2.8 sur APS-C proposera le même rendu qu’une ouverture à f/3.5 sur un FF (pour le même objectif).

Quand l’ouverture sur un APS-C est à1.41.722.42.83.544.55.66.789.511
C’est comme si l’ouverture sur un FF était à1.722.42.83.544.55.66.789.51113

 

Autre conséquence secondaire, en utilisant un même objectif sur un FF et sur un boîtier disposant d’un capteur différent (APS-C), pour cadrer le sujet de façon identique, il conviendra de reculer (puisque la « focale équivalente » est supérieure). Ce qui aura comme conséquence de changer la perspective de votre image.

Quant à la règle classique consistant à choisir une vitesse d’obturation supérieure ou égale à 1/focale (par ex. 1/200 ème pour un 200mm), elle s’applique toujours… Sauf qu’elle s’applique sur la « focale équivalente ». Soit 1/350 s pour un 200mm.

 

Mémoriser ces quelques principes vous permet de choisir sans ambiguïté l’objectif à utiliser en fonction de votre boîtier. Retenez que la focale indiquée sur le corps de l’objectif ne tient pas compte du boîtier sur lequel vous allez le monter. Et qu’il faut donc en avoir conscience au moment de l’achat et quand vous l’utiliserez.